Die Vererbung der Syphilis, Vienne
tive à un ménage syphilitique OÙ SIX grossesses se terminèrent ainsi :
Première grossesse. — Avortement à six mois. — Enfant mort-né.
Deuxième grossesse. — Avortement à sept mois. — Enfant vivant huit heures.
Troisième grossesse. — Accouchement à sept mois et demi d’un enfant mort.
Quatrième grossesse. — Accouchement à terme. Enfant syphilitique, survivant dix-huit jours.
Cinquième grossesse. — Accouchement à terme. — Enfant syphilitique, survivant six semaines.
Sixième grossesse, — Accouchement à terme. — Enfant syphi-
litique, survivant.
Un second fait, dû à M. le D'Mireur, est encore plus démonstratif. En voici le résumé.
Un jeune maçon contracte un chancre induré, et se marie au début même de la période secondaire. Il ne manque pas (cela devait être) de contagionner aussitôt sa jeune femme.
Au dela, surviennent huit grossesses, dont les résultats se déroulent suivant l'impulsion propre de la maladie, {es deux époux restant indemnes de tout traitement. C’est done là, prise sur le fait et pure de tout mélange, l’histoire naturelle de la maladie.
Or, ces huit grossesses se terminent de la facon suivante :
Première grossesse; — avortement au cinquième
moIs.
Deuxième grossesse ; — avortement au septième moOIs..
1. Traité de la maladie vénérienne chez les nouveau-nés, etc. Paris, 1810, p. 142.
FOURNIER. — Syplilis et mariage. II
Troisième grossesse ; — accouchement avant terme; — enfant mort.
Quatrième et cinquième grossesses; — enfants
vivants, mais syphilitiques Vun et l’autre, mourant le premier à trente Jours, et le second à un mois et demi.
Sixième, septième et huitième grossesses ; — enfants vivants et sains”.
De tels faits, en vérité, sont assez éloquents par eux-mêmes pour nous dispenser de tout commentaire. |
1. — Voilà pour les preuves par analogie; venons aux preuves directes.
Si le temps atténue et éteint de la sorte linfluence héréditaire mixte, comment n’agirait-il pas de même sur l'influence paternelle isolée, exclusive? Cette induction du simple bon sens se trouve ici pleinement confirmée, comme vous allez le voir.
D'abord, il y aurait à citer des centaines de cas où des sujets syphilitiques, ne s’étant que très imparfaitement et très sommairement traités, mais ayant eu le bon esprit ou la chance de ne se marier que tardivement (j'entends à longue échéance après
1. Thèse citée, p. 91. — Un point curieux, c’est que, consécutivement à ces trois dernières grossesses qui amenèrent des enfants vivants et sains, le père et la mère présentèrent encore divers accidents syphilitiques de forme grave, tels notamment, dit l’obser-
vateur, que « des tubercules gommeux et ulcérés, abondamment répandus sur les membres ».
le début de Pinfection), ont eu des enfants sains. Exemple :
Trois de mes clients se sont mariés, je puis dire, en état de syphilis non traitée, n’avant fait au début de leur maladie qu'un traitement d’un à quelques mois. Eh bien, tous trois ont eu une serie d'enfants sains. Pourquoi? Sans aucun doute, à mon sens tout au moins, parce qu’ils s'étaient mariés longtemps après l'époque où ils avaient contracté la syphilis, à savoir, pour préciser, six, dix et onze ans.
En second lieu, une autre preuve nous est encore fournie par ces cas d’avortements en série dont je vous ai déjà parlé précédemment, comme conséquence possible de la svphilis du mari. Maintes fois on a observé ceci : une femme saine, indemne de syphilis, commence par faire plusieurs jausses couches ; — puis un premier progrès se réalise sous la seule influence du temps (le mari, je suppose, ayant continué à ne pas se truter); cette même femme n'avorte plus, elle accouche seulement avant terme, et toujours d'un enfant mort; — puis, second progrès (puisque nous sommes réduits à qualifier cela de progrès), elle accouche à terme d’un enfant mort ou destiné à une mort trés prochaine; — plus tard, enfin, elle amène à terme un où plusieurs enfants vivants.
