‹ Syrie ancienne et moderneChapitre 1 sur 63 · DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE DE LÀ SYBIB ANCIENNE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE DE LÀ SYBIB ANCIENNE

Sous le nom de Syrie, nous ne comprendrons , soit dans cette description , soit dans le récit qui va suivre, que le pays qui s*étend depuis la Gilicie et TAmanus , au nord , jusqu'à la Phénicie et à la Judée , au midi ; et depuis la mer Intérieure , à Touest, jusqu'à rEuphrate*' à Test et aux riions désertes, habitées par les Arabes scénites. Nous ne sortirons des limites que nous venons de tracer que pour raconter les destinées du vaste empire qui échut en partage aux Séleucides.

Quelques auteurs anciens ont singulièrement reculé les bornes du pays dont

(*) M. TanoAi a revu et tenniDé cette histoire

S|oe Pautear, pour des causes qu*il est inuUle d^ aire connaître ici, laissait inacoevée. II l'a complétée en plusieurs endroits» surtout au commencement, par des additions considérables. Toutefois, il est plusieurs parties qui sont restées à peu prés telles que Fauteur les avait rédigées. Nous citerons, par exemple, toutes les pages qui se rapportent à la dynastie des Séleucides. {,Note des éditevn.)

V^ Livraison, (sybie Ancienne.)

nous voulons parler. S'appuyant sur de vieilles traditions, plusieursont confondu l'Assyrie et la Syrie; ils ont appelé Syriens tous ceux qui nabitaient le pays compris entre la Babylonie et le golfe d'Issus, et depuis ce golfe jusqu'au Pont- Euxin (*).Du temps de Justin, on commettait encore la même confusion (**).

Strabon restreint davantage la Syrie ; mais, frappé de certaines similitudes ethnologiques, il l'agrandit trop au midi. Pour lui , elle s^étend depuis la Gilicie et l'Amanus jusqu'à l'Egypte. « Je la divise, dit-il, ainsi qu'il suit, en partant de la Gilicie et du mont Amanus : la Gomma{;ène, la$éleucide,la Gœlésyrte, la Phénicie, sur les côtes, et la Judée, dans l'intérieur des terres (***). » Pour nous, comme nous l'avons dit, nous ne nous occuperons que de la Syrie proprement dite, laissant à part la Judée,

r) StralMn, XII, 644; XVI, 737. Hérodote, l, 7*i ; V , 49 ; et Mêla, I, II. — Casaubon dit, dans une de ses notes : Hesychius annotât, Supîoev Xéfe^Oai y^v , ti^ ànb 4»oiv(xy]c (xixpt BaSuAoïvîac. Qui vertaH sunt in Sacris sciunt quam late pateat terra Sur Hebrœis dicta,

{**) Imperium Assyrii^ quipoêtea Syri dicii tttnt, mille trecentisannis lenuere. Jostiu, 1,3.

C'^)Strabon,XVI,749.

i;UNIVERS.

la Phénicie , la Mésopotamie , la Babylonie , la Cilicie et les cantons habités par les Syriens blancs ou Leucosyrieiis. Tous ces pays ont été désignés quelquefois, il est vrai , par un nom commun; mais ils ont m des fortunes diverses, et chacun d'eut se distingue par quelques traits d'une vive originalité (*).

La Syrie est un pays montagneux; mais on ^ rencontre aussi de belles et vastes plaines (**}. La terre, cultivée avec soin , dans les temps anciens, par une nombreuse population, était d'une grande fertilité^ et elle présentait un aspect qu'elle n'a plus aujourd'hui. Des cités florissantes s'élevaient de toutes parts, même du côté du désert où se trouve Palmyre. Le voyageur moderne Burckhardt, parcourant la chaîne montagneuse qui sépare ta piaine d'Alef) du bassin de l'Oronte, rencontrâtes ruines de quarante-deu^ villes anciennes.

