‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 172 sur 190 · OO · texte numérisé non relu

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donné par feu le baron de Hirscli pour Téducalion de la jeunesse israélite en Turquie.

Au 31 décembre 1894, le nombre des sociétaires inscrits était de 32.100.

•Le chififre d'élèves fixé par le Comité central pour TÉcole d'agriculture de Jaffa (Mikwèh-Israël) est de 100. Au 1^' novembre 1893, le nombre des élèves de cette École était de 96. Il en a été admis 27 dans le cours de Tannée 1894 et 26 ont quitté rétablissement pendant cette même année; il restait donc 97 élèves au 31 octobre 1894. Trois nouveaux élèves ayant été admis, le chiffre réglementaire de 100 a été atteint.

La plupart des élèves sortis ont trouvé déjà de bonnes positions, les uns dans les colonies agricoles de la Palestine, les autres chez les riches Israélites qui possèdent de grandes propriétés aux environs du Caire et d'Alexandrie; 15 de ces jeunes gens suivent la carrière agricole et 2 travaillent en qualité de tonneliers.

31i/cwè/i- Israël çosshde un personnel enseignant d'élite. Trois nouveaux professeurs, anciens élèves de cet établissement, ont été engagés par le Comité central ; l'un, M. Abramofif, a terminé ses études à l'École vétérinaire d'Alfort, d'où il est sorti parmi les premiers ; il fait à l'École de Jaffa des cours de zoologie, de zootechnie, de physiologie ; il enseigne aux élèves la médecine vétérinaire, surveille les écuries, les vacheries, la basse-cour, et il a été chargé, en outre, parle baron Edm. de Rothschild, de visiter chaque semaine tout le bétail des colonies Israélites. Le second, M. Bergemann, a fréquenté pendant deux ans l'École d'Horticulture de Versailles ; à Mikwèh-Israël , il enseigne la la botanique, la culture potagère, lafloriculture, l'arboriculture fruitière et l'arboriculture ornementale. Le troisième, M. Saporta, a fait ses études à l'École de Montpellier. Il a pris sous sa surveillance directe les vignes, la cave et les travaux de grande culture ; à lui sont réservés les cours d'agriculture, de viticulture et d'œnologie, et il est chargé de remplacer le Directeur en son absence. Le dessin, la physique, la chimie, l'arithmétique et l'arpentage sont enseignés par M. Najar. Enfin, le

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Directeur lui-même, M. Niego, s*esl réservé les leçons de comptabilité et de sériciculture.

L'enseignement oral des professeurs est puissamment secondé par une vaste bibliothèque qui devient plus riche et plus complète chaque année. Celle bibliothèque a reçu gratuitement en 1894 de nombreux journaux et revues de France, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie et d'Amérique et 46 ouvrages nouveaux, dons de leurs auteurs israélites de tous les pays du monde.

Outre les plantations d'orangers plus haut citées, il a été planté tout un hectare d'eucalyptus en 1894, en vue de l'assainissement du pays, ainsi que beaucoup d'amandiers et autres arbres de rapport; des greniers, des caves, des celliers ont été construits, etc. Les résultats de l'exploitation agricole de JVÎikwèh- Israël ont été les suivants pour ce même exercice :

Recettes de rexploitation agricole 36.830 35

Dépenses — — 20.483 40

Bénkficb net .... 16.346 95

Les dépenses pour l'exploitation agricole, instruction et ^^^^""""""

entretien de 100 élevés ont été de 71.217 85

Les dépenses pour améliorations foncières 13.622 15

Dépenses TOTALBr^ 84.840 00

Les recettes de Texploitation ont été de . . 36 830 3o f

Pension des élèves payants 2.745 00 i ^^^^^ «^^

Différence 45.264 65

A déduire pour améliorations foncières et

constructions 13.622 15 .

A déduire pour achat de matériel d'une

nouvelle cave 4.521 50

Dépenses' NETTES 27.121 00

Soit en résumé une dépense de 27. 121 francs pour renlrelien, durant une année, de cent élèves et d'un personnel nombreux et bien rémunéré.

Bischon-Léziony colonie agricole, possède aujourd'hui 1.500.000 plants de vigne, 6.000 mûriers, 20.000 amandiers,

grenadiers, noyers, poiriers, etc., une synagogue, une école mixte, un bain, etc. A elle seule, la vente des raisins de celte colonie à la cave du baron Ed. de Rothschild peut assurer à ses 3.000 colons des naoyens d'existence, mais à la condition de créer des débouchés suffisants pour les vins de Palestine. C'est à quoi Ton s'occupe, en Russie notamment : ainsi des achats considérables de y'ms de Bischon-Lézion et de Mi/cu'èh-Israël ont été faits en 1894 par un marchand en gros d'Odessa. L'abondance des raisins a dépassé de beaucoup, aux vendanges dernières, les prévisions de tous les colons israélites.

Peta-Tikva : sur les 1.350 hectares dont se compose son terrain d'exploitation, on en cultive 597 environ en blé, orge et légumes. Les 753 hectares restants contiennent 200.000 pieds de vigne et quelques arbres fruitiers. Cette colonie, fondée en 1875, possède deux synagogues, deux écoles primaires, une pharmacie et un bain.

Ikaron ou Ekron est une colonie administrée en partie pour le compte de MM. de Rothschild et en partie pour les colons eux-mêmes. En 1894, l'administration a fait des semailles sur 300 hectares dont 150 hectares de froment et 150 hectares de sésame. Elle a planté, en outre, 9 hectares de mûriers, 10 hectares d'amandiers, 1 hectare d'abricotiers et 1 hectare de pommiers. Les colons, de leur côté, ont ensemencé de froment 120 hectares et 110 de sésame. Il a été planté en pépinière 17.000 oliviers et 6.000 amandiers et il a été greffé 10.000 abricotiers et 3.000 mûriers. La colonie d'ikaron possède une synagogue, une école primaire, une pharmacie et un bain.

Guedara : 300.000 plants de vigne.

Rehowoth : 700.000 plants de vigne; 7.000 amandiers; une synagogue; une école primaire; un hôpital de 10 lits, une pharmacie, un cimetière. Village fondé par un groupe d'Israélites de Varsovie : exploitation gérée par M. Levin-Epstein.

Nahalath'Reuben : 200.000 plants de vigne.

Beher-Toubia : 400.000 plants de vigne.

Zichron ou Ziharon-Jacob : 1 million de plants de vigne; cent maisons en pierre; une fabrique de verrerie ; deux écoles;

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une synagogue : un bain ; un hôpital de 20 lits ; une pharmacie ; un rabbin; un médecin, un chirurgien et une sage-femme.

Rosch'Pina : 300.000 planls de vigne; 10.000 oliviers et 70.000 mûriers.

Yessod-ha-Mahala : 400.000 plants de vigne ; essai de culture industrielle du rosier : une récolte de 1 .000 kilogrammes de roses faite sur ce domaine a donné 2 kilogrammes d'essence^ rendement que Ton dit être triple de celui généralement obtenu dans les autres exploitations de ce genre.

Mishmar-Uayarden : sol très fertile ; 300.000 plants de vigne ; exploitation insuffisante, vu le petit nombre de colons.

