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OBSERVATION XXII

Revue médicale de l'Est 1879 -- Gross.

Une amputation est pratiquée par Gross de Nancy, à £trasbourg, chez une syphilitique dont la maladie constitutionnelle était méconnue. Au troisième jour qui suivit l'opération il se produisit un rappel de la diathèse, une reviviscence du virus sous forme de syphilides papuleuses généralisées, qui augmentèrent jusqu'au septième jour. Le onzième jour, elles commencèrent à pâlir, pour se transformer le vingtième en tâches couleur feuille-morte ; elles persistèrent sous cet aspect pendant deux mois environ. Il est À noter que l'influence de la Syphilis sur la plaie opératoire se révélait au vingtième jour par une ulcération de la plaie qui's'étendait en superficie jusqu'au vingt-quatrième jour, resta stationn aire jusqu'au vingtneuvième où elle reprit enfin sa marche vers la guérison, La : cicatrisation ne fut complète qu'après six mois.

OBSERVATION XXIIL (CRÉPIN)

M. C.., 22 ans, ménagère, entre le 31 juillet 1892 dans le service de M. le Professeur Leloir, salle Saint-Henri, n° 2. Quatre chancres infectants érosifs ; un de la fourchette, un de la paroi inférieure de la petite lèvre gauche. Grossesse, accouchement à la Maternité d’un enfant syphilitique. Rentre dans le service le 18 octobre 1892 pour syphilides érosives des amygdales et des commissures labiales. À

La roséole est passée inaperçue. Adénopathie généralisée. Arthrite spécifique du genou droit.

Le 25 novembre 1892, le genou, sous l'influence du traitement antisyphilitique, est moins douloureux. Par contre, apparaissent de violentes douleurs ostéocopes dans la crête tibiale droite surtout au tiers inférieur ; douleurs qui persistent pendant quinze jours. Or il est à remarquer que la femme à eu à ce niveau une fracture de jambe pour laquelle elle a été soignée en 1885.

UBSERVATION Résumée (BENICY)

C.., 26 ans, soldat, entré aw service en 1874, au 2° dragons. Le 27 juillet 1876 coup de pied de cheval à la partie moyenne et-antérieure de la jambe droite.

Plâäie dé quatre à six centimètres, crête du tibia légèrement écornée. Guérison et réparation complète au bout de six semaines. 3 N

Deux mois après blennorragie et chancre induré (adénite bilatérale indolente). Un mois s'était à peine écoulé qu’il ressentait de la douleur à l'endroit où il avait reçu le coup de pied de cheval, en même temps que la jambe augmentait de volume.

Entrée à l'infirmerie. Evolution d'une roséole typique Trai-

ENT en

tement interne par le protoiodure de mercure qui amène sa

disparition. Mais un abcès s'est formé à la jambe, au lieu anciennement contusionné ; ouverture au bistouri. Cinq semaines après, le malade quitte l’infirmerie et reprend son service tout en continuant pendant quelque temps le traite-

ment antisyphilitique.

En juillet 1877, le malade est envoyé au pénitencier. Mauvaises conditions hygiéniques. En décembre réapparition des douleurs puis de la tumeur. Retour à l'infirmerie, traitement antisyphilitique, au bout d’un mois tout a disparu.

En mai 1878, même phénomènes, même traitement, guérison en quatre semaines.

En décembre 1878, réapparition des phénomènes He toires, formation d’un abcès qu’on ouvre au bistouri. Le malade est alors envoyé au Val-de-Grâce où il entre le 31 janvier 1879. On constate à la partie moyenne de la jambe droite une tuméfaction assez régulière, aussi longue que large «et de consistance dure. La peau est peu mobile, d'un rouge violacé et présente deux ouvertures par lesquelles sortent quelques gouttes de pus séreux. Le stylet rencontre un os normal. Pas de décollement du périoste.

Cataplasmes à l'endroit malade : iodure de potassium à l'intérieur. Au bout de deux mois de traitement, guérison com: plète.

