‹ Syrie, Liban et Palestine, géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnéeChapitre 29 sur 190 · PRODUIT DE LA TAXE · texte numérisé non relu

PRODUIT DE LA TAXE

Bœufs et vaches Buffles. . .

Chevaux . .

Anes et mulets Moutonsetbrebis Chèvres et boucs Chameaux. .

Total

Total

: 3.1 35.260 piastres

Ce tableau sera plus loin décomposé par sandjaks et par cazas.

La taxe sur le bétail ne s'applique qu'aux chèvres, moutons, buffles et chameaux; les bœufs et vaches, chevaux, ânes et mulets en sont exempts. Le tableau qui précède fait ressortir comme produit annuel moyen de celte taxe la somme totale de 3.135.260 piastres; soit environ 720.000 fr.

Fleuves; rivières. — En descendant du nord au sud, à partir du sandjak de Lataqiyèh jusqu'au sandjak de Balqa, les principaux cours d'eau qui arrosent le vilayet de Beyrouth peuvent être énumérés comme suit :

1** Le nahr el'Kébir ou grand fleuve^ qui traverse du nordest au sud-ouest les cazas de Sahioûn et de Lataqiyèh, prend sa source à Test du Djèbèl el-Aqra, dans le vilayet d'Alep, et vient se jeter dans la mer Méditerranée près et au sud de la ville de Lataqiyèh, après avoir reçu dans son parcours d'environ 56 kil. une multitude de torrents qui sont à sec durant l'été.

2** Le nahr el-Oadicha {fleuve sacré) prend sa source à Ehden, dans la région des cèdres du Liban ; il entre dans le vilayet de Beyrouth près de Tripoli, et a son embouchure dans la mer Méditerranée.

3"* Le nahr 'Beyrouth prend également sa source dans la chaîne du Liban ; c'est l'ancien Majoras.

4*" Le naAr^/-Aoe//M,rivièredeSaïda, ancienne Sidon, est l'ancien Bostrentis^ qui sort aussi du mont Liban, près de Baroukh.

5^ L'ancien fleuve Lita [Léontès des anciens) prend sa source à Ba'albèk, petite ville du vilayet de Syrie, ancienne Héliopolis. Jusqu'à son point d'entrée dans le sandjak de Beyrouth, à la lisière du caza de Mèrdj-Ayoûn, il porte encore aujourd'hui presque le même nom {nahr el-Leïtâni) ; mais arrivé là, il prend celui de nahr el-O^^simit/èh ]{xsquk son embouchure, à 6 kil. au nord de Sour, ancienne Tyr. Son parcours total est d'environ 160 kil., dont 130 dans la direction du nord-est au sud-ouest et 30 dans celle de l'est à celle de l'ouest. Les 50 derniers kil. sont parcourus d'abord sur la limite des cazas de Mèrdj-Ayoûn et de Saïda, puis dans le caza de Sour.

6« Le nah' el-Mouqattây ancien fleuve Kison, sort du mont Thabor près de Nasra {Nazareth). Une autre branche de ce fleuve, formé des torrents qui descendent de tous les sommets des monts des alentours de la plaine d'Esdrelon (Jizrée])^ prend sa source au mont Gelboë. Le fleuve prend sa direction générale du sud-est au nord-ouest, dans cette seconde branche qui parcourt au pied du versant nord du Carmel toute la plaine , tandis que la branche de Nasra descend du nord-est au sud-ouest. A 10 kil. environ au sud-est de Haïfa, un affluent assez considérable, venant de Cana^ en Galilée, se déverse dans le nafir e/- Mouqattd, qui rejoint ensuite son embouchure près de Haïfa, après un parcours total d'environ 60 à 70 kil. à travers la plaine d'Esdrelon à partir de jGelboë. Ce trajet est compris tout entier dans le sandjak d'Akka (cazas de Nasra et de Haifa).

Le lit du nahr el-Mouqattâ est encaissé entre des rives de terre dure et crevassée, hautes de 4 à 5 mètres, et bordées de lauriers-roses. Lorsqu'il pleut, les eaux des torrents se précipitent de toutes parts dans ce fleuve, qui acquiert alors en quelques heures un volume considérable.

