‹ Syphilis et Paralysie GénéraleChapitre 22 sur 24 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

En parcourant les chapitres qui précèdent, en les résumant, nous en tirons un certain nombre de remarques, une série de faits qui plaident en faveur de la connexion de la syphilis et de la paralysie générale, de la spécificité de cette affection.

Tout d'abord la fréquence de la syphilis dans les antécédents des paralyliques, et sa rareté dans les autres affections mentales ;

Le laps de temps presque régulier qui s'écoule entre les deux affections ;

Les cas de paralysie générale tardive (1) succédant à de la syphilis tardive, de paralysie générale à début précoce après la syphi'is précoce ou héréditaire ;

L'absence (2) d'observations de paralytiques généraux ayant contracté la vérole ;

La présence d'autres symptômes de syphilis nerveuse, au cours de la paralysie générale (paralysies oculaires, paraplégies, hémiplégies, céphalées nocturnes disparaissant sous l'influence du traitement) ;

(1) Nageotte, Tabes et paralysie générale, Th., Paris, 1893, p. L4I. (2) Chauvet, Influence de la syphilis sur les maladies du système nerveux central, Th. d'agrégation, Paris, 1880, p. 20.

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La plus grande fréquence de la paralysie générale chez l'homme, plus souvent syphilisé que la femme ;

La rareté progressive de la paralysie générale (de même que la syphilis) chez la femme, à mesure qu’on s’élève dans la société ;

Les cas de paralysie générale et de syphilis conjugales :

Le fait que, parmi les membres d’une même famille, la paralysie générale frappe précisément ceux qui sont syphilitiques en épargnant les autres ;

L'action analogue de la graine syphilitique chez une série d'individus présentant un terrain prédisposé ;

La fréquence de la paralysie générale dans certaines professions (métier des armes, prostitution) ;

La rareté dans d’autres (prêtres et religieux) ;

L’excepthonnelle rareté de la paralysie générale chez les vierges (encore qu'elles aient pu contracter la syphilis - Sans COit) ;

L'observation de Minor, que la rareté de la paralysie générale chez les Juifs, est à sa fréquence chez les Russes, comme la rareté de la syphilis chez les premiers, est à sa fréquence chez les seconds. Et cependant les Juifs sont des héréditaires nerveux par excellence ;

La rareté de la paralysie générale dans les pays à syphilis rare (l);

La rareté de la paralysie générale dans les campagnes où la syphilis est rare, opposée à sa fréquence dans les villes où la syphilis est plus fréquente.

Tous ces faits, que l’origine spécifique de la paralysie

(1) Camuset, Note sur la rareté de la Paralysie générale à l'asile St-Alban. Ann. méd. psycho., sept. 1886, p. 187.

ERODSe

générale éclaire d’un jeur tout nouveau, sont inexplicables par les autres causes. Est-ce à dire qu'elles soient incompatibles avec l’action prédominante de la syphilis ? Certainement non. Ce sont elles peut-être qui, dans cerlains cas, déterminent la localisation de la syphilis de même qu'une irritation cutanée quelconque, blessure, ulcération, réveille les manifestations cutanées, qu’un traumatisme abdominal réveille la syphilis hépatique, etc...

Un exemple emprunté à Raymond (1), nous montrera la production de cette espèce de Locus minoris resistentiæ :

Deux frères syphilitiques deviennent : l’un paralytique général, l’autre tabétique.

Le premier était gros mangeur, souvent congestionné ; dirigeait seul une maison de commerce importante, était grand brasseur d’affaires : localisation cérébrale.

Le deuxième, adonné aux excès vénériens, servit sept ans dans l'infanterie et fit pendant la campagne de 1870 de nombreuses marches forcées : localisation médullaire.

