CAZA DE DJEBEL HAOURAN
Orientation; Limites. — Le caza de Djèbèl Haourdn, plus généralement connu sous le nom de Djèbèl Druzi^ qui signifie « montagne des Druzes », est situé à l'est du sandjaq du Haouràn. Il est limité au nord par le mèrkèz-sandjaq de Ghâm (Damas) ; à l'est et au sud il confine au désert de Syrie [bâdiyèt èch'Châm) ; à l'ouest, ses limites sont les cazas d'Adjloûn et de Dèra^â, et au nord-ouest celui de Basr èl-Hurir.
Division administrative. — Il est divisé administrativemenl en 8 nahiés qui sont 'Ahirèh^ Salèh^ Chèhba^ Lahtèliy
Salkhady Mèdjdèl^ Qrmdn et Slhm. On y compte 75 bourgs, villages et hameaux.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par le càimakam, sous-gouverneur du caza, et dans son ressort par les mudirs ou cheikhs^ directeurs des nahiés. Le sousgouverneur et les directeurs sont assistés par leurs conseils d'administration respectifs.
Population du caza. — La population totale du caza de Djèbèl Haourân est d'environ 32.000 hab., comme suit :
Maronites 1.700 hab.
Grecs unis 300
Syriens unis 800
Syriens orthodoxes 2.000
Arméniens grégoriens 200
Syriens jacobites \ .000
Druzes 25.000
Total. . . 31.000 hab.
Mœurs, coutumes, etc. — Il y a lieu d'ajouter ici à ce qui a déjà été dit plus haut dans le chapitre spécial du vilayet de Syrie, page 307, quelques mots sur la manière dont est exercée l'hospitalité dans la montagne druze ou Djèbèl Haourân.
Dans chaque village du Haourân on trouve, comme en Arabie centrale et autrefois dans tout Tempire ottoman, une hôtellerie publique ou logement de moussafirs (visiteurs), appelée en arabe menzoul et destinée à donner aux voyageurs l'hospitalité. Tous les habitants se disputent l'honneur de tenir cette hôtellerie à leurs propres frais. Ce menzoul est d'ordinaire une galerie ouverte^ quelquefois couverte simplement de branchages. Dès qu'un étranger arrive, on lui souhaite la bienvenue par les mots arabes : merhaba ou bien ahlan ouasahlan\ puis on le conduit dans la galerie où un domestique se met aussitôt à griller du
café, qu'ensuite il pile dans un mortier de bois, en chantant une étrange mélopée, dont le bruit de son pilon marque la cadence. Alors tous les habitants du village se rassemblent, et chacun reçoit, après l'étranger, une tasse de café. On trouve durant le jour, dans un menzoul^ du pain frais, des œufs, du yoghourt, sorte de lait caillé; du miel, des raisins secs, du raisiné ou debs^ et le soir du bourghour^ plat composé de blé cuit et de viande de mouton.
Chef-lieu. — Souèda, chef-lieu du caza officiellement désigné sous le nom de Djèbèl Haourân, mais auquel, nous le répétons, les populations locales donnent celui de Djèbèl Druzi montagne des Druzes) parce que, à l'exception d'un petit nombre de Chrétiens, de divers rites orientaux, tous les habitants de ce caza sont druzes, est située par 34» 8' de longitude et 32*" 44' de latitude, sur les premières pentes du versant ouest de la montagne des druzes. Cette petite ville, résidence d'un càimakam de première classe, siège des tribunaux du chér'i (droit islamique) et du ôèrfrfeè/ (droit moderne), station postale et télégraphique de service intérieur (langue turque et arabe, etc.), occupe un point à peu près central du caza et de la montagne proprement dite des Druzes. Le climat en est très sain ; elle est approvisionnée par des citernes d'eau de pluie et des sources abondantes; une grande caserne, pouvant contenir plus de 4 bataillons, y a été construite en 1892, mais la garnison permanente de Souèda n'a pas été augmentée; son effectif est resté suffisant pour affirmer, par sa seule présence, l'autorité du gouvernement, et assez faible en même temps pour ne pas porter ombrage aux Druzes. C'est un petit détachement de 500 hommes de cavalerie et d'infanterie, avec quelques pièces d'artillerie de montagne. Le gouvernement a toujours soin, du reste, de choisir les fonctionnaires de ce caza : càimakanij mudtrs^ etc., parmi les membres de la famille des anciens émirs druzes Atrach^ tous petits-fils ou arrière-neveux du célèbre Isma'ïlèl- Atrach, grand chéïkh des Druzes du Haourân. Ce prince, qui mourut en 1869, s'était créé une position considérable; ses relations
Salkhad^ Mèdjdèl^ Qrmdn et Slèm. On y compte 75 bourgs, villages et hameaux.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par le càimakam, sous-gouverneur du caza, et dans son ressort par les mudirs ou cheikhs^ directeurs des nahîés. Le sousgouverneur et les directeurs sont assistés par leurs conseils d'administration respectifs.
Population du caza. — La population totale du cazade Djèbèl Haourân est d'environ 32.000 hab., comme suit :
Maronites 1.700 hab.
