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Le 4 octobre :
Hématies . . . 4.970.000
Leucocytes . . 5.000
Hémoglobine . 85 pour 100 Formule leucocytaire :
Polvancléaires 007 67, 201337,-10:p2400 Grands et moyens mononucléaires. . 15 — ÉMAPAOGVIOSE EE MEN sc ei Ve POS IRON ue ee da id
Réaction de Bordet Wassermann :
Constamment positive dans le sang (dernier examen le 4 décembre).
Au point de vue clinique, outre l'amélioration de l’état général, le Dre retour des forces et la disparition de l’albuminurie et de l’hématurie, nous constatons que le foie a repris son volume normal et ne déborde
plus les fausses côtes, et que l’hypertrophie splénique a notablement diminué. Il est assez difficile d'apprécier exactement la réduction de la rate; en effet elle est encore grosse, on la palpe facilement, et, en surface, sa projection au-dessous des fausses côtes n’a pas très sensiblement diminué. Mais on ne l’atteint que par une palpation plus profonde ; elle est mobile et fuit sous le doigt lorsqu'on déprime la paroi abdominale ; le contact lombaire a totalement disparu depuis le mois de juillet. Il nous paraît d’ailleurs probable que des lésions scléreuses définitives, et sur lesquelles le traitement ne peut avoir d’action, existent et empêcheront toute diminution ultérieure du volume de la rate.
Nous ajouterons seulement à cet exposé quelques détails concernant l’histoire ultérieure du malade.
Sorti en décembre il avait repris petit à petit son travail et revenait régulièrement à l'hôpital pour son traitement. Un Wassermann fait le 18 février 1924 se montra encore très positif (+++). Cependant ce jour-là l’état général semblait excellent, on ne notait aucun symptôme fonctionnel ; la rate était d’un volume sensiblement égal à celui qu’elle avait le 4 décembre, peut-être avait-elle très légèrement diminué.
L’affection qui avait nécessité le séjour de G... à l’hôpital Laënnec du 18 mai au 4 décembre 1923 pouvait donc être considérée cliniquement comme guérie, lorsque survint un érysipèle qui emporta notre homme en quelques jours. Nous n’avons aucune donnée sur cette maladie, il a été soigné chez lui, nous avons su seulement qu'il étaitsmort le 3 mars 1924. De ce fait, aucune constatation nécropsique n’a pu être faite.
Malgré les symptômes associés (augmentation de volume du foie, phénomènes urinaires...), splénomégalie et anémie dominent manifestement la scène. L’anémie présente un gros intérêt, son intensité est à noter de même que son évolution sous l'influence du traitement ; grosse diminution des G. R. d’abord, avec leucocytose très modérée (5 juin), puis relèvement de la formule sanguine (29 juin), formule toute spéciale le 21 juillet ; légère diminution du nombre des hématies par rapport à l'analyse précédente, avec exagération de la valeur globulaire, leucopénie et myélocytes. Enfin, formule sensiblement normale depuis le 4 octobre.
En résumé, rate énorme, anémie très accentuée. Aucun
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antécédent ni stigmate de la syphilis, mais séro-réaction constamment positive.
Amélioration extrêmement nette et rapide par le traitement. Guérison totale de l’anémie. Rétrocession très incomplète du volume de la rate.
OBSERVATION II {Due à l'obligeance de M. le Professeur Perrin, de Nancy)
F... Ed... 45 ans, envoyé le 3 juin 1916 par le dépôt du ..e Régiment territorial à l'Hôpital temporaire N° 25 de Nevers, pour examen, décision et traitement, avec diagnostic à l'entrée: « Anémie par suite de splénomégalie. Douleur persistante flanc gauche ; Rein flottant ? »
On est en présence d’un malade dont l’état général est passable, plutôt défectueux, ayant subi un amaigrissement de 7 ou 8 kilos depuis peu de temps et se plaignant surtout d’asthénie et de douleur lombaire gauche. Ainsi orienté, l'examen décêle de suite, dans l’hypocondre gauche, une tumeur éveillant l’idée soit d’un gros rein, soit d’une rate hypertrophiée. Tumeur assez volumineuse, peu mobile, sensible à la palpation qui provoque aussitôt un réflexe de défense de la paroi. A la percussion, matité de 10 = 10 c/m débordant le rebord costal.
