‹ Syphilis. Poème en deux chantsChapitre 22 sur 37 · DANGERS DU MERCURE · texte numérisé non relu

DANGERS DU MERCURE

nerveux, et sur le cerveau en particulier (1809), une attention toute spéciale à été dirigée vers ce sujet, et des traités plus ou moins importants ont vu le jour. Parmi eux nous pouvons citer les travaux de MM. Rochoux, Rostan, Lallemand, Georget, Bouillaud, Serres, Abercrombie, Cruveilhier, Andral et Calmeil. .

C’est à dater de ce moment que l’on a entrevu un grand nombre de maladies distinctes qui peuvent entraver les fonctions d’innervation : l’anatomie pathologique , plus cultivée que par le temps passé, a révélé des altérations qui jusqu'alors étaient restées inaperçues. On a fondé une nouvelle méthode diagnostique sur le concours du raisonnement et de l’observation ; on a découvert de nouveaux signes ; on à insisté avec plus de soin sur les manifestations symptômatiques que l’on appréciait sans attention anciennement; et, dans un grand nombre de cas, on est parvenu à localiser, dans l'organisme , des troubles que l'on avait, au commencement du siècle, vaguement attribués à des perturbations essentielles de l’intelligence, du sentiment et du mouvement,

Le culte de Mercure est un culte idolâtre.

A l'époque où il était généralement admis qu'onne pouvait guérir la syphilis sans mercure, déjà des observateurs de premier ordre avaient reconnu qu'il échouait souvent contre ce genre de maladies. « Ceux qui affirment que le mercure guérit toutes les maladies vénériennes se trompent ou veulent tromper, dit Van Swiéten, car il en est dans lesquelles il est sans efficacité, quelle que soit la manière dont on l’emploie ; et, souvent même, il peutoccasionner les accidents les plus graves dans une infinité de cas. »

Louis, convient aussi que le mercure ne guérit pas toujours, que souvent au contraire les symptômes augmentent, ou qu’il survient de nouveaux accidents dans les cas même où le traitement semble avoir été dirigé avec le plus de prudence. | «

On sait généralement que les symptômes qui paraissent avoir été guéris par le mercure, reparaissent souvent bientôt après. Bomfel, Blégny, et beaucoup d’autres praticiens en ont fait la remarque.

Alexandre Trajan Pétronio, cité par M. Richon de Brus , affirme, d’après son expérience, que l’action du mercure est toujours incertaine , et qu’on ne peut jamais l’administrer avec succès. En effet, si on modère son usage par la crainte de nuire, on ne guérit pas; et si on élève la dose, il peut faire beaucoup de mal ; d’où il faut admettre qu’il est fort difficile de l’administrer de manière à ne pas en redouter les effets,

Swédiaur, dans le chap. xvutr de son 7raité consacré à l’examen des maladies qui ne cèdent pas au mercure et des causes de son ineflicacité , s’exprime ainsi : « Quoiqu'il y ait peu de praticiens qui n’aient vu de fréquents exemples de maladies syphilitiques qui résistent au mercure, et que nous voyons à peine un écrivain d'importance qui n’en fasse pas mention, aucun d’eux n’a cependant, à ma connaissance, fait des recherches exactes ni un exposé suffisant de ces causes ; ce qui m’a engagé à examiner ce sujet avec attention et à exposer le résultat de mes recherches. J'ai vu nombre de pérsonnes attaquées de gonorrhées invétérées, d’ulcères phagé-— déniques aux parties génitales, de gonflements douloureux et carie des os, d’éruptions cutanées, d’ulcérations au nez, à la gorge, etc. ; d’excroissances condylomateuses ou verruqueuses en différentes parties du corps , etc., qui semblaient résister obstinément au pouvoir du mercure, et les symptômes, bien loin d’être dissipés, étaient plutôt augmentés par cette médication, ou, s'ils semblaient guéris, ils reparaissaient souvent peu de temps après... Il arrive fréquemment que l’on est trompé sur les effets du mercure, parceque les maladies, quoique originairement produites par le virus syphilitique, ont changé de caractère, ont dégénéré en maladies d’une nature toute différente pour lesquelles le mercure, loin d’être un remède salutaire, est devenu un vrai poison. C’est surtout dans les ulcères qu’on s'aperçoit de ce changement. Ils deviennent stationnaires sous l’usage du mercure, et bientôt après tendres et douloureux au moindre attouchement; leur matière devient âcre et corrosive , ou bien le malade est accablé d’une faiblesse générale, d’une cachexie universelle; les gencives saignent aisément, l’haleine et la bouche sentent mauvais, l’ulcère devient livide, sale, atonique ; le malade n’a ni vie ni vigueur. »

Ce tableau , présenté par Swédiaur, doit frapper d'autant plus que ce médecin était lui-même partisan du mercure, ce qui donne à sa parole toute la confiance due à la bonne foi.

Il est donc incontestable que par son emploi souvent la maladie résiste au mercure ou peut être aggravée, quel que soit le mode de préparation et là manière dont on administre ce métal.

Si on se représente maïnterñant la multitude des causes qui peuvent rendre inefficace l’usage de ce médicament, et les accidents si nombreux et si graves que, de l’aveu même de ses partisans il peut occasionner, on doit s'étonner que tous les médecins ne soient pas d'accord pour rejeter de la thérapeutique une substance aussi dangereuse. |

Ce n’était pas assez de savoir que le mercure ne guérit pas toujours et peut faire beaucoup de mal, il fallait encore prouver qu’il n’était pas indis-

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