V Des versants sud de la chaîne du Carmel^ des monts Ebal et Garizim, descendent à travers l'ancienne Samarie (sandjaks d'Akka et de Balqa) plusieurs cours d'eaux assez abondants qui fertilisent la célèbre plaine de Saron. Parmi les principaux, on cite le nahr-Zèrqa^ ancien fleuve Chorsus qui nourrit, dit-on, des crocodiles; le nahr el-Akhdar^ le nahr Abou-Zabonrah^ et le nahr el-Aoudjèh.

8"^ Le Jourdain^ bien que ce ne soit pas ici le lieu de le décrire, forme la limite entre les vilayels de Syrie et de Beyrouth, à partir du mutessariflik du Liban jusqu'à celui de Qouds-i chérif (Jérusalem). Sur cette limite, qui borne à l'est les sandjaks de Beyrouth, d'Akka et de Balqa, il traverse le petit lac El- Houlèh^ ancien lac Mérom qui fait partie du vilayet de Syrie, et l'ancienne mer de Gennésareth ou lac de Tibériade, qui fait partie des deux vilayets séparés et limités par le Jourdain.

1) Aujourd'hui Mèrdj Un 'Amir.

[2) Un autre Caaa (en Phénicie) forme un nahié du caza de Sour (sandjak de Beyrouth).

Lacs. — Il n'y a dans le vilayet de Beyrouth que ce dernier lac, dont plus des deux tiers sont compris dans ce territoire. C'est donc ici que doit figurer sa courte description, bien qu'un tiers environ du lac de Tibériade ou mer de Gennésareth, ancien Kenreth des Israélites, appartenant jadis à la tribu de Nephtali, soit aujourd'hui compris, ainsi que l'ancien lac Mérom, dans le vilayet de Syrie.

La partie du lac de Tibériade appartenant au vilayet de Beyroulh est située à Test du sandjak de S*-Jean d'Acre (Akka) et renfermée toute entière dans le cazade Tibériade. Ce lac, mesuré par le lieutenant Lynch, a 26'^-824ro- de longueur, du nord au sud, et sa largeur moyenne de Test à Touest est de 9 ^- 255 "^•. Sa superficie totale est d'environ 192 kil. carrés.' Sa profondeur dans la partie sud, à la hauteur de la ville de Tibériade, est d'environ 45 m. Selon le docteur Lortet, le niveau du lac est à 212 m. au-dessous du niveau de la mer Méditerranée. C'est à cette dépression, quoique déjà moins forte de moitié que celle de la mer Morte, que le caza de Tibériade doit sa température exceptionnelle, à peu près semblable à celle de la plaine de Jéricho, mais un peu moins douce pendant l'hiver qui est aussi de plus longue durée.

Les eaux du lac de Tibériade, aujourd'hui ^aAr eUTabariyèh ouTibériay sont en tout temps fraîches et potables. Elles nourrissent un grand nombre d'excellents poissons, parmi lesquels on peut citer le Barbus Beddonii, le ClariaSj le Capœta damascena, et plusieurs espèces de ChromiSy entre autres le Andrae, le Simonis et le Nilotica^ qui servent surtout à l'alimentation des habitants de la ville de Tibériade. La pêche est très pratiquée sur ce beau lac de forme ovale irrégulière, nappe d'eau pure et limpide, inondée de lumière, dont le calme et le silence rarement troublés ont on ne sait quoi de mystérieux qui fait songer aux temps évangéliques.

Le bassin du lac est de nature volcanique, comme en témoignent les sources chaudes de Tibéria, de Oumm-Qéïs, les sources tièdes de Oumm et-Tabigha, la présence des basaltes, et enfin de fréquents tremblements de terre.