Parfois, ces causes secondaires impriment à la maladie un cachet spécial, comme dans les deux exemples de syphihs et paralysies générales conjugales d’Evrard, rapportés plus haut. Il ne faut donc pas les rejeter absolument de l’étiologie de la paralysie générale, mais leur accorder la valeur qu’elles méritent, car si elles sont le

plus souvent impuissantes pour prevoquer à elles seules la méningo-encéphalite, elles peuvent du moins agir sur

sa marche, accélérer ou retarder son évolution et son issue toujours fatale.

(1) Raymond, Rapport du labes et de la paralysie générale. Bull. de La Soc. méd.des hôpit., juin, 1892, p. 434.

Documents originaux

J'ai cru intéressant de reproduire ici les réponses d’un certain nombre d'aliénistes ou de psychiâtres étrangers, auxquels j'avais demandé leur avis sur la question qui m occupe.

Prof. Rumpf (de Hambourg).

La syphilis se retrouve dans les antécédents de 80 °/, des cas de paralysie générale. La paralysie générale est peut-être une conséquence de la syphilis, mais nous ignorons comment agit cette diathèse. Les arguments tirés des maigres résultats de la médication spécifique ne sont pas concluants, car d’aatres manifestations syphilitiques sont re-

belles au traitement.

Hambourg, 10 août 1892.

Zacher, médecin à l'asile privé de Ahrweiler (Allemagne).

Je ne puis vous donner de chiifres, mais quant à la question des rapports de la syphilis et de la paralysie générale, j'estime, touten ne considérant pas cette dernière comme une manifestation spécifique, qu'un individu syphilitique à de bien plus grandes chances de devenir paralytique qu’un individu sain.

Ahrweiler. 9 août 1892.

Prof. Erb (Heidelberg).

Je regrette de ne pouvoir vous envoyer mes observations que j'ai remises à deux jeunes médecins, mais je puis vous dire que selon moi, la paralysie générale a avec la syphilis les mêmes rapports que le tabes.

Heidelberg, 17 août 1892. Prof. Kjellberg (Upsal).

En 1862. dans une thèse de l’Université d'Upsal, j'ai émis l'opinion

que la paralysie générale ne se développe pas dans un organisme parfaitement exempt de syphilis, soit héréditaire, soit acquise.

Pendant les 29 années écoulées depuis cette époque, j’ai trouvé de nombreuses preuves à l’appui de mon opinion, mais pas un seul fait qu’on puisse opposer, à mon avis, comme décidément contradictoire.….

rer paralysie générale est selon moi une manifestation tertiaire de la syphilis, affectant les ramifications artérielles de la pie-mère et de la couche corticale de certaines parties du cerveau...

.….. Quant au rôle, dans les maladies mentales, de l’alcool et de l’hérédité, il est certainement très important, mais spécialement pour la paralysie générale, ce rôlen’est pas marqué. Les malades paralytiques ont des tendances aux libations comme à d’autres extravagances, mais l’alcool n’a rien à faire comme cause de paralysie générale. »

Upsala, 5 septembre 1892.

D' Savage ! Londres).

Serbe Je commence à me demander si la différence dans les cas de syphilis constitutionnelle dépend du sujet ou de la « variabilité » du poison et si certains micro-organismes ne peuvent atteindre le tissu nerveux, tandis que d’autres s'arrêtent aux muqueuses ou à la peau.

Mon expérience actuelle m’enseigne que « pour le moins » 80 O0 des paralytiques généraux, que j'ai rencontrés dans ma pratique privée, avaient eu la syphilis. Cependant je ne pense pas que tous les cas de paralysie générale aient cette origine.

Londres, 8 septembre 1892.

D' Bouchaud., médecin à l'asile de Lommelet.

Lettre citée plus haut (V. p 68).

Lommelet, 5 septembre 1892.

Prof. Kowalewsky à Kharkoff.

..… Depuis le jour où j'ai commencé à faire attention aux rapports qui existent entre la syphilis et la paralysie générale, j'ai eu à ma clinique 143 paralytiques généraux dont 114 avaient eu l’ulcus durum et parmi ceux-ci 36 des accidents secondaires.

us Mon avis est que pour le moins dans 50 0j0 des cas, la syphilis

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