‹ Syphilis et mariageChapitre 18 sur 82 · EE · texte numérisé non relu

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en faux contre l'opinion courante et à dire : Non, la syphilis par conception ne constitue ni une exception ni une rareté; C’est au contraire une éventualité assez commune, comme conséquence du mariage d’un sujet syphilitique avec une femme saine; c’est une éventualité dont de nombreux et incontestables spécimens nous sont offerts par la pratique courante ”.

Aussi bien, la svphilis par conception n'est-elle pas « une quantité négligeable » au nombre des dangers que peut importer dans le mariage un sujet syphilitique ; c’est tout au contraire un danger réel, indéniable, authentique, avec lequel 1l y a lieu de compter. Et ce danger doit prendre place parmi les

1. J’ajouterai même ceci : la syphilis par conception est certainement beaucoup plus commune qu’on ne le croit en général, car il s’y rattache de toute nécessité nombre de cas qu’on n’ose pas lui imputer, faute d'éléments démonstratifs, et que, pour cette raison, on laisse inexpliqués, indécis comme origine. Je m'explique.

De toute nécessité, très nombreux doivent être les cas où une femme peut être infectée par son enfant sans que nous ayons la possibilité de réunir le faisceau de preuves intégralement indispensable à la démonstration de l’infection conceptionnelle, Pour une raison ou pour une autre, telle ou telle de ces preuves peut faire défaut. Tantôt c’est la syphilis du mari qui ne nous est pas connue, parce que nous n'avons pas (comme à l'hôpital, par exemple) le mari sous les yeux. Tantôt c’est la syphilis de l'enfant qui n’est pas démontrable, comme dans la grande majorité des cas d’avortement. Tantôt — et très souvent — on manque de renseignements précis et authentiques sur l’évolution de la syphilis chez la mère. Parfois encore, c'est le fait même de la grossesse qui reste douteux; car existe-t-il une bien notable différence entre une fausse couche de quelques semaines et une menstruation un peu plus douloureuse et un peu plus abondante que de coutume ? Et ainsi de suite. De sorte que très souvent, au total, on manque de preuves pour affirmer la syphilis conceptionnelle. Or, cette sy-

données les plus essentielles à consulter pour la solution du problème dont nous poursuivons l'étude, à savoir les conditions d’aptitude ou de non-aptitude au mariage.

Conséquemment, gardons-nous de raisonner comme nos malades ; et, lorsqu'ils nous tiennent le langage que je vous signalais tout à heure, hâtonsnous de les détromper, en leur disant ceci : « Vous vous faites 1Husion sur votre état. Vous croyez n'être dangereux pour votre femme que par les accidents contagieux qui pourralent survenir sur vous. En réalité, vous pouvez être dangereux pour elle d’une autre façon, à savoir par votre pouvoir fécondant, c'est-à-dire de par Penfant qui, procréé syphilitique de votre fait, ne manquerait guère à son tour d'infecter sa mère. Deux malheurs au lieu d’un! Voilà l’éventualité possible que vous oubliez, et voila la raison pour laquelle vous devez quant à présent renoncer au mariage, jusqu à Pépoque où nous serons médicalement autorisés à vous considérer comme inoffensif au point de vue de la procréation. »

philis conceptionnelle existé tout aussi bien sans preuves, sans démonstration possible, que si elle avait ses papiers en règle, passezmoi l’expression. Donc, quantité de cas qui sont de son domaine et dont la responsabilité lui incombe, en restent forcément distraits, pour cette raison que nous manquons d'éléments certains qui. nous permettent de les rattacher à leur véritable origine.

Si bien que, par l’essence et la force même des choses, la fréquence appréciable, justifiable (passez-moi le mot), de la syphilis conceptionnelle restera toujours fort au-dessous de sa frequence réelle,

CF. Diday, Le Péril vénérien, p. 202.

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