‹ Syphilis et Paralysie GénéraleChapitre 5 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La question des rapports de la syphilis et de la paralysie générale ne remonte guère qu’à la seconde moitié du xIx° siècle ; cependant elle paraît avoir été entrevue par Fracastor (1) en 1530. Cet auteur signale, en effet, des cas de mal français qui ont été suivis de folie et de mal caduc. |

En 1855, Trélat (2), dans une lettre publiée dans les Annates médico-psychologiques, signale la fréquence de la paralysie générale chez les filles publiques « par suite, dit-il, des excès auxquels ces malheureuses se sont livrées. »

En 1857, cette étude fut reprise par Essmarch et Jessen (3), qui prétendirent les premiers que la syphilis était la cause de la paralysie progressive.

En 1859, Hildenbrand (4), dans sa thèse inaugurale constate que « tous ou presque tous » les paralysés généraux qu'il a observés présentaient des antécédents syphi-

(1) Fracastor, Siphilidis sive de Morbo gallico, Libri tres, 15380.

(2) Trélat, De la paralysie générale : Annales méd. psycho, 1855, p. 245.

(3) Essmarch et Jessen, Syphilis und Geislestérungen. Allg.Zeitsch, f. Psychiatrie, 1857, p. 20.

(4) Hildenbrand, De la Syphilis dans ses rapports avec l'aliénation mentale.

Th. Strasbourg, p. 59.

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litiques avérés, et il ajoute (p. 52): « Sans partager « l’exclusivisme de MM. Essmarch et Jessen, nous croyons « que dans un grand nombre de cas la paralysie générale « reconnaît la syphilis pour cause essentielle. »

En 1862, Zambaco (1) cite des observations de paralytiques syphilitiques et tend à admettre que la syphilis peut déterminer la paralysie générale.

Marcé (2), sans vouloir rejeter d’une façon absolue l'influence de la vérole, croit qu'on ne doit admettre cette étiologie qu'avec uneextrêmeréserve etqu’on peuttoujours invoquer une simple coïncidence entre les antécédents syphilitiques et l'affection mentale.

En 1863, Kjellberg (3) émet l’idée, à laquelle il est toujours resté fidèle depuis, que la paralysie générale ne pousse jamais sur un terrain parfaitement exempt de syphilis, soit héréditaire, soit acquise.

En 1864, Westphal (4), trouve cette opinion exagérée.

En 1868, Kjellberg (5), reprend encore la question pour arriver aux conclusions précédemment énoncées.

En 1873, von Linstow (6) insiste sur les analogies que la syphilis cérébrale peut présenter avec la paralysie générale.

(1) Zambaco, Des affections nerveuses syphililiques, 1862, p. 315.

(2) Marcé, Trailé pratique des maladies mentales, 1862, p. 474.

(3) xjellberg, Des stades des maladies mentales, Th. d'Upsal, 1863, p. 56.

(4) Westphal, Tabes dorsualis und paralysis universalis progressiva. Allq. Zeitseh f. Psychiatrie, 1864.

(5) Kjellberg, Nagra fall of paralysis general. Upsala læhæreforenings forhandlingar, 1868, p. 343.

(6) Von Linstow, Syphilis in ihrem Verhæliniss zur Dementia paralylica Arch. f. Psych. Bd IV, 1873 p. 465,

ET ess

En 1874, Bouchoir (1) rejette absolument la syphilis comme facteur de paralysie générale.

En 1877, Jaecoud (?) trouve étrange l'opinion de Kjellerg et admet la syphilis au dernier rang comme cause d'une paralysie secondaire.

En 1878, Voisin (3) lui attribue un rôle encore moins important. |

Saucet (4) décrit comme produites par la syphilis des formes spéciales de paralysie genérale à évolution lente, à rémission Constante.

Pour Fournier (5-6), la syphilis cérébrale peut aboutir à une variété d’aliénation mentale, la pseudo-paralysie générale syphilitique qui se distingue de la vraie paralysie générale. Mais cette différence toute artificielle, basée sur une série de symptômes, plus ou moins variables, plus ou moins fugaces, en tous les cas très infidèles et ne permettant pas de poser un diagnostic différentiel solide, ne fut pas acceptée. Les idées de Fournier furent vivement attaquées par Foville fils (7, Westphal, Greiff, Essmarch et Jessen qui nient, avec observations à l’appui, toute différence symptomatique entre la paralysie générale syphilitique et la paralysie générale non syphilitique.

1) Bouchoir, Considérations étiologiques sur la paralysie générale, Th., Paris, 1874, p. 11.

2) Jaccoud, Trailé de pathologie interne, 1877, t. I, p. 219. 3) Voisin, Traité de la paralysie générale, 1878. (4) Saucet, Influence de la syphilis sur l’évolution de la paralysie générale, Th., Paris, 1878.

5) Fournier, De la pseudo-paralysie générale d'origine syphilitique, 1878. 6) Fournier, Syphilis du cerveau, 1879.

17) Foville, Contribution à l'étude des rapports entre la paralysie générale et La syphilis. — Ann. médico.-psych., mai 1879.

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