OBSERVATION XXV (Dr P. Hay)

Elisa X.., 31 ans, couturière, d'hérédité nerveuse, épouse en ‘janvier 1889, un lutteur de foire, qui mourut un an après d'une affection pulmonaire indéterminée, Un mois après le mariage, chancre vulvaire, adénites inguinales, puis roséole, maux de gorge, alopécie. |

En 189%, syphilides plantaires .papulo- -Squameuses, Au bout de six mois de veuvage, onyxis syphilitique des dix doigts des mains. |

La malade se souvient des symptômes éprouvés mais elle

LA

Dh

eii ignorait la nature et ne s'est par conséquent jamais fait soigner. Vers 1891, la syphilis devient silencieuse puis les années s’écoulent lorsqu'au mois de mars 1897 survient une infiltration ulcéro-gommeuse de la joue gauche (région zygomatique) qui la décida à aller'‘trouver le médecin. À ce moment, aucune autre accident. La malade croyait à un abcès et on fut dans la nécessité de pratiquer un très léger débridement. |

Le lendemain, elle se présentait à notre-consultation couverte des pieds à la tête d'une éruption papulo-squameuse, maculeuse, papulo-maculeuse accentuée au niveau des membres et de la ceinture. Institution du traitement mixte bi-io= duré.

Le réveil de cette syphilis par cette irritation toute locale s'était terminé dans un cortège d'accidents variés car elle présenta alors des syphilides papulo-squameuse géantes du

. dos et du cuir chevelu, une gomme énorme de l’amygdale

droite, de plaques opalines du pharynx, de petits placards de syphilides psoriasiforme du menton, des papules érosives vulvaires et un léger état de subdélire.

Le traitement fut imposé et suivi d’une façon régulière et au bout d’un mois la malade mise au courant de sa situation était totalement guérie,

OBSERVATION XXVI (D' P. Haaw)

Amélie X.…., 11 ans, est amenée à notre consultation le 20

mars 1897.

Antécédents héréditaires. Père 38 ans alcoolique. Mère 43 ans, bonne santé, a eu six grossesses, dont deux suivies de fausses couches à trois mois et demi et à quatre mois.

Antécédents personnels : Née avant terme, allaitement mixte, adénites cervicales, otites, ophtalmie à 18 mois, varicelle à? ans, bronchite à 3 ans, rougeole à 4 ans, coqueluche à 6

ans, Tempérament nerveux. Enfant petite, bien conformée,

Il y a six mois, l'enfant fut piquée en classe, à la joue gauche, par une camarade d'un coup de plume à écrire. La plaie saigna peu, ne s’enflamma pas rapidement mais n'eut aucune tendance à se cicatriser. En l'espace de quatre mois, le mal s'accrut, des papules confluantes et des croutes se formèrent. La mère ignorante fit des onctions de beurre salé, les croûtes tombèrent pour se reformer ; plus tard sur les conseils rs pharmacien lotions à l’eau boriquée.

Lors de notre premier examen, le 29 mars, la petite fille présente, sur la joue gauche un placard croûteux, épais, très irrégulier de surface, ostracé, jaune verdâtre, très en relief, sen- Siblement circulaire et mesurant trois centimètres et demi de diamètre. Une fine desquamation existe à la périphérie, sur un fond brunâtre cuivré. Ganglions sous maxillaires roulants Cicatrice souple, non adhérente sur le bord interne du sternocleïdo-mastoïdien gauche.

Ablation des croûtes à la curette tranchante. Mise à nu d'un derme papillaire, en surélévation, peu saignant, d’odeur pénétrante d'acide butyrique. Le coup de plume a laissé une marque bleuâtre de tatouage. Toutes réserves faites nous posons le diagnostic ecthyma-géant. Pansement antiseptique.

Le 5 avril, l’escharre est reformée. On l’enlève. Attachement au naphtol camphré, pansement humide.

