AVORTEMENTS MULTIPLES
elle a avorté six fois, dans les trois, quatre ou cinq premiers mois de ses grossesses.
De même, une dame de mes clientes, jeune, bien constituée, contracte la syphilis de son mari dans les premiers temps de son mariage. Elle devient enceinte quatre fois en trois ans, et avorte quatre fois.
Des cas de ce genre ont été cités par nombre d’observateurs. Mais en l’espèce je ne connais rien de comparable à l’histoire d’une malade que j'ai longtemps traitée à Loureine, histoire que vous me permettrez de reproduire 101 sommairement.
Cette femme, grande, vigoureuse, bien portante, se marie à dix-neuf ans. Elle commence par avoir trois « superbes » enfants, dont deux vivent encore et sont, d’après son dire, en excellent état. Le troisième paraît n'avoir suécombé qu’à une maladie incidente de forme aiguë.
A la suite de sa troisième couche, cette femme reçoit la syphilis de son mani, lequel venait de la contracter tout récemment dans une escapade amoureuse. Depuis lors, elle est devenue enceinte sept fois. Or, quelle à été la terminaison de ces nombreuses grossesses postérieures à la contagion ? La chose est curieuse et lugubre, en vérité :
Première grossesse (après la syphilis). — Avortement au cinquième mois.
Deuxième grossesse. — Accouchement prématuré à sept mois et demi. Enfant chétif, rabougri, mourant le quinzième Jour.
Troisième grossesse, — Accouchement presque à terme. Enfant mort-né.
Quatrième grossesse. — Accouchement prématuré. Enfant mort-n6.
Cinquième grossesse. — Accouchement prématuré. Enfant mort-né.
Sixième grossesse. — Avortement à trois mois et demi.
Septième grossesse. — Avortement à six semaines.
Résumé : dix grossesses, dont trois antérieures à la syphilis, amenant des enfants à terme, bien portants ; — et sept postérieures à la syphilis, aboutissant à quatre accouchements prématurés et trois avortements !
Quel fait plus instructif ? Et que pourriez-vous exiger de plus probant à l’appui de la thèse que nous développons (1) ?
2° seconde alternative : l'enfant issu d’un couple syphilitique peut naître vivant, mais il naît avec la syphilis et comporte toutes les conséquences si graves, si redoutables, d'une syphilis héréditaire.
Iei encore je n’aurai pas besoin de longs développements pour établir deux faits qui sont patents, qui ressortent avec une évidence malheureusement trop ma-
(1) Voir aux pièces justificatives (note II) la relation in exlenso de ce fait curieux.
Je dois la communication d'un autre fait analogue à M, le docteur Le Pileur, médecin de Saint-Lazare.
Ce fait peut être résumé comme il suit : Femme syphilitique devenue enceinte onze fois. De ces onze grossesses, cinq se sont terminées par avortement ou par expulsion d'enfants mort-nés à diverses époques de la gestation. Six autres ont amené des enfants vivants, dont cinq sont morts de convulsions, à savoir : quatre le premier ou le second jour, et le cinquième à six semaines. Un seul enfant a survécu.
Onze grossesses aboutissant à un seul cas de survie !