Les montagnes de la Syrie se rattachent, du côte du nord, au Taurus et à l'Amanus ; et au Liban du côté du midi. La plus élevée de toutes est celle qui se trouve sur la rive gauche de l'Oronte, et que l'on appelait dans l'antiquité Cassius (Kaatoç). £lle était couverte, en plusieurs endroits, d'épaisses forêts. La province qui l'avoisinait fut appelée, de son nom, Cassiotis. Au nord se trouvait la montagne Pieria(i nispCa), qui se rattachait à l'Amanus.

L'Oronte (6 ôpovTV)(), plus anciennement appelé Typhon (Tu^w) , est le fleuve principal de la S^rie. Il prend sa source dans laCœlésyrie, non loin d'Héliopolis , dans la chaîne de l'Antiliban : il reçoit , dans son cours , un affluent , le Marsyas , et il se jette dans la mér Intérieure. Vient ensuite le Chalus (xà- Xoç ) ; il termine son cours dans une sorte de lac qui se trouve entre Ghalcis et Béroé. Les poissons de cette rivière étaient sacrés pour les Syriens. Près de l'Ëuphrate, d'autres petites rivières coulent dans la direction du nord au sud, comme le Singas et le Daradax.

, La Syrie , pour les anciens , se divisait

' (*) Nom avons égalemeot . et pour la même cause , retraDché de notre récit toat ce qui se rattache à la Palmyrène.

{**) On trouvera ailleurs, dans cette collection, à propos de la Syrie 'moderne, les descriptions des voyageurs et ce qui se rapporte à rhistolre naturelle de la contrée.

éki deux parties principales : la Syrie supérieure (in àvco 2upitt) , qui comprenait les cantons du nord jusqu'au Liban , et la Syrie injérieure (tq xar» Supta) , communément appelée Syrie creuse {-h jcoiXn 2up(a) ou Cœlésyrie (*).

Les divisions politiques subirent de nombreux changements. Dans les temps les plus anciens, la contrée renfermait plusieurs petits royaumes. Sous la domination macédonienne, elle avait quatre villes principales : Antioche , Séleucie , Apamée et Laodicée, et peut-être autant de provinces distinctes. Plus tard, elle fut de nouveau partagée en dix provinces, que nous ferons connaître dans Tordre suivant:

1° La Commagène (Kofi.jxa'pivy.) , au nord , entre l'Amanus , l'Ëuphrate et le Singas. Ce petit pays, qui eut , pendant

Quelque temns , une existence indépenante , fut réuni définitivement au reste delà Syrie par l'empereur Vespasien (**).

2** LaCyrrhestique(Kupp8aTtxT(i), au sud de la précédente , s'étendait jusqu'à l'Ëuphrate.

3° La Piérie (iliepia) était à l'ouest : elle touchait, au nord, à la Cilicie.

4'' La Séleucide (SsXeuxic), au sud de la précédente. Cette petite province avoisinait la mer.

5° La Chalcidice (XatXxn^txii) était située à l'est de la Séleucide.

6° La Chalybonitide (XxXugovtTtç) , plus à l'orient encore , s'étendait , dans le désert, jusqu'à l'Ëuphrate.

7° La Palmyrène (naXjAopiivTii), pays sablonneux, était au sud de la précédente.

8** La Laodicène (A«o(ywtïivy.) avoisinait la Phénicie, et se trouvait à l'ouest de la Palmyrène.

9" L'Apamène (Aira^Yivii) était feituée au nord de la précédente.

10° LaCassiotide (RavaiâTK) s'étendait à l'ouest , sur les edies, entre la Séleucide et la Phénicie.

Cette division subsista jusqu'au moment où Constantin sépara la Commagène et la Cyrrhestique du reste de la Syrie, et en forma une province à part qui fût désignée sous le TiO^ûi Euphratensis on Euphraksia (***). Plus tard encore, Théo-

(*) Strabon , p. 133, 6Ô2 , 742 , 749 , 750 , 754. (»♦) Boeckh, Corpus inscript, grœc.^ t. I, p. 433.

