‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 139 sur 190 · I. Jérusalem · texte numérisé non relu

I. Jérusalem

10 COUVENTS d'U'jMMES — 1 1 COUVENTS DE FEMMES

A. — l'RANÇAlS

I Cini/ coiioents dhommcs, — 72 religieux.

a. — Couvent de SAINT-ÉT1EN^E, fondé en 1884 hors la ville, au nord, à droite de la route de Sichem, près d'un cimetière musulman abandonné, à l'endroit même de la lapidation de saint Etienne, sur les restes de l'église que l'impératrice Eudoxie y fit construire de iiiO à i60, cl dans laquelle elle voulut être ensflvclte. Ce monument, retrouva el reconstitué ^lar les

religieux de l'Ordre de Saint-Dominique (Frères Prôchours), esl aujourd'hui Tun des sanctuaires les plus fréquentés des pèlerins.

Œuvres : Prières. — Etudes. — Prédications . — Enseignement des langues orientales. — Enseignement de la théologie arec collatio7i des grades. — Hautes études bibliques sons la direction des RR. PP. Lagrange et Séjourné. 20 religieux, prêtres cl frères convers (voir plus loin le tableau spécial des écoles).

b. — Établissement de Sainte-Anne, fondé en 1878 par le cardinal Lavigerie. Il est situé dans le quartier musulman, au nord du Haram èck-Chérif^ près de la porte Sitti Mariam Dame-Marie, la Sainte Vierge), sur un emplacement où, dès les premiers siècles du christianisme, un sanctuaire avait été élevé en mémoire d'une tradition qui plaçait en ce lieu la maison de sainte Anne et de saint Joachim. Suivant cette tradition, a laquelle saint Jean Damascène se montre très favorable, c'est là que la Vierge Marie est née. Les missionnaires d'Alger, — t( Pères d'Afrique » ou « Pères Blancs », — désignés par le Saint-Siège pour la garde de ce sanctuaire, y ont établi une importante maison.

La basilique de Sainte-Anne est le sanctuaire national delà France à Jérusalem. 11 a été donné par le sultan Abdul-Mèdjid à la France en 1856, peu après la guerre de Crimée, sur les sollicitations de l'empereur Napoléon III.

OEavREs : 2 séminaires (voir aux écoles), 15 religieux., prêtres et frères conrers,

i;. — Xotre-Dame de France, maison fondée en 1882 par les « Augustius de l'Assomption » : elle compte sept prêtres et frères convers.

ŒavRES : Pèlerinages de lierre-Sainte . — Hôtellerie de Notre-Dame de France. — archéologie ^ — Sno^'^stkfU pour les re/igi^ur de ht Congrégation : 27 étudiants.

Cet établissement est situé hors la ville, au nord-ouest, près des murailles ot de Thôpilal français de Saint-Louis, sur le

524 MUTÉSARRIFLIK DE QOUDS-I CHÉFUP

chemin qui relie les deux routes carrossables de Jaffa et de Sichem (voir plus loin le tableau des hospices).

d. — Saint -Pierre, établissement fondé en 1887 par le R. P. Alphonse-Marie Ratisbonne, israélite miraculeusement converli à Rome le 20 janvier 1842. Il compte quinze religieux, prêtres et frères, des prêtres de Notre-Dame de Sion.

Œuvres : Un orphelinat. — Deux écoles spéciales. — Un collège (voir au tableau des écoles).

e. — Frères des Ecoles curétienjses, établissement ouvert le 15 octobre 1878, dans le quartier chrétien, près de Tune des enceintes de la ville, au nord-ouesl, donnant sur la route de Jafla et sur remplacement connu sous les noms de : Qasr- Djaloud et de Château de Goliath, — Dans les nouvelles constructions se trouve englobée l'ancienne tour « Pséphina » dont il est fait mention plusieurs fois lors du siège de Jérusalem par Titus; les débris de ce monument historique sont conservés avec soin par les frères. Ces religieux sont au nombre de quinze.

Œuvres : Ecoles (voir plus loin le tableau spécial des écoles).

2*» Huit couvents de femmes, — 123 religieuses.

A. — Monastère du Pater, au mont des Oliviers. Couvent cloîtré fondé en 1873 par la princesse de la Tour-d'Auvergne; il compte vingt religieuses Carmélites.

Œuvres contemplatives. — Récitation perpétuelle du Pater, — Sans cesse, du matin au soir et du soir au matin, une religieuse détachée k tour de rôle, tandis que ses compagnes vaquent à d'autres bonnes œuvres, récite à l'autel, aux pieds du Seigneur, dans son tabernacle, l'oraison qu'il a enseignée à ses apôtres.

B. — Monastère de Sainte-Claire d'Assise, fondé en J88t.

Il est situé sur la route de Bethléem. C'est un couvent cloîtré, où vingt religieuses Clarisses se vouent à la vie contemplative.

c. — Couvent de l'Adoration. Quinze religieuses de Marie Réparatrice, demi-cloîlrées.

Œuvres contemplatives. — Adoration perpétuelle. — Secours aux pauvres sans distinction de culte ni de nationalité.

d. — Couvent de l'Ecce Homo, situé dans le quartier musulman, tout près du Haram èch-Chérify sur la Voie Douloureuse, au lieu connu sous le nom d'« Arcade de fEcce-Homo », où, suivant une tradition des plus respectables, quoique contestée par quelques savants, Pilate présenta au peuple Jésus couronné d'épines. Ce couvent a été fondé par le R. P. Alphonse-Marie Ratisbonne, le 20 janvier 1862, datecommémorative de sa conversion, qui eut lieu à pareil jour, vingt ans auparavant. Il compte vingt religieuses de Notre-Dame de Sion.

