‹ Syphilis et ictèreChapitre 15 sur 27 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

in Mémoire de Gubler.

Le premier cas d’ictère accompagné de la syphilis consti-

tutionnelle s’est présenté à mon observation au commence-

ment de 1848 chez un malade couché au n° 19 de la salle 111. (Service de M. Ricord), qui était entré avec une syphilide

papuleuse lenticulée,

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La première période de son affection vénérienne n'avait offert r'en de spéc'al. L'accident primitif était un chancre induré accompagné de la pleiade ganglionnaire. Mais le début des accidents secondaires avait été marqué par des symptômes gastriques plus caractérisés que d'ordinaire. Après plusieurs jours de malaise, d’anorexie, de nausées, de douleurs dans lépigastre, l'hypocondre et le dos, cet homme était devenu jaune. En même temps son corps s'était couvert d’une éruption. Aucun écart de régime n’avait été l’occasion de ces troubles du côté des organes digestifs. Le foie n’était pas sensiblement augmenté de volume.

Le malade fut mis à l'usage des amers et des pilules de proto-iodure de mercure, L’ictère se dissipa longtemps avant

que l’éruption papuleuse ne fût éteinte.

OBSERVATION V. (Gubler).

En septembre 1848, je fus appelé pour voir un étudiant en médecine chez lequel s'était développé un ictère intense én même temps qu’une syphilide roséolique et papuleuse succédant à un chancre induré, M. Rames lui avait donné des soins pour le chancre et le voyait de temps en temps lorsque la roséole apparut au milieu du cortège habituel des symptômes qui marquent le début des accilents secondaires : céphalalgie, douléurs rhumatoïdes, auxquels se seraient joints des troubles digestifs très prononcés, En même temps la peau prit une teinte jaune qui ne tarda pas à devenir assez intense pour constituer un ictère vrai,

Aucun traitement général n'avait été encore entrepris. Nous

prescrivimes les pilules de proto-isdure de mercure, La jau-

‘nisse ne fut pas de longue durée.

OBSERVATION VI. (Gubler).

En 1851, lorsque je remplaçais le D' Kapeler à l'hôpital Saint-Antoine, M. Canuet interne du service admit un malade qui présentait un icière combiné avec une syphilis constitutionnelle.

Cet homme, âgé d'environ 80 ans, maigre, mais de bonne constitution était, pour la première fois, affecté d’accidents syphilitiques. À son entrée, il é'ait vierge de tout traitement interne, et portait sur le fourreau de la verge une cicatrice indurée, qui avait fait place à un chancre datant de 3 mois, à peu près. Les autres symptômes concorda'ent parfaitement avec cette indura!ion à savoir : adénopathie inguinale, multipleet indolente, syphilide papuleuse disséminée ; plaques grises sur différents points de la cavité buccale, tuméfaction de deux ou trois ganglions sous-occipitaux et mastoïdiens coïncidant avec quelques points rouges et écailleux du cuir chevelu et une alopécie peu prononcée.

En même temps la peau etla sclérotique offraient une teinte Jaune très manifeste,

Tout cela da'ait de plus de deux semaines. A partir de ce moment, sans Cause occasionnelle appréciable, le malade avait ressenti un mala se général qu'il n'avait pas b'en analysé : mais qui élait accompagné de perte d’appétit et de douleurs de tête, La jaunisse se manifesta presque aussitôt et augwenta durant quelques jours. Elle é.ait déjà en voie de décroissance lorsque le malade fat soumis à mon observation et s’effaça rapidement par l'usage des p'lules. Il en fut à peu

près de même des accidents secondaires proprement dits,

Nous n'avons constaté aucune augmentation de volume du foie, aucune sensibilité dans l'hypochondre droit, ni dans la région épigastrique. L’appétit était revenu, les fonctions digestives s'exécutaient régulièrement et le malade mangea

immédiatement deux portions,

OBSERVATION VII (Gubler).

Clarisse R... âgée de 19 ans, domest'que, entre à la Charité, service de M. Bouillaud le 6 août 1850. Femme blonde bien constituée et dit avoir toujours jouit

d’une bonne santé. Enceinte de 4 mois ; pendant les deux

premiers mois de sa grossesse, elle a été sujette à des vomissements et vers l’époque où cet accident s’est dissipé, elle a remarqué l’existence de flueurs blanches assez abondantes, Plus tard l’écoulement leucorrhéique augmenta beaucoup et devint extrêment pénible, Les derniers rapports sexuels ont eu lieu 6 semaines avant l’entrée à l’hôpital.

Il y a maintenant 12 à 15 jours que ses digestions se sont de nouveau dérangées. En même temps, elle a souffert de maux d’estomac et d’une constipation assez opiniâtre. Il se joignait à cela une céphalalzie assez intense. Pas de fièvre, pas de coliques. Seulement des vomissements, les uns à jeun, les autres provoqués par lingestion des boissons, L’appétit est complètement perdu

Ces symptômes duraient depuis 5 à 6 jours quand la malade s’aperçut qu’elle était jaune.

Etat actuel. — Teinte jaune verdâtre foncée de tout le corps, plus intense encore aux sclérotiques. Sur les membres

supérieurs, nous remarquons d’abord une éruption en partie

D 1e composée de taches rouges, cuivrées, sans élevures el en partie de papulessaillantes dont quelques-unes sont recouvertes d’une croûte très mince. Cette éruption se retrouve avec les mêmes caractères sur les membres inférieurs et le tronc et ne s'accompagne d’aucune démangeaison. Pustules echty mateuses autour des parties génitales. Croûtes dans le cuir chevelu. Ganglions cervicaux-postérieurs engorgés. Chute des cheveux, Douleur de gorge depuis 3 à 4 jours ; difficulté pour avaler : tuméfaction considérable des amygdales avec plaques grisâtres. Pas de traces d’ulcération primitive sur les parties génitales externes. Le vagin non exploré est le siège d’un écoulement puriforme abondant.

Anorexie. Langue chargée d’un enduit saburral épais. Douleur à la région épigasirique. Le foie déborde les fausses côtes. Constipation. Pas de fièvre, ni céphalalgie. Insomnies.

Trailement. — Quassia amara, et deux pilules de 0 gr. 05 centigr. de protoiodure de mercure.

Au bout de quelques jours, les p'lules donnent des coliques et sont supprimées, puis reprises et continuées pendant 15 jours. Puis, on les cesse à cause de la stomatite, mais déjà la jaunisse et l'éruption s'étaient considérablement atténuées.

Au 7 septembre 1850. — Sortie de l'hôpital après un mois de séjour. Syphilides disparues ainsi que la coloration de la peau. I restait une nuance jaune légère aux sclérotiques. La

grossesse marchait avec régularité et le fœtus remuait éner-

giquement,. >

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