FRACASTOR
HIEEONIMI FRACASTORII SYPHILIS
Fracaslor naquit à Vérone en 1483; philosophe, médecin et poète distingué, il a laissé dans ces diverses carrières des monuments de son génie. Il dédia son poème de la Syphilis au cardinal Bembo, secrétaire et ami particulier de Léon X, et, malgré la scabreuse délicatesse du sujet et la difficulté de le traiter en vers harmonieux, élégants et corrects, cet ouvrage a toujours fait les délices de ceux qui aiment à retrouver Virgile dans ses imitateurs.
Quand parut Fracastor, l’Europe entière était encore dans les ténèbres de l’ignorance et labarbarie du moyen âge. Pour l’Italie seule avait commencé l’ère de la renaissance ; depuis le siècle d’Auguste , aucune époque ne fut plus favorable au développement de l’esprit humain : les croisades avaient ébranlé le monde, l’imprimerie naissait, Colomli découvrait l’Amérique, Charles-Quint, François le* et Luther occupaient toute l’Europe de leurs luttes politiques et religieuses, et l’éclat de nos conquêtes en Italie n’était effacé que par le pontificat brillant de Léon de Médias, qui eut la gloire d’imposer son nom au siècle où il vécut.
Malgré ces grands événements, l’Europe entière fut frappée d’épouvante par l’apparition, en 1493, d'une maladie qui, plus contagieuse que la peste, se propageait sans contact, et, semblable au choléra de nos jours, voyageait avec les vents et portait partout la désolation et la mort; c’était la syphilis. Ce fléau pestilentiel parut alors sans'eause connue ; on ferma les églises pour empêcher les réunions qui le propageaient; on fit des prières publiques, et Fracastor fut obligé d’en expliquer l’origine par une fable poétique, et par les mystères de l’astrologie judiciaire, qui était alors en grande vénération. Comme il est curieux de comparer les symptômes delà syphilis actuelleavec ceux qu’elle présentait en Italie il y a plus de trois cents ans, et pour faire ressortir la pureté du style de Fracastor, ou me permettra de reproduire ici un passage de son poème déjà cité dans plusieurs journaux
NOTES
de médecine el de littérature : c’est uu des morceaux que M. Barthélemy a voulu d’abord traduire comme pour essayer ses forces, avant d’aborder lui-même cette matière en qualité d’auteur original.
HIERONIMI FRACASTORIl
S1VE MORBÜS GALLICOS ANNO 1520.