(*♦♦) Ammien, XIV, S; XVUI, 4. frocope,

dose le Jeune divisa tout le pays en deux grandes parties : ^ria Primaet SuriaSecunda, La première avait Antioone pour capitale : elle embrassait les cdtes et les cantons du nord , jusqu'à' TEuphrate.

La seconde, qui avait pour ville principale Apamée, comprenait tout le pays situé au midi de l'Oronte. La partie orientale de la Syrie, vers FEuphrate, et près du désert , appartenait alors aux barbares , Parthes ou Arabes , ennemis de l'empire.

Nous allons énumérer les principales villes de la Syrie, en reprenant une à une les diverses provinces, suivant Tordre que nous avons précédemment établi.

Pailles de la Commagène. La plus considérable de toutes était Samosate, patrie de Lucien. Les rois du pavs y résidaient. Une légion romaine y fut placée sous l'empire. Puis vient Germanicia^ patrie de Nestorius. Quelques auteurs ont prétendu qu'Adata avait été son premier noni (*). Nous nommerons encore Antiochia ad Taurum.

failles de la Cyrrhestique, Au premier rang se trouwe tiiérapoiis, aussi appelée Bambifce ( BotuâûxTi ) et Mabog. C'était une des villes les plus florissantes de la Syrie. Elle devait sa prospérité au temple fameux de la grande déesse syrienne. C'était un centre religieux où affluaient, de toutes parts, les étrangers porteurs de riches offrandes. Le christianisme amena sa ruine. Quand Justinien, comme nous l'apprend Procope , voulut relever ses murs, elle était en partie inhabitée (**). A Zeugma, sur lEuphrate, se trouvait un pont de bateaux. Cette ville, comme Thapsaque, servait à communiquer avec la Mésopotamie. Europus (Eù- ^(dirôO, aussi sur i'Euphrate , se trouvait au sud de Zeugma. Beroea (Btpoia), aussi appelée CAa/^p (XaX^ir), est placée entre Antioche et Hiérapolis. Quelques-uns l'ont confondue, à tort, avec Chalybon ou Chelbon. Cette ville ( auj. Alep ) doit son importance aux Seljoucides. Batnœ ( BxIva-BaTvflL ) se trouvait entre Beroea et Hiérapolis. Aujourd'hui encore une vallée fertile, placée entre Alep et Mund-

ie Bell. pers., I, I7 ; II, 20. Malala, Chron., p.». — Voyez aussi Boecklnc , ad Not. imp., I, p. 389.

(♦) Foy. Maonert, Vî, 1 ♦ p. 3S*.

('*) Procope, de /£d. 11, 9.— Foy, Pococke, II, p. 242.

bedje, est appelée Batn ou Bathnan O.

Cyrrhu» ( K6ppeç«') donna son nom à toute la province ( CyrrhesHea ).

FiUea delà Piérie. Sur la côte se trouvait une ville florissànle , Mytiandrus ( Mup^ov^poc ). Cétait, suivant les traditions, une colonie phénicienne : elle s'élevait non loin des défilés de la Cilicie et d'Issus. Elle fut appelée plus tard ixi- («v^ptia ( on ajoutait à ce nom mit' faorov pour la distinguer des autres Alexandries ), et aussi Akxandria Sca Iriosa. Ce fut, suivant quelques-uns, près de ses murs qu'Alexandre livra bataille à Darius (**). On trouvait encore, dans la Piérie, la ville de Pagrœ (nàfpat), et non loin de celle-ci une place maritime appelée Rhosus ( Puacç ).

rUles de la Séleucide. La ville principale était Seleucia ( ZtXiuxiis ) : elle fut fondée par Séleucus. C'était une place très-forte. Nous nommerons encore Gindarus (Fw^apoç), placée à tort par quelques-uns dans la Cyrrhestique.

failles de la Chalcidice, Dans cette province se trouvait, sans parler de Ckalcis (XaXxiç), la capitale, la ville û'Arra, appelée J#aarra^ par Abulféda.