Hédra : 250.000 plants de vigne; 40.000 mûriers; 20.000 amandiers; 10.000 abricotiers; 7.000 pommiers; la colonie est trop peu nombreuse en proportion de l'étendue de son domaine.

Même observation pour Etz-Zittim; 100.000 plants de vigne.

Deux autres remarques déjà faites par plusieurs personnes qui ont visité les colonies israélites de la Palestine semblent devoir trouver place ici : on s'est plaint de l'infériorité de l'huile d'olives de Palestine comparée à celle des autres pays producteurs; son pouvoir éclairant est moindre que le leur, dit-on, et elle brûle bien plus vite. Le fait, constaté par M. Nessier, chimiste, n'a rien de particulier à l'huile de Palestine ; toutes les huiles d'olives, de quelque provenance qu'elles soient, ont absolument les mêmes défauts, dit-il, tant qu'elles n'ont pas été épurées parles procédés chimiques ad hoc. Il y a donc lieu d'épurer dorénavant, suivant ces procédés, les huiles de Palestine et en général toutes les huiles d'olives de Turquie, si l'on veut, selon l'expression de M. Niego précitée, relative aux terrains, mettre aussi ces huiles à leur plus haute valeur.

La seconde remarque faite par les visiteurs est tout à fait à la louange des premiers fondateurs de colonies agricoles israélites en Palestine, qui semblent s'être attachés de préférence à choisir des terrains sablonneux, pierreux ou marécageux, afin de mieux démontrer la possibilité de transformer en riches domaines des déserts en apparence incultivables. Par un travail

assidu, basé sur des méthodes éclairées, rationnelles, aidées d'instruments perfectionnés, ils ont parfaitement réussi ; la démonstration est complète ; leurs magnifiques vignobles en sont la preuve éclatante ; elle aura bientôt pour complément leurs orangeries et leurs roseraies industrielles.

Apiculture. — Les résultats de l'apiculture sont bien loin de pouvoir être comparés à de semblables mises de terrains à leur plus haute valeur ; qu'on en juge :

On compte dans le mutésarriflik de Jérusalem 2.681 ruches produisant annuellement, en moyenne, une récolte totale de 2.950 okes (3.835 kil.) de miel, et 605 okes (790 kil.) de cire ; quantité par ruche : env. 1*^",500 de miel et 0'^'^,290 à 300 gr. de cire. C'est peu. Mais l'apiculture exige, comme la culture des oranges « une grande avance de capitaux », ce qui n'est pas à la portée de tout le monde.

Il faut donc que les indigènes se rabattent sur l'apiculture mal entreprise, c'est-à-dire ne coûtant rien, mais rapportant peu de chose, ainsi d'ailleurs que leurs autres cultures. En effet, MM. de Rothschild, de Hirsch et une foule d'autres Israélites beaucoup plus modestement traités par la fortune, non contents d'unir tous leurs efforts, de former des Sociétés ad hoc, de fonder des donations perpétuelles, annuelles, etc., se chiffrant par plusieurs millions administrés gratis et fraternellement, le tout pour venir en aide aux Israélites delà Palestine, aux émigrés russes; non contents d'établir en faveur de leurs petits enfants, de leurs jeunes gens, leurs jeunes filles, des écoles primaires, des œuvres d'apprentissage, des écoles professionnelles comme celle de Jérusalem, des écoles d'agriculture comme celle de Jaffa, vont encore au-devant de tous leurs besoins présents et à venir et s'en tiennent au courant au moyen d'une enquête active et régulière. Mais, tandis qu'on peut lire dans les journaux de Constantinople que M. Élie Scheid, par exemple (journal Stamboul du 24 avril 1895) « faisant sa tournée annuelle en Palestine, vient d'apprendre aux Israélites de Safed (ancien Saphel), dans le vilayet de Beyrouth, que désormais une pension

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annuelle de 5.000 francs serait accordée par MM. de Rothschild pour acquitter Timpôl d'exonération militaire de la communauté », — que font, de leur côté pour leurs communautés respectives, pour les pauvres agriculteurs leurs compatriotes, les gros et petits sarrafs, haute et basse banque du pays? Avec plus d'activité encore que les barons Israélites, ils font travailler pour eux leurs capitaux. C'est avec acharnement qu'ils s'y emploient corps et âme, non point toutefois dans un but aussi charitable, bien au contraire. Au moyen de prêts largement usuraires, ils parviennent presque toujours à leurs fins qui ne sont pas de tirer de l'abjection leurs compatriotes, de les rendre riches et puissants, mais de les déposséder pour profiter de leurs dépouilles.

Ainsi qu'il a déjà été dit plusieurs fois dans le cours du présent ouvrage, le gouvernement ottoman, en vue de mettre fin à cette honteuse exploitation qui ruine le pays, a créé des Banques agricoles qui font aux cultivateurs des avances et des prêts à des conditions avantageuses. Malheureusement jusqu'ici ces Banques n'ont pas rendu à l'agriculture ottomane autant de services qu'on l'avait espéré, mais plusieurs améliorations désirées ont été introduites dans leur fonctionnement et l'on croit qu'enfin ces utiles établissements triompheront du mauvais vouloir et de la routine.

Fleuves ; Rivières. — A l'exception du Jourdain déjà décrit dans les chapitres spéciaux des vilayets de Syrie et de Beyrouth, il n'existe pas d'important cours d'eau, fleuve ou rivière, dans le sandjaq de Jérusalem. Mais il s'y rencontre une multitude de ruisseaux, torrents, petites rivières, sources sourdant des montagnes et des rochers, jaillissant dans les prairies. Cette abondance d'eau fait de la plupart des cantons de la Palestine, durant une partie de l'année^ un ensemble heureux de localités des mieux arrosées. 11 est fâcheux qu'en plus d'un de ces endroits les ardeurs de Télé fassent succéder, plusieurs mois durant, une absolue sécheresse à tant d'agréable fraîcheur.

Parmi tous ces cours d'eau^ beaucoup n'ont jamais eu de nom. D'autres en ont changé; c'est ainsi que le Ouadi Gaza^ rivière actuelle de Gaza, est l'ancien fleuve ou plutôt torrent de Bezor qui prend sa source aux versants ouest des monts de Juda, à 1.000 mètres d'altitude du niveau de la mer Méditerranée, et rejoint son embouchure dans cette mer à 10 kilomètres sud-ouest de la ville actuelle de Gaza, après un parcours total d'est en ouest d'environ 95 kilomètres. Son parcours est très accidenté, et il reçoit les affluents d'environ 50 torrents, dont les principaux sont les Ouadis èl-Khalil^ venant d'Hébron et rejoignant son confluent à Bersabée, aujourd'hui Bir ès-Sebdy èl'Bouteïn^ èl-Habour, èl-Ghourra, Sa'ouèh, èl-Milà^ Ardrah, Abou Tarafi^ Martabèhy Boubeïbèk, Khalasah, S'ni, Asloiidjy S'ad*i^ etc., etc.

