LA SYPHILIS PEUT-ELLE JOUER UN ROLE PRÉDISPOSANT
Il est fréquent, quand on interroge minutieusement les malades atteints d’endocardite infectieuse, de trouver dans leur passé des manifestations syphilitiques.
Cette atteinte syphilitique peut avoir été isolée, mais elle peut être associée à des commémoratifs de rhumatisme articulaire aigu. La réaction de Bordet-Wassermann peut être positive ; nous verrons la valeur qu’on peut lui donner.
Enfin, à l’autopsie, on peut trouver des végétations ou des ulcérations co-existant avec des lésions syphilitiques récentes ou anciennes.
Thayer a consacré un ouvrage très important aux endocardites infectieuses. Il repose sur 198 cas qu'il a étudié en 35 ans jusqu'au 1* Janvier 1924. Il a constaté que l’endocardite infectieuse rhumatismale a été secondaire dans 64,7 % des cas, à une atteinte valvulaire antérieure due manifestement au rhumatisme. Jamais il n'a trouvé trace, dans ces cas, de syphilis.
Envisageant l’endocardite infectieuse à pneumocoque, il a trouvé des lésions valvulaires pré-existantes dans 34.6 %, des cas ; et elles n'étaient pas dues à la syphilis.
Pourtant, comme l’endocardite à pneumocoque touche le plus souvent les valvules sigmoïdes, Thayer s’est
demandé « dans combien de cas une lésion syphilitique des valvules aortiques pouvait avoir précédé l'infection aiguë ». Sur vingt cas d'atteinte évidente des valvules envisagées, 1l n'a pas trouvé « de lésions suggestives de syphilis ». Il attire l’attention sur cette observation qu'il dit être « intéressante et inattendue ».
Pour ce qui est de l’endocardite à staphylocoque doré, il n'a pas trouvé non plus qu'il y eut « évidence d’atteinte syphilitique antérieure des valvules « même en cas de végétations aortiques.
Pour l’endocardite à staphylocoque blanc, il n’a trouvé qu'une fois une lésion cardiaque précédant l’endocardite infectieuse. Mais, chose remarquable, il s'agissait d’une aortite syphilitique et d’une insuffisance aortique syphilitique.
Sur 12 cas d’endocardite aortique à gonocoque, il trouve, là encore, un cas de lésion syphilitique pré-existante.
Enfin, dans ses observations d’endocardite infectieuse à streptocoque, sur 35 cas d’endocardite des valvules aortiques, il en trouve 2 où la lésion originelle était, dit-il, « certainement d'origine syphilitique ». Et dans 5 autres cas, il croit cette origine syphilitique possible. Et il conclut : « Il apparaîtrait, par conséquent, que pour 2 cas sur 35 seulement, « 5,5 % », il est sérieusement possible que la syphilis ait joué un rôle prédisposant dans l’endocardite à streptocoque » (page 120).
Dans la série des endocardites grippales (bacillus influenzæ) sur six cas vérifiés àl’autopsie, il y a un cas de
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lésions valvulaires pré-existantes, probablement syphilitiques ; un autre cas » où la possibilité de la syphilis ne peut être rejetée ».
Il conclut en écrivant : « les lésions valvulaires syphilitiques pré-existantes furent étonnamment rares ».
Jaubert et Marchal, dans un travail du service de M. Laubry, sont d'avis qu'on ne tient pas assez compte de la syphilis.
« Nombre d’auteurs, disent-ils, opposent la rareté des « lésions syphilitiques à la quasi-constance des atteintes « du rhumatisme sur le cœur de ces malades.
« Or, 3 fois sur 10, nous avons relevé la syphilis dans « les antécédents.
« Nous ne tenons pas compte d’une seule réaction de « Bordet-Wassermann positive sans répondants d'ordre « clinique... »,
Après avoir cité l'observation que nous reproduisons plus loin : endocardite infectieuse chez un syphilitique : ils ajoutent : « Ainsi, chez ce malade, les lésions aortiques syphilitiques, répondant à la classique maladie de Hogdson, semblent avoir suffi, en l'absence de rhumatisme authentique, à préparer le terrain à la greffe infectieuse mortelle ».
Au sujet de l'observation reproduite au chapitre suivant : (N° 8) endocardite infectieuse chez un rhumatisant syphilitique, ils notent : « quel rôle peut avoir joué la Syphilis dans cet hybride étiologique ? Elle est restée vraisemblablement au deuxième plan dans les lésions