‹ Syphilis et mariageChapitre 71 sur 82 · DEVOIR PROFESSIONNEL DU MÉDECIN · texte numérisé non relu

DEVOIR PROFESSIONNEL DU MÉDECIN

Étant donné un enfant syphilitique ou suspect seulement de syphilis, c’est la mère de cet enfant qui, seule, peut et doit lui servir de nourrice. Cela n'est pas douteux, cela ne souffre pas discussion. Telle est la loi.

Et d’ailleurs, ajouterai-je en terminant, alors même qu'en pareille circonstance, contrairement à tout ce que nous venons de dire, l'allaitement maternel comporterait quelque danger soit pour la mère, soit pour l'enfant, cette considération ne modifierait encore en rien le devoir qui s'impose au médecin vis-à-vis de la société. Ce devoir, en tout état de cause, n'en subsisterait pas moins.

Dans cette hypothèse, c’est-à-dire si l'allaitement maternel devait offrir quelque danger, ce serait affaire à nous, médecins, de nous débattre avec celte difficulté nouvelle et d'imaginer quelque expédient pour conjurer la possibilité d'une contagion de la mère à l’enfant ou de l’enfant à la mère. Mais nous ne serions en rien déchargés pour cela de la stricte et impérieuse obligation qui nous prescrit /e respect de la santé d'autrui. À aucun prix, pour aucune raison, nous ne pourrions consentir à ce quun enfant syphilitique où même simplement suspect de syphilis füt confié à une nourrice saine.

La préservation de la société constitue en l’espèce — je le répète encore et ne saurais trop le répéter — l'indication capitale, prédominante, supé-

rieure à toute autre considération; et cela, parce que cette indication répond à un intérêt d'ordre général, parce qu’elle tend à un résultat qui doit être la visée de nos communs et constants efforts, à savoir : conjurer la diffusion de la vérole, en circonserivant la vérole dans ses foyers, en l’empêchant de se déverser au dehors et de disséminer ses germes de

contagion.

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