Pêche. — Sur toute la côte du vilayel de Beyrouth, la pêche du poisson de mer e&t Toccupation d'un très grand nombre d'habitants. Les diverses espèces, assez variées, sont à peu près les mêmes que dans toutes les eaux de la mer Méditerranée. Parmi les plus estimées des habitants de toutes les villes de ce littoral et de la Syrie figure, en première ligne, le rouget, qu'on nomme dans ces parages Sultan Ibrahim. Pendant le carême, les habitants de Beyrouth envoient à leurs amis et connaissances de Damas des quantités de ce poisson si recherché. Ils les expédiaient jusqu'ici par l'omnibus de la Compagnie de la route de Beyrouth à Damas, qui mettait treize heures pour arriver à destination, aujourd'hui, ils les envoient par la ligne ferrée de Beyrouth-Damas, qui fait ce trajet en moins de six heures.

Les eaux de Sour, ancienne Tyr, et surtout celles de Saint- Jean d'Acre, ancienne Accho, et plus tard Ptolémaïs, sont plus spécialement et extrêmement poissonneuses. Outre de nombreux pêcheurs de profession, la plupart des habitants aisés de ces villes se livrent par plaisir à la pêche, aussi facile qu'abondante.

Cinq points principaux, dont trois situés dans les eaux du vilayet de Beyrouth et deux dans celles du mutessariflik du Djèbèl-Libnân (Liban), sont assidûment fréquentés pour la pêche des éponges, qui alimente une branche assez considérable du commerce local. Les premiers sont Lataqiyèh, chef-lieu du sandjakdu même nom; Aradus, aujourd'hui Rouâd ou plus vulgairement El-Djézirèh (nie), près de Tarions ou Tortose, nahié du caza de Tripoli; et enfin Tripoli même, chef-lieu du sandjak et du cazademême nom. Les deux autres rendez-vous de pêche sont Batroun et Djébaïl dans le Liban. Trois cents barques environ, grecques et arabes, prennent part chaque année à la campagne de cette pêche, qui dure de juin à octobre, et dont les produits atteignent une valeur moyenne de 800.000 fr.

Routes et cheimns. — La ville de Beyrouth, chef-lieu du vilayet de même nom, ainsi que les autres villes principales des divers sandjaks et cazas, sont reliées entre elles et avec

les mutessarifliks du Liban^ de Jérusalem et le vilayet de Syrie, par un réseau assez complet de routes carrossables, dont les plus importantes sont déjà ou vont être à bref délai remplacées par des chemins de fer.

L'ensemble de ce réseau de routes se développe, dans ces trois gouvernements, sur une longueur totale de 625 kil. 097, comme suit :

KILOMÈTRES

De Lataqiyèh à Hamah (Syrie) 140 000

— Tripoli à Homs et Hamah 1 42 000

— (tramways dans la ville) .... 4 000

— Beyrouth à Damas 112 097

— — (Embranchement de

Chloura à Ba'albèli). 40 000

— Saïda àDjédéïdèh,cazadeMèrdj-Ayoûn. 55 000

— Haï(a à Nazareth et Tibériade 64 000

— Naplouse à Jaffa 68 000

Total... . 625^097".

L-Hamah. — La route de Lataqiyèh à Hamah dessert, dans le vilayet de Beyrouth, lescazas de Lataqiyèh, de Sahioûn, de Djiblèh, qu'elle parcourt en entier du nord-ouest au sud-est, et entre dans le vilayet de Syrie au nord-est du caza dexMèrqèb, près du nahié de Qadmous (sandjak de Lataqiyèh) et du Déïr-Châmi (vilayet de Syrie), après avoir traversé la montagne des Ansariyè. Commencée en 1884, cette route n'est pas encore achevée ; mais l'ordre est venu de Constantiuople d'en pousser les travaux avec la plus grande activité. En efifet, d'utilité majeure pour les intérêts commerciaux, elle sera surtout un grand bienfait pour les Ansariyè^ qu'elle maintiendra constamment en contact avec les progrès de la civilisation dont ils sont restés isolés si longtemps.

Tripoli, Hoxns et Hamah. — La chaussée de Tripoli à Homs et Hamah parcourt, du sud-ouest au nord-est, les cazas de Tripoli et de Husn el-Àkrâd, sur une longueur de 62 kil.