Le Nahr-Herbia prend sa source aux mêmes versants ; il change de nom plusieurs fois dans son parcours, en totalité d'environ 60 kilomètres d'est en ouest, faisant comme le Ouadi Gaza, de très nombreux détours. Il reçoit environ 20 affluents dans ce parcours, et ces affluents en reçoivent euxmêmes beaucoup d'autres. Son embouchure dans la mer Méditerranée est à 11 kilomètres nord de Gaza et à 9 kilomètres, sud d'Ascalon.

Le Nahr'Sakérir sort également des versants ouest des monts de Juda, près d'Hébron, à 927 mètres d'altitude de la mer Méditerranée dans laquelle ce petit fleuve a son embouchure à Nébi-Yoûnas, à 7 kilomètres nord d'Esdoûd. C'est VAzot de la Bible et VAsdoudon des Assyriens. Dans son parcours d'environ 53 kilomètres d'est en ouest, changeant souvent de direction, il reçoit un grand nombre d'affluents.

Le Nafir-Boubin prend sa source dans les montagnes des environs de Jérusalem, au nord-ouest de cette ville, à 800 mètres d'altitude du niveau de la mer Méditerranée. Il côtoie le chemin de fer de Jaffa jusqu'à Sedjed, d'où il se dirige à l'ouest, puis, remontant vers le nord, il va se jeter dans la mer Méditerranée à Nébi-Roubin, où se trouve le tombeau du patriarche Ruben, à 15 kilomètres sud de Jaffa. Son parcours total est d'environ

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50 kilomètres dans la direction générale d'est en ouest, et pour les 16 derniers kilomètres du sud au nord-ouest. On lui donne aussi le nom de Ouadi ès-Sourar ; c'est l'ancien torrent biblique de Sorec. Ses affluents sont en grand nombre.

Le Ouadi Nousra ou Moussarah, ancien « torrent des Philistins », affluent du Nahr èl-Aoudjèh^ prend naissance auprès de Ram-AUàh, dans le voisinage d'èl-Birèh^ le Béroth de la Bible, à 893 mètres d'altitude. Sa direction générale est, jusqu'à Selmèh (5 kilom. est de JafTa) d'est en ouest en formant de nombreux lacels. Les 7 derniers kilomètres de Selmèh à son confluent avec le Nahi^ èl-AoïidJèh sont parcourus du sud au nord. Le parcours total du Ouadi-Nousra ou Moussarak est d'environ 45 kilomètres.

Le JSahr èl-Aoudjèh déjà décrit au chapitre spécial du vilayet de Beyrouth, parcourt d'est en ouest ses 28 derniers kilomètres dans le caza de Jafifa. Son embouchure est à 10 kilomètres nord de cette ville.

Tous les cours d'eau qui précèdent prennent naissance dans les versants d'ouest des montagnes de la Judée. Quelques autres petites rivières ou torrents ont leurs sources dans les versants d'est de ces mêmes montagnes et sont des affluents du Jourdain ou de la Mer Morte.

Celui de ces torrents des versants est qui se présente le premier en entrant de la Samarie (vilayet de Beyrouth) en Judée (sandjaq de Jérusalem) est un ouadi èl-AoudJè qu'il ne faudrait pas confondre avec le nahr de même nom qui coule d'est en ouest et se jette dans la mer Méditerrannée, tandis que celui-ci coule d'ouest en est et vient grossir le Jourdain près de Jéricho. Ce ouadi prend naissance à Tourmous Aya, ancienne Thormana, passeàAïn-Samiyèh, puis à Samiyèh (iVaârra/Aa de la Bible), à èl-Aoudjé èl-Fogâ, traverse une ancienne voie romaine à èl- Aoudjé èt-Tahtani, reçoit sur sa rive gauche les eaux des deux ouadis Oungour èdh^Dhib et Baqr qu'il va porter avec les siennes au Jourdain un kilomètre plus loin, après avoir parcouru en totalité, du nord-ouest au sud-est, un trajet de 25 kilomètres.

Le Ouadi èn-Noudimèh sort du Uanc est de la montagne à Tell-Asour [Baal-Hazor de la Bible) à l.OH mètres d'altitude, passe à Dar-Djérîr, à èl-Taiyibèh, parcourt le désert de Belhaven, contourne les versants nord du mont de la Quarantaine (où le Christ jeûna quarante jours), passe à Aïn èd-Douk (Doch des Hébreux), laisse à un kilomètre de sa rive droite Aïn ès- Soultan (fontaine d'Elisée) et rejoint son confluent au Jourdain, à 9 kilomètres nord-est d'èr-Riha (Jéricho), après un parcours tolal d'environ 30 kilomètres du nord au sud et de l'ouest à Test. L'ancien torrent biblique de Carith aujourd'hui Ouadi èl-Kèli, prend sa source à l'est de la montagne où le Ouadi-Nousrah on Nousrarah prend aussi la sienne, à l'ouest, tous deux dans le voisinage d'èl-Birèh (ancienne Berolh) et de Ram-Allah, à 893 mètres d'altitude. Le Ouadi èl-Kelt prend sa direction à l'est par Bourgah et Djéba (Gabaa de la Bible), reçoit sur sa rive droite le Ouadi-Fârali^ h Farah, au moment d'entrer dans la vallée d'Achor, où il contourne au sud le mont de la Quarantaine, débouche de cette vallée à èr-Riha (Jéricho), traverse cette ville par un pont aqueduc, passe à Tell-Djeldjoul (Galgala) et vient enfin se jeter dans le Jourdain à 8 kilomètres est de cette dernière localité, après avoir parcouru en totalité 33 kilomètres de l'ouest à l'est.

Le Ouadi èn-Nahr, ancien torrent de Cédron, surgit parmi les tombeaux des Juges et des Rois, au nord-est de Jérusalem. Il longe à l'est la Ville Sainte en se dirigeant du nord au sud par la vallée qui porte son ancien nom conjointement à ceux de vallée de Josaphat et de Ouadi Siiii-Mariam. Ce dernier nom, donné par les musulmans, signifie « vallée de Dame Marie ». A droite du torrent, la vallée passe au pied des murailles de Jérusalem, h la distance moyenne d'environ 130 mètres. La rive gauche passe devant Téglise et le tombeau de la Sainte-Vierge ; la grotte de l'Agonie ; le jardin des Oliviers (Gethsémani) ; les tombeaux de Josaphat et d'Absalon ; la tour de Saint-Jacques et la tour de Zacharie ; le cimetière Juif; Siloé, aujourd'hui Kesr'Siloam ; le Mont du Scandale (Djébel-Bâlen èl-Haouâ); elle aboutit enfin à Bir-Eyoub, le puits de Job. Là commence le

604 MUTÉSARRIFUK DE JÉRUSALEiM

Ouadi èn-Nahr proprement dit qui suit la route de Mâr Saba et de la Mer Morte en s'écartant de celle de Bèït Lahm (Bethléem) que le torrent laisse déjà sur sa droite à la distance d'environ 6 kilomètres en arrivant à la hauteur du tombeau de Rachel. A cet endroit, son cours cesse de descendre vers le sud et prend la direction de l'est jusqu^à la hauteur du couvent de Mâr Saba, qu'il rejoint alors en reprenant sur 3 kilomètres son cours vers le sud; puis, laissant ce monastère à sa droite^ il adopte une seconde et dernière fois la direction de l'est jusqu'à son embouchure dans la Mer Morte, éloignée d'environ 23 kilomètres sud-est du lieu de son origine.

