‹ Syphilis et mariageChapitre 44 sur 82 · EN CE QUI CONCERNE EN CE QUI CONCERNE · texte numérisé non relu

EN CE QUI CONCERNE EN CE QUI CONCERNE

XIV. [Mariage dix - huit| Femme contaminée dès|Avortement. — L'année mois après le| le début du maria-| suivante, second avorchancre. ge (syphilis par con-| tement. — L'année sui-

ception). vante, naissance d’un enfant syphilitique.

XV. [Mariage dix-huit| Femme contaminée àla| Avortement. mois après le| lèvre par des plachancre. ques muqueuses buccales du mari.

XVI. [Mariage vingt mois| Femme contaminée à la|Pas d’enfants. après lechancre.| vulve par des syphilides génitales survenues sur le mari dès le premier mois du mariage.

A VE, Mariage vingt-trois| Femme contaminée dès Cinq fausses couches. — mois après le| ledébutdu mariage.| La sixième année du chancre. mariage, enfant sain.

.[Mariage deux ans| Femme contaminée. Pas d'enfants. après lechancre.

Mariage deux ans| Femme contaminée. Deux enfants mort-nés. aprèsle chancre.

Mariage deux ans|Pas d'accidents sur la 1° grossesse ; enfant sain.

après le chancre. femme, mais énfec-| — 2° grossesse ; enfant tion survenue au! mort à cinq jours.

cours d’une deu-

xième grossesse.

Ainsi done, en résumé, vingt sujets se sont mariés dans les pEuUx PREMIÈRES ANNÉES de leur syphilis. Qu'est-il résulté de ces vingt mariages prématurés, en ce qui concerne la femme et en ce qui concerne l’enfant? Le voici :

1° Dix-neuf fois sur vingt, la jeune mariée a été contaminée; — et contaminée peu de temps après les noces '; — et contaminée tantôt par un aceident de retour survenu sur le mari, tantôt par infection conceptionnelle.

Dix-neuf fois sur vingt, quelle proportion! Une seule de ces vingt femmes a échappé à la syphilis!

Notons incidemment (cette digression aura bien son excuse) que Pune de ces jeunes mariées, infectée par conception, fut prise d’une syphilis des plus graves, qui, après de multiples et navrantes péripéties, se termina par la mort.

2° De ces vingt ménages, quinze seulement ont eu des enfants (du moins pendant le temps où j'ai pu les observer). Etde ces quinze ménages sontissues vingthuit grossesses, qui ont abouti à ceci comme résultats :

Avortements et accouchements prématurés. . . . , 1 Morts (peu de temps après la naissance) .

Enfants syphilitiques survivants. ,

Énfants sains ee

œ D OO

Donc: trois enfants sains, seulement, sur vingt-

1. Réserve faite pour le vingtième cas, où l'infection n’apparut sur la femme qu’au cours d’une deuxième grossesse. — Ce cas est exceptionnel par cette particularité.

huit; — et dix-neuf morts sur vingt-huit naissances; — c'est-à-dire, mortalité de 67 pour 100.

Rien à ajouter à de tels chiffres.

Et voilà à quels désastres expose son jeune ménage l’homme qui affronte, qui ose affronter le mariage en dépit d’une syphilis récente, d’une syphilis sur laquelle ni Île temps n1 le traitement n’ont encore exercé leur influence corrective et neutralisante.

IT. — Reste enfin une troisième considération, qui va déposer dans le même sens.

Au point de vue des risques personnels qu'apporte un sujet syphilitique dans le mariage, l’âge avancé de la diathèse est encore une condition certainement favorable, C’est une condition qui constitue une garantie indéniable, garantie non pas absolue et formelle, bien entendu, mais relative tout au moins.