Elle entre dans le vilayet de Syrie à Aïn es-Saouda^ et achève, de l'ouest à Test jusqu'à Homs, et du sud au nord jusqu'à Hamah, les derniers 79 kil. de son trajet. Cette route est exploitée par une Compagnie ottomane au moyen d'un service régulier de diligenceSy dont les départs et les arrivées ont lieu tous les deux jours. Les marchandises sont transportées par chariots. Les chameliers et les muletiers sont admis à profiter des avantages de la chaussée moyennant un péage relativement élevé. Une route, qui partd'Akkar, chef-lieu du caza de même nom, et vient se rattachera cette chaussée vers l'embouchure du fleuve Arqa, n'a pas nécessité, sur une longueur totale de 21 kil., moins de 24 ponts et ponceaux^ dont l'un a 46 m. de long sur 6 m. de largeur.

Beyrouth-Damas. — Une Compagnie française, fondée par M. le comte de Perthuis, concessionnaire de la construction et de l'exploitation de la chaussée carrossable de Beyrouth à Damas commencée en 1859 et livrée à la circulation en 1 863, a prononcé, le2 juillet 1892,1a dissolution anticipée de la société, résolution remontant pour tous ses effets au 31 octobre 1891 inclus. L'ancienne Compagnie de la rouie de Beyrouth à Damas se trouve absorbée par la Société des chemins de fer ottomans économiques de Beyrouth-Damas-Haouràn, en Syrie, en vertu d'un contrat passé entre ces deux compagnies.

Chemin de fer Beyrouth-Damas-Haourân. —

L'inauguration des travaux du chemin de fer, section Beyrouth- Damas (130 kil. environ), a eu lieu le jeudi 8 décembre 1892.

La construction de cette section a été accordée à la Société des Batignolles.

La ligne ferrée de Beyrouth à Damas est aujourd'hui complètement terminée; l'inauguration a eu lieu le l®** mars 1894, et son exploitation a commencé aussitôt. Il en est de même pour la ligne de Damas à M'zérib, inaugurée le 22 juillet 1894«

Syria Ottoman Railway. — A la date du 30 septembre

(v.s.) 1891 , le gouvernement a accordé à MM. Pilling et Yousouf Elias la concession de la construction et de Texploitation d'une voie ferrée de S -Jean d'Acre à Damas^ passant au nord ou au sud du lacdeTibériade, avec embranchement obligatoire et embranchement facultatif, comme suit :

KILOMÈTRES

SWeaa d'Acre à Damas, ligne principale 185

Baniàs à Haonrân (embranchement obligatoire) 40

Ncdjha à Haïfa (embranchement facultatif; 35

Baniâs à Hasbéya — — 30

Naouâ à Bozra — — 60

Total des longueurs kilométriques. . . 350

La longueur kilométrique de parcours effectué dans le vilayet de Beyrouth par cette voie ferrée sera d'environ 100 kil.

L'inauguration des travaux de construction dudit chemin de fer, qui prend le nom de Syrià Ottoman Railway^ a eu lieu le lundi 12 décembre 1892 à Haïfa; la première pierre, dit un journal local, a été posée par S. E. Sadiq-Pacha, mutessarifd'Akka (S -Jean d'Acre), qui représentait le vali (gouverneur général) de Beyrouth. Les concessionnaires sont autorisés, sans monopole, à créer un service de navigation sous pavillon ottoman sur le lac de Tibériade, pour le transport des voyageurs et des marchandises au chemin de fer. Us ont aussi, durant quatre ans^ la faculté d'option pour l'établissement d'un port et de quais à Haïfa ou à S*-Jean d'Acre (Akka). Les travaux de construction de cette ligne marchent, paralt-il, très lentement. Cette situation ayant attiré l'attention du gouvernement^ celui-ci a demandé des explications à la société concessionnaire au commencement de 1895, en lui rappelant que le délai fixé pour l'achèvement des travaux expirait bientôt.

