LÀ CURE DE BLANCHIMENT
nuer lu virulence du parasite et de diminuer l’intensité de la réaction déterminée par la première injection d’arsenic.
c) Faire huit injections intraveineuses de movarsenobenzol à doses croissantes : une par semaine. La dose initiale peut être de 0 gr. 15 ou 0 gr. 30. La dose maxima ne pourra qu’exceptionnellement dépasser 0 gr. 90 et atteindre 1 gr. 20.
d) Entre chaque injection, pendant cet intervalle de Six jours, faire chaque jour une injection d’un sel mercuriel soluble {soit un centigramme de cyanure de mercure par voie veineuse, soit un centigramme de biodure ou de benzoate de mercure par injection intrafessière). Si pour des raisons matérielles, il n’est pas possible de pratiquer chaque jour une piqûre, l’on pourra faire, trois jours après chaque injection arsenicale, une injection d’huile grise (6 centigrammes de' mercure) ou de calomel (6 centigrammes de calomel). Si même enfin ces piqûres n’étaient pas possibles, on pourrait recourir au traitement par voie buccale, ou aux frictions mercurielles.
e) Le malade ' pourra sortir et reprendre son service aussitôt après la huitième injection arsenicale. Il aura reçu en l’espace de deux mois 8 injections intraveineuses arsenicales et -46 injections d'un sel mercuriel soluble.
Les effets de cette cure devront être maintenus par des cures d'entretien sur lesquelles nous donnerons plus loin quelques indications.
2“ Résultats. — Us seront d’autant meilleurs que le traitement sera plus précoce.
Dès l’apparition du chancre, avant la constatation de la séro-réaction et des accidents secondaires, cette cure peut être instituée sans donner lieu à la moindre réaction; à cette période le spirochète ne s’est pas encore installé dans les viscères et il est possible par une seule cure de le réduire à un silence si complet que l’on peut croire à une véritable stérilisation; l’évolution ultérieure pourra seule nous fixer sur ce point. En tous cas chez ces malades les symptômes secondaires n’apparaissent pas, la
séro-réaction ne devient pas positive et le liquide céphalorachidien reste normal.
A la période secondaire, le traitement doit être prudemment manié et étroitement surveillé, car les parasites végètent au sein de divers parenchymes et un traitement trop brutalement mené risque de déterminer des réactions parfois graves. Il est donc prudent de commencer le traitement par quelques injections mercurielles pour étourdir le parasite, puis de l’attaquer ensuite par un traitement de plus en plus actif, mais en observant avec soin les réactions. En prenant ces précautions, cette cure fait disparaître en quelque^ semaines presque tous les accidents extérieurs de, la période secondaire ; les accidents viscéraux, et en particulier les réactions méningées, sont plus résistantes et demandent une attention spéciale. Déjà en 1905* lorsque, par la ponction lombaire, j’en montrai pour la première fois la fréquence, à cette période, je les avais considérées comme un symptôme latent de la maladie; les déductions cliniques et thérapeutiques que jepus tirer, dès ce moment, de cette constatation sont maintenant admises par tous ceux qui, en Erance où à l’étranger ont étudié cette question. M’appuyant sur l’existence de ces foyers méningés secondaires, latents pour la plupart, j’ai montré"^ que, sous l’influence d’un traitement mal conduit par les sels arsenicaux, ils peuvent être le point de départ de réactions nerveuses qu’il faut savoir éviter et c’est là 'un des points les plus délicats de cette thérapeutique ; nous y reviendrons plus loin.
A la période tertiaire, les mêmes précautions doivent
1. RaVaut. Le liquide céphalo-rachidien des syphilitiques en période secondaire. Annales de Dermatologie, juillet 1905. Société médicale des hôpitaux, 9 octobi-e 1905. — Comment dépister la syphilis nerveuse? Essai de traitement par les injections intra-rachidienne de néosalvarsan. Annales de Médecine, n” 1, janvier 1914. Masson, éditeur. — Ce dernier mémoire résume toutes mes recherches sur cette question de 1902 à 1914.
2. P. Ravaut. Les réactions nerveuses tardives observées chez certains syphilitiques traités par le salvarsan et la méningo-vascularite syphilitique. Presse Médicale, n° IP, 2 mars 1912,