D'après les nivellements les plus autorisés, l'altitude moyenne de Jérusalem, point de départ du torrent de Gédron est de 790 mètres au-dessus du niveau de la mer Méditerranée : celle de son point d'arrivée, la Mer Morte, est de 393 mètres au-dessous de ce même niveau.

Cet unique exemple suffit pour donner une idée fort approximative de la rapidité des cours d'eau de cette partie delà Judée, qui tous ont à parcourir un trajet aussi court avec des diÊTérences de niveau non moins grandes entre leur source et leur embouchure. Leur description successive n'offrirait pas assez d'intérêt pour faire excuser sa longueur et sa monotonie, car c'est par centaines qu'on peut les compter durant la saison des pluies. Lorsque viennent les chaleurs, ils ne tardent pas à disparaître presque tous.

Lacs; Marais, etc. — 11 n'y a pas d'autre lac dans le mutésarriflik de Jérusalem que la Mer Morte. Sa description se trouve au chapitre spécial du vilayet de Syrie, page 359 dont la circonscription comprend, avec plusieurs autres lacs assez importants, la moitié orientale de cette vaste nappe d'eau. Il a été ajouté ci-dessus, au chapitre spécial des eaux minérales du sandjak de Jérusalem, l'analyse chimique des eaux du lac Asphaltile, faite par M. A. Brestowski en 1889 et publiée alors dans le Pharmaceutischc Post de Vienne.

Routes; Chemins, etc. — Il n'y a jusqu'à présent de routes carrossables que dans les trois cazas de Qouds-i Chèrîf (Jérusalem), Jaffa et Khalil èr-Rahman (Hébron). Le quatrième caza (Gaza) possède seulement des chemins naturels en plus grand nombre et plus faciles que ceux des trois autres cazas. Ceux-ci, (qui d'ailleurs ont toujours été beaucoup plus fréquentés, même alors qu'ils étaient réduits, sauf dans les parties en plaine, à des sentiers tortueux, à pentes et rampes raides, tels qu'ils sont encore dans la plupart de leurs parties montagneuses), ont été dotés depuis quelques années, d'un chemin de fer et de plusieurs grandes chaussées carrossables. Les ingénieurs du gouvernement s'occupent activement, d'augmenter le nombre des voies de communication faciles et sûres. Il n'est pas douteux que le caza de Gaza ne soit bientôt pourvu, comme le reste du sandjaq, de semblables routes, rendues chaque jour plus nécessaires par l'accroissement des relations commerciales.

Quoi qu'il en soit, le système actuel des voies de communications du mutésarriflik de Qouds-i Chèrîf comprend, outre le chemin de fer de Jafla à Jérusalem, une route carrossable reliant ces deux mêmes villes, et quatre autres bonnes chaussées conduisant de Jaffa à Naplouse (vilayet de Beyrouth), de Jérusalem à Èrîhâ (Jéricho), de Jérusalem à Bèit-Lahm (Bethléhem) et Khalil èr-Rahman (Hébron) avec embranchements de Bèit-Lahm à Bèit-Djallâ et de Khalil èr-Rahman à Doura (Ador et Aduram de la Bible), et de Jérusalem à Aïn- Kèrim (Saint-Jean dans la Montagne).

Chemin de fer. — Le tableau suivant donne les distances kilométriques du chemin de fer de JafTa-Jérusalem, d'une station à l'autre à partir du point de départ jusqu'à celui d'arrivée; et à partir de ce même point de départ jusqu'à chaque station et au terminus :

606 MUTÉSARRIFLIK DE JERUSALEM

KILOMÈTRES

Entre les à partir du

stations point do départ

Du débarcadère à la gare de Jaffa — 1.000

Halte de Lyddji 19.060 19.060

Station de Ramlèh 3.490 22 550

— Sèdjèd 16.900 39.450

— Dèïr-Abéo 10.885 50.335

— Bittîr 25.5i5 75.880

Gare de Jérusalem 10. "50 86 630

La Compagnie concessionnaire de celle ligne, française par sa constitution financière et sa direction, est devenue ottomane par le fait même de sa concession, et elle porte effectivement le litre de « Compagnie Ottomane». La conslruclion et l'exploitation du chemin de fer ont pris cependant et conservent encore en quelque sorte le caractère d'une entreprise essentiellement internationale, quoique, en vertu des actes de la concession, le personnel actuel soit nécessairement ottoman, à l'exception de certains fonctionnaires spéciaux et employés techniques, et que d'ailleurs cette entreprise n'ait jamais cessé d'être placée sous le contrôle direct du gouvernement ottoman. Les capitaux, comme il est déjà dit ci-dessus, sont français, ainsi que la direction. La France a fourni aux études préliminaires, à la construction, au premier établissement, à l'exploitation, des ingénieurs, des géomètres, des ouvriers, du matériel ; la moitié des rails, les traverses, etc. L'autre moitié des rails et la moitié du charbon viennent de Belgique; le complément du charbon vient d'Angleterre. L'Italie et l'Autriche ont fourni aussi des ingénieurs concurremment avec l'Egypte, l'Algérie, et la Palestine des ouvriers terrassiers. Les locomotives ont été envoyées par les États-Unis d'Amérique. La Suisse, enfin, a donné à cette entreprise l'ingénieur en chef de la voie. La construction de la voie ferrée, des ponts métalliques, des gares, des dépôts et réservoirs d'eau a coûté 10 millions de francs.

La durée totale du trajet est d'environ trois heures, ce qui fait ressortir le chiffre approximatif de la vitesse à raison de 29 kîl. il l'heure. Cette lenteur s'explique facilement au moyen de la comparaison des principales cotes de nivellement qui sont :

Altitude eu mètres

JaSa (la gare) 4

Lydda (la halte) 54

Ramlèh 95

Sèdjèd

Dèïr-Abàu 704

BittJr 603

Jérusalem (la gare) 756

Évidemment Texploitalion d'une pareille ligne à grande vitesse serait onéreuse. Il convient aussi d'ajouter d'ailleurs, que dans la pratique, une vitesse dépassant 30 kil. à l'heure est presque inconnue sur les chemins de fer ottomans.

Parmi les localités remarquables que traverse la ligne ou qui Favoisinent, on cite, à l'endroit où la voie sort des jardins d'orangers de la plaine de Saron, pour déboucher tout à coup sur les vastes champs de verdure de la plaine de Séphala, en vue des montagnes de Judée, le joli village de Bèït-Dèdjân, Bitdaganna des Assyriens. Plus loin, au bord de la voie, à droite, on rencontre Safiriyèh, ancien évêché des premiers temps chrétiens, aujourd'hui village musulman.

A la halte de Lydda, ville biblique appelée aussi Diospolis par les anciens, on voit quelques restes de cette antique cité dont le siège épiscopal eut, dit-on, pour premier occupant l'un des soixante-douze disciples. Son église actuelle, sous le vocable de Saint-Georges, est fort belle. On montre encore à Lydda une maison que l'on assure être celle où saint Pierre guérit le paralytique Énée.