Et, en effet, l’âge avancé de la diathèse permet de mieux apprécier, au moins dans une certaine mesure, la « qualité » de cette diathèse, son degré d'intensité, de nocivité, ses tendances, son allure, son pronostic général. Non pas, assurément, qu'en fait de syphilis le passé soit toujours, comme on Fa dit, « le miroir de l'avenir »; tant s’en faut. Non pas qu'une syphilis primitivement bénigne ne puisse aboutir dans une étape éloignée à des accidents sérieux ou mortels. Mais toujours est-il qu'à une période plus ou moins avancée on n’a plus à redou-

ter certains accidents, certaines formes malignes, menacantes, de la maladie. De plus — et c’est là l'essentiel, c’est là le point capital, — le stage compris entre le début de l'infection et l'époque actuelle a pu être fructueusement exploité pour un long et salutaire traitement, ce qui confère en l'espèce la meilleure et la plus solide des garanties.

Donc, à tous égards, vous le voyez, l’âge avancé de la maladie constitue une condition essentielle, indispensable, pour l’admissibilité au marlage.

D’après moi, un sujet syphilitique n’a le droit d’aspirer au mariage que si sa maladie remonte déjà à un certain temps, que si déjà elle compte derrière elle une certaine durée. Cela, je l’affirme énergiquement, Je le pose en principe avec une convicüon absolue, qui repose aujourd'hui sur un très grand nombre d'observations.

Maintenant, avec juste raison, vous allez insister, vous allez me presser davantage, réclamer de moi des indications plus catégoriques, et me dire : « Sôit! Une certaine durée de la maladie est indispensable pour l'admissibilité au mariage. Cela est rationnel, logique, et cela, de plus, est confirmé par l'observation. Mais veuillez parler net, parlez-nous

Co

CONDITIONS D'ADMISSIBILITÉ AU MARIAGE. r7

en chiffres précis. Quelle est, quelle doit être, d’après vous, cette durée? »

J'entends de reste, et nous voici en regard du point délicat par excellence de notre sujet. Tant qu'on reste dans les termes généraux, les solutions sont faciles. Mais, quand il s’agit de préciser, de fixer une mesure arithmétique, dès qu'on arrive aux chiffres, les embarras et les difficultés eommencent. 5

Cependant les mêmes faits qui m'ont servi à formuler les règles générales qui précèdent vont me

permettre — jusqu'à un certain point — de vous satisfaire, et je vous répondrai ceci :

D'abord, l'âge d’une syphilis n’est pas la seule donnée d’après laquelle on soit autorisé à déterminer ladmissibilité où la non-admissibilité au mariage. Cette détermination comporte d’autres facteurs, implique d’autres conditions essentielles et majeures dont nous parlerons bientôt, telles que la nature des accidents spécifiques antérieurs, la « qualité » de la diathèse (vous verrez ce que j'entends par ce mot), l'intervention du traitement, ete. De sorte qu'on ne saurait jamais se baser sur l’âge seul de la maladie pour résoudre le problème qui nous occupe, c’est-à-dire pour décider si un sujet syphilitique est devenu ou non apte au mariage.

Ces réserves faites, j'aborde maintenant la question à laquelle vous attendez une réponse, et je vous livre tout aussitôt ma profession de foi, qui peut

se résumer ainsi :

À ne tenir compte pour l'instant que de la donnée de l’âge, je ne crois pas, d’après les résultats de mon en personnelle, qu'il soit permis à un sujet syphilitique de songer au mariage avant une période minima de trois à quatre années, consacrée à un traitement des plus sérieux.

Trois à quatre années, tel est, d’après moi, le MINIMUM (notez bien ce mot, je vous prie), le minimum nécessaire, indispensable, pour que la diathèse puisse s’épurer suffisamment sous la double influence du temps et du traitement, et pour que le malade, rentré dans les conditions communes, ait le droit d’aspirer à devenir époux, père, soutien de famille.

Oui, trois à quatre années; et ce n’est pas trop, et mes exigences ne vont pas trop loin. Car mieux vaudrait davantage, Jen suis bien certain; car, avec la syphilis, {y a toujours bénéfice à attendre, à différer, et Vexagération n'est pas à craindre quand il s’agit d'intérêts aussi respectables, aussi sacrés que ceux d’une jeune femme et de toute une famille.

Aussi bien, j'affirme à nouveau la proposition que Je viens de formuler, et je l’affirme de par la consécration de l'expérience, de par les statistiques et les exemples précités.

