‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 138 sur 190 · K..\\\:.\ --É.IM X · texte numérisé non relu

K..\\\:.\ --É.IM X

NAIIIIiS

VILLKS

VILLAGES ETC

QondB-i Ohérif (Jérusalem) . . .

Jaffa

Jérusalem . .

Jaffa

Gaza

Ilébron

Béit-Lahm (Bethléem).

Ramlëli (Arimatbie). . .

Ohazèh (Gaza)

Kbalil èr-Bahman (Ilébrou)...

\ iiièrkôz-livà et 3 cazas. . ...

4 (:lief'*-licux

2 nahiés

Division militaire. — Bien qu'érigé, sous le rapport de son administration civile, en sundjaq indépendante ou rnuK*aarri/ti/i yQouàS'i Chérif n'a pas cessé, comme circonscription mililaire, d'apparlcnir au o*' onlou (corps d'armée), commandé

I par un muchir (maréchal) qui réside à Damas, chef-liru du vi-

[ layol de Syrie, avec son élal-major général.

Le sandjaq de Jérusalem est occupé par un délachemcmcnt de ce corps d'armée, composé d'un régiment d'infanterie, de trois escadrons de cavalorio, et de quatre ballcrios d'arlillerie, formant un efifectif de t. iii hommes do troupes actives (nizam) et 32 canons, répartis enlre les diverses places. Le commandant en chef de ce détachement est un mir-Ucd (général <le brigade), dont le quartier-général est la ville de Jérusalem.

Autorités civiles. — L'autorité administrative est exercée en matière civile par un mutésarrif^ gouverneur du saiidjak el du merkoz-liva de Jérusalem. Ce mutésarrif, qui relève directement du ministère do Tlnlérieur, ainsi qu'il a déjà été dit cidessus, a sous sesordros les h'ois caimakams^ sous-gouverneurs dos cazas de Jaffa, Gaza (îI Khalil èr-Uahmau. Il est assisté, au siège du gouveriioinc ni, j.îir un conseil administratif, et par un fiath, président des lril)ii/»aii\ de dr(»il niod<M*ne hédturi j, un ittufti, président des tribunaux Au r/irri (hoit niu>ul': aiT^, un tiiohassèbèdji, chef de la cuniplabilile i:enérale du sandjaq, un viekloubji^ directeur de la correspondance générale et politika-

516 MUTÉSARRIFLIK DE QOUDS-I CHÊRIF

mèèmourou pour les rapports avec les consulats et les chefs religieux de tous les rites non musulmans, un président du tribunal de commerce, un substitut du procureur général, un directeur de rinslruction publique, un ingénieur en chef, un notariat, des bureaux de recensemenl, du cadastre, de la liste civile, des fondations pieuses, etc., etc., une direction des impôts, des postes et télégraphes, une banque agricole, etc., etc.

Autorités religieuses. — L'autorité religieuse, dans le sandjaq de Jérusalem, est représentée comme suit :

1* Pour les musulmans : par le mufti, les ndibs^ les cadh, imams, cheikhs ^ etc. ;

T Pour les chrétiens : catholiques latins et orientaux.

A. — Latins. — Les catholiques du rite latin sont administrés, sous le rapport religieux, par un patriarche qui réside à Jérusalem. La juridiction s'étend sur la Judée, qui forme presque en entier le mutésarriflik de Qouds-i Chérif ; sur la Samarie et la Galilée, qui forment deux sandjaqs du vilayel de Beyrouth ; sur Tîle de Chypre ; et enfin sur les missions à Test du Jourdain^ dans les vilayets de Syrie, d'Alep, elc, etc.

Le clergé du rite latin comprend, en Palestine, des prêtres séculiers et des religieux. Ces derniers appartiennent à divers ordres monastiques qui sont soumis respeclivement à des supérieurs généraux résidant en Europe, h Texception de celui des missionnaires d'Alger, dant la résidence est à la •< Maison Carrée », à Alger. Les prêtres séculiers seuls dépondent directement du patriarche.

Le personnel administratif du patriarcat latin se compose du patriarche, de son vicaire général, d'un chancelier, d'un procureur des missions et de trois secrétaires. Cinquante-six prêtres séculiers sont employés par ce patriarcal, soit aux différentes missions des diocèses, soit en qualité de directeurs ou de professeurs du grand et du petit séminaire. Ce nombre de 56 prêtres se décompose par nationalités comme suit : t Allemands, 30 Arabes, 1 Autrichien, 2 Chypriotes, 10 Français, 1 Géorgien et 10 Italiens.