Après cette halte, la ligne qui s'était d'abord dirigée vers le sud-est prend la direction du sud-ouest par une première grande courbe de 3,490 qui se termine à la station de Ramlèh (Arimathie). On y voit encore la maison de saint Nicodème et l'on y visite, dans le couvent qui porte le nom de ce saint docteur en Israël, la cellule dans laquelle logea le général Bonaparte en 1 799.

En sortant de Ramlèh, la ligne incline un peu plus encore vers l'ouest; c'est le commencement d'une série successive de petites courbes formant ensemble un vaste arc de cercle dont la première moitié passe d*abord par Naânèh, ancienne ville de la tribu de Juda (Naâma), aujourd'hui bourg musulman, d'où

608 MUTÉSARRIFLIK DE JÉRUSALEM

Ton aperçoit à six kilomètres à droite de la ligne le petit village d'Agir (61 m. d'alt.) qui fut jadis Accaron, capitale de Tune des cinq principautés des Philistins. De l'autre côté de la ligne, à trois kil. sur la gauche, on voit Tell-Djèzèr, ancienne Gazer des Chananéens. Au kil.. 37, environ trois kil. avant d'arriver à la station, la grande courbe atteint son point culminant à proxinoité des ruines antiques nommées Khirbèt-Nina, et la ligne adopte de nouveau la direction du sud-est jusqu'à Sèdjèd et au delà, le long du Oiiadi ès-Sourdr. Le chemin de fer suit dès lors le cours de ce torrent et se dirige, en le remontant, d'abord jusqu'aux ruines de Thamnatha (Tamna des Assyriens) qu'on nomme Khirbèt-Tibnèh. A cet endroit la ligne prend franchement la direction de Test en suivant les bords du torrent qui coule directement de Test à l'ouest. Quatre kil. plus loin se trouvent, à droite du chemin de fer, Aïn-Chèms (la fontaine du soleil) qui marque l'emplacement de Bethsamès, ville sacerdotale des Hébreux; et à sa gauche, Sarâa, où sont des grottes sépulcrales, ainsi que Echou'â, ancienne Esthaol de la Bible; entre ces deux dernières localités, on aperçoit les belles cultures de l'orphelinat agricole de Bèït-Djémâl, fondé par dom Belloni, missionnaire du Patriarcat latin de Jérusalem.

La station qui vient après celle de Sèdjèd, au kil. 50 environ, porte le nom de Dèïr-Abân, mais ce village se trouve en réalité sur la droite du chemin de fer, à deux kil. de distance. A peine a-t-on quitté cette station que l'on se trouve engagé dans la traversée éminemment pittoresque delà plus admirable des riches vallées qu'arrose le Sourâr. Des hauteurs où la ligne se développe alors à flanc de coteau, le voyageur découvre sans cesse de nouveaux sites, à peine entrevus^ déjà remplacés par d'autres non moins attrayants; durant un long trajet les montagnes de la Judée se montrent ainsi à lui sous tous leurs aspects les plus imprévus, leurs charmes les plus divers.

On parcourt dans cet enchantement perpétuel de la vue plus de 25 kil. pour s*arrêter un instant à la station de Bitttr, au milieu des jardins. Le village qui donne son nom à cette station occupe, à droite de la ligne, à mi-côte, l'emplacement

de Tancienne Bélher derhistorien Josèphe, délruite par les Romains au cours de la lutte suprême où la Judée fut effacée du rang des nations.

Deux kil. plus loin, à gauche de la ligne, se trouve la fontaine Ain-Hamyéh^ dans laquelle, suivant la tradition, saint Philippe baptisa Teunuque delà reine d'Ethiopie. Une autre fontaine, située non loin de là, à droite de la ligne, et désignée sur la carte de Y Exploration Fund sous le nom de Aïn-FaVo, tandis que d'autres documents lui donnent celui de Aïn-Asèlè/Cy passe pour être la source qui jaillit miraculeusement à la prière de Samson, de la mâchoire d'âne avec laquelle il venait de tuer mille Philistins, au lieu qui prit de ce fait le nom de Lèchi [mâchoire).

Enfin, après avoir un peu dépassé le village musulman de Mâlihahy qu'on dit être Magala où David tua Goliath, la locomotive atteint BfUt'SaJaJâh, situé à droite de la ligne. Presque aussitôt la direction de la voie change et tourne vers le nord ; on découvre tout à coup Jérusalem.

Quelques minutes suffisent pour entrer en garo au pied des restes vénérables des anciens murs de David, en vue du Saint- Sépulcre, autour duquel se pressent étroitement les mille coupoles, les monuments magnifiques de toutes les communions qui se partagent le monde.

La construction du chemin de fer de Jaffa- Jérusalem a duré environ deux ans et demi. Les travaux ont été commencés le 1*' avril 1890 et la ligne a été ouverte à la circulation le 26 sept. 1892. On compte sur celte ligne 156 ponts dont 30 en fer et 126 en maçonnnerie. Les deux plus grands ponts métalliques ont chacun 37 mètres de portée.

Voici par chiffres les résultats comparés de Texploilation du Chemin de fer Jaff a- Jérusalem en 1 894 et 1 895.

Voyageurs 310.842 330.922

Grande vitesse 6 967 9.966

Petite vitesse 192.603 174 193

Divers 2 5a8 4.327

Totaux 612.970 fr. 519.408 fr.

610 MUTÉSARRIFLIK DE JÉRUSALEM

Routes. — La route carrosssable de Jaffa-Jérusalem suit un tracé différent de celui delà voie ferrée. N'étant pas astreint à des exigences aussi inflexibles en ce qui concerne le nivellement, le tracé de la route a pu elre choisi de façon à éviter la trop grande multiplicité des lignes courbes, qui ont l'avantage de permellre l'adoption de pentes et rampes beaucoup plus douces, mais ont aussi le défaut d'allonger considérablement la distance à parcourir. Aussi celte route est-elle très sensiblement plus courte et plus directe que le chemin de fer. Sa longueur totale est d'environ 60 kil., soit environ 27 kil. de moins. Le point de départ de celte roule, à Jérusalem, est à Bdb èl'Khalil (porte de l'ami), c'est ainsi que les Arabes ont nommé la porte de Jaffa. Longeant d'abord à l'extérieur le mur d'enceinte du quartier chrétien, la voie carrossable passe devant le Patriarcat latin en montant vers le nord, et arrivée à Texlrémité de ce côté de la ville, à l'endroit nommé Oasv-Djâ- /oîîrf (château de Goliath), elle prend aussitôt sa direction générale vers le nord-ouest. Successivement elle côtoie l'hôpital français de Saint-Louis et Notre-Dame de France, les établissements russes, arrive à Liftâ (ait. 790 m.); au pont de Qoloniyèh (Koulon biblique), vulgairement Qalonia (ait. 633 m.); à Qarièl èl-Ènàb (Cariathiarim, ait. 726 m.); à Saris (Séir, ait. 734 m.); à èl-Lâlroûn (ait. 240 m.) où la tradition place la demeure du bon larron; laisse un peu à droite Ammoas (Emmaiis de l'Évangile, nommé aussi Nicopolis); passe à èl-Koubâb (ait. 168 m.); traverse la ligne du chemin de fer à Ramlèh (Arimathie, ait. 95 m.) et ne cesse plus dès lors de la côtoyer en passant avec elle à Bèït-Dèdjân (ail. 30 m.) ; à Yâzoûr (Azouron des Assyriens, ait. 27 nà.), pour s'arrêter enfin à Jaffa.