En decà d’un minimum de trois à quatre ans, tout est à craindre, et les dangers de la syphilis du mari se traduisent par des catastrophes, sinon fa-

Fr

tales et constantes, du moins fréquentes, habi- 'tuelles.

Au delà de ce terme, les dangers de la syphilis du mari s’atténuent et disparaissent, sinon d’une facon absolument certaine (car la certitude absolue, mathématique, nous fait et nous fera toujours défaut en pareille matière), au moins d’une facon très habituelle, assez habituelle en tout cas pour que nous soyons autorisés à permettre le mariage. Encore faut-il, bien entendu (et c’est là un point sur lequel je ne crains pas d’insister derechef), que, pendant le laps de temps en question, à l’influence corrective des années soit venue se joindre l'influence dépurative d’un traitement méthodique, actif et prolongé.

Avant trois à quatre ans écoulés, jamais je n'oserais pour ma part, quelle qu'eût été d’ailleurs l'intensité du traitement, délivrer une patente nette pour le mariage à un sujet syphilitique. Car j'ai vu les plus tristes, les plus néfastes conséquences suecéder à des unions prématurées de ce genre.

Tout au contraire, au delà de trois à quatre années, utilement consacrées à une médication spécifique, je me crois autorisé, de par l'expérience, à tolérer le mariage, sauf contre-indication particulière relevant de tel ou tel autre article de mon programme. Et cela, parce que, dans ces conditions, j'ai vu la presque totalité de mes malades se marier sans devenir nuisibles à leur femme et à leurs enfants.

- À dessein je viens de dire que, dans les condilions précitées, je me jugeais en droit de « zolérer » le mariage. Et, en effet, je le tolère en pareil cas bien plutôt que je ne le conseille. Je le tolère parce que je considère ce terme de trois à quatre ans comme suffisant à la rigueur pour sauvegarder les intérêts que j'ai à cœur de protéger. Mais je ne dissimulerai pas qu'un délai supérieur me satisferait bien davantage en moffrant des garanties plus sérieuses. Vis-à-vis d’un malade dont la syphilis (d’ailleurs bien traitée) remonte à six, huit ou dix ans, je me sens bien autrement à l'aise pour lui accorder patente nette; et cela, je le répète encore, parce qu'à de nombreux points de vue la sécurité s'accroît avec l'ancienneté de la diathèse.

Aussi, pratiquement, ma règle de conduite estelle la suivante :

Consulté sur la possibilité d’un mariage par un malade dont la syphilis (d’ailleurs régulièrement traitée) ne remonte qu'à trois ou quatre ans, je Commence toujours par lui conseiller d'attendre, de différer ses projets d'union, et d’insister à nouveau sur le traitement, en vue d’accroitre et de parfaire ses chances de sécurité.

Que si, cependant, le malade arguë d’un intérêt sérieux, majeur, à un mariagé immédiat; que si, de plus, il satisfait à toutes les autres exigences. de mon: programme, je ne me crois pas en droit de contrecarrer ses projets; je tolère son mariage dans ces conditions ; je lui donne l'autorisation médicale

qu'il vient réclamer de moi, non sans y ajouter encore quelques avis, quelques recommandations indispensables dont je vous parlerai plus tard, en terminant cet exposé.

Troisième condition : STADE D'IMMUNITÉ AU DELA DES DERNIÈRES MANIFESTATIONS SPÉCIFIQUES.

Une troisième condition que je considère comme indispensable en l’espèce, c’est qu'un temps plus ou moins long se soit écoulé entre les dernières manifestations présentées par le malade et l’échéance fixée pour le mariage.

C'est-à-dire : Avant d’avoir droit de songer au mariage, 1l faut que le malade soit resté indemne de toute manifestation diathésique pendant un temps suffisamment prolongé. C’est à ce laps de temps écoulé sans aucun incident spécifique, sans aucun réveil de la syphilis, que je donne le nom de période d'immunité.

Or, cette période d’immunité constitue une garantie nécessaire, indispensable, ‘pour ladmissibilité au mariage, et cela à des titres divers que voici.

D'abord, elle à une signification; elle atteste que la diathèse a passé sa période aiguë, j'entends cette période particulièrement redoutable où les poussées syphilitiques se succèdent à brève échéance, voire parfois d’une façon subintrante, et ne sont pas

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moins dangereuses par le nombre que par la Te lité contagieuse de leurs manifestations.