Filles de la ChalybonUide. Après Chalybon (XaXuSttv), la capitale, qui donna son nom à la province , il faut nommer Thapsacus ( ea+«*oç ), ville très-ancienne. C'était le passage le plus fréquenté de tous ceux qui se trouvaient sur I'Euphrate. Séleucus , s*il faut en croire Pline , changea le nom de Thapsacus en celui à'AmphipoUs, Les voyageurs et les géographes modernes ne S'accordent pas tous sur l'emplacement de cette ville (***). On trouvait aussi dans la Chalybonitide , Barbalissus (BapgaXiaaoç), que Justinien fortifia; Sura ( Soûpa ), détruite par Chosroès et rebâtie par Justinien. Cette dernière ville était située sur I'Euphrate. M. Forbiger, dans un ouvrage récent , prétend que Mannert n'a point connu le véritable empla-

(*) Maimert , VI, I , p. 400. -' Pooocke, II,

(•♦) Foy,, sur Aleranârette. les lettres édUtantes écrites par les missionnaires Jésuites , t. Il , p. 98 et 99 ; éd. de Paris , 1780. — Niebohr, III. p. 19. — Pococke, II,'p. 2M et sulv . — Foy. aussi Ritter, Erdkunde, II. p. 464. ^ ^ ^

(***) Manoert, Vï, 1, p. 410, suppose à tort

aue l'on donna à la vielUe Thapsaque le nom e Zenobia,

LUNïVERS.

cernent de Sura (*). Zenobia (Zwoêta), fondée par Zénobie, était à trois journées de marche de Sura, et à la même distance de Circésium. Seriane, qui est, suivant Mannert, la ville appelée Chalybon par Ptolémée. Délia Yalle ( ep. 15 ), et les voyageurs les plus modernes, ont cru reconnaître ses ruines à trois fortes journées de marche sud-est d'Alep, et à rest de Hamath^ dans le désert. Noufs nommerons encore Salaminias et Arethusa ( ipéOouoA, ). Cette dernière, placée au nord-ouest de Salaminias, au nord d'Émèse, près d'Epiphanie, était, au temps de Strabon, le siège d'une petite principauté arabe qui existait sous la protection de Rome (**).

failles de la Palmyrène. D'abord Palmyre (naXpkupa), appelée aussi Thadmor dans l'Écriture sainte, ensuite Resapha ( ^més^n ) , sur TEuphrate , au sud de Sura (***).

Filles de la Laodicène, Nous ne citerons parmi les villes de cette province que la capitale, Laodicea (Aaoiueia ).

failles deVApamène. La capitale, Apamea ( À7rà(AEix), placée dans une contrée très-fertile , était une grande et forte ville. Suivant quelques auteurs, Antfgoue lui avait donné d'abord le nom dePella. £lie fut , sous la domination romaine , comme nous l'avons dit plus haut, la capitale de la Syria Secunda. Burckhardt (****) a cru reconnaître, à l'endroit appelé aujourd'hui Kalaat^l-Medyk, l'emplacement de l'ancienne Apamée.

<*) A. Forlnger, Handbuch der alten Geographie^ t. II , p. 655 ; Leipzig , 1844 , ia-8''. ~ roy, Mannert , VI /l , p. 408.

(**) Foy, sur ses ruines : Pococke, II, p. 208, et Ricliter's FFal^ahrien, p. 216.

(***) Foy. sur Palmyre, dont nous ne devons point parler dans cette histoire, HuUngton, dans les Philosophicat transactions f vol. XIX, n. 217 et 218 —Seller, The Antiquities qf Palmyra ; jLond. 1696. —Dawkins, dans l'ouvrage inUtulé: Ruuis of Palmyra de Robert Wood ; Lond. 1753. — Volney, Voyage en Syrie et en Egypte. — Richter, Wallfahrten, p. 21 6. — Rosenmuiler, Handbuch der Bihl. Alterthumshunde . I, II, p. 277. —Flûgel, art. sur Palmyre dans V Encyclopédie universelle ^tYxsth et Gruber, 3«sect., dixième vol., p. I85., et<v Nous n'avons pas besoin de renvoyer ici aux principaux géographes.