Grecs unis 300
Syriens unis 800
Syriens orthodoxes 2.000
Arméniens grégoriens 200
Syriens jacobiles \ .000
Druzes 25.000
Total. . . 31.000 hab.
Mœurs, coutumes, etc. — Il y a lieu d'ajouter ici à ce qui a déjà été dit plus haut dans le chapitre spécial du vilayet de Syrie, page 307, quelques mots sur la manière dont est exercée l'hospitalité dans la montagne druze ou Djèbèl Haourân.
Dans chaque village du Haourân on trouve, comme en Arabie centrale et autrefois dans tout Tempire ottoman, une hôtellerie publique ou logement de moussafirs (visiteurs), appelée en arabe menzoul et destinée à donner aux voyageurs l'hospitalité. Tous les habitants se disputent l'honneur de tenir cette hôtellerie à leurs propres frais. Ce menzoul ^^i d'ordinaire une galerie ouverte, quelquefois couverte simplement de branchages. Dès qu'un étranger arrive, on lui souhaite la bienvenue par les mots arabes : merhaba ou bien ahlan ouasahlan ; puis on le conduit dans la galerie où un domestique se met aussitôt à griller do
café, qu'ensuite il pile dans un mortier de bois, en chantant une élrange mélopée, dont le bruit de son pilon marque la cadence. Alors tous les habitants du village se rassemblent, et chacun reçoit, après l'étranger, une tasse de café. On trouve durant le jour, dans un menzoul^ du pain frais, des œufs, du yoghourt, sorte de lait caillé; du miel, des raisins secs, du raisiné ou debs^ et le soir du bourghow\ plat composé de blé cuit et de viande de mouton.
Chef-lieu. — Souèda, chef-lieu du caza officiellement désigné sous le nom de Djèbèl Haoïirân, mais auquel, nous le répétons, les populations locales donnent celui de Djèbèl Druzi montagne des Druzes) parce que, à l'exception d'un petit nombre de Chrétiens, de divers rites orientaux, tous les habitants de ce caza sont druzes, est située par 34» 8' de longitude et 32*" 44' delatitudCy sur les premières pentes du versant ouest de la montagne des druzes. Cette petite ville, résidence d'un càimakam de première classe, siège des tribunaux du chér'i (droit islamique) et du bèdâièt {jivo\\. moderne), station postale et télégraphique de service intérieur (langue turque et arabe, etc.), occupe un point à peu près central du caza et de la montagne proprement dite des Druzes. Le climat en est très sain ; elle est approvisionnée par des citernes d'eau de pluie et des sources abondantes; une grande caserne, pouvant contenir plus de 4 bataillons, y a été construite en 1892, mais la garnison permanente de Souèda n'a pas été augmentée ; son e£feclif est resté suffisant pour affirmer, par sa seule présence, l'autorité du gouvernement, et assez faible en même temps pour ne pas porter ombrage aux Druzes. C'est un petit détachement de 500 hommes de cavalerie et d'infanterie, avec quelques pièces d'artillerie de montagne. Le gouvernement a toujours soin, du reste, de choisir les fonctionnaires de ce caza : cdimakam^ mudirs^ etc., parmi les membres de la famille des anciens émirs druzes Atrach, tous petits-fils ou arrière-neveux du célèbre Isma^ïlèl- A/racÂ, grand chéïkh des Druzes du Haourân. Ce prince, qui mourut en 1869, s'était créé une position considérable; ses relations
Salkhadj Mèdjdèl^ Qrmdn et Slèm. On y compte 75 bourgs, villages et hameaux.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par le càimakam, sous-gouverneur du caza, et dans son ressort par les mudirs ou chétkhs^ directeurs des nahiés. Le soosgouverneur et les directeurs sont assistés par leurs conseils d'administration respectifs.
Population du caza. — La population totale du cazade Djèbèl Haourân est d'environ 32.000 hab., comme suit :
Maronites 1.700 hab.
Grecs unis 300
Syriens unis 800
Syriens orthodoxes 2.000
Arméniens grégoriens 200
Syriens jacobites i .000
Druzes 25.000
Total. . . 31.000 hab.
Mœurs, coutiunes, etc. — Il y a lieu d'ajouter ici à ce qui a déjà été dit plus haut dans le chapitre spécial du vilayet de Syrie, page 307, quelques mots sur la manière dont est exercée l'hospitalité dans la montagne druze ou Djèbèl Haourân.
Dans chaque village du Haourân on trouve, comme en Arabie centrale et autrefois dans tout Tempire ottoman, une hôtellerie publique ou logement de moussafirs (visiteurs), appelée eo arabe menzoul et destinée à donner aux voyageurs l'hospitalité. Tous les habitants se disputent l'honneur de tenir cette hôtellerie à leurs propres frais. Ce menzoul e^i d'ordinaire une galerie ouverte, quelquefois couverte simplement de branchages. Dès qu'un étranger arrive, on lui souhaite la bienvenue par les mots arabes : merhaba ou bien ahlan ouasahlan ; puis on le conduit dans la galerie où un domestique se met aussitôt à griller du
café, qu'ensuite il pile dans un mortier de bois, on cliaiilnnt une étrange mélopée, dont le bruit de son pilon marqua la cadonct». Alors tous les habitants du village se rassemblent, cl chacun reçoit, après Tétranger, une tasse de café. On trouve durant le jour, dans un menzoul, du pain frais, des œufs, du yofihovrt, sorte de lait caillé; du miel, des raisins secs, du raisiné ou debs^ et le soir du bourghour^ plat composé de blé cuit et do viande de mouton.