En second lieu, ce temps plus ou moins long passé sans accidents permet jusqu’à un certain point de juger du degré d’apaisement de la diathèse. C’est, dans une certaine mesure, un témoignage de la nonactivité, de la sédation actuelle de cette diathèse.

Sans doute, il est possible que l'absence de manifestations pendant un certain temps ne soit qu'une tréve accordée par la maladie, laquelle, à un moment donné, reprendra ses droits et rentrera en scène sous une forme quelconque. Mais il est possible aussi, au Cas OÙ un traitement énergique à été mis en vigueur, que cette trêve soit le début d’une parx définitive. Comment débuterait, si ce n’est de la sorte, une paix définitive? |

En tout cas, il est indéniable — et cela de l’aveu général — qu'une immunité prolongée constitue un bon signe, un signe qui correspond à une détente de la maladie, qui en atteste la décroissance, l’apaisement au moins provisoire. Et, si cette condition favorable se trouve en outre doublée de la garantie d’une médication suffisante, il y a lieu d’espérer que la diathèse à définitivement imposé silence à ses manifestations. La sécurité est done acquise pour le mariage.

Tout cela est tellement vrai qu'un médecin prudent ne permettra jamais le mariage à un sujet syphilitique qui ne fait que de sortir d’une poussée

syphilitique. Pour ma part, jamais je ne laisserais un de mes clients se marier au lendemain d’un accident spécifique quelconque, si minime d’ailleurs füt cet accident. Et cela pour deux raisons : parce que, d’abord, la production d’un symptôme syphilitique quelconque témoigne que non-seulement la diathèse subsiste, mais subsiste en pleine vigueur, en pleine activité de manifestations; — et, en second lieu, parce que, dans de telles conditions, il est impossible de présager ce qui va suivre. D’autres déterminations morbides ne vont-elles pas surgir dans un avenir prochain? Le temps seul peut juger la question. Done, attendre est de rigueur en pareille occurrence.

Tout au contraire, si un client se présente à moi en me disant : « Voilà deux ans, quatre ans, six ans, dix ans, que je n'ai plus rien eu », ce long silence de la maladie me met bien autrement à l'aise. Je sens que j'ai affaire à une diathèse entrée en voie de sédation, à une diathèse qui a passé sa période aiguë, qui ne reproduira pas ces phases secondaires si dangereuses au double point de vue de la contagion ei de l'hérédité, ete. Conséquemment, mes appréhensions en ce qui concerne le mariage se trouvent diminuées d’autant.

J'ajouterai que cette période d’immunité me satisfera bien plus encore, au point de vue où nous étudions actuellement, si elle a coincidé avec une suspension prolongee du traitement spécifique.

Car alors elle prend une signification plus accentuée; elle atteste que la maladie, même abandonnée à son impulsion propre et indépendamment de toute action répressive du traitement, n’a pas eu tendance à reproduire ses manifestations. Et cela n’est pas sans un intérêt majeur. Nous savons en effet qu'il est certaines syphilis qui, tout à la fois dociles et rebelles à l’action de nos remèdes, semblent guérir dès qu'on les traite, pour reprendre un essor nouveau dès qu'on ne les traite plus’. II faut se méfier de ces dernières et ne pas oublier qu’en l'espèce une immunité prolongée en dehors de toute

1. Ilest très positivement un ordre de syphilis auxquelles on ne peut, pour ainsi dire, lâcher la bride au delà d’un certain temps sans qu’elles reprennent un élan nouveau. Tant qu’elles sont soumises au traitement spécifique, elles restent muettes. Mais ce traitement vient-il à être suspendu, presque aussitôt — ou tout au moins après un certain temps — elles reproduisent des symptômes nouveaux. [Il faudrait, en quelque sorte, les traiter toujours pour les condamner incessamment au silence.

J'aurais nombre d'exemples du genre à relater, si je devais traiter ici cette question d’une facon spéciale. Qu'il me suffise d’en citer un spécimen.