B. — Maronttes. — Les maronites sonl sous la juridiction de leur patriarche, résidant au Mont-Liban, qui est représenté à Jérusalem par un vicaire patriarcal, curé de la paroisse de cette ville. Leurs prêtres, qui sont seulement au nombre de douze dans le sandjaq de Jérusalem, y sont employés comme professeurs d'arabe dans les écoles latines, et en qualité d'instituteurs dans les villages, sous la direction des missionnaires latins.

C. — Grecs unis. — Dans cette communauté, Tautorilé religieuse appartient au patriarche grec uni de Jérusalem, Anlioche et Alexandrie, résidant à Damas et qui est représenté à Jérusalem par un vicaire patriarcal. On ne compte guère que six prêtres de ce rite dans la Judée tout entière.

D. — Arméniens catholiques. — Les Arméniens catholiques de la Palestine sont administrés par un vicaire du patriarche de Cilicie (ancien royaume d'Arménie, du temps des croisades). Ce patriarche réside à Constantinople et son vicaire pour la Palestine à Jérusalem.

E. — Coptes catholiques, Abyssins, Chaldéens unis, etc. — Les communautés n'ont en Palestine qu'un très petit nombre de membres et point de clergé, h l'exception d'un prêtre abyssin catholique.

F. — Syriens catholiques. — Depuis 1 895, les Syriens catholiques sont représentés à Jérusalem par un vicaire patriarcal.

3"* Pour les chrétiens de rites divers non unis :

A. — Grecs orthodoxes. — L'autorité religieuse est représentée pour les Grecs orthodoxes, en Palestine, par un patriarche assisté d'un saint Synode composé de douze évôqne?.

B. — Russes orthodoxes. — Cette communauté est administrée, sous le rapport religieux, par un archimandrite.

C. — Arméniens grégoriens et Coptes non unis. — La population arménienne du rite grégorien est administrée, en Palestine, par un patriarche, chef de la congrégation du couvent de Saint-Jacques, à Jérusalem, qui a pour objet de desservir ce cou-

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vent et les Lieux saints. C'est de ce patriarche que dépendent tous les religieux de rile grégorien, les^diacres, les sous-diacres, les prêtres, etc. résidant en Palestine, ainsi que les évêques et archevêques in partibus que l'on appelle dans cette Église des « prélats sans portefeuille ».

Le patriarche arménien est assisté par un conseil administratif composé de sept archevêques et évêques.

Le monastère arménien grégorien de Saint-Jacques de Jérusalem, résidence du patriarche, comprend un couvent de religieux au nombre de 145, un couvent de 24 religieuses, et un séminaire où sont élevés 30 séminaristes; les uns et les autres de nationahté ottomane. 11 a pour annexe une pharmacie à laquelle est attaché un docteur eu médecine qui doit visiter gratuitement tous les Arméniens grégoriens et leur fournir des médicaments gratis.

Les Coptes non unis sont administrés religieusement par un évêque du titre de Jérusalem, qui réside à Jaffa et est représenté à son siège épiscopal par un vicaire, duquel relèvent deux couvents, celui de Der ès-Sultaii et celui àç^ Saint-Georges^ et cinq prêtres répartis en différents endroits du Saint-Sépulcre, dont la garde leur est confiée. Deux fois par an, aux fêtes de Noël et de Pâques, ils ont le droit d'officier à Bethléem, dans la chapelle des Arméniens grégoriens.

4"* Pouu LES Protestants.

Jusqu'à ces derniers temps, l'administration religieuse des protestants de la Palestine était confiée à un seul évêque, alternativement angUcan ou luthérien, et de nationalité anglaise ou allemande, nommé tour à tour, en vertu d'une convention conclue entre l'Angleterre et la Prusse en 1841, par le Cabinet de Londres ou par celui de Berlin, qui payaient chaque année une certaine somme pour l'entretien de cet évêque et les frais du culte. Ce système de dualisme a fonctionné régulièrement durant quelque temps; mais, en ceci comme en beaucoup d'autres cas, des circonstances imprévues ont fini par se faire jour, démontrant ainsi une fois de plus l'instabilité des choses humaines.

Il s'est trouvé que la durée de Tépicospat du dernier évêque protestant, Anglais de nation, récemment décédé, avait dépassé de beaucoup la moyenne normale, et que ce fonctionnaire^ profitant de l'influence acquise par son gouvernement depuis la guerre de Grimée, avait poursuivi durant de longues années, avec une âprelé extraordinaire, les revendications de l'anglicanisme, aux dépens de celles du lutkérianisme. Cette exclusion systématique avait nécessairement déplu aux Allemands de la Palestine.