La route carrossable de Jaffa à Naplouse (vilayet de Beyroulli) parcourt environ 20 kil. d'ouest au nord-est dans le caza de Jaffa avant d'entrer dans le vilayet de Beyrouth, où se trouve son principal développement. Durant ce parcours elle dessert les localités nommées Fèrrèkhiyèh et Bir-Adas (ait. 26 m.; distance de Jaffa : 18 kilom.)et traverse trois fois sur des ponts le Nahr èl-Aoïidjèh.

STATISTIQUE DESGRIPTiVE (VU

La route carrossable de Jérusalem à Jéricho, d'une longueur totale d'environ ii kil. part de Textrémité nord-est de la Ville Sainte, passe en contrebas du quartier musulman et du Haram èch-Chèrîf pour traverser le Cédron et toucher successivement Kèfr-Siloum (Siloé); et èl-Azarièh (Bélhanie); Ain èl-IIaoud (Eusemes, ait. 317 m.); Khan èl-Halroûr, descendre la pente nommée TaFat èd-Demm (montée d'Adommim) où se trouve une voie romaine ; après avoir touché Bèïl-Djabèr, elle passe le Ouadi èl-Kèlt sur le pont de Jéricho et débouche enfin à celte locahté.

La route carrossable de Jérusalem à Bèït-Lahm (Bélhléhem et à Khalil èr-Rahman (llébron) part de Jérusalem par la porte de JafTa, passe devant èl-Qala'a (la citadelle), longe le quartier arménien entre le Birkèt ès-Solthân (ait. 720 m.) etThospice israélile de Sir Montefiore, côtoie Taqueduc inférieur d'èl-Bourèk (les vasques de Salomon), puis derrière la gare du chemin de fer, à 760 m. d'alt., touche ensuite à Mâr-Eliâs (ait. : 888 m.), Qoubbèt-Rahîl (le tombeau de Rachel), Bîr-Daoûd (le puits de David), à Bèit-Lahm (Béthléhem) et de celte ville conduit, par un petit embranchement de trois kil. à Bèït-Djàllâ, résidence d'été des séminaires du Patriarcat latin et centre scolaire russe.

La route principale continue ensuite en se dirigeant de Béthléhem sur Qala'at èl-Bourèk et Aïn-Atân, passe à Saouîr, à Breïkout (ait. 946 m.) à Koufîn, où se trouve une voie romaine, à Bèït-Oummâr (ail. 978 m.); à Bèït-Soûr (Bethsur), à Aïn èl-*Arroûb (ait. 997 m.), à Nèbî-Younâs, à èr-Rahmèh (ait. 1.020 m.), enfin elle débouche à Khalil èr-Rahman (Hébron) et Carialh-Arbé (ait. 927 m.).

Un embranchement d'environ 14 kil. conduit de cette dernière ville à Doûra (Ador ou Aduram de la Bible; ait. 762 m.); cet embranchement sera continué par Idna (Esna) pour aller aboutira Bèït-Djibrin (Eleutheropolis) sur une des roules projetées énumérées ci-après :

Trois autres routes carrossables encore en projet mais dont l'exécution très prochaine est décidée, sont : T la route de JaflTa

(512 MUTÉSARRIFLIK DE JÉRUSALEM

à Gaza (environ 70 kil.); 2" celle de Gaza à Hébron (environ 80 kil.) et S** la route de Jérusalem à Naplouse (environ 30 kil. dans le sandjaq).

La première qui desservira la plaine fertile de Séphala, où se récoltent les meilleures orges et les plus beaux froments de Palestine et de Syrie, des quantités très considérables d'olives et de dattes etc. , promet d'être peu coûteuse, vu la facilité des travaux de terrassement en plaine et le petit nombre de ponts et autres travaux d'art; elle sera certainement des plus utiles pour le développement du commerce, par suite de la richesse des deux cazas.

La seconde, qui passera à travers les montagnes, offrira de plus sérieuses difficultés et sa construction coûtera nécessairement beaucoup plus cher; mais une fois terminée, le profit qui en résultera sera peut-être encore plus grand. 11 ne faut pas oublier qu'en effet les terroirs du caza dllébron sont ajuste titre réputés pour la culture en grand de la vigne, en vue de la production du vin; c'est dès c^ présent un fait acquis par les brillants résultats que les colons israélitesy ont obtenus. Quanta la qualité de leurs vins, les nombreux et importants achats déjà conclus avec eux corroborent leurs témoignages.

La route projetée de Jérusalem à Naplouse suivra à peu près le même tracé que celle déjà existante. On y accédera, comme à celle-ci, par la porte de Damas (Bâb èl-*Amoud. Elle passera àChaïat(Maspha), à Tell èl-Foul (Gabaalh, altitude 839 m.), à èr-Râm (Rama, ait. 792 m.), à Kirbèt-Athara (ruines d'Ataroth), à èl-Birèh(Beroth, ait. 893 m.), à Bèïtin (Béthel, ait. 881 m.), et à Aïn-Yâbroûq. Au delà, c'est le vilayet de Beyrouth. La partie de cette route comprise entre Jérusalem et la limite du dit vilayet mesure environ 30 kil. de longueur, dont la construction incombe au mutésarriflik de Qouds-i Chèrif.

En résumé, ce sandjaq possède actuellement et va avoir à sa disposition à bref délai environ 439*'",630 de bonnes routes carrossables et de chemin de fer, comme suit :

Chemin de fer

ChemiQ de fer de Jaffa Jérusalem, loogueur totale . . . 86.630 kil.

Routes carrossables existantes.

Route de Jérusalem à JafTa, environ 60.000

— — à Jéricho, env 24.000

— — à Aïn-Kèrim (Saint-Jean-du-Désert) . 6.000

— — à Bèthléhem et Hébron (env.). ... 30.000

— — embranchement de Bèît-Djallà (env.) 3.000

— — — de Doura (env.). . . 14.000 Honte de JafTa à Naplouse (parcoure dans le mutésarriflik) 20.000

Routes projetées et devant être exécutées à bref délai.

Route de Jérusalem à Naplouse (parc, dans le mutésarriflik) 30.000

— de Gaza à Hébron 80.000

embranchemeut de Doura à Bèît-Djibrin. . 16.000

— de Gaza à Jaffa 70.000

Total 439.630 kil.