Chef-lieu. — Souèda, chef-lieu du ca/a orficielh^mont désigné sous le nom de D/'èbèl Haourân, mais auquel, nous lo répétons, les populations locales donnent celui do Djhhhl Itruzi montagne des Druzes) parce que, à Texception d'un petit nombre de Chrétiens, de divers rites orientaux, tous les liabitants de ce caza sont druzes, est située par 34<» 8' do longitude) et 32^41' delalîlude, sur les premières pentes du versant ouest de la mootagne des druzes. Cette petite ville, résidence d'un calmaiiem de première classe, siège des tribunaux du rMr'i Mroit ftsihiiiDfjii*'' et do bèddièt (àvo\i moderne), station postale et télé- ,prïf&açnDe de service intérieur (langue turque et arabe, etc.), «ODcuçiî' luo pDJnt à peu près central du caza et de la montagne pnifiTfMEKiït dite des Druzes. Le climat en est très sain ; elle est agmri^îçÂiHaiaée par des citernes d'eau de pluie et des sources .BiamtaflJ'iî:{ : une grande caserne, pouvant contenir plus de é :iiuîùlL;ai$. y a été construite en 1892, mais la garnison permamimi hi S^^oêda n'a pas été augmentée; son effectif est resté fiufittiuu: [)oar affirmer, par sa seule présence, l'autorité du gouvflrnttfflftflf^ *t assez faible en même temps pour ne pas porter miuntue .un Druzes. C'est un petit détachement de 500 hommes Ut saviinriH^ et d'infanterie, avec quelques pièces d'artillerie de minittime. Le gouvernement a toujours soin, du reste, <le lôinsirlei» fooctionnaires de ce caza : càimakam^ mufiirs, etc., isTni ji» membres de la famille des anciens émirs dm/es Mmt/K tous petits-iîls ou arrière-neveux du célM^rc Ismn^'fl h' JÈimth. zrtmdchéikhdesDruzesdu HaourAn Ce prinro, qui monmt «I LSW». s'était créé une position considérable : so*^ relnf ion^
s'étendaient jusqu'au Bjof, province de l'État d'Abd-ul-Oaahab (ancien État des Wahabites). Les chéïkhs arabes étaient obligés de lui apporter des présents pour obtenir le passage sur la route de Damas. Il réglait, de sa propre autorité, l'usage des eaux^ et percevait de grosses sommes sur les concessions qu'il en accordait aux habitants de la Noukra, fertile plaine du caza de Dèra'â. Tous les arbres fruitiers de cette contrée ont été plantés par lui.
Population du chef-lieu. — La population de Souèda, comprise dans le chiffre de celle du caza, est de 4.500 hab., comme suit:
Syriens orthodoxes .... 50 hab.
Druzes 4.450
Total. , . 4.500 hab
11 y a à Souèda un souq (bazar) très achalandé. Les environs sont remplis de belles vignes, de champs de pastèques et de jardins potagers riches en beaux légumes de toute espèce. On n*y trouve qu'un seul pressoir qui sert à faire du dih (raisiné).
Ecoles. — On compte dans le Djèbèl Haouràn 342 écoles dont 150 supérieures et 192 primaires, fréquentées par 2.920 élèves dont 1 .940 garçons et 980 filles.
NAHIÉ DE 'AHIRÈH
'Ahirèh, ancienne résidence du grand chéïkh des Druzes du Haourân, Ismaïlèl-Atrachj est aujourd'hui celle d'un membre de sa famille, mudir de ce nahié, relevant de Souèda. L'habitation de ce mudir, c'est-à-dire le Aona/t (hôtel du gouvernement), n'est autre que le château plus européen qu'oriental où demeurait
son grand-parent, qui l'avait fait construire lui-même pour son propre usage. Autour de ce château, bâti sur le sommet d'une colline au sud de Souèda, se développent, au milieu de ruines antiques considérables, les maisons du village et ses deux moulins activés par une source abondante d'excellente eau qui court avec force dans la direction de la Noukra^ fertile plaine du caza de Dëra^â. Quand la pluie vient à manquer, les habitants du village situé dans cette plaine ne peuvent recourir pour arroser leurs champs qu'à l'eau de cette source. Or, du temps d'Isma'ïl el-Atrach, lorsqu'un pareil cas, assez fréquent, se présentail, menaçant d'anéantir par la sécheresse la magnifique récolte espérée par ses voisins, le grand chéïkh des Druzes s'empressait de détourner le courant sauveur en lui faisant creuser un autre lit ; puis il attendait tranquillement les offres des intéressés. Dès qu'une somme assez ronde avait été consentie par eux et duement versée dans sa caisse, la source rentrait dans son lit. La population de 'Ahirèh, comprise dans le chiffre de celle du caza précité, est de 800 hab., dont 600 Druzes, 150 Syriens orthodoxes et 50 Syriens jacobiles.