Œuvres : Pensionnat. — Orphelinat. — École primaire. — Dispensaire pour les pauvres du quartier ^ sans distinction de culte ni de nationalités ^ ouvert trois fois par semaine, environ 800 malades par mois. Consultations et remèdes gratuits.

Lors du déblaiement et des fouilles du terrain sur lequel s'étaient accumulés depuis des siècles d'énormes las de décombres dont l'enlèvement dura plus de six mois, on fît à VEcce^ Homo plusieurs découvertes intéressantes, parmi lesquelles on peut citer plusieurs grandes citernes de Salomon, un tunnel percé par les Hébreux dont l'entrée se trouve sous le monastère actuel; un réservoir taillé dans le roc, où vient aboutir un canal toujours plein d'eau de source jusqu'à la hauteur d'un mètre et demi. Au-dessus de ce réservoir était bâtie une tour de l'ancienne citadelle du gouverneur romain. On en a retrouvé la porte donnant sur les remparts, en face des hauteurs de Bézétha. La galerie souterraine mettait cette tour en communication avec une autre tour placée du côté opposé de la citadelle.

Le pilier du grand arc de YEcce-HomOy qui était presque entièrement enfoui sous les décombres, a été déblayé, ainsi

526 MUTESARRIFLIK DE QOUDSl CHERIF

qu'un autre arc romain ne faisant avec le grand arc qu'un seul et même monument. Cet arc nouvellement découvert a été renfermé tout entier dans Téglise du couvent de VEcce-Homo, et sert d'encadrement à l'autel, formé de blocs du Lithostrotos, également découverts parle R. P. Alphonse-Marie Ratisbonneà la profondeur d'un mètre environ. On ne pouvait faire un meilleur emploi de ces heureuses découvertes. Par une touchante pensée, complément de celle qui a présidé à cette disposition, tous les jours, au moment de la consécration faite sur les pierres mêmes du Tribunal qui livra Jésus à ses ennemis, par trois fois^ un doux chant répète les tendres paroles de la victime : Pater, dimitte illiSy non enim sdunt quid fadunt.

e. — Couvents de Satnt-Joseph, fondés en 1847. Ils comptent trente-six religieuses de Saint-Joseph de l'Apparition, réparties en trois maisons, comme suit :

i"" Intra muros : 14 religieuses, \ école et 1 salle d'asile;

%"" Extra muros\ 14 religieuses, 1 orphelinat, 1 école, 1 ouvroir (voir au tableau des écoles) ;

y Hôpital de Sairit' Louis y fondé en 1852 par le patriarche latin; il est desservi par huit religieuses (voirplusloin le tableau des hôpitaux).

/• — Couvent de Saint-Vincent de Paul, fondé le 3 mai 1886. Il est desservi par douze filles de la Charité.

Œuvres : Un hospice denfants trouvés et denfants abandonnés. — Visite des malades à domidle. — Dispensaire pour les pauvres. — Service des lépreux, à Siloé. — Un hospice de vieillards et d'incurables fondé le 2 février 1889. — Association de jeunes économes qui confectionnent des vêtements pour les pauvres (voir le tableau des hospices).

B. — ITALIENS

io Trois couvents d'hommes desservis par 118 religieux.

a. — Couvent du Saint-Sauveur, fondé en 1561 pour remplacer rétablissement du Mont-Sion, dû, en 1342, aux libéralités de Robert, roi de Sicile, et de Sanche, sa femme. Il renferme cent religieux franciscains. Ce couvent est la résidence du R. P. custode de tous les religieux franciscains d'Orient. Pour diriger tant de communautés, le R. P. custode est assisté, suivant l'usage, d'un Discrétoire ou assemblée des supérieurs, composée d'un Français, d'un Italien, d'un Espagnol, d'un Allemand, d'un Polonais et d'un secrétaire ordinairement italien. Le custode doit toujours être un Italien^ et le vicaire cuslodial doit toujours être un Français.

Œuvres : Directioii de toutes les œuvres des autres couvents franciscains, — Direction de la Paroisse latine. — École de théologie exclusivement franciscaine. — Un orphelinat. — Une école primaire. — Une imprimerie. — Un atelier de menuiserie.

— Un dispensaire qui fournit aux Latins des médicaments gratis.

— Un hospice pour les pèlerins (voir aux tableaux spéciaux des hospices et des écoles).

b. — Couvent du Saint-Sépulcre, comprenant douze religieux franciscains, prêtres et frères convers.

Œuvres : Service et garde de la basilique du Saint -Sépulcre.

G. — Couvent delà Flagellation, composé de six religieux franciscains, prêtres et frères convers.

Œuvres : Service et garde de l'église de la Flagellation.

Cette église se trouve située, en venant de la porte Sitti-Ma* riam vers l'intérieur de la ville, un peu avant d'arriver à la caserne turque et à droite. Elle a été construite ou réédifiée aux frais de Maximilien de Bavière en 1839, date de la restitution de ce lieu aux chrétiens.

528 MUTÉSARRIFLIK DE QOUDS-I CHÉRIF

2"* Un couvent de femmes^ 6 religieuses. OEovRES : Un orphelinat.

Page 1