Ports. — Les localités mari limes sonl très peu nombreuses dans le sandjaq de Jérusalem. Les deux cazas du littoral en comptent quatre, savoir : dans le caza de Jaffa, son chef-lieu qui lui donne son nom; dans le caza de Gaza : èl-Minèh (la marine), port de Gaza, Ascalon et Tell èl-^AdJoûl. Ascalon n'est plus aujourd'hui fréquenté ;rimportation par cet ancien port est nulle; son exportation se réduit à quelques quantités de vins excellents, ainsi que d'oignons et autres produits de la culture maraîchère; ce mouvement peu appréciable est effectué par des caïqs et autres embarcations d'un très faible tonnage. Tell èl-'Adjoûl n'a jamais eu une grande importance. Restent donc, pour tout le mutésarriflik de Qouds-i Ghèrîf, deux ports seuls, Jaffa, qui dessert surtout le Haourân, le sud de la Syrie et l'ouest de l'Arabie, et Gaza (le bourg maritime d'èl-Minèh) desservant également l'Arabie et l'Egypte.

Le premier de ces deux ports^ Jafla, dont les mouvements commercial et maritime sont triples de ceux du port de Gaza, a pris une nouvelle et beaucoup plus grande importance depuis l'établissement de la voie ferrée de Jaffa-Jérusalem. Cette amélioration, déjà très sensible, ressort clairement de la comparai-

<)14 MUTÉSARRIFLIK DE JÉRUSALEM

son du mouvement maritime de ce port en 1890, année de la construclion du dit chemin de fer, avec son mouvement maritime en 1894.

En effet, en 1890, le tonnage total des bâtiments entrés et

sortis, cabotage compris, a été de 453.301 tonneaux

et en 1894, il a été de 554.231 —

Augmentation 100.930 tonneaux

On trouvera le détail de ce mouvement ainsi que du mouvement commercial de l'année 1894-95 ci-après, au chapitre du commerce du mutésarriflik de Jérusalem, où figurent des tableaux très exacts, empruntés aux publications de la « Chambre de Commerce française de Constantinople » avec de très légères modifications.

Le port de Jaffa est situé par 32«3' de latitude et 32*^30' de longitude. Celui de Gaza, par 31^3^ de latitude et 32*^6' de longitude, est à trois quarts d'heure de dislance ouest de cette dernière ville; le lazaret où se purgent les quarantaines, lorsqu'il y a lieu, se trouvait à 10 minutes delà ville, mais des raisons de prophylaxie mieux entendue ont fait abandonner ce bâtiment, qui tombe aujourd'hui en ruines, et un nouveau lazaret a été édifié près du port, sur le bord de la mer.

Le mouvement commercial de Gaza, qui n'est actuellement, exportation et importation comprises, que d'un peu plus de 6 millions de francs, se relèvera très probablement lorsque la route carrossable d'Hébron et l'embranchement de Doura à Bèït- Djibrîn, qui vont bientôt être construits, rendront les transports plus sûrs, moins lents et moins coûteux. En ce moment, ils se font encore à dos de chameaux. Les conditions onéreuses, les prix surélevés de ces transports sont les mêmes que ceux relatifs aux blés du Haourân, qui figurent déjà au chapitre du vilayet de Syrie. Assurément, ces prix et ces conditions ne sauraient manquer de subir une transformation toute à l'avantage du producteur, quand les vins pourront enfin être chargés sur de solides baquets ou de bons chariots, et arriver sans de trop fortes secousses à bon port et à jour fixe à Gaza.

Le négociant, l'entreprise de transports maritimes, le consommateur, en un mot tous les intéressés, profiteront à leur tour de ce progrès, en attendant mieux.

Montagnes. — Les montagnes du mulésarriflik de Jérusalem, connues sous le nom biblique de monts de Juda^ consistent en une longue chaîne de moyenne hauteur, composée de nombreux sommets séparés par des ouadiy vallées étroites et tortueuses creusées par des torrents. Cette chaîne prend naissances au sud-ouest du sandjaq, vers la limite qui sépare les cazas d'Hébron et de Gaza, sur les bords du Ouadi-Gazzèh, à Bîr ès-Sèbâ (Bersabée, ait. 290 m. niveau de la Méditerranée). Elle prend sa direction principale vers le nord-est et s'élève aux ruines de Remmon, à 482 m. d'alt. Plus loin, à Youtta (Jota) où elle côtoie le désert de Zif, sa crèle atteint 837 m. A èl-Khalil (Hébron), elle a 927 m. d'alt. La longueur du trajet parcouru jusqu'ici n'est que d'environ 45 kil. Cinq kil. plus loin, à Halhoul, l'altitude est de 997 m. A partir de là, la crête des monts de Juda s'abaisse jusqu'à Bèïl-Lahm (Bélhléhem) où l'altitude n'est plus que de 777 m. Sur le versant est, du côté de la mer Morte, le Djèbèl-Foréïdis (Herodium) ne s'élève qu'à 759 m. Mais la crête principale se relève à 790 m., mont Géhennon, au nord-ouest de Jérusalem. Les différents autres sommets de celle ville et de ses alentours sont aux altitudes qui suivent :

Mont Sion, au tombeau de David, au sud-ouest de l'enceinte actuelle : ait. 768 m.

3Iont du Scandale (Djébèl Bâten èl-Haouâ) au sud-est, sur la rive gauche du ouadi Sitti-Mariam (Cédron ou Vallée de Josaphat), ait. 740 m.

Montagne du Mauvais-Conseil (Djébèl Déïr Aboû Tôr) à la maison de Caïphe (400 m. sud-est de la gare du chemin de fer), ait. 777 m.

Mont Moriaàj à l'est de la ville, à la mosquée d'Omar, sur l'emplacement de l'ancien temple de Salomon (Haram èch-Chèrîf), ait. 745 m.

616 MUTÉSARRIFIK DE JÉRUSALEM

Mont des Oliviers (2 kil. est de la ville), ait. 818 m. Hôpital municipal, au nord-ouest, hors la ville, sur la route de Jaffa : ait. 883 m., d'après un projet de distribution d'eau dans Jérusalem, actuellement soumis à Tétude du ministère compétent.

Au delà de Jérusalem, la crête principale des monts de Juda atteint à Aïn-Yabroûq, 869 m. d'alt., puis l.OH m. àTell-Asoûr (Baal-Hazor) et pénètre ensuite dans le vilayet de Beyrouth, où elle va se rattacher par les monts Garizim (ait. 868 m.), et Hébal (ait. 938 m.) à la chaîne du Carmel.

Productions industrielles. — Les principales industries du mutésarriflik de Jérusalem sont la fabrication de Thuile d'olive, celle du vin, des savons blancs et marbrés pour usages domestiques et des savons de toilette dont il se fait une grande consommation.

L'ébénislerie de Jérusalem, soit à Tancienne mode arabe et turque, avec incrustations de nacre, marqueterie d'écaillé et d'ébène, rehaussée de filets d'argent, etc., soit imitée des ouvrages européens, est remarquable; on cite généralement les verroteries d'Hébron et les articles de piété et autres : chapelets chrétiens et tèsbih musulmans, crucifix grecs et latins, etc., menus ustensiles en nacre, en corail, en écaille, en cristal de roche, en bois d'olivier, en ébène, etc., tels que cuillères à prendre le chèrbèt^ pipes, porte-cigaretles, etc., des fabriques de Jérusalem, de JafiTa, de Gaza, d'Hébron et surtout de Bethléhem pour les objets de piété.