NAHIÉ DE SALÈH
Le village de Salèli, chef-lieu du nahié de même nom et résidence d'un mudir druze, de la famille des Alrach^ est situé sur les contreforts du versant est du Djèbèl Haourân, tout à fait à Topposite de Souèda, dont relève son administration. A l'est de ce village, se croisent durant l'hiver deux cours d'eau torrentiels: le Ouddi Ouèridy venant du sud; et le Gheil-Roiicheidè, venant du nord, qui de là vont se jeler dans les oasis du désert de Châm (Syrie). Ce village est entièrement peuplé de Druzes. Ce fut une grande ville, dans l'antiquité.
NAHIÉ DE CHÈIIBA
Chèhbâ, chef-lieu du nahié de même nom et résidence d'un mudiTy est situé à 22 kil. nord-est de Souèda, entre deux collines, près du Ouâdi Nimrèk. Sa population est exclusivement composée de Druzes. C'est l'ancienne ville romaine de P/iilippopolis, fondée ou reconstruite par l'empereur Philippe (244-249), fils d'un chéïkh arabe et né, suivant les uns, dans cette ville, et selon d'autres à Boslra (Bossra). Elle est formée de deux rues principales allant du nord au sud et de l'est à l'ouest et se croisant au milieu de leur parcours. Leur largeur est de 8 mèlres; elles sont pavées de larges dalles et tout le long de leurs bords sont amoncelés des débris de fûts et de chapiteaux montrant que ces rues, comme celles de Géràsâ (Djèrach) et d'autres villes antiques, étaient bordées de colonnades. A chaque angle, au point d'intersection, s'élèvent d'énormes piédestaux qui sans doute supportaient des statues colossales. Plusieurs monuments, tels que des thermes, un théâtre, de beaux réservoirs, cinq arches d'un aqueduc, des conduites en poterie qui servaient à la distribution de l'eau, etc., sont en assez bon état de conservation. En beaucoup d'endroits, les murs d'enceinte subsistent encore.
NAHIÉ DE SALKHAD
Salkhad, chef-lieu du nahié de même nom et résidence du mudir, est situé tout h fait au sud de la montagne des Druzes. Son château, qu'on aperçoit de loin sur le haut d'une colline ; est entouré d'un fossé à demi comblé par des pierres de taille
tombées des murs. Sur ses portes sont sculptées des aigles romaines. Environ 800 maisons de cette ville et plusieurs tours sont en parfait état de conservation; toutes sont construites en pierres de taille et n'ont souffert aucun dommage. Cependant le manque d'eau réduit la population actuelle à un petit nombre de familles druzes.
Salkhad, citée dans la Bible comme une ville frontière du royaume de Basan, est à 27 kil. est de Bossra, sur le parcours de l'antique voie romaine qui conduit de cette ville fi Bassorah, chef-lieu du vilayet de ce nom, vers l'embouchure du Chatt el- ^Arâby au fond du golfe Persique. Si Ton en croit la légende ayant cours dans le pays, les deux châteaux de Salkhad et de Bossra sont reliés par une voie souterraine. Salkhad était encore une ville importante au moyen âge. A cette époque, on y cultivait la vigne avec succès. Aujourd'hui, cette culture reprend faveur dans la montagne du Haourân.
NAIIII' D'ORMAN
Le nahié d*ORMAN est situé dans la plaine, à 7 kil. environ au nord-est de Salkhad. A proximité, sont de nombreuses sources autour desquelles on rencontre à toute époque de l'année des campements de Bédouins qui semblent se relayer pour no jamais céder la place aux populations fixes. Cet endroit est connu sous le nom de ^lyoûn qui signifie « les sources ». Ail kil. plus loin, au nord, se trouve situé Sahouèt èl-Kkidr, ville en ruines avec un château et une église, lieux de pèlerinage pour les Chrétiens de tous rites, aussi bien que pour les Musulmans qui rivalisent de zèle pour venir y honorer saint Georges, appelé K/iidr par les Arabes, les Persans et les Turcs. En cet endroit la contrée est toute verdoyante et parsemée de bosquets. En s'écarlant un peu plus h Test d'Ormân, on peut visiter les deux intéressantes villes troglodytes de Hihbikh et de THl-Chdf,
NAHIÉ DE CHÈHBA
Chèhba, chef-lieu du nahîé de même nom et résidence d'un mudii\ est situé à 22 kil. nord-est de Souèda, entre deux collines, près du Ouâdi Nimrèh, Sa population est exclusivement composée de Druzes. C'est l'ancienne ville romaine de Philippopolis, fondée ou reconstruite par l'empereur Philippe (244-249), fils d'un cheikh arabe et né, suivant les uns, dans cette ville, et selon d'autres à Bostra (Bossra). Elle est formée de deux rues principales allant du nord au sud et de l'est à l'ouest et se croisant au milieu de leur parcours. Leur largeur est de 8 mètres; elles sont pavées de larges dalles et tout le long de leurs bords sont amoncelés des débris de fûts et de chapiteaux montrant que ces rues, comme celles de Gérdsd (Djèrach) et d'autres villes antiques, étaient bordées de colonnades. A chaque angle, au point d'intersection, s'élèvent d'énormes piédestaux qui sans doute supportaient des statues colossales. Plusieurs monuments, tels que des thermes, un théâtre, de beaux réservoirs, cinq arches d'un aqueduc, des conduites en poterie qui servaient à la distribution de l'eau, etc., sont en assez bon état de conservation. En beaucoup d'endroits, les murs d'enceinte subsistent encore.