Le 11 avril, l'amélioration est presque nulle, une vaste auréole brune entoure l’escharre. Un examen attentif nous porte à interroger la mère qui nous déclare que son enfant a eu en bas âge une ophtalmie pour laquelle on institua un traitement interne, dont elle ignore la nature. Acuité auditive légèrement affaiblie.. Dents d'Hutchinson typiques en forme de trèfle et mal implantées. La triade classique fait disparaître ce qui pouvait rester de douteux dans l'aspect de la lésion et nous complètons le diagnostic en le rapportant à la nature véritable de l'affection. Il s’agit d'un cas de syphilis héréditaire (placards de rupia). Le traitement spécifique fut institué de Suite. Application de vigo mercuriel loco dolenti. A l'intérieur, traitement mixte : 1 gr. d'iodure de potassium, 5 milligrammes de bi-iodure de mercure en potion par jour, pour commencer.

Le 20 avril, la syphilide a beaucoup diminué d'étendue et s'est aplatie. L'enfant est mise aux injections inta-musculaïres de benzoate de mercure suivant la formule de Stokodenkow (de Kiew). Leur action est assez rapide et pour des enfants elles présentent le sérieux avantage de n'être pas douloureuses. Notre malade reçut quatorze injections à la dose de seize milligrammes de sel hydrargéirique, au bout desquelles elle fut absolument guérie.

OBSERVATION XXVII (rpportée par FOURNIER)

Dans la ville de K..… la variole régnait épidémiquement au vommencement de l’année 1849. De nombreuse vaccinations furent opérées. Des familles se firent revacciner, du 13 au 15 février 1849, d'après les conseils de leur médecin.

Les membres de ces familles qui furent vaccinés ces jours-là tombèrent presque tous malades. Après trois ou quatre semaines apparurent simultanément, sur la place &es piqûres, des ulcères qui avaient tout à fait le caractère syphilitique ; et bientôt après, chez la plupart de ces divers sujets se montrèrent aussi des manifestations secondaires syphilitiques : angine, éruption, céphalalgie. De fortes doses de mercure furent nécessaire pour amender ces symptômes constitutionnels. Les personnes contaminées furent au nombre de dix-neuf. Leur âge oscillait entre onze et quarante ans et la plupart d’entres elles ocraient des garanties assez sures de moralité. La cause de la maladie simultanée et analogue d'un si grand nombre de personnes ressortait évidemment de la vaccination. Ainsi on trouva, à la placé des piqüres, des ulcères très bien caractérisés, qui montraient manifestement la cause de l'infection, et pourtant le médecin vétérinaire B.., qui avait fait ces inoculations, avait pris le vaccin sur un enfant fort et sain, ce dernier point fut surabondamment attesté par plusieurs témoins. Ainsi la femme qui apporta l'enfant le 4 février pour le faire vacciner, le déclara parfaitement sain ; aussi le vaccina-t-on sans examen ultérieur le jour même. Puis avant que le méde-

cin choisit cet enfant pour vacciner les autres personnes, il eut

soin de s'informer de sa santé et de celle de ses parents. Il ob-

tint sur ceux-ci les renseignements les plus favor ables. Quant à l'enfant il le fit mettre tout nu, pour pouvoir découvrir la

moindre lésion qui put exister sur le corps ; et même, au

moment de recueillir le vaccin sur lui, le 13 février, il renou-

vela ses investigations, « afin de rechercher, dit-il, si l'inser-

tion du virus chez cet enfant n'aurait pas favorisé l'évolution

de quelques principe morbide latent ». Ces assertions, il est

vrai, ne furent pas confirmées par d'autres témoins ; toutefois une personne digne de confiance assure qu’au moment de

la vaccination l'enfant était sain et que nulle trace d'exanthème n'existait sur son corps. Cependant une éruption éry-

thémateuse ne tarda pas à se montrer à la partie interne du

pli inguinal, à la marge de l'anus et-au visage. Lorsque le

docteur E.., vit l'enfant le 21 février, l'éruption offrait toutes

les apparences d’une roséole syphilitique, le petit malade mou: rut le 24 février, hydrocéphale. En même temps que l'on vac-

cina le 4 février l'enfant précité, on en vaccina également plusieurs autres sans que rien d’anormal ne se soit montré

chez ces derniers.

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