Enfin, certains faits de même ordre, mais plus complets, témoignent mieux encore de Patténuation progressive exercée par le temps sur linfluence hérédo-paternelle, en nous montrant cette influence
mitigee par degrés au fur et à mesure d’une série de grossesses. Ce sont les faits où l’on a vu ceci : l'influence hérédo-paternelle commencer par tuer les enfants, qui sont expulsés par avortement dès les premiers mois de la grossesse; — puis les tuer encore, mais plus tard, si bien que la grossesse . se prolonge à un terme plus où moins avancé; — puis les laisser naître à terme, mais chétifs, étiques, destinés à mourir; — puis leur permettre de naître plus valides, syphilitiques à la vérité, mais susceptibles de résister à la syphilis; — et, finalement, s’éteindre, au point que des grossesses ultérieures ne donnent plus naissance qu’à des enfants vivants et indemnes de syphilis.
Ordonnancé de la sorte, un tel tableau semble fait à plaisir pour la démonstration que je poursuis, tant 11s"y accommode à souhait. Eh bien, loin d’être de la fantaisie, comme on pourrait vraiment le croire, c’est [à de la réalité clinique; et même les cas de cet ordre ne sont pas rares. En voici deux exemples, au hasard.
Un de mes clients se marie en dépit d’une syphilis négligemment traitée. Sa femme, restée indemne, devient enceinte quatre fois, et ses quatre grossesses se terminent ainsi : la première, par une fausse couche à trois mois; — la seconde, par une fausse couche à six mois;
la troisième, par la naissance d’un enfant syphilitique, qui meurt de syphilis à trois mois; — laquatrième, par la naissance d’un enfant sain, actuellement âgé de huit ans.
Mieux encore. Mon éminent collègue J. Hutchinson a relaté le cas suivant.
Un médecin contracte la syphilis et s’en traite pendant six mois environ. Se croyant guéri et à l'abri de toute crainte, il se marie trois à quatre ans plus tard. Sa femme reste saine et devient enceinte onze fois. Or, suivez bien, Messieurs, les résultats fournis par cette série de grossesses, et voyez l’atténuation progressive subie par la diathèse sous l'influence du temps :
Première grossesse; — enfant mort-ne.
Deuxième grossesse; — enfant mort-ne.
Troisième grossesse; — enfant né vivant, mais
syphilitique, et mourant avec les symptômes elassiques de la syphilis héréditaire.
Quatrième grossesse; — enfant né vivant, mais syphilitique, et mourant de la syphilis.
Puis, enfin, les sept dernières grossesses fournissent, tout au contraire, des enfants qui, bien que syphilitiques, résistent à la maladie et survivent
tous:!.
Donc, vous le voyez, Messieurs, tant au point de vue des dangers de contagion encourus par la femme que des dangers héréditaires encourus par Penfant, la question d’ace de la syphilis du mari est prédominante, Avec une syphilis Jeune du mari, tout est à craindre pour la femme comme pour lenfant,
1. Mémoire cité (The British and foreign med.-chir. Review, 18 77
vol. LX).
tandis qu'avec une syphilis âgée, vieillie, ces mêmes dangers n'existent plus où n'existent qu'atténués, amoindris.
Si bien que, pratiquement, nous sommes autorisés à dire ceei à nos chents :
Tout mariage contracté au début ou dans les premiers temps de la syphilis est un mariage qui comporte les plus périlleuses conséquences; — c’est un mariage, sinon fatalement (car 1l existe des exceptions à la règle et jen citerai), du moins presque fatalement destiné à aboutir aux deux catastrophes que voici : 1° contamination de la femme; 2° contamination et, le plus habituellement aussi, mort de l'enfant.
