RÉCOLTE
Toune»
Kilogr.
Pièces
Kilogr.
QUANTITES
MINISA PAR HFCTARB
Tooaes
Kilogr.
Pièceri
00L0NIE8 AGBIOOLES ISBAÉLITES
Hectare!*
Froment
Séiame
Diverses céréales . .
Baisin
Vin
Olives
Hnile d*olives
Fruits Arais et secs
Tonnes 2.978 1.000
Kilogr.
Bétail. — Les recensements opérés chaque année par les soins du Ministère de l'Agriculture permettent d'estimer la quantité moyenne de bétail existant dans le mutésarriflik de Jérusalem comme suit :
NOMBRE DE TftTKS
Buffles de trait 130
Bœufs de trait 10.596
Vaches dites de Kara-Sighir 5 329 > 19.163
Taureaux — 334
Veaux — ....... 2 754
Chevaux 693
Mulets 365 > 5.852
Anes. . , 4 792
Chameaux 3.540
Moutons 76.960 ) „„. .^^
Chèvres 158.537
Porcs 120
Total 264.172
Ces faibles chiffres représentent à peine les quantités de bétail indispensables aux besoins actuels de Tagriculture. On comprend en conséquence que l'élevage, ainsi restreint et négligé, ne saurait donner lieu à aucun commerce d'exportation, et que ses produits seraient même tout à fait insuffisants à l'alimentation locale, s'il n'y était largement suppléé par le moyen des troupeaux considérables que les Bédouins des déserts limitrophes amènent aux principaux marchés du sandjak et surtout à Jérusalem, à Jaffa et à Gaza.
Mines et minières. — On ne connaît pas de région métalHfère dans celte partie de la Palestine ; seulement autour de la Mer Morte, on rencontre dans les rochers des couches nombreuses de sulfures et de grandes quantités d'asphalte, momie ou bitume de Judée, ainsi que plusieurs autres substances minérales énumérées au chapitre spécial des lacs du vilayet de Syrie, où se trouve la description de cette mer intérieure. Selon les apparences, il y aurait lieu de rechercher en certains cantons, à proximité de la Samarie, des gisements de lignite. Le vilayet de Beyrouth, limitrophe, en possède d'importants.
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Forêts. — Il n'y a pas de forêt proprement dite dans le mulésarriilik de Jérusalem, mais il y existe un peu partout des bois d'oliviers, de cyprès, de chênes, de platanes, de hêtres et surtout de sauvageons de toutes sortes d'arbres fruitiers. La plupart des versants des montagnes en sont couverts autant que de pâturages. Ces bois ne sont pas sans importance, si ce n'est par leur étendue, le plus souvent assez médiocre, du moins par leur nombre, leur agréable situation et la beauté de plusieurs des essences variées dont est composé leur peuplement.
Eaux minérales. — Les eâux minérales (thermales) de la Terre Sainte ne se trouvent point en Judée, mais bien en Galilée, sur les bords du lac de Génézarelh (Bahr-Tabaryeh) ou mer de Tibériade. Ainsi qu'il a déjà été dit au chapitre spécial du vilayet de Beyrouth, ces eaux, très connues et assez fréquentées passent pour guérir la généralité des maladies chrooiques et plus particulièrement les rhumatismes. On assure que jadis les eaux de la source dite « Hammam Tabaridjé » ou a bains de Tibériade » qui fait partie de ce groupe de sources thermales, dégageaient un parfum des plus agréables, chose rare assurément parmi les eaux sulfureuses.
Le mutésarriflik de Jérusalem, quoique privé de sources semblables, pourrait peut-être y suppléer avec avantage si quelque capitaliste établissait une station balnéaire sur les rives de la Mer Morte, ainsi que le suggérait déjà en 1889 M. A. Brestowski dans un article publié par le Pharmaceulhcke Post de Vienne. L'analyse chimique de l'eau de ce grand lac manque à sa description contenue dans le chapitre spécial du vilayet de Syrie, page 359. — Voici donc cette analyse empruntée au même article; elle servira, tout en complétant ladite description, à justifier l'insinuation du chimiste précité, son auteur :
A la surface A 300 m.
de profondeur
Sodium 0.888 1.430
Chlore 17.628 17.498
Magnéeium 4.177 4.142
Calcium 2.150 1.728
Potassium 0.474 0.436
Acide sulfuriquo 0.242 0.062
Brome 0.167 0.709
Silicium 0 006 traces
Acide carbonique — > traces
L'eau de la Mer Morle contient en outre des traces de fer, de manganèse, d'aluminium, d'acide phosphorique, d'ammoniaque, etc. Sa température est de 16° à 28** Kéaumur (20 à 35° centigrades à la surface).
