NÉE
A partir de cette épuque, les documents s'accumulent, les discussions se multiplient, les statistiques se suivent de plus en plus nombreuses, les unes négatives, les autres affirmatives.
En 1879, Mac Dowall (1) trouve une proportion de 80 syphilitiques pour 100 paralytiques généraux.
Mendel (2), dans la Berliner Klinische Wochenschrift, publie les résultats d’une statistique basée sur 201 cas, qui au point de vue des antécédents se décomposent de la
facon suivante :
59 fois pas de renseignements.
Dans les 146 cas restants il put constater :
20 fois absence de syphilis.
8 fois chancres sans accidents secondaires.
9 fois cicatrices à la verge.
109 fois syphilis avec accidents secondaires certains. Soit 75 0/0.
Comme contre-épreuve sur 122 aliénés non paralytiques :
21 fois pas de renseignements. Sur les 101 cas restants :
73 fois pas de syphilis.
10 fois syphilis probable.
18 fois syphilis avec accidents secondaires certains. Soit 18 0/0.
En 1880, Ball (3) appelle l'attention sur ce fait que ce sont les excès vénériens qui favorisent le plus le déve-
1) Mac Dowall, Journal of mental science, 1879. 2) Mendel, Berl, Klinische Wochenschrift, 1879, p. 537. (3) Ball, Leçons sur les maladies mentales, 1880, p. 763.
des At ja
loppement de la paralysie générale, (probablement parce qu'ils ont augmenté les chances d’inoculation syphilitique).
M. Christian (1) s'élève contre cette opinion qui tend de plus en plus à se faire jour. « De ce que, dit-il, chez un malade, on observe d'abord la syphilis, puis la paralysie générale, s’en suit-il que la deuxième affection soit la conséquence de la première ? » Il formule surtout deux grandes objections : la première basée sur l’inefficacité du traitement, la deuxième sur l’absence de signes caractéristiques de la paralysie générale syphilitique. 11 cite les chiffres de Lewin qui, sur 20,000 vénériens passés à sa clinique de la Charité à Berlin, n’en vit pas un seul devenir paralytique général. Je répondrai à cet argument qu'il me semble de prime-abord très difficile de suivre 20,000 malades pendant 15 ans et que si les chiffres étaient exacts il serait presque avantageux de se faire inoculer la syphilis comme traitement prophylactique de la paralysie progressive. Cependant, Christian ne nie pas que la syphilis ne puisse donner un « coup de fouet » à la maladie chez les prédisposés.
Mendel (2) fait paraître sa monographie sur la paralysie générale avec de nouvelles recherches sur la question; il donne comme son dernier résultat le chiffre de 78 0/0. | En 1882, Snell (3) se rattache aux idées de Mendel et
(1) Christian, Rapports entre la syphilis et la paralysie générale des aliénés, — Union médicale, 1880, p. 1002 et 1008.
(2) Mendel, Progressive paralyse der Irren, 1880.
(3) Snell, Uber das verhæltniss der Dementia Paralytica zur Syphilis. AI Zeitsch. f. Psych., t. XXXIX, 1882, p. 209.