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NAHIÉ DE SALKHAD
Salkhad, chef-lieu du nahié de même nom et résidence du mudir, est situé tout à fait au sud de la montagne des Druzes. Son château, qu'on aperçoit de loin sur le haut d'une colline; est entouré d'un fossé à demi comblé par des pierres de taille
tombées des murs. Sur ses portes sont sculptées des aigles romaines. Environ 800 maisons de cette ville et plusieurs tours sont en parfait état de conservation; toutes sont construites en pierres de taille et n*ont souffert aucun dommage. Cependant le manque d'eau réduit la population actuelle à un petit nombre de familles druzes.
Salkhad, citée dans la Bible comme une ville frontière du royaume de Basan, est à 27 kil. est de Bossra, sur le parcours de Tantique voie romaine qui conduit de cette ville à Bassorah, chef-lieu du vilayet de ce nom, vers l'embouchure du Chatt el- ^Ardb, au fond du golfe Persique, Si Ton en croit la légende ayant cours dans le pays, les deux châteaux de Salkhad et de Bossra sont reliés par une voie souterraine. Salkhad était encore une ville importante au moyen âge. A cette époque, on y cultivait la vigne avec succès. Aujourd'hui, cette culture reprend faveur dans la montagne du Haourân.
iXAHIli; D'ORMAN
Le nahié d'OnMAN est situé dans la plaine, à 7 kil. environ au nord-est de Salkhad. A proximité, sont de nombreuses sources autour desquelles on rencontre li toule époque de Tannée des campements de Bédouins qui semblent se relayer pour no jamais céder la place aux populations fixes. Cet endroit est connu sous le nom de ^lyoùn qui signifie « les sources ». A 11 kil. plus loin, au nord, se trouve situé Sahouèt èl-Khidr, ville en ruines avec un château et une église, lieux de pèlerinage pour les Chrétiens de tous rites, aussi bien que pour les Musulmane qui rivalisent de zèle pour venir y honorer saint Georges, appeié Khidr par les Arabes, les Persans et les Turcs. En cet eotfaïkîf la contrée est toule verdoyante et parsemée de bosquelf. Es s'écarlant un peu plus à Test d'Ormân, on peut visiter les intéressantes villes troglodytes de Hihbikh et de THl-Châf^
NAHIÉ DE SLÈM
Slèm, riahié du ressort de Souèda, résidence d'un mudif druze de la famille des Atrach, se trouve situé à 11 kil. nordouest de ce chef-lieu de caza. Ce village druze est arrosé par le Ouâdi Ranaout^ formé par quatre sources qui descendent des quatre principaux sommets du Djèbèl ed-Drouz ou montagne des Druzes. Le nahié de Madjdal ou Mèdjdèl n'est qu'à la distance d'environ 2 kil. de Slèm et à celle de 5 kil. de Mezzan ou Mezzaâ, station postale et télégraphique de service intérieur (langues turque et arabe) où sont casernées quelques compagnies du nizam (armée active). Le Ouddi Kanaout est ainsi appelé du nom du hameau de Kanaout situé entre les villages précités, au milieu d'un bois de chênes, d'oliviers et d'arbres fruitiers, dans une des positions les plus pittoresques de la montagne des Druzes, parmi les vastes ruines d'une importante cité antique, la Kenath de la Bible et la Canatha des Grecs et des Romains. On peut suivre encore, à travers ces ruines, les anciennes rues de cette ville presque toutes pavées en gros blocs de basalte. Les monuments les plus remarquables et les mieux conservés sont un théâtre taillé dans le roc, deux basiliques avec portiques et colonnades et deux temples du temps des Antonins, époque où l'art romain était dans toute sa splendeur.
Production agricole. — Les différentes productions agricoles^du Djèbèl llaourân ou Djèbèl Druzi sont les mêmes que celles des autres cazas du Haourân, c'est-à-dire, en première ligne, le blé et l'orge de qualités tout à fait supérieures, récoltés en quantités considérables ; les graines légumineuses et oléagineuses; le tabac, de la variété dite du Liban; le coton, les plantes maraîchères, etc., etc. ; et depuis quelques années la
vigne dont la culture réussit admirablement et fait des progrès rapides dans la montagne.
Sur les versants de Test, le pays est accidenté et bien boisé; les villages y sont moins nombreux que du côté de Tonest, et deviennent de plus en plus rares à mesure que Ton s'éloigne de la Syrie et qu'on pénètre plus avant dans les contrées où prédomine la population purement arabe.
Industrie. — L'unique industrie du Djèbèl Druzi est la fabrication de la poudre.