Agriculture. — Ainsi que Font déjà indiqué plus haut, (page 584), le tableau de la production agricole du mulésarriflik de Jérusalem et celui de la classification des terrains, l'agriculture est encore peu pratiquée en Palestine, malgré le haut degré de fertilité des surfaces cultivées ou reconnues cultivables qui ne sont pas occupées par des productions naturelles dont l'intérêt public exige, à défaut d'entretien, du moins la conservation. Tels sont, par exemple, les pâturages et les bois qui couvrent un cinquième de la superficie de ce sandjaq. On ne saurait empiéter sur les bois d'ailleurs insuffisants. Quant aux pâturages, il deviendrait bientôt nécessaire d'en augmenter l'étendue en créant des prairies artificielles, dans le cas éventuel d'un développement de l'agriculture. La suite naturelle de ce progrès serait en effet de rendre indispensable un prompt relèvement de l'élevage dont la production déjà faible en regard des besoins actuels, se trouverait tout à fait hors de proportion avec les exigences nouvelles et devrait forcément se mettre à leur niveau.
Peut-être dès à présent conviendrail-il d'augmenter le chiffre de production du bétail, car sa faiblesse semble bien entrer pour beaucoup dans les motifs qui déterminent le choix des diverses cultures. Les différents terroirs ne sont pas moins fa-
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vorables à la production des céréales qu'à celle des légumes proprement dits : haricots, fèves, pois, lentilles, etc., et à celle de la vigne et des fruits, et Ton voit effectivenaenl le gros des cultivateurs rester fidèlement attachés aux anciens usages. Dans Tétat actuel des choses, comme on le voit au tableau de la production générale, page 586, c'est encore la culture des céréales pour laquelle on ne peut se passer de l'aide du bétail, qui prédomine. Sur 220.000 hectares cultivés, près de 160.000 sont réservés à la production du blé, de l'orge et autres grains. Plus de 37.000 autres hectares sont destinés à produire des plantes légumineuses, du tabac, etc., et les 23.000 hectares restants représentent seuls la production du raisin et du vin, des olives et de rhuile, des hespéridées, oranges, citrons, cédrats, etc., et de tous les autres fruits, ainsi que les essais de productions nouvelles : pommes de terre, cultures industrielles, etc. Tout, en apparence, se maintient bien dans l'ordre naturel.
Cependant il n'est pas difficile de s'apercevoir des tendances qui commencent à se faire jour, notamment chez les colons Israélites, représentants du progrès agricole en Palestine. Pour eux, la culture des céréales n'est plus que secondaire ; elle s'efîace devant celle de la vigne, préconisée en vue de la production du vin, celle de la pomme de terre, qui paraît destinée à de grands succès économiques, celle des fruits et enfin différents essais de cultures industrielles, telles que celle du rosier pour la fabrication de l'essence de rose.
Oranges. — D'un autre côté, chez les indigènes, la culture facile des jardins d'orangers, de citronniers, de cédratiers et autres arbres de la famille des aurantiacées, à fruits hespérides, est l'objet de préférences de plus en plus exclusives. La plaine de Jaffa qui comprend au nord l'ancienne plaine de Saron, si renommée dans les temps hébraïques, et s'étend au sud sur celle de Sepala, non moins célèbre, est toute couverte de semblables jardins, k dix kilomètres à la ronde. Les deux plaines réunies étant idéalement divisées dans leur totalité en six parties égales, trois de ces parties représentant les trois quarts de lan-
cienne plaine de Saron et la moitié de l'espace total, se trouvent situées dans le vilayet de Beyrouth. Celte moitié, la mieux pourvue sous le rapport des dons naturels, est arrosée par les eaux de la rivière èl-Aoudjèh qui prend sa source au mont Garizim et dont Tembouchure est située près de la limite commune du vilayet de Beyrouth et du caza de Jaffa. Ce dernier possède un quart de la plaine de Saron et la moitié de celle de Sephala, dont l'autre moitié, cultivée en blé, orge, maïs, sésame, etc., appartient au caza de Gaza. La part du caza de Jaffa est donc égale au 1/4 de la superficie totale des deux anciennes plaines de Saron et de Sepala, réunies actuellement et communément connues sous le nom de plaine de Jaffa.
On estime à 350 le nombre des vergers qui couvrent cette plaine, et dont la principale production, outre Tabricot, la banane, la grenade et autres fruits renommés, est surtout celle des oranges, citrons et cédrats.
Laculturedes orangers est actuellement, à Jaffa,entrèsgrande faveur. Voici ce que dit à ce sujet M. Niego, directeur de rÉcole israélite d'agriculture de Nihivèh- Israël^ dans son Rapport au Comité central de V « Alliance Israélite Universelle » :
« Cette culture, dit l'habile directeur, est pour le moment la plus lucrative. Seulement elle demande pour être bien entreprise, une grande avance de capitaux, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde.
