OBSERVATION XXVIII
Rapportée par Lancereaux dans une de ses cliniques de la Pitié.
Il s’agit d'un cas de syphilis transmise par le cathétérisme de la trompe d'Eustache. Cette intervention fut suivie un mois plus tard d'un accident primitif révélé à l'occasion d'un deuxième cathétérisme pratiqué à cette époque et d'une syphilide acnéïforme généralisée à tout le corps.
Une observation semblable est d'ailleurs rapportée par M. Fournier dans la Gazette des Hôpitaux, Paris 1863.
OBSERVATION XXIX (SIMONT)
Syphilis transmise par tatouage.
Il s'agissait d'un jeune homme ‘de 19 ans qui se fit tatouer l'avant-bras droit. L'opérateur qui, au dire du malade, avait du mal dans la bouche, que l’on traitait par des cautérisations au nitrate d'argent se servait d'encre de chine délayée dans sa salive. De plus, après chaque piqûre il laissait écouler une cer- . taine quantité de salive sur les points touchés afin d'enlever l'excès d'encre de Chine. Deux mois et demi après, l'opéré avait trois chancres au niveau de son tatouage. Et deux mois après la disparition de ceux-ci, plaques muqueuses sur les bords latéraux de la langue, les faces muqueuses des lèvres, etc. Huit individus tatoués par le même opérateur présentèrent des accidents spécifiques. | é
OBSERVATION XXX (docteur OZENKE)
Rose D..., 29 ans, cuisinière, entrée à la Pitié le 14 décembre 1882. C’est une fille fraîche et robuste, présentant les apparences de la plus belle santé et n'offrant aucune trace de scro-. fule ni de rhumatisme. É
Cinq semaines auparavant elle s’est laissé tomber sur le dos du pied droit de la graisse chaude ; d'où brulûre au second degré étendue de la racine des orteils à la ligne tarso-métatarsienne.
D.., n’a pas longtemps interrompu son travail ; elle a pansé la plaie d’abord avec du papier huilé, puis avec des cataplasmes de fécule. Au bout de cinq semaines le mal n'avait fait aucun progrès vers la guérison ; la plaie paraissait plus large
et plus profonde ; on aurait cru que la brûlure avait été primitivement plus grave. La couche granuleuse avait mauvais aspect, sans revêtir toutefois les caractères des ulcérations spécifiques, strumeuses ou syphilitiques. Les douleurs né-
taient pas perçues au repos mais Re s'éveillaient par la marche et la station debout.
Etat général d'ailleurs excellent. Point de lymphangite ni
l'adénopathie inguinale. Nulle trace de varice. Pendant une semaine la malade fut soumise au repos absolu et la plaie fut pansée avec la solution phéniquée à 2/100 ; il n'en résulta aucune amélioration sensible, À
M Verneuil, partant alors de ce principe que tout retard dans la guérison d'une blessure convenablement traitée implique nécessairement l'existence d'une cause pathologique anté-
rieure locale ôu générale se mit en devoir de chercher cette
cause.
I fallait eliminer d’abord toute affection du voisinage ; le Membre était absolument sain et il n'y avait pas de lésions abdominales, les battements du cœur étaient réguliers. Les fonctions digestives parfaites ; les urines tout à fait normales. Pas d'antécédents fébriles, nulle trace de strume.
Les diverses causes capables de retarder la cicatrisation des plaies étant ainsi mises de côté il ne restait plus que la syphilis. La malade, interrogée sur ce point, protesta naturellement ce qui n'empêche pas l'institution du traitement suivant : pansement avec # Sparadrap de Vigo, renouvelé tous les trois où quatre jours ; à à l'intérieur un gramme d'iodure de potassium par jour.
Le résuitat-ne se fit pas attendre, les douleurs &isparurent très rapidement. Au bout de huit jours la plaie avait diminué de moitié ; les bourgeons s'étaient affaissés et avaient pris une belle coloration rose. Une large zone épidermique d'un beau blanc occupait la circonférence et tendait à envahir le centre.
Le 9 janvier, dix huit jours après le début dn traitement, la cicatrisation est si près d'être complète que la malade demande et obtient son exeat.