‹ Syphilis et mariage (volume 2)Chapitre 14 sur 24 · SYPHILIS HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

nifeste de l’expérience commune, presque journalière, à SAVOIr :

. 4° Que les enfants issus de parents syphilitiques naissent le plus habituellement syphilitiques, surtout dans le cours des premières grossesses qui succèdent à l'infection des parents, c’est-à-dire alors que le temps et le traitement, ces deux grands correctifs de la vérole, n’ont pas encore exercé sur la diathèse du couple géniteur leur influence atténuante et dépurative. — Ce premier fait n’est ni contestable, ni contesté. Donc, inutile d’insister davantage.

2° Que les enfants qui naissent avec une syphilis -héréditaire sont exposés par le fait de cette syphilis à des dangers multiples et des plus graves. A force de soins, nous parvenons certes à en guérir un certain nombre. Mais, quoi que nous puissions faire, en dépit de tout traitement, un très-grand nombre succombent.

Je n'hésite pas à confesser que ma statistique personnelle sur les nouveau-nés syphilitiques même traités est vraiment déplorable comme chiffre de déces. Rien de meurtrier comme la syphilis infantile héréditaire. Cest là un second fait qu'il suffira encore d’énoncer, tant il est d'observation commune.

3° Enfin, troisième et dernière alternative : il est possible assurément qu'un enfant né de parents syphilitiques échappe soit à la mort #n utero, soit même à la syphilis. Mais tout n’est pas dit pour cela. Car l'influence syphilitique peut encore s'exercer sur lui suivant d’autres modes qu'il me reste à vous indiquer brièvement.

Je ne vous dissimulerai pas que nous touchons ici à

l'un des points les plus difficiles et les plus délicats de la pathologie. Autant, en effet, les influences héréditaires se présentent formelles et cie alors qu’elles s’exercent d’une génération à une autre par la reproduction de la même maladie, autant elles deviennent suspectes et contestables dans des conditions opposées, c’est-à-dire alors qu’elles se traduisent sur la génération descendante par des symptômes différents de ceux qui se sont manifestés sur les ascendants. Et cependant cette hérédité 4 formes morbides dissemblables, si je puis ainsi parler, n’est pas moins authentique que l’autre hérédité à formes morbides identiques. Seulement, elle échappe plus à Pattention, comme à la démonstration scientifique. C’est le cas 1e1. Tout le monde est d'accord sur l’hérédité syphilitique qui se traduit d’une génération à la génération suivante par des symptômes d'ordre syphilitique, tandis que l’on discute depuis longtemps et l’on discutera longtemps encore la question de savoir si l'influence syphilitique des parents peut s’exercer sur leur descendance par des manifestations ou des tendances morbides qui ne rentrent pas directement dans le cadre de la diathèse.

Quant à moi, mon siège est fait — passez-moi le mot — sur cette question qui m'a préoccupé de vieille date et que j'ai étudiée, je crois pouvoir le dire, avec une attention minutieuse. Après avoir douté, je ne doute plus, et ma conviction actuelle est que l'influence syphilitique des parents ne se traduit pas seulement sur les enfants par des symptômes d'ordre syphilitique, mais encore par des états morbides, par des dispositions morbides qui n’ont plus rien de syphilitique

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