« Les oranges du pays continuent à être très recherchées sur les marchés européens : elles ont une peau épaisse, c'est leur principal mérite, qui leur permet de supporter les voyages les plus lointains par les froids les plus rigoureux; c'est pour cette raison qu'on préfère les oranges de Jaffa à d'autres variétés qui se distinguent par un suc plus abondant et une saveur plus fine et plus sucrée ».
M. Niego continue en informant le Comité central qu'un jardin nouveau d'orangers est en voie de formation à Mik'wèh'Israël, dans des conditions excellentes de sol, de fumure et d'arrosage. Tout le terrain a été défoncé l'été dernier; plus de 1.500 arbres sont déjà plantés à la date du rapport, et les tra-
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vaux devant êire prolongés jusqu'à la fin de l'hiver, il restera fort peu de chose à faire pour Thiver de 1895-96. Ce sont, dit le rapporteur en terminant, les orangeries qui permettront de mettre à leur plus haute valeur plus-de 60 hectares de terrains légers restés sans culture jusqu'aujourd'hui.
Les oranges ) citrons et cédrats de la plaine de JaCfa donnent lieu à un grand mouvement d'exportation. Sur les 60 millions qui représentent la production totale d'une année moyenne, 20 millions d'oranges, de citrons et de cédrats, soit à peu près la part tout entière du caza de Jaffa dans cette production, sont exportés en France, en Autriche, en Angleterre; 30 millions sont expédiés à Constantinople, en Bulgarie, en Roumanie, en Russie et dans différents ports du littoral ottoman ; 10 millions enfin sont consommés dans le pays même et aux environs.
L'expédition à l'Étranger se fait en caisses contenant 120 à 160 oranges ; les transports à Constantinople et dans les autres ports du littoral sont effectués en couffes ou paniers de 80 à 100 oranges.
Dans la saison des récoltes le prix courant sur place est d'environ 20 francs le quintal métrique.
La valeur de chacun des 350 jardins d'orangers de la plaine de Jaffa est de 40 h 50 mille francs. Us rapportent respectivement, en année moyenne, de 4 à 5.000 francs.
On pourrait augmenter en moins de temps qu'on n'y est parvenu jusqu'à présent le nombre et la valeur de ces orangeries dont la culture est déjà devenue d'un si bon rapport. Il suffirait pour cela de quelques travaux d'amélioration du système actuel des irrigations par les eaux de la rivière èl-Aoudjèh e( de ses nombreux petits affluents. Ces travaux, faciles et relativement fort peu coûteux, permettraient bientôt aux cultivateurs de bonne volonté, pour lesquels les résultats acquis dans les Écoles d'agriculture et les Colonies agricoles des Israélites, qu'ils ont constamment sous leurs yeux, sont un stimulant énergique, de metire comme eux à leur plus haute valeur les terrains limitrophes des jardins actuels.
Colonies Israélites. — Les Écoles d'agriculture elles Colonies agricoles israéliles, en ce moment au nombre de 14 en Palestine, méritent une mention toute spéciale, ne fût-ce que comme un exemple à présenter aux indigènes pour le§ inciter et les encourager au relèvement du pays. Le tableau qui suit (p. 594) contient Ténuméralion de ces établissements avec leur chiffre d'hectares, leur population et leurs diverses productions. Il sera donné, après cela, un aperçu des autres circonstances y relatives pouvant intéresser nos lecteurs.
Outre les principaux produits des Colonies agricoles israéliles portés dans le tableau ci-après, il en existe une foule d'autres secondaires qu'il serait trop long d'énumérer, notamment un millier de tonnes de diverses céréales, afférents aux 14 colonies.
Mikwèk-lsraël, l'École d'agriculture de Jaffa, a été fondée en 1875 par X « Alliance Israélite Universelle ». Cette Société est composée d'Israélites de tous les pays. Selon l'article 1®' de ses statuts, elle a pour but :
1^ De travailler partout à l'émancipation et aux progrès moraux des Israélites ;
2'' De prêter un appui efficace à ceux qui souffrent pour leur qualité d'Israélite ;
3^ D'encourager toute publication propre à amener ce résultat.
Outre son Comité central siégeant à Paris, elle a des Comités locaux et régionaux qui, aux termes de l'article XV, peuvent être constitués dans toute localité où la Société compte dix adhérents.
Plusieurs de ces Comités existent en Turquie.
Les ressources financières de la Société consistent en cotisalions dont le minimum est fixé à 6 francs par an (art. IV) ; en donations et fondations perpétuelles représentées par des valeurs inaliénables ; en subventions pour les écoles, pour l'école de Jérusalem, pour les Israélites de la Palestine, pour les Juifs de Russie, pour diverses œuvres, etc.
Parmi les fondations précitées figure un million de francs
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