( ****)îBurcibardt, Travels in Syria, p . 1 48. — H- Letronne, dans le Journal des Savants, octobre I8S2 , dit que la position de Seidjar parait convenir à Apamée. — Forbiger, de son côté (Handbuch der alten Géographie, II, p. 648), cri Uque Burckhardt. — Foyez aussi sur ce point : Aitler , Erdkunde , II , p. 449 .

Aux environs de là ville se trouvaient de gras pâturages où Séleucus avait placé trois cents étalons , trente mille juments et cinq cents éléphants. Après Apamée nous devons citer Emesa ( iiLtaat, ) , célèbre par son temple de Baal C). La ville de Berya est placée dans la carte de Peutinger au sud-est d'Antioche, entre Chalciset Bathna {**), L'Apamène renfermait encore une ville célèbre : c'était Epipkania ( Èitt<pav&ia ). Elle est appelée Hamath dansl'Ëcrîture.

Suivant certains auteurs , elle avait été fondée par les Phéniciens. Epiphanie, qui a repris son ancien nom ( Hamah ), est encore aujourd'hui une ville considérable.

FiUes de la Cassiotide, La capitale, Antiochia (Àvncx»ft)i fut une des plus

frandes villes du monde. Elle fut agranie ou embellie, depuis le règne de Séleucus Nicator, presque par tous les rois de la dynastie des Seleucides. Elle fut détruite par Chosroès et relevée par Justinien. Elle conserva sa grandeur jusque dans les derniers temps de la domination romaine. Elle fut la patrie d'Ammien Marcellin et de Jean Qirysostome. Antioche était placée au milieu d'une plaine d'une admirable fertilité.

Cette plaine (to twv Àvnoxewv w«5'îov) était arrosée par trois petites rivières qui avoisinaient l'CH'onte, àsavoir: VArcevfhus ( IpxcuOoc ) , le Labotas ( Aa6o- Taç ) et YŒnobaras ( Oîvo€apac ). La première de ces trois rivières, d'après Malala, était la plus considérable. Abulféda (Tab. syr., p. 162) les appelle laghra, Aswad et Ee/rin (***). Dans le voisinage d'Antioche, à quarante stades, se trouvait lebourg de Daphné ( Aà^vr, ), dans un bois de lauriers et de cyprès. Là s'élevait un temple fameux , fondé en l'honneur d'Apollon et de Diane. Il fut anéanti par les flammes, en 362. Dans la même province se trouvait Laodicea ( tmrf doXàTTT))^ aujourd'hui Latakieh.

(*) Ck>nstantiQ PorpbyrogeDète ( de Adm.

tmp. c. 25) l'appelle Eûeaora; Ammien Mar-

celUii (XIV , 8) , Bmissa, et la carte de Peatin-

''fix^Hemesa. — Voy., snr ses ruines; Pococke,

', p. 206.— Richter's FFaUfahrUn, p. 205, etc.

(**) Niebuhr vit les ruines de cette ville, connue aujourd'hui sous le nom de Berua. III, p. 95.