Un de mes collègues et amis, médecin des plus distingués, a contracté la syphilis professionnellement (par un chancre du doigt) il y à une dizaine d'années. Or, depuis cette époque jusqu'à ce jour, il n’a cessé d’être en butte à des manifestations syphilidiques qui disparaissent aussitôt qu'il se traite, pour reparaître dès qu'il interrompt le traitement pendant quelques semaines. & Il m'est impossible, me disait-il encore récemment, de suspendre la médication spécifique au delà de trois, quatre semaines au plus,

sans voir récidiver tel ou tel accident, notamment des taches ne ou des accès de céphalée. A la vérité, ces accidents s'atténueht et disparaissent presque immédiatement dès que je reprends le mercure ou l’iodure, et je reste indemne tant que je continue l’un ou l’autre de ces remèdes, le mercure plus spécialement. Mais, littéralement, je ne puis en discontinuer l'usage au delà

intervention thérapeutique constitue seule une garantie véritablement sérieuse par rapport au mariage.

Ce point résolu en principe, à savoir la nécessité d’une certaine période d’immunité complète avant le mariage, Je prévois bien qu'ici encore, comme tout à l'heure, vous allez me demander des chiffres, réclamer une mesure précise, et me dire : « Quelle doit donc être pour vous la durée exacte de cette période d’immunité, de cette sorte de stage probatoire que vous exigez du malade? »

Or, ici comme précédemment, je ne vous satisferai qu'à demi, en me bornant à vous répondre ce que jai droit seulement de vous répondre, à Savoir que :

1° Une mesure fixe, précise, serait impossible à

de quinze Jours, trois semaines, un mois au maximum, sans étre repris d’un nouveau symptôme. Je guéris toujours, mais ne suis jamais guéri. Verrai-je jamais la fin d’une telle syphilis? »

Or, au point de vue qui nous occupe, quelle garantie présenterait, en pareil cas, une immunité exclusivement due à une influence thérapeutique permanente? Laisserons-nous se marier un malade affecté d’une syphilis de ce genre, en nous basant sur la garantie d’une immunité longtemps prolongée au prix d’un traitement assidûment poursuivi? Mais il pourra se faire, comme sur le malade précité, que, le jour où le traitement sera suspendu, des accidents nouveaux se reproduisent, avec toutes leurs conséquences, avec tous leurs dangers. Donc, en l’espèce, le mariage ne pourra, ne devra être toléré qu'a la condition spéciale d'un long stade passé sans accidents en dehors de toute intervention thérapeutique.

Les formes de syphilis auxquelles je fais allusion ici ne sont pas absolument rares. Il faut s’en méfier en pratique; car elles sont incompatibles avec le mariage, tant qu’elles conservent leur caractère vivace et leur tendance à de perpétuelles récidives.

déterminer. Force est, par la nature même des choses, de s’en tenir ici à des moyennes approximatives, d’ailleurs purement empiriques.

>° Plus longue sera cette période d’immunité, plus rassurante elle se présentera à tous égards.

3° Enfin, pour fixer un minimum, je crois, d’après mon observation personnelle, qu'il serait imprudent d’abaisser la durée de ce stade d’immunité complète au-dessous de dix-huit mois à deux ans.

Dix-huit mois à deux ans passés sans accident aucun, sans réveil aucun de la diathèse, me semblent un minimum de strict nécessaire à exiger de tout sujet syphilitique avant de lui permettre le mariage.

D'ailleurs, notons bien que la durée de ce stage d’immunité reste naturellement soumise à des conditions variables. Elle devra être plus longue ou plus courte suivant les circonstances, et ce sera affaire au médecin de la proportionner aux indications de chaque cas particulier. Il est évident, par exemple, que nous serons autorisés à la réclamer plus longue, si les derniers accidents qu’a présentés le malade ont été de nature grave, ou bien encore si, d’une façon générale, la diathèse a revêtu un caractère menaçant. Et, inversement, nous pourrons nous départir d’une sévérité semblable dans les conditions précisément contraires.

Mais je m'aperçois qu’avee les considérations de ce genre Je risque d’empiéter sur le quatrième

point de mon programme. Réservons-les pour ce qui va suivre.

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