Les environs de Gaza sont renommés pour la fabrication de poteries assez remarquables el recherchées dans le pays. On y trouve également, surtout à Suljayèh et à Mèdjdèl, où ils sont au nombre de plus de mille, des métiers à tisser de fortes toiles et de grosses élofi'es de laine estimées des « fellah » qui s'en font des vêlements de travail inusables. Les tanneries de ce caza sont en bonne réputation. Divers autres métiers sont également en progrès dans le sandjaq de Jérusalem, notamment ceux de forgeron, de serrurier, de carrossier, de sculpteur, d'ébéniste,

etc. Ces progrès sont dus en majeure partie, comme ceux de l'agriculture, à Tenlrée des Israélites de la Palestine dans les carrières professionnelle et agricole, autrefois obstinément évitées par eux. Au contraire, c'est d'eux que vient aujourd'hui le bon exemple du travail intelligent, tant manuel que scientifique ou artistique appliqué à l'industrie. Ainsi c'est de l'atelier de sculpture de l'école professionnelle israélite de Jérusalem que sont sortis, en 1894, quatorze chapiteaux pour la chapelle de Notre-Dame de France. C'est l'atelier mécanique de cette même école qui a construit une machine élévatoire pour l'hôpital Rothschild, avec moteur, pompes aspirantes et foulantes, deux réservoirs de 200 mètres cubes chacun, en tôle forte, et tout un système de tuyaulage destiné à la distribution de l'eau, puisée à une citerne et refoulée dans les deux réservoirs, aux divers services de l'hôpital : salle de bains, pharmacie, cuisine, buanderie, latrines, etc. Cette machine qui n'a coûté environ que 2.700 fr., fonctionne admirablement.

Les ateliers de forge, serrurerie, carrosserie, etc., de Técole professionnelle israélite de Jérusalem ont reçu et exécuté en 1894 des commandes dont le chiffre s'est élevé à 21.820 fr. et parmi lesquelles on peut citer 9 balustrades de balcons, une porte en fer et 20 auvents pour le couvent arménien ; une marquise, d'une élégance, d'une légèreté d'exécution achevées, pour le Crédit Lyonnais; une rampe d'escalier pour l'hôpital allemand; une treille et une grille pour l'orphelinat français de Saint-Joseph. La carrosserie a donné de très bons résultats : 3 voitures ont été entièrement construites : boîtes, ressorts, essieux, avant-train, roues, etc., dans ses ateliers pour 2.500 fr. environ, et plus de 150 voitures y ont été réparées : « Déjà, dit le Bulletin de l'alliance israélite universelle, les ateliers de forge, serrurerie, carrosserie, etc., de l'école de Jérusalem ont formé 8 ouvriers forgerons Israélites vivant de leur métier. Dans trois ans, ils en fourniront à Smyrne, à Salonique, à Andrinople, à Beyrouth, à Jaffa, à Alep et à Bagdad, et dans dix ans il n'y aura pas de ville en Orient qui n'ait son forgeron israélite. Combien de villes, même en Europe, pourraient en dire autant?

618 MUTÉSARRIFLIK DE JÉRUSALEM

« L'atelier de menuiserie, ajoute le 5w//e/m, ressent le contrecoup de la mesure politique prise dans ces derniers temps, c'esl-à-dîre la défense à nos coreligionnaires de bâtir de nouvelles maisons à Jérusalem'. Toutefois nous avons eu cette année (1894) pour plus de 22.000 fr. d'affaires, qui ont rapporté 2.300 fr. de bénéfices nets.

« Dans tout l'Orient, dit encore le Jiulletin de ralliance Israélite universelle il n'existe pas en ce moment, nous pouvons l'affirmer, un seul chaudronnier israélite. Les Arméniens ont presque exclusivement et conservent avec un soin jaloux le monopole de ce métier. L' « Alliance » sait quelles peines elle a pour faire accepter un apprenti à un de ces patrons arméniens, qui l'emploie scrupuleusement à balayer l'atelier et à faire des courses.

« Eh bien ! l'atelier de chaudronnerie de l'école de Jérusalem fournira des ouvriers chaudronniers et par douzaines, dans très peu de temps. »

Selon le directeur, c'est, avec celui de la forge, Tatelier de chaudronnerie qui donnera le plus de satisfaction. Il a fait, en 1894, pour 16.864 fr. d'affaires.

Les èsnaf (corps de métiers) de Jérusalem, compris alors dans les dépendances du vilayet de Syrie, avaient exposé h Paris, en 1867. Plusieurs de leurs ouvrages ont été remarqués et récompensés par le jury international, notamment une grande table de luxe, par Ibrahim, où le bois disparaissait complètement sous une splendide ornementation, et un magnifique bureau en bois d'olivier, de style européen, par Hindaïl, HaUl Sabat et Georgis Terbiza, ouvriers appartenant à des communautés différentes, comprises dans une même corporation ouvrière.

Commerce. — Le commerce du mutésarriflik de Jérusalem se résume tout entier dans le mouvement d'exportation et d'importation du port de Jaffa, auquel on peut ajouter, comme

1. Celle défense a sans doute été levée, car le faubourg Israélite, à l'ouest de la ville, a pris une nouvelle et grande extension.

un appoint qui n'est pas sans importance, le mouvement du port de Gaza.

Leur valeur en francs se totalise comme suit, année moyenne, calculée sur la moyenne de rendement des cinq dernières années :

Francs KrHiics

Jaffa \ Exportation 11.012.400 ) ^^^„A00

( ImporlatioD 7.815 000 S ° "*

Oar» \ ExporUtion 5.796 000 , ^^^^^

f Importation 540.500 ^

Total oénéral 26.163.900

Exportation. — Les exportations du port de Jad'a, année moyenne, se chiffrent par quintaux métriques et valeur en francs, comme suit :

Quintaux métriques Francs

Blé 2.800 40.000

Orge • 122.000 1.530.000

Millet 7.300 62 000

Sésame 31.200 1.060.000

Fèves . . . . • 12.000 120 000

Lentilles 3 790 31.100

Légumes frais 10.000 260 000

Lupins 31.800 253.000

Coloquinte 370 74.000

Fruits frais 8.000 275.000

Raisins frais et secs; pastèques. ... 110 000 800.000

Oranges 105.470 2 123.000

Citrons. . 6.000 92.000

Huile d'olive 5 862 3:i2.300

Huile de sésame . 600 30.000

Vins du pays 2.000 103.000

Savon 40.800 2.300.000

Laine 1.130 69.000

Cuirs et peaux 3.850 304.000

Outres vides. 120 39.000

Nattes 2.800 83.0))

Objets religieux en bois d'olivier . . . 1.161 580.000

Bestiaux et autres animaux vivants . . — 45.000

CEufs et volailles — 151.000

Os et chiffons 3.100 30.000

Divers 1.945 206 000

Totaux . . . 614.098 11.012.400

Le tableau suivant donne, par quintaux métriques et valeur

MUTÉS ARRIFLIK DE JÉRUSALEM

en francs, la part afférente à chaque pays de destination dans les exportations ci-dessus énumérées :

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