CAZA DE KHALIL ÈR-RAHMAN (HÉBRON
Orientation. Limites. — Le caza d'èl-Kkalîl èr-Rahmàn (Ilébron) est situé au sud-est du mutésarriflik de Qouds-i Chèrîf. 11 est limité au nord par le mèrkèz-liva de Qouds-i Chè-
rtf; à Test^ par une ligne idéale partageant du nord au sud la mer Morte en deux moitiés dont celle de Test appartient au vilayel de Syrie et celle de l'ouest au mulésarriflik de Jérusalem; au sud, sa limite est une seconde ligne idéale partant de qala'at èl'Aqaba^ au fond du golfe d^Aqaba et se dirigeant sur qalaai èl'Arich; à l'ouest enfin il est limité par le caza de Gaza.
Superficie. — Sa superficie totale est de 5.800 kilomètres carrés.
Division administrative. — Le caza de Khalll èr- Rahmàn n'a point de nahïé; on n'y compte officiellement que 52 villes et villages, mais la carte de la Palestine dressée par M. A. Legendre, d'après les explorations les plus récentes {Palestine Exploration Fund, état-major français : MM. de Saulcy, E. Robinson.G. E. Rey, Welzstein, Tristram, V. Guérin, etc.) indique un beaucoup plus grand nombre de localités visitées par ces explorateurs.
Population. — La population totale de ce caza, dans laquelle n'ont pas été compris les Arabes nomades qui tantôt sont très nombreux et tantôt absents, est de 93.672 habitants, comme suit :
Musulmans 92.600 hab.
Israélites 1.072
Total .... 93.672 hab.
11 y a, sur ces 93.672 habitants 16.325 prestataires pour la construction et l'entretien des routes.
Chef-lieu. — Èl-Kuaul èr-Rahmân est Tancienne Hébron, primitivement appelée Cariath-Arbé, c'est-à-dire la ville d'Arbé, père d'Ènac, de la race des géants [Josiié^ xxi, il); son nom arabe actuel signifie V « ami de Dieu le miséricordieux », c'està-dire (1 Abraham ». C'est en effet la ville d*Abraham et c'est là que sont ensevelis les patriarches du monde : Adam et Eve,
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Abraham et Sara, Isaac el Rébecca, Jacob et Lia, sous la mosquée d'Hébron, dans la caverne double du champ qui regarde Mamré (ou Mambrè), achetée par Abraham 400 sicles d'argent (504 francs) avec loules ses dépendances pour y enterrer sa femme Sara {Genève, xxiii, 16, 17, 18, 19).
Il esl extrêmement difficile d'entrer dans la mosquée d'Hébron; les derniers visiteurs qui aient été admis à en voir l'intérieur furent, dit-on, les deux fils du prince de Galles. Cette visite, qui date déjà d'un peu loin, eut lieu le 5 avril 1882. Elle fut suivie de la publication dans le Palestine Exploration Fiind d'un fort intéressant rapport accompagné d'un plan explicatif. On peut encore les consulter avec fruit.
La ville d'ilébron est située au sommet de l'un des monts de Juda (ait. 927 m.) sur un plateau peu étendu, encadré de petites collines. A leurs versants du nord et du sud, grimpent jusqu'en haut les dernières maisons de la ville, tandis que les quartiers du centre forment plus bas des groupes compacts. Vers l'ouest, on voit au-dessus des terrasses et des coupoles servant de toits aux maisons, s'élever les trois minarets de la mosquée en forme de tours quadrangulaires. L'un est découronné de son chourfè, mais ceux des deux autres sont en parfait état, couverts de larges satchdq (rebords) peints etdoréssurmontés de petitsdômes élégants, ressemblant à des campaniles. Le corps de la construction est un massif quadrilatère, crénelé comme une antique forteresse el ajouré de portes et fenêtres en ogive très allongée.
Au sud du Haramde la mosquée d*Hébron, à l'extérieur, on remarque des murs tout à fait semblables à ceux de la Place des Pleurs au Haram èch-Chèrif de Jérusalem. La ressemblance est d'autant plus parfaite que les habitants israélites de Khâlîl èr-Rahmân viennent chanter des psaumes devant ces vestiges comme ceux de Jérusalem devant les murs de Salomon. Ces restes de murs antiques attribués aux patriarches pourraient tout aussi bien d'ailleurs avoir appartenu à quelque édifice élevé par David, car bien que déjà sacré roi par Saaiuel dans la maison de son père Isaï, à Bethléhem, il fut de nouveau sacré à Hébron, après la mort de Saûl, par la tribu de Juda, sur
laquelle il régna sept ans et demi. Au bout de ce lemps les anciens d'Israël vinrent le trouver à Hébron et le sacrèrent roi une troisième fois, celle-ci sur tout Israël. Ce fut alors seulement qu'il partit d'Hébron, jusque-là sa résidence royale, pour conquérir Jérusalem sur les Jébasites ou Jébuséens^ y recevoir les ambassadeurs d'Hiram, roi de Tyr, qui lui envoyaient aussi du bois de cèdre, des charpentiers et des tailleurs de pierre : « et ils bâtirent la maison de David » (II Rois, v,6, 7 et H) dont une tour existe encore. (Voir ladescription de Jérusalem, page 629). La population de la ville d'èl-Khalîl (Hébron) comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 15.000 habitants,
Musulmans 14.600 hab.
IsraéHtes 400
Total .... 15.000 hab.
D'après la tradition, Abraham reçut, près du chêne de Mamré; la visite du Seigneur et apprit de lui qu'il aurait de sa femme Sara, âgée de quatre-vingt-dix ans, un fils qui serait nommé Ishaq, c'est-à-dire « ris » parce qu'il avait ri en disant au fond de son cœur : « Un homme de cent ans aurait-il donc bien un fils? »
La ville d'Hébron a été érigée en évêché catholique sur la demande des croisés, en 1167. M^Petkoff, évêque bulgare-uni, en est le titulaire actuel. Se trouvant à Jérusalem pourle VHP congrès eucharistique, en mai 1893, il n'a pas manqué de visiter son siège épiscopal, mais il ne peut y exercer aucune juridiction. Son prédécesseur était M^" Mermillod.
Il n'y a plus aujourd'hui aucun reste des anaiennes murailles de Roboam, roi de Juda, fils de Salomon^ qui avait fait d'Hébron une place très forte (Il Paralipomènes^ xi,10). Aux deux extrémités des principales rues, on remarque des arcades qui ont dû jadis appartenir à un système de fermeture de la ville» mais leurs portes n'existent plus.
Sources. — Le caza de Khalll èr-Rahmân est une des
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contrées où se rencontrent le plus de fontaines, de sources et de puits. C'est dans ce caza que sont situés les puits et Tancien aqueduc d^Arroùb, dans la xmllée de bénédiction {voir p. 651). Outre ceux dont il est question, on pourrait en énumérer plusieurs centaines d'autres : chaque ouddi (vallée) en contient pour le moins un ou deux et les ouddi sont innombrables. Malheureusement, dans la saison chaude,lorsque le bienfait de leurs eaux fraîches et limpides serait plus particulièrement apprécié, ils sont à sec pour la plupart.
Pour ce qui regarde le qaza de èl-Khalil èr-Rahman, se reporter aux chapitres généraux :
Hospices et hôtelleries (pp. 542 et 549);
Écoles (p. 563) ;
Produits agricoles (p. 584) ;
Agriculture (p. 589);
Industrie (p. 616);
Commerce (p. 618) ;
Dîmes et impôts (p. 624).