‹ Syphilis et TraumatismesChapitre 9 sur 29 · MAN EE · texte numérisé non relu

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I. —— Le traumatisme est agent inoculateur de l'affection. — Les exemples de ce genre ne sont pas rares. Sans parler des faits de syphilis vaccinale, (voir observation XXVII), très fréquents alors que le vaccin animal n'avait pas encore supplanté le vaccin humain, et sur lesquels M. Fournier a longuement attiré l'attention, nous avons retrouvé en parcourant la littérature médicale des cas nombreux et variés de traumatisme inoculateur. Nous nous bornerons à en donner quelques exemples, renvoyant le lecteur que la question intéresserait tout particulièrement aux travaux qui s’y rapportent plus spécialement (x).

Brouardel (1) raconte l’histoire d’un individu qui sans antécédents vénériens, donne, dans une rixe, des coups de tête dans la face de son adversaire qui était en puissance d'accidents syphilitiques. Il se fait'ainsi deux blessures du cuir chevelu qu'il traite à l’eau boriquée. Ces plaies ne se cicatrisent pas, les ganglions du cou se prennent et de violents maux de tête surviennent. Un mois plus tard le malade entre à l'hôpital, où l’on retire d’une des plaies un morceau d'’incisive et où l’on reconnaît en même temps l'existence d’une syphilis dont la porte d'entrée avait été la blessure du cuir chevelu.

Nous relevons deux observations de traumatisme agent inoculateur, la première (voir observation XXIX) se rapporte à un syphilitique qui inocula sa maladie à huit in-

dividus en les tatouant, la deuxième a trait (voir obser-

(1) D'Aulnay et Bergeron. Des divers modes de contagion de la syphilis acquise. Traité de mèdecine légale. Paris 1896. P. 226.

(1) Annales d'hygiène publique et de médecine légale 3te série. 4900 L XIII, page 36.

vation XXVIÏ) à une inoculation au cours d'un cathétérisme de la trompe d’Eustache. Différents auteurs ont noté des cas dans lesquels un bandage herniaire (1), un rasoir (2), une circoncision d’après le procédé hébraïque doivent être mis en cause. Dans toutes ces observations l'évolution se fait de la façon suivante. Au bout d'un temps plus ox moins long, qui représente la durée d’incubation de la maladie, on voit survenir au point lésé un ou plusieurs chancres indurés, suivant les cas. L'affection se déroule par la suite normalement. Certains auteurs, et Ricord en particulier, ont pourtant prétendu que les syphilis contractées dans ces conditions prenaient un caractère de gravité tout particulier. Il semble bien ressortir cependant des travaux de Pérot (4), qui s’est occupé spécialement de cette question, qu'il n’en est rien et qu'une syphilis ainsi acquise se comporte bien comme si elle l'avait été par les voies génitales.

I. — Un chancre est en évolution au moment où le traumatisme a lieu. — Il est bien évident que lorsque la lésion traumatique siège sur le chancre lui-même, elle ne peut se cicatriser qu'une fois l’infitration disparue. Mais la question devient plus complexe lorsque le traumatisme porte sur une région voisine ou éloignée du lieu d'évolution du chancre. N'ayant vu, sur ce point, aucune observation récente nous nous bornerons à donner les opinions des divers auteurs qui se sont occupés de la

question.

(4) Gaucher et Monier. Vinard. Bulletin de la société de dermatolog et syphiligraphie 1907.

(2) Catrin. Gazette des hopitaux de Paris 1896

(3) Kerdatoff, Annales de dermatologie et syphiligraphie Paris 1884.

4) Poret, La syphilis chez le médecin. — fhèse de Lyon. 4904-5,

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Zeissl (1) prétendait, en s'appuyant sur des faits cliniques, qu'une blessure, provoquée par l'opération d'un. phimosis chez un sujet ayant un chancre des régions voisines, pouvait revêtir le caractère spécifique. Or Lewin (2), deux ans auparavant, citait le cas d'une jeune fille chez qui l’ablation d'une induration spécifique de la lèvre gauche se réunissait par première intention. Il est assez difficile de se faire une opinion d'après la lecture de leurs observations qui ne relatent rien, ni du traitement suivi, ni des autres conditions étiologiques existantes. Dustherhoff (1), quoiqu'en admettant que dans: la plupart des cas la marche des plaies n’est pas troublée à cette période de la syphilis, essaye de concilier les deux opinions. Il dit que dans certains cas on peut, peut-être, expliquer cette influence par l'existence de communications lymphatiques entre la région blessée et cèlle où évolue l'accident primitif.

En somme il semble bien que l'on puisse considérer à cette époque la maladie comme encore trop localisée comme n'ayant pas encore suffisamment imprégné l'organisme, pour influencer l’évolution des lésions traumatiques éloignées. C'est à une hypothèse qui cadre assez bien avec la marche de cette affection, dont les premiers accidents ne dépassent pas le point d'inoculation, alors que les manifestations tardives peuvent atteindre tous les organes. En d’autres termes, à cette époque, Ja syphilis, n'étant pas constitutionnellement établie, ne semble pas avoir d'action sur les lésions traumatiques éloignées. :

(4) Lehrbuch der syphilis (1875). Studggardt. (2) Berliner Klinische Wochenschrift. T. I. 1873

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