C'est par centaines, sans exagération, que j'aurais à citer 101 les cas à l'appui de cette vérité primordiale. Certes je ne puis et ne veux vous attarder au défilé d’un si grand nombre d’observations particulières. Mais la question est d’ordre tellement majeur, elle comporte un tel intérêt pour la pratique, que je me reprocherais de ne pas tenter encore un effort pour bien fixer vos convictions à cet égard. Laissez-moi done vous citer quelques faits relatifs à la question. Ces faits, je ne les choisirai pas; je prendrai les vingt derniers qui se sont présentés à moi dans ma clientèle de ville; et, pour ménager votre temps, je vous les présenterai seulement sous forme de tableau. Les voici :
EEE
ÉCHÉANCE DU RÉSULTATS RÉSULTATS MARIAGE arrès LA syrarcs| EN CE QUI CONCERNE | EN CE QUI CONCERNE DU MARI. LA FEMME. L'ENFANT.
I. [Mariage trois mois|Grossesse presque |Accouchement à 7 mois. aprèsle débutde| immédiate. — Fem-| Enfant vivant un jour. la syphilis. me contaminée. —Sy-
philide ecthymateuse. — Plus tard, perforation du voile palatin.
IT. |Mariage trois mois| Femme contaminée, Deux enfants syphilitiet demi après le ques, survivants.
chancre.
IIT. [Mariage quatre|Femmecontaminée(sy-| Avortement. mois etdemiaprès| philis par conceple chancre. tion) quelques mois après le mariage.
—Syphilis devenue très grave chez la femme, et ayant abouti à la mort.
IV. [Mariage cinq mois| Femme contaminée. Pas d'enfants. après le débutdu chancre.
V. [Mariage six mois| Femme contaminée. |Pas d’enfants. après le début du chancre.
Tr Mariage huit mois|Femme contaminée. Pas d’enfants. après le début du chancre.
NA, BREL OS SN ER CO NT ENTREE VII. |Mariage neuf mois| Femme contaminée (sy-| Enfant affecté de syphiaprès le début du| philis par concep-| liset contaminant sa nourchancre. tion). rice. —Accidents graves de syphilis héréditaire à l’âge de 10 ans (atrophiedes nerfs optiques).
PP
ÉCHÉANCE DU RÉSULTATS RÉSULTATS MARIAGE , EN CE QUI CONCERNE | EN CE QUI CONCERNE APRÈS LA SYPHILIS DU MARI. LA FEMME. L'ENFANT.
VIII. [Mariage dix mois| Femme contaminée. Premier enfant mort à après le début huit jours. — Deuxième du chancre. | enfant syphilitique.
IX. [Mariage un an|Femme contaminée. Accouchement,neuf aprèsune syphi- mois après le mariage, lis à peinetraitée. d’un enfant mort.
X. [Mariage un an|Pas d’accidentsdesy-| Avortement, quelques après unesyphi-| philis constatés sur| mois après le mariage. lisexclusivement| la mère. d traitée par l'10dure de potasstum.
CT: Mariage un an Femme contaminée (sy - 1'° grossesse survenue après le début| philis par concep-| peu de temps après le
du chancre. —| tion). mariage ; — accouche- Traitement ment prématuré d'un moyen, correct. enfant mort. — 2° gros-
sesse ; — accouchement prématuré; lésions très probables de syphilis sur le fœtus. — 3° grossesse (après traitement des deux parents); enfant vivant, sain. — 4° grossesse (sans traitement des parents); enfantsyphilitique, mort.
XII. [Mariage un an|Femme contaminée. Enfant né deux ans après après le début de le mariage ; — syphilila: syphilis. —| tique.
Trait. très court.
XII. | Mariage dix-huit| Femme contaminée (sy-| Avortement dansles premois après le] philis par concep-| miers mois du mariage. chancre.— Trai- tion).
tement court,