D'autre part, au fur et à mesure que la Prusse grandissait en Europe et que l'immigration allemande augmentait en Orient, les Allemands de la Palestine estimaient de plus en plus que leur situation, au point de vue religieux, cessait d'être en rapport avec leurs aspirations légitimes. Leurs vœux ont eu leur écho à Berlin, et des négociations se sont engagées à Londres entre les deux gouvernements, en vue d'une entente sur la nomination du nouveau titulaire à Tévêché vacant. Ces négociations, n'ayant pas amené l'entente désirée, ont été rompues, et l'Allemagne a dénoncé la convention de 1841.

Par suite de cet état de choses, il y aura dorénavant deux évêques protestants à Jérusalem, l'un anglican et l'autre luthérien ; le premier pour les Anglais et le second pour les Allemands. Toutefois, et bien que le nouvel évêché établi par TAllemagne à Jérusalem, soit nominalement luthérien et prussien, Téglise allemande et l'église anglaise resteront ouvertes l'une et l'autre, à tous les protestants en général. L' évêque anglican gardera le temple actuel et ses dépendances, moyennant une compensation pécuniaire à déterminer, et l'Allemagne a déjà posé, le 1" novembre 1894, la première pierre de son temple évangélique, dont la construction est activement poursuivie.

L'église évangélique allemande est élevée sur un emplacement oflTert par S. M. le Sultan, à l'endroit même occupé jadis par la maison principale des Chevaliers de Saint-Jean et l'église « Sainte-Marie Latina major » qui leur appartenait. Dans un document envoyé à l'occasion de la pose de la première pierre de la future église et qui a été scellé sous cette pierre, l'Empereur

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d'Allemagne, Guillaume II, a rappelé les efîorls de son pèreel de son grand-père pour fonder une église allemande à Jérusalem et invoqué les bénédictions du ciel sur ce nouveau monument national.

5** Pour les Israéutes.

Les israélites ont à Jérusalem, seule ville de la Palestine où leur communauté soit très nombreuse, un khâkhâm-bâchi ou « grand rabbin ». — 285 rabbins desservent les quatorze synagogues et les treize « places de lecture » du sandjaq de Jérusalem et du caza de Jaffa.

Population. — La population totale du mtitésarriflik dft Qouds-i Chérif est très approximativement de 341 .638 habitants. Ce chiflre, décomposé par communautés religieuses est représenté comme suit :

COMMUNAUTÉS

Turcs ottomans, -, I ) Arabes, Syriens

MusuImaoB < Arabes bédévi

(bédouins)

/ Catholiques I

Latins

Grecs unis

Arméniens catholiques

Arabes catboliq.

Syriçns —

Lottes, Abyssins, etc

Chrétiens

non UDiB.

Grecs et Russes

orthodoxes ....

Arméniens grégo-

'\ riens

/ Protestant»

V Coptes non unis.

- .... ; Colons (russes,

Israélites < „iiemniids,rrau-

Indigènes

à aiiciiiaiiup^

( cals, elc )

Étrangers de nationalités et communions diverses

ToTArx

IlOMIIES

aoo

FBMMBS

TOTAL

TOTAL

GÉPiÉRAL

Total oéiiéral.

Prestations. — Sur ce chiffre de 341.638 habilanls, 66.500 sont assujettis, en qualité de terrassiers ou d'ouvriers spéciaux, à la prestation pour la coostruclion et Tentretieu des routes carrossables, ou à la fourniture de chariots et de bêtes de somme au même effet dans leurs cazas respectifs, comme suit :

Caza de Jérusalem 23.275

— deJaffa 26.600

— de Gaza(l) » »

— de Rhalil èr-Rahuiau 16.625

Total. . . . 66.500 prestataires

Monastères, couvents. — On compte dans le mutésarriflik de Jérusalem environ 92 couvents ou monastères chrétiens, dont 60 d'hommes et 32 de femmes, aippartenant à diverses nationalités et communautés de différents rites et situés dans diverses localités.

Sur ce nombre, 43 couvents, dont 21 d'hommes et 32 de femmes appartiennent aux catholiques, et 49 couvents, dont 39 d'hommes et 10 de femmes sont aux chrétiens non unis, comme suit :

1** CATHOLIQUES

Les œuvres auxquelles se sont voués ces religieux et religieuses peuvent se résumer en trois principales :

r Les œuvres contemplatives', T Les œuvres hospitalières ; 3*^ Les œuvres éducatrices.

Chacun des couvents énumérés ci-dessus a pour spécialité une ou plusieurs des œuvres comprises dans ces trois catégories principales.

En voici Tindication sommaire, par villes et autres localités, par nationalités, couvents d'hommes, couvents de femmes et

(1) Le caza de Gaza n'a pas de routes carrossables.

522 MUTÉS \RRiFUK DE QOUDS-I CHÉRIF

établissemenls divers qui en dépeadenl, suivant te même ordre qu'au tableau ci-dessous :

VILLES

ET

ACTRES LOCALITES

FRANÇAIS

ITALIESS

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