Le Foie est normal, plutôt petit.
L'examen systématique des différents appareils dénote par ailleurs :
Appareil cardio-vasculaire : éclat diastolique aortique très net; T. A. 13/8. LA
Appareil digestif : digestions lentes, constipation habituelle, mais aucun signe physique — Dentition défectueuse.
Poumons : Ni toux, ni expectoration. A droite, très légère submatité sous la clavicule avec légère résonance vocale prolongée et quelques sibilances. À gauche, légère condensation au sommet en arrière avec quelques râles muqueux.
Système nerveux : crampes, insomnies; pas de tremblement. Pas de modifications des réflexes, ni tendineux, ni oculaires.
Troubles urinaires : urines normales en volume, mais légèrement troubles, anisurie, azoturie légère. Épreuve du Bleu de Méthylène (16 juin), élimination retardée et rémittente ; ni sucre, ni albumine. Épreuve de la glycosurie alimentaire négative.
Température irrégulière, quoique habituellement basse, mais avec élévations fréquentes, soit spontanément, soit à l’occasion d’injections médicamenteuses. Une demi-heure de marche rapide provoque jusqu’à 1° 6 d’élévation.
La recherche des antécédents nous apprend que le père du malade est mort à 76 ans de la grippe, que sa mère est atteinte de troubles visuels, qu’il a trois frères et une sœur en bonne santé et que deux sont morts, l’un cardiaque, l’autre probablement tuberculeux. Lui-même est habituellement bien portant, quoique sujet à de fréquentes angines ; il est marié, père de deux enfants normaux — il en a perdu un à 2 ans 1/2 de convulsions. — Mobilisé en 1914, a été hospitalisé déjà trois fois :
— à l’hôpital 104 de Toul, du 13 janvier au 6 mars 1915, pour « Douleur de la nuque et de la région occipitale ».
— à l'hôpital 113 de Neuilly-sur-Seine, du 31 juillet au 6 septembre 1915, pour « Douleurs musculaires région lombaire, ganglions cervicaux le long du sterno-cléido-mastoïdien droit, grande faiblesse » ; le traitement iodo-arsenical amena une résolution complète de l’adénite en 8 jours et une amélioration sensible de l’état général.
— enfin du 18 janvier au 4 avril 1916, à l'hôpital 17 de Toul, pour « fatigue générale, anémie, périostite des membres inférieurs (guérie par le traitement spécifique) splénomégalie avec anémie sans myélocytes, mais avec éosinophilie (6 %) ».
À son retour au ème territorial, le médecin-chef constate « grosse rate ou rein flottant » et l'envoie à l’hôpital 25 de Nevers.
Interrogé au sujet syphilis, le malade la nie énergiquement et de bonne foi, semble-t-il. Cependant les données fournies par son observation de l'hôpital 17 de Toul incitent: à faire un examen de sang qui donne une réaction de Wassermann positive (29 juin 1916).
Divers autres examens furent pratiqués dont voici les résultats :
Radioscopie (24 juin et 25 septembre 1916) :
Très légère diminution de luminosité des sommets un peu plus marquée à gauche. Légères marbrures des deux poumons, ganglions hilaires gauches avec deux ou trois petits ilôts très densifiés. Chaîne ganglionnaire le long du bord droit du cœur.
Aorte descendante débordant un peu à gauche de la colonne vertébrale. Fe
Estomac normal descendant à peine à un travers de doigt au-dessous de l’ombilic. Mouvements normaux, pas de franges, pas de lésions.
Examen des crachats.
Bacilles de Koch : néant. Albumino-réaction négative.
Analyse du suc gastrique (14 juillet) : rien d’anormal.
