‹ Syphilis et mariageChapitre 70 sur 82 · LOI DE BAUMES · texte numérisé non relu

LOI DE BAUMES

enfants nés syphilitiques par hérédité paternelle infecter leur mère. Mais, d’abord, ces cas sont-ils bien authentiques? Puis, à les juger tels, combien ne sont-ils pas rares, par contraste avec l'énorme masse de faits précisément inverses ! On peut les dire, on est autorisé à les dire absolument exceptionnels. Certes, il convient d'en tenir compte, il faut en tenir compte pour la pratique, et notre devoir actuel est de remettre la question à l'étude, pour déterminer si ces exceptions sont réelles et quelles conditions peuvent les motiver. Mais, quant à présent, les cas de cet ordre ne sauraient infirmer ce qu'on a le droit d'appeler la règle, la /o7, non plus que modifier les indications qui en dérivent.

Donc, pour revenir à notre sujet, iei encore et même dans cette situation en apparence si périlleuse d’une mère saine exposée au contact d'un enfant syphilitique, l’allaitement maternel ne eomporte aucun danger.

Reste, enfin, une quatrième et dernière éventualité : Mère syphilitique et enfant sain.

C’est la situation précédente renversée. Eh bien, de même que dans le cas précédent et sans doute pour une raison identique, la contagion ne s’exerce pas en de telles conditions. Un enfant né sain, bien qu'issu de parents syphilitiques, n’a jamais pris la syphilis de sa mère en tétant sa mère. Quant à moi, je déclare n'avoir jamais rien vu de sem-

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blable; je déclare ne pas connaître un seul exemple d’une mère syphilitique ayant engendré un enfant sain, puis l’infectant ensuite en lui servant de nourrice.

En résumé, done, Messieurs, quelle que soit des quatre éventualités que nous venons de passer en revue, celle que nous envisagions, toujours et invariablement nous voyons l'allaitement de lenfant par sa mère échapper aux dangers théoriques qu’oe pourrait lui supposer.

De là une conséquence facile à déduire : c’est qu'aucune raison ne s oppose en aucun cas à ce que l'enfant soit nourri par sa mère.

Or comme, d'autre part, il est une raison majeure, supérieure à toute autre, qui s'oppose à ce que ledit enfant soit confié à une nourrice, la question se trouve résolue dans le même sens par deux ordres de considérations différentes. Et, pour conclusion finale, nous aboutissons à ceci :

Qu'en l'espèce, l'allaitement maternel est le

seul mode rationnel et pratique d'élevage de l’enfant.

1. Il est bien entendu — et je n’insiste que pour éviter l'ombre A ? » .. , . S-% 4 même d'une ambiguïté — que je parle ici seulement d'une mère

ayant contracté la syphilis soit avant, soit pendant la grossesse. Car une mère contractant la syphilis après son accouchement est

ultra-contagieuse pour son enfant. Cela est attesté par nombre

de faits d'observation courante. Il suffira de rappeler à ce propos

les cas si nombreux dans lesquels on a vu de malheureuses

nourrices, après avoir pris la syphilis d’un nourrisson syphilitique,

la communiquer ensuite à leur propre enfant

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