RESPONSABILITÉ DU MARI
et défigurée par une syphilide tuberculo-ulcéreuse ; — là, une autre qui perdit le nez par le fait d’une syphilide de même ordre; — une troisième qui perdit le voile du palais; — une quatrième qui, affectée d’un véritable phagédénisme osseux des fosses nasales, fut prise d’un effroyable ozène, lequel la séquestra du monde pour trois ans; — une cinquième et une sixième qui restèrent hémiplégiques à la suite d'accidents cérébraux d'ordre incontestablement spécifique; — une septième qui, conséeutivement à des accidents médullaires, resta paraplégique; — une huitième qui mourut d’une syphilis maligne, de forme dénutritive et econsomptive; — une neuvième qui mourut d'accidents viseéraux très complexes, mais certainement syphilitiques; — une dixième qui, après avoir été littéralement épuisée par des assauts multiples d’une syphilis grave, contracta une tuberculose pulmonaire très sûrement préparée par celte syphilis, et succomba dans le dernier degré du marasme; — et ainsi de suite.
in l’espèce, rien ne m'a plus ému que le cas suivant, auquel il ne sera pas superflu de consacrer un souvenir.
Il y a une dizaine d'années, j’ai eu le spectacle d’une malheureuse jeune femme convertie en un véritable #onstre par le fait d’une syphilide phagédénique. Le visage — ou, disons mieux, ee qui restait du visage — n’était qu'une nappe eicatricielle irrégulière, bridée, anfractueuse, abominable. Du nez, pas vestige; à sa place un antre béant, comme
ba AVANT LE MARIAGE.
sur une tête de mort. De la lèvre supérieure, pas trace; l’arcade dentaire supérieure apparaissait à nu. Complètement luxée en dehors par des rétractions cicatricielles, la lèvre inférieure était accolée au menton. Les deux paupières inférieures étaient de méme renversées en ectropion. Enfin, au-dessus d’un des sourcils, une excavation profonde dessinait une vaste perte de substance subie par Pos frontal, ete. Sans parler du voile palatin absolument détruit, du squelette intra-nasal anéanti, d’une double tumeur lacrvmale, ete., ete. — Or, de qui cette femme tenait-elle La syphilis? D'un misérable, doublé d’un imbécile, qui n'avait pas craint d’aborder le mariage en pleine explosion secondaire (comme cela fut établi plus tard), et qui, de plus, avait jugé bon de ne pas fire traiter sa femme « pour ne pas éveiller les soupçons »!
Enfin, ouvrons encore une place au cas suivant, qui m'a été communiqué par mon éminent collègue, M. le professeur Trélat.
Une belle jeune femme, de bonne constitution et de santé jusqu'alors parfaite, contracte la syphilis de son mari dès les premiers temps du mariage. Elle accouche d’un enfant qui, naturellement, sueeombe presque aussitôt. Elle est prise alors d'accidents sérieux : éruptions ecthymateuses, rupia, débilitation générale, phénomènes de dénutrition, ete. Elle se remet, grâce à un traitement énergique. Puis, quelques mois plus tard, rechute; et alors, affaissement général, céphalée, ictus cérébral avec aphasie, hémi: