‹ Syphilis. Poème en trois chantsChapitre 12 sur 34 · HISTOIRE MODERNE · texte numérisé non relu

HISTOIRE MODERNE

Paracelse : Doctrine des alchimistes 1526

Harvey : Doctrine ba?ée sur l'anatomie. . . . 1619

Van-Helmonl : Doctrine des chimistes 1641

Borelli : Doctrine iatro mathématique 1679

Stalil : Doctrine des vitalistes 173 i

Hoffman : Doctrine dynamique 1742

De ce dernier système sont sorties les diverses écoles depuis Brown jusqu’à l’homoeopathie.

NOTES

Note 10.)

Faut-il que ces princes de l’art

Du funeste mercure aient suivi l’étendard.

Les Arabes furent les premiers qui en firent usage dans le traitement extérieur des maladies cutanées, et contre les insectes qui naissent sur la peau. Toutefois, ils en redoutaient les effets, car ils ne le laissaient entrer que dans la proportion d’un dixième à un quarantième dans les onguents dont ils se servaient.

Vers la fin du quinzième siècle, en 1495, à l’occasion de l’épidémie si grave et si rebelle qui régna à Naples, on fut conduit à faire usage du mercure, par l’analogie de quelques-uns des symptômes de cette maladie avec les affections lépreuses, contre lesquelles les Arabes avaient employé avec succès des onguents dans lesquels entrait ce médicament.

Depuis cette époque, qui date de plus de trois cents ans, on n’a pas cessé d’employer ce médicament contre la syphilis, malgré les nombreux et graves accidents auxquels il donnait lieu, et que, par un aveuglement incompréhensible, on a regardés jusqu’à la fin du dernier siècle comme les résultats naturels de la maladie.

Le mercure fut d’abord administré sans règles et sans méthode. Quelques médecins éclairés et prudents l’employèrent cependant avec quelque précaution, tels furent, entre autres, Gruenbeck, Widmann, Aguilaicus, Torella ; mais beaucoup de charlatans le prescri-

NOTES

vaient sans mesure et sans discernement, ce qui en rendait l’usage beaucoup plus dangereux.

Le chevalier Ulrick de Hntten fut une victime remarquable de la confiance qu'on avait dans les propriétés du mercure, et de l'ignorance où étaient alors les médecins sur la manière de l’employer. Cet écrivain, qui soutint la réforme de Luther, nous dit avoir subi onze traitements mercuriels dans l’espace de neuf ans, et n’avoir dû qu’au gaïac la guérison radicale d’exostoses, de pustules, d’ulcères rongeants, de caries profondes et de douleurs atroces. Celte manière de traiter la syphilis était si cruelle, que plusieurs aimaient mieux mourir que d’essayer de guérir par ce moyen. Qu’on ne croie pas cependant, répète Ulrick, que beaucoup fussent guéris ; à peine sur cent y en avait-il un; encore retombait-il très-souvent au bout de quelques jours.

Des résultats si fâcheux devaient porter les médecins à introduire quelques changements dans la manière d’administrer le mercure. Beranger de Car pi, médecin de Rome, soumit l’usage des frictions à une méthode uniforme, mais qui n’en fut pas plus salutaire; car les accidents que produit le mercure n’en continuèrent pas moins à se manifester, au point que le médecin fut, dit-on, chassé de Rome, après toutefois y avoir gagné quarante mille écus romains. Il est vrai que l’expérience avait jeté si peu de lumières sur le traitement de la syphilis, que plus de trente ans après on employait encore les mêmes moyens, et que, selon Kernel, qui vivait à cette époque, le mercure

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