GAZA D'ADJLOUN
Orientation; Limites. — Le caza d'Adjloân est situé au sud-ouest du sandjaq du Haourân. Il est limité au nord par le mèrkèz-caza de Chéïkh-Sa*ad el le caza de Dèra'â; à Test, par celui de Djèbèl Haourân, au sud, parle sandjaq de Ma^ân; et à l'ouest, par le vilayet de Beyrouth
Division administrative. — On y compte un nahié, qui est Adjloûn^ et 33 bourgs, villages et hameaux.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par le càimakam^ sous-gouverneur du caza, et par le mudir^ son subordonné, directeur du nahié, tous deux assistés par leurs conseils respectifs.
Population du caza. — Sa population totale est de 30.000 hab., comme suit :
( Sunnites 18 600 )
MasalmanB. . \ — Tcherkesses 015 ? 19 600 hab.
Chi'ites (Moutéouàli) 385
Latins 1.100
GAtholiqaes. . \ Maronites 810 J 2.100 —
Grecs unis 190
Syriens orthodoxes 3 800 —
Protestants 800 —
Syriens jacobites 300 —
Drazes 3.900 —
Total 30.000 bab.
Chef -lieu. — Irbid, chef-lieu du caza d'Adjloûu, résideuce du caïmakam, siège des tribunaux du chér'i et du bèdàièt et des divers services publics, station postale et télégraphique, etc., est un bourg situé au nord du caza d'AdjIoûn, sur une colline, à 600 m. environ d'altitude du niveau de la mer, dans la contrée dite : « èl-Ouastiyè », à 40 kil. sud-ouest de Chéikh- Sa^ad, cheMieudusandjaq,àl35 kil. de Damas suivant la même orientation et à 42 kil. ouest de Bossra.
Population. — La population d'Irbid, comprise dans le chiffre de celle du caza d'Adjloûn, est de 1.300 hab. comme suit :
Musulmans sunnites 1.000 hab.
Syriens jacobiles 300
Total 1.300 hab.
Il y a à Irbid une mosquée et un serai ou palais du gouvernement, élevés en 188i. On y jouit d'un excellent climat et d'une vue magnifique qui s'étend à l'est jusqu'au désert de Syrie, et au sud et sud-ouest sur tout le Djèbèl Adjloûn, avec ses profondes forêts de vieux chênes. Sur la grande place, au milieu du bourg, se trouve un bassin toujours rempli d'eau de pluie qui pourvoit durant toute l'année à l'alimentation des habitants.
Irbid occupe l'emplacement de l'ancienne ville d'Arbela.
Écoles. — Les écoles du caza d'Adjloûn sont au nombre de 177 dont 60 supérieures, une secondaire et 1 16 primaires, ou élémentaires, fréquentées par 2.620 élèves, dont 2.095 garçons et 525 filles ; les établissements sont compris dans le Tableau général des écoles du sandjaq, page 458.
NAHIÉ D'ADJLOUN
Adjloun, chef-lieu du nahié de même nom, résidence du mudir et siège des divers services publics, quartier d'un déta-
chement de 200 fantassins du nizam (armée active), casernes dans la citadelle, est situé au sud-ouest du caza d*Adjloûa, auquel il a donné son nom. Sa population est d'environ 2.900 hab. ,
Latins 900 hab.
Grecs orthodoxes 1 .900
Protestants 100
Total. . . 2.900 hab.
Quoique, comme presque toutes les localités du Haourân celte petite ville soit b&lie sur des ruines antiques, on n'y a rien découvert jusqu'ici qui puisse lui faire restituer sou nom historique. On remarque, il est vrai, parmi les matériaux de sa vieille mosquée^ quelques sculptures romaines et des fragments d'inscriptions; mais celles-ci sont indéchiffrables. A Andjara, village très voisin (1 kil.), la population latine possède une. église du moyen âge, assez intéressante, entourée de bois touf fus de pistachiers et d'amandiers sauvages, au milieu desquels elle est comme enfouie. La plupart des autres villages les plus importants de ce nahié et des différents districts du caza d'Adjloûn : Tiônèh, Souf^ Kéfrendjèh, ancienne résidence du mudir^ sont également cachés dans les bois ou même au fond des vastes forêts qui couvrent la montagne. Aïn-Djenna^ charmant hameau fertilisé par les eaux intarissables d'une source, peut à peine être découvert derrière un épais rideau d'oliviers énormes, plusieurs fois centenaires. Plusieurs autres hameaux situés dans le Djèbèl Adjloûn ne sont connus que comme grands centres charbonniers. Ce sont en effet ces hameaux qui fournissent à la ville de Damas et aux principales villes de Syrie la majeure partie de leur approvisionnement annuel de charbon de bois.
Production agricole. — La production agricole du caza d'Adjloûn, extrêmement abondante, mais plus variée, se compose, comme celle de tout le Haourân en général, de blé.
d^orge et de maïs, de fèves, pois, lentilles et autres graines légumineuses, de tabac, coton, etc. On cultive la vigne dans le Djèbèl Adjloûn tout entier, et Ton y prépare de grandes quantités do raisins secs. L'huile d'olives d' Adjloûn est recherchée.
Bétail. — Le caza d*Adjloûn est celui de toutleHaourâD^si Ton en excepte la montagne des Druzes, qui s'occupe avec le plus d'activité et de succès de l'élevage du bétail. Les villages de Tibnèh, de Souf et de Kéfrendjèh, à eux seuls, produisent annuellement plus de 35.000 têtes de chèvres, bétail préféré des éleveurs des monts Adjloûn.
Apiculture. — 11 n'y a point de localité dans ces montagnes, pour ainsi dire, qui ne possède un nombre important de ruches d'abeilles. Le sandjaq du Haourân, comme on le sait, produit un sixième de miel et cire de plus que celui de Damas, qui lui-même a une production double de celle du sandjaq de Hamâ, lequel^ de son côté, produit deux fois autant que Ma'àu, et c'est du caza d' Adjloûn que provient la meilleure part du miel et de la cire des abeilles du Haourân.
Localités remarquables. — Djèhach, village musulman situé à 13 kil. sud-est de la petite ville d' Adjloûn est l'antique Gérasa^ l'une des principales cités de la Décapote. Son importance historique date du second siècle de l'ère chrétienne. Complètement abandonnée par ses anciens habitants, elle vient seulement d'être repeuplée tout récemment par une petite colonie d'immigrés tcherkess (Circassiens) au nombre de 600.
L'antique ville de Gérasa dans les restes de laquelle ces 600 Tcherkess se sont installés, est au pied du versant est du Djèbèl Adjloûn, dans une vallée fertile, autrefois très riche. Un ruisseau limpide, aux rives bordées de lauriers roses, court à travers la ville. Les murailles, dont le circuit tout entier se reconnaît encore, n'ont pas moins de 5 kil. d'étendue. Elles sont construites, de même que les édifices de la ville, en
beau calcaire marmoréen, pierre commune en cette contrée. Plusieurs monuments sont encore debout presque entièrement; on cite, parmi ceux-ci, le temple dit « du Sud » ; le temple du Soleil, le grand théâtre avec vingt-huit rangs de gradins, le petit théâtre, les thermes ; mais ce qui frappe le plus, c'est une longue rue droite, bordée de chaque côté d'une rangée de colonnes à peu près toutes corinthiennes, mais de dimensions ditTérentes. Cette rue aboutit au sud à une place semi-circulaire, entourée d'une colonnade d'ordre ionique dont 49 colonnes subsistent encore en place : 1 1 autres renversées gisent sur le pavé, formé de dalles carrées. On a compté le long de cette rue 120 colonnes debout; un beaucoup plus grand nombre sont tombées.
Hcoles. — On compte dans le sandjaq de Ma'ân 246 écoles dont 7 supérieures, 4 secondaires et 235 primaires, fréquentées par 4.640 élèves, dont 4.030 garçons et 910 filles, comme suit:
COMMUNAUTES
DEGUË
D'SNSEIONBaiBNT
(Écoles supérieures^ Maialmaos {sunnites).} — secoudaires^ 171
( — primaires .\
Musulmans (Tcherkesses)
Latini
Greoi unie. . . .
Syrien! unie . . .
Syrien! orthodoxes.
Protestante. . . .
Syriens jacobites .
Écoles primaires Écoles primaires Écoles primaires Écoles primaires Écoles primaires Écoles primaires Écoles primaires
Totaux.
Climat. — Le climat du sandjaq de Ma*ân est généralement sain, mais la température de toute cette contrée est très chaude, tant dans les rochers et les vallées qui longent le Jourdain et la mer Morte qu'à partir du sud de celle-ci jusqu'à la porte nord du golfe d'^Aqaba, point extrême oti se termine ce sandjaq, à Qala^at *Aqaba. Le thermomètre centigrade s'élève souvent en été au dessus de + 56** à l'ombre et s'abaisse rarement, dans les mois tempérés, en janvier, par exemple, au dessous + 13*^.
Production agricole. — A l'exception du caza de Sali, l'un des cantons les plus productifs du Haourân qui vient d'être annexé à Ma'ân, ce sandjaq, ancien pays des Moabites, Arabie Pétrée des Grecs et des Romains, n*est presque pas cultivé. D possède cependant entre le golfe d'^Aqaba (Sinus Aelamiticus) et la mer Morte une grande vallée : Ouâdi el-'Araba^ limitée au sud-est et à l'est par les monts Sèïr, qui se rattachent au nord
le long des rives orientales de la mer Morte et de la vallée du Jourdain^ au Djèbèl Adjloûn. Le Ouâdl el-*Araba, ainsi qu'un assez grand nombre d'autres ouddi ou vallées beaucoup plus petites, situées de tous côlés entre les roches et les collines pierreuses qui constituent la majeure parlie des terrains du sandjaq, sont arrosées par des eaux tant visibles que souterraines Iqui entretiennent la fraîcheur et la vie partout où Ton veut bien travailler à quelque culture.
