‹ Syphilis, paludisme, amibiaseChapitre 10 sur 54 · LA CURE DE RLAISCHIMENT. 2S · texte numérisé non relu

LA CURE DE RLAISCHIMENT. 2S

que. le montre ma statistique de 1905. Ces localisations déterminent des altérations vasculaires, dont l’importance est d’autant plus grande que, dans les méninges, la circulation capillaire est très fine. Or, si un traitement trop brutal détermine une réaction au niveau de ces lésions, il en résulte des troubles circulatoires qui vont diminuer ou même supprimer l’apport médicamenteux au sein de ces colonies parasitaires. Elles resteront vivantes, alors que celles qui sont facilement atteintes par le médicament seront détruites. Si, surtout, bon abandonne à ce moment toute thérapeutique, les premières vont continuer à évoluer encore plus facilement et produire, quelque temps après, le trouble nerveux que l’on désigne sous le terme de neuro-récidive ; ce sont des lésions en pleine activité, car les ponctions lombaires m’ont toujours révélé de fortes réactions méningées. Dans le même ordre d’idées certains accidents chancriformes, simulant des réinfections, me paraissent se produire par le même mécanisme : ils ont été constatés également chez des malades n’ayant reçu que quelques injections arsenicales, puis dont le traitement a été abandonné. Le's uns et les autres eurent leur maximum de fréquence au moment où l’on employait le 606, puis diminuèrent parallèlement et sont maintenant très rares avec le 914. Ils ne se voient, en tous cas, que chez les malades récemment infectés ; c’est encore là une des conditions de leur production.

Si maintenant l’on veut essayer d’approfondir le mécanisme suivant lequel se fait l’isolement plus ou moins complet de la colonie, il nous faut envisager deux hypothèses : ou bien, un traitement trop brutal provoque, au niveau d’un fin vaisseau déjà irrité, une nouvelle inflammation qui en diminue la circulation; ou bien il faut invoquer un processus purement mécanique et faire jouer un rôle aux précipités qui se forment dans le sang à la suite de certaines injections arsenicales. Déjà, dans trois mémoires publiés en 191.5, j’avais indiqué l’intérêt qu’il y avait à éviter les précipités qui peuvent ainsi obstruer des capillaires déjà lésés. Des travaux très précis de

Fleigi avaient montré que l’ancien 606, dont les solutions étaient si facilement précipitables par défaut d’alcalinisation, déterminaient chez le lapin, par ce mécanisme, des phénomènes rappelant les crises nitritoïdes et l’encéphalite aiguë ; en effet, ces accidents étaient surtout fréquents avec l’ancien 606, et Emery, Milian avaient bien vu qu’ils étaient en rapport avec un défant d’alcalinisation, car les solutions acides forment dans le sang des précipités. Avec l’apparition du néosalvarsan, les erreurs d’alcalinisation furent supprimées et les accidents diminuèrent également, mais se virent cependant chez quelques malades spécialement prédisposés. D’après M. Danysz^, l’excès de phosphates dans le sang de certains individus provoque une précipitation dans l'économie des solutions de novarsenobenzol. L’on conçoit ainsi que le précipité puisse bloquer la circulation dans de fins vaisseaux, surtout si le calibre en est déjà diminué par des lésions antérieures.

Si nous avons insisté sur ces faits, c’est parce qu’ils ont une très grosse importance dans le traitement initial de la syphilis par les sels arsenicaux et qu’ils en représentent le point le plus délicat ; c’est aussi, même si leur pathogénie n’est pas complètement éclaircie, parce qu’ils nous fournissent des indications pratiques sur la direction du traitement et les moyens d’éviter ces accidents. Il faut surtout se rappeler ‘que le système nerveux des syphilitiques en période secondaire représente un point de moindre résistance; il ne faut pas le brutaliser par un traitement initial trop violent ; il faut en noter avec soin les réactions sons l’influence de la répétition des injections; il ne faut pas non plus, par l’abandon ti’op rapide du traitement, laisser à son niveau des colonies parasitaires encore vivaces et susceptibles de se réveiller tout à ' coup. Dans ce cas, la ponction lombaire nous donne des

■1. Fleig. La to.xicité du salvarsan, 1914.

2. Danysz. Les propriétés physico-chimiques des produits du groupe des arsénohenzènes. Leurs transfoi-mations dans l’organisme. Annales de l’Institut Pasteur, Mars 1917.

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