Un examen de sang fait le 16 juin montre que les proportions de globules rouges et de globules blancs sont normales. Mais la numération n’a pu en être pratiquée. Ê F4
Nouvel examen le 11 octobre, par M. René Bénard : Globules rouges : 4.610.000 Globules blancs: 16.000
Formule leucocytaire :
Polynucléaires neutrophiles . FE TES F2 | moyens 21.5 Mononucléaires { lymphocytaires 4 30.5 | formes de transition 5 ee:
FOOD SR nc. Ne CS Re Basophiles. . . . . ro Cle =
Les polynucléaires ont une tendance marquée à l’acidophilie. Les éosinophiles affectent pour certains l’aspect de myélocytes éosinophiles ; d’autres sont à tendance amphophile.
Réaction de Wassermann (11 octobre) : + (H 3).
En résumé : splénomégalie avec périsplénite (celle-ci semble avoir été assez douloureuse).
Anémie légère (4.610.000 hématies) avec modifications des globules blancs dont le nombre est augmenté (16.000) et dont la formule est modifiée (tendance générale à l’acidophilie : 5.50 % d’éosinophiles).
De plus, état général médiocre, aortite chronique, légers troubles urinaires, sclérose du sommet droit.
Un traitement spécifique intensif — injections intra-Yeineuses de novarsénobenzol et pilules de protoïodure de mercure — amène une certaine amélioration des signes fonctionnels, en particulier de l’asthénie, sinon de l’état général, et une rétrocession légère de la splénomégalie. La Rate en effet qui mesurait 10 = 10 c/m à l’entrée (3 juin) n'avait plus que 10 % 8 c/m au 13 septembre et 7 X7 c/m le 7 octobre.
En 1919, le Pr Perrin est amené à soigner la femme du malade en question, atteinte d’hémiparésie gauche avec céphalée intense, qui dure un mois et guérit par traitement spécifique dissimulé. A cette occasion il apprend que déjà, avant la guerre et en 1918, Mme F.. a subi deux crises d’aphasie transitoire ayant duré quelques jours et guéries par les mêmes moyens.
A ce moment (12 juillet 1919) notre malade était relativement bien portant, ne souffrant pas, suivait périodiquement, mais assez irrégulièrement son traitement. La Rate avait un peu regrossi et mesurait 10 x 8 1/2 c/m, peut-être ceci est-il dû à l’irrégularité et au peu d’intensité du traitement.
Revu enfin dans les derniers mois de 1923 il a meilleur aspect et dit aller très bien.
Il s’agit donc bien nettement d’une syphilis tertiaire de la Rate — caractérisée par une splénomégalie de 10 x 10 c/m, avec anémie peu accusée, mais avec formule spéciale (diminution légère des G. R., leucocytose et éosinophilie) — syndrome évoluant chez un sujet ayant présenté une périostite des membres inférieurs, atteint d’aortite chronique, ayant une réaction de Wassermann positive.
Le traitement spécifique n'a fait régresser que légèrement le volume de la Rate, mais a produit cependant une véritable guérison clinique. Le B. W. pratiqué après quelques mois de traitement (11 octobre 1916), s’est montré encore positif (H3). Il n’a pu être refait depuis lors.
* x LS
Ces deux observations, identiques quant aux traits essentiels : splénomégalie, anémie, séro-réaction positive, efficacité du traitement, sont intéressantes à comparer. Dans les deux cas, les troubles urinaires ont fait poser la question : rate ou rein ? — Mais elles diffèrent sur plusieurs points accessoires : le foie, hypertrophié d’une part, est petit d’autre part; l’anémie beaucoup plus intense dans l'Observation I est marquée par des modifications sanguines bien différentes ; enfin les antécédents ou signes associés sont à peu près nuls dans le premier cas, tandis qu’une périostite antérieure et une aortite attestent l’étiologie dans le second.
Ces variantes se retrouvent ailleurs, à des degrés divers, dans les diverses observations de syphilis de la Rate que renferme la littérature médicale, et que nous allons rapidement
passer en revue.