La puissante force productrice entretenue avec tant de soin parla nature dans ces belles vallées, n'est utilisée par les habitants que dans la mesure de leur plus strict nécessaire. Il suffirait pourtant d'un peu de travail employé à des cultures rémunératrices, auxquelles les conditions agricoles de la contrée se prêteraient admirablement, pour changer la situation actuelle du sandjaq de Ma*ân en un état prospère. |Les cultures indiquées par la nature du sol, la température, etc., aussi bien que par les divers essais déjà tentés dans le voisinage avec succès, dans des conditions analogues, semblent être , en premier lieu, celles de la canne à sucre, qui croît spontanément dans ces régions, du café, en le cultivant, comme à la Martinique, entre des bananiers dont les larges feuilles l'abriteraient contre l'ardeur du soleil ; du bambou, donnant déjà depuis nombre d'années des résultats très fructueux à la ferme-école de r« Alliance-Israélite » de JafFa; et enfin la culture des diverses épices qui deviendrait sans doute à Ma'ân, comme partout où Ton a pu l'introduire, une source de richesses considérables.
Quant à la gomme arabique, il ne paraît pas utile de chercher à en augmenter la production, qui ne saurait devenir assez grande pour lutter avec quelque avantage contre celle des vastes forêts d'acacias du Sénégal.
Quoi qu'il en soit^ en l'état actuel, dont les administrations compétentes recherchent avec activité l'amélioration, la production agricole moyenne dusandjaq de Ma* an consiste annuellementen 151.000 tonnes de céréales : blé, orge et maïs d'une valeur totale d'environ 15.510.000 fr. ; et en 11.827.000 kil.
Les trois premiers cours d'eau sont décrits plus haut, au chapitre spécial du vilayet de Syrie, page 351.
Lacs ; marais, etc. — Il n*y a rien à ajouter ici à la description du lac Asphallile ou nier Morte, aujourd'hui Bahr- Loûth qui figure déjà plus haut, page 355.
On ne connaît pas d'autre lac dans le sandjaq de Ma'ân.
Routes; chemins. — Il n'existe pas de routes proprement dites dans ce sandjaq, mais il est entièrement parcouru du nord au sud par le grand chemin des caravanes de pèlerins de La Mekke, dont Mzèrib, point actuel terminus du chemin de fer de Damas-Haourân, est le centre général de réunion, en allant, et de séparation en revenant. Ce f^rand chemin des caravanes entre Mzèrîb et la limite sud du sandjaq de Ma*ân, comprend un trajet d'environ 340 kil., comme suit :
de Mzèrîb à Qala'at-Zèrqa 70 kil.
— Qala'at-Zèrqa à Qala 'a t-Balouât 75
— Oala'at-Balouât à Qatranè 47
— Qatranè à Qala'al-el-Hasa 28
— Qala'at el-Hasa à Ma*àn 80
— Ma'ân à 'Aqabet èch-Chamiyè 40
Total, . . 340 kil.
Les chef-lieux de caza qui ne sont pas eux-mêmes des forteresses, bien que possédant de petites garnisons, se trouvent respeclivement à égale distance d'environ 40 kil. d'un de ces forts situés sur la route, comme suit :
de Sait à Qala'at-Zèrqa 40 kil.
— Karak à Qatranè 40
— Tafilèh à Qala'at el-Hasa 40
Toutes ces localités, y compris Mzèrîb et xMa'àn, sont, ainsi que leur nom l'indique, autant de forteresses. Leurs garnisons se composent de petits détachements d'infanterie et de cavarie, avec quelques pièces d'artillerie de montagne.
Une nouvelle route carrossable (chaussée) dont la construc-
tion a été ordonnée par décret impérial, va sous peu relier la ville de Rarak à la mer Morte. Celte route très courte (25 kilom.) nécessitera, à ce qu'il paraît, des travaux d'art considérables. La dépense en sera couverte par les revenus des districts avoisinants.
Transports. — Les prix des transports sont à peu près les mêmes à Ma*ân que ceux en usage dans le Haourân (voir pages 361 et 463).
Montagnes. — Deux chaînes de montagnes régnent à l'ouest du sandjaq de iVIa^ân : Tune court du nord au sud le long de la vallée du Jourdain jusqu'à la mer Morte, c'est le Djèbèl Adjloûn ; l'autre chaîne remonte du sud au nord en longeant VOuâdi el'^Araba et la mer Morte pour se rattacher à la première ; on remarque le Djèbèl Chèfa, le Djèbèl Nébi-Hâroûn, (ancien mont Sèïr) 1.330 m. d'altitude au-dessus du niveau de la mer Méditerranée, près de Ma*ân et des ruines de Péfra, et la colline de Karak (1 .000 m.). Au loin, du côlé opposé, vers l'est, se dirige du nord-ouest au sud-est à la limite indécise du désert où elle va se perdre, une autre chaîne de collines aboutissant au Djèbèl Chammar.
Industrie. — Toute l'industrie du sandjaq de Ma^ân se borne à un petit nombre de moulins et d'huileries, à la fabrication de chapelets en différents bois durs, au tissage de toiles grossières pour tentes et à la confection de tapis communs.
Commerce. — Le mouvement commercial de Ma'ân, y compris Sait, nouvellement annexé, consiste en exportations d'une valeur totale de 22.400.000 fr., comme suit :
VALEURS EN FRAiyCS
Produits du soi : francs 12.000.000
( Produits du soi : francs 12.000.000 ) ^^ ,^^ ^^ . 1 Bestiaux - 10.400.000 ( 22-*00.000 fr.
Importation. — De même que le Haourân, Ma^ân n*a pas d'importation appréciable.