‹ Syphilis et TraumatismesChapitre 10 sur 29 · ÂRTICLE SECOND SYPHILIS SECONDAIRE ET TERTIAIRE · texte numérisé non relu

ÂRTICLE SECOND SYPHILIS SECONDAIRE ET TERTIAIRE

Nous avons cru bon de réunir dans un même chapitre l'étude clinique de l'influence réciproque de la syphilis pendant les périodes secondaire et tertiaire.

Comme le dit en effet M. le professeur Gaucher : « les

syphilides cutanées comprennent des éruptions de types:

divers qui appartiennent d'abord à la période secondaire.

Ces syphilides peuvent reparaître avec les mêmes types mais avec une disposition différente à la période tertiaire. En réalité, il n'y a pas d'accidents secondaires et d’accidents tertiaires de la syphilis : il existe seulement une période secondaire et une période tertiaire. La syphilis secondaire comprend les accidents précoces, la syphilis tertiaire comprend les accidents tardifs ». Or, si nous avions voulu scinder cette étude en deux chapitres nous auricns été entraînés à des redites, ce que nous voulons nous efforcer d'éviter.

Nous étudierons successivement :

I L'action du traumatisme sur la syphiülis,

I L'influence de la syphilis sur la lésion traumatique.

UT Action du traumatisme sur la syphilis.

Ouand un syphilitique subit un traumatisme, qu'il soit à la période secondaire ou tertiaire de son affection, il peut se présenter deux cas : ou bien la maladie est en pleine évolution avec manifestations cutanées, muqueuses ou viscérales ; ou bien elle est à l’état latent. Considérons ces deux alternatives,

Lo syphilis est à l’élat latent. — Ces cas semblent être les plus fréquents. Généralement les choses se déroulent

de la façon suivante. Un individu, conscient parfois de son affection, mais s’en croyant guéri parce qu'il n’en à pas eu de manifestations depuis longtemps, ignorant, d'autrefois, totalement la maladie dont il est atteint, reçoit un traumatisme qui détermine une contusion, une plaie ou une fracture. Au bout d'un temps plus ou moins long, on voit survenir au point lésé, locus minoris resistentiæ, des syphilides papuleuses, papulo-ecthymatiforines (Voir observations XXVI et VI), papulo-ulcéreuses (Voir observations XI, XII) des gommes (V. observation ID) avec tous leurs caractères spécifiques. Mais dans d’autres cas la diathèse du fait du trauma, semble- recevoir un véritable coup de fouet, et alors les accidents n'apparaissent pas seulement en un point limité, mais encore à distance et même se généralisent. La lecture de l’observation XXII nous en donne un exemple. Il s’agit d’une malade, en période latente d’une syphilis méconnue, et qui, à l’occasion d’une amputation, fait une éruption généralisée de syphilides papuleuses sans aucun accident local. Ce cas semble se rapprocher par bien des points des faits de généralisation tuberculeuse, observés à la suite d’amputation pour tumeur blanche. Il semble bien qu'il faille voir là les réactions analogues, dont la pathogénie nous échappe, de deux affections différentes sous l'influence d'une même cause. Ce point nous a paru intéressant à signaler en passant.

Aggravation de la syphilis. — On peut considérer comme aggravant, le fait du réveil de la diathèse latente, quoique, comme le fait remarquer M. le docteur Ozenne (03: dans ce cas on pourrait soutenir que le trauma est un

(4) Revue clinique médico-chirurgicale « Accidents du travail » 4 août 1908

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