(***) Foy., sur les ruines d'Antioche : Pococke, II, p. 275; et Richter*â FFall/ahrten, p. 281.

fH

STRIE ANCIENNE

C'était aussi Tane des principales villes de la Syrie.

f'^Ules de la Cœlésyrie, Nous devons mentionner avant tout Damgscus ( Act- (&a<n(oc ). Damas est la plus' ancienne ville du monde. On voit dans la Genèse qu'elle existait déjà du temps d'Abra* ham. Elle est située dans une vallée arrosée par le Chrysorrhoas ( xpwroppooc) ou Bar (Unes {^^^Wiifi ). Cette ville, trèsriche et très-populeuse dans l'antiquité, n'a rien perdu aujourd'hui de son importance. Elle fut souvent un sujet de discorde entre les Séleucides et les Lagides. Dioclétien y établit une fabrique d'armes. D'un autre côté, elle porte, chez les écrivains ecclésiastiques, le titre de métropole (*). HéliopoUs ( ÈXicuircXi^), aujoura'buiBaalbeck, est célèbre par son temple du soleil. Les ruines de cette ville et de son temple font encore maintenant l'admiration des voyageurs C^). AbUa ( Âêaa ) , uu'il ne faut pas confondre avec Abila de l'Arabie Pétrée, était située entre Héliopolis et Damas : elledevintlacapitalede la tétrarchie d'Abiiène. On trouvait encore dans la Cœlésyrie : Aphaca ( rà 'Auaxa), placée à égale distance d'Héliopolis et de Byblus, sur le fleuve Adonis; Occorura et Mariamne.

' Nous savons, par de nombreux témoignages , que les habitants de la belle contrée dont nous venons de parler, appartenaient à la famille araméenne.

D'ailleurs, leurs traditions, leurs mœurs, leurs usages et leurs croyances religieuses les rapprochent incontestablement des peuples, comme eux de race sémitique, oui les avoisinaient à l'est et au fnidi. S^ils diffèrent par quelques points des Arabes, par exemple, ou des Phéniciens , c'est qu'ils sont placés géogra-

(*) Foy,, sar Dama», sans parler des antean anciens: Schulteus, Comment, géograph,, s. v.

Damascfts. ^Lea Lettres édifiantes^ 1. 1, p. 165, 275 et sulv.; t. II, p. 438 etsuiv. — Pooocke, II, p. 17 1 . — Niebohr, III, p. 88. — Ricbter's fTallf., p. 138 — Paulos Sammlungd» merkwurd. Reisen in d. Orient , VI , p. 69.

(**) Fajf., sur Héliopolis oa Baalbech: Schalteos, 8. V. Batbecum, — M aoodrell, Joumeyfrom Alep to Jérusalem^ p. 135. — La Roque, foyage de Syrie, p. 13i et sulv. — RadziviU , Peregrm. Ierosolwn.f ép. II. ^ Pooocke, II, p. 1 56. — Wood et DawUos ( The Ruins qf Baalbec. )..— Yoloey, Voyage en Syrie. — Barckbardt, Travels in Syria, p. 10. — Richter's fTatlfahrUn, p. 81.

phlouement, si nous pouvons nous servir de ce mot , dans d autres conditions. Ils subissent l'influence du pays qu'ils habitent. Les Syriens, par nécessité , durent se livrer aux travaux de l'agriculture.

Ils n'eurent pas, dans les temps anciens , comme navigateurs , la réputa* tionvdes Phéniciens. Cependant, toutes les villes de la côte, depuis Myriandre ju squ'au port phénicien d'Aradus, firent un

{;rand commerce par mer. D'autre part, es marchands syriens , qui voyageaient sur les frontières, par caravanes ou autrement , étaient nombreux. Ils dominaient TEuphraté; et Thapsaque, le grand passage sur le fleuve , leur appartenait. Ils semblaient placés, en quelque sorte, pour unir, comme Alexandrie plus tard, la haute Asie aux paysoccidentaux. C'était vers leurs frontières, depuis l'extrémité de la Commagène jusqu'à Thadmor, que se dirigeaient tous les produits naturels ou fabriqués de l'Orient pour arriver en Egypte et, par la Phénicie, jusqu'aux parties les plus reculées de l'Europe.

Aussi , comme l'attestent les auteurs anciens, la Syrie, soit par son agriculture, soit par son commerce, atteignit^ dès les temps les plus reculés , à un haut degré de prospérité.

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