‹ Syphilis et mariageChapitre 26 sur 82 · HÉRÉDITÉ MIXTE. — AVORTEMENT · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ MIXTE. — AVORTEMENT

Voila, Messieurs, ce que fait ou ce que peut faire la vérole, alors que l'influence paternelle et l'inflauence maternelle se trouvent associées, alors que toutes deux conspirent à l’unisson contre le produit de la grossesse.

Et ces tristes résultats, Je ne vous les donne pas seulement comme éventuels, comme simplement possibles; je vous les donne, sinon comme constants (car, en fait d’héréditéil n’est rien de constant), du moins comme très fréquents, très communs, absolument habituels.

Mais insistons, car le sujet en vaut la peine, et légitimons, chacune en particulier, les propositions qui précèdent.

I. — Je vous disais à l'instant que l'enfant né d’un père et d’une mère syphilitiques est presque nécessairement voué à telle ou telle des trois alternatives que je viens de spécilier, et qu'il nous reste maintenant à étudier en détail.

La première est la mort in utero; d'où l’avortement, ou l'accouchement avant terme.

Sur ce premier point, pas de contradiction possible. Ici la science est fixée et bien fixée, de par l'unanimité des praticiens.

Ouvrez vos livres, en effet, Messieurs, parcourez les observations contenues dans les traités celassiques, dans les recueils spéciaux, et vous trouverez non pas des centaines, mais des milliers de cas qui, au point de vue spécial dont nous parlons, témoi-

gnent tous dans le même sens et semblent copiés Jles uns sur les autres. Partout et toujours, c’est identiquement la même observation, pour ainsi dire stéréotypée, se reproduisant dans les mêmes termes et se résumant dans le schéma que voici :

« Un homme se marie en état de syphilis. D'une facon ou d’une autre 1l contagionne sa jeune femme. Celle-ci devient enceinte et avorte à quelques mois, ou bien accouche avant terme d'un enfant mort. »

Mort intra-utérine du fœtus issu de parents syphilitiques, voilà à coup sûr la forme la plus habituelle de l'influence héréditaire de la diathèse.

En vérité, ce fait est si vulgaire, si banal, si formellement attesté par quantité d'observations, que je me borneraï à l’énoncer. Ce serait abuser de votre temps que de m'arrêter à produire ici des cas particuliers.

Et, comme je vous le disais à instant, là ne se borne pas toujours, en semblable situation, l’influence pernicieuse de l’'hérédité syphilitique mixte, c'est-à-dire provenant des deux conjoints. Très souvent encore cette influence se continue, se prolonge dans toute une série de grossesses.

C'est ainsi qu'on a vu en maintes et maintes occasions de malheureuses femmes syphilitiques, devenues enceintes par le fait d'hommes syphilitiques, aboutir deux fois, trois fois, quatre fois,

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