Transports. — En l'état actuel, et jusqu'à ce que les chemins de fer soient achevés et entièrement livrés à la circulation-, les transports sont effectués sur les chaussées de Beyrouth à Damas et de Tripoli à Homs et Hamah par diligence (16 places)

OU malle-posle (5 places) pour les voyageurs. Les marchandises sont transportées par chariots (camions, tombereaux, etc.), et plus communément à dos de chameaux, mulets et chevaux. La charge moyenne d*un chameau est de 200 kilo, et ne saurait dépasser un maximum de 300 kilo.; le prix moyen par charge et par journée de marche est d'environ 15 piastres, au cours de 23 piastres le mèdjidié, soit environ 3 fr.

Les prix des transports sur la roule de Beyrouth à Damas étaient comme suit :

Diligence, de Beyrouth à Damas. \ ï" <^1***«- **^ P^*'^^«* = ^^ ^^ Voyageurs. < hl« classe. 101 - = 23 n

Chariol accéléré - — 40 — = 9 20

La durée du trajet par diligence et malle-poste est de 13 heures de Beyrouth à Damas et de 12 heures de Damas à Beyrouth.

Marchandises-chariots, de Beyrouth à Damas (mèdjidié a 20piastres = 4^60)zz: 70 piastres m 16^^10 par kantar=254kilogr. (durée du trajet : 3 jours).

Le prix du transport par moukres (à dos de mulet ou de chameau), pour le même voyage, est de 20 pour 100 moins cher.

Les prix moyens des transports de marchandises par moukres (à dos de mulets ou de chameau), pour les trajets énumérés ciaprès, sont, par kantar de 254 kilogr., comme suit :

/ Tripoli, et vice versa. . . . 120àl30 piastres ou 24â25' »

LaUqiyèh 150-180 — 30-36 .

lloms et Hamah 250-300 — 50-60 ».

Saïda 20-25 — 4-4.80

Sour et S^Jeau d'Acre ... 50 — 10 »

de Beyrouth à ^ safèd, Tibériade et Nazareth . 120-130 — 24-25 »

Ilasbéya )

Rachéya [ "ÏO-IS - 14-15 .»

Mèrdj-Ayoûn )

Zahlèh (Liban) 30-3 5 - 6.20-6.50

Ba'albèk et la Béqà'a . ... 50 — 10»

Montagnes. — Le relief du vilayet de Beyrouth est pour

STATISTIQUE gESCRlPTlVE 45

la plus grande partie montagneux; mais si Ton en excopie quelques rares sommets assez élevés, les chaînes qui le délimitent West dans presque toule son étendue, et s'avancent vers Touest à certains endroits jusqu'à la mer Méditerranée, sont en général d'une altitude moyenne. A partir du nord-est du sandjak de Lataqiyèh jusqu'au Djébèl Libnân(mont Liban), s'étend, à la limite des vilayets de Syrie et de Beyrouth, la chaîne du Djébèl Ansariyèy dont les pics atteignent aux environs de la ville de Tripoli 3.050 m. d'altitude, au col de Dagh es-Saouda 3.074 m., et au Djébèl Akkar^ qui se joint au Liban, près d'Akkar, chef-lieu du caza de même nom, 2.090 m.

Près de la ville de Beyrouth, une saillie du mont Liban (Djébèl-Libnân), forme, en s'avançant à l'ouest dans la mer, l'ancien promontoire de ^ery/w5, aujourd'hui Bas-Bet/rouih; son altitude n'est que de 60 m. au point culminant de la ville actuelle.

A l'extrémité sud-est du mutessarifat du Liban, la même chaîne pénètre dans le vilayet de Beyrouth par le caza de Saïda, ancienne Sidon, et s'avance à l'ouest jusqu'à Tyr, aujourd'hui caza de Sour, en circonscrivant au nord le cours de l'ancien fleuve Lita, qu'on nomme actuellement Léitâni^ dans sa partie supérieure, et Qasimiyèh vers son embouchure. Au delà de ce fleuve, deux autres chaînons partent, l'un du cap BlanCj l'autre du promontoire du mont Carmel [Djébèl Mâr-Élias), et se dirigent tous deux du bord de la mer (nord-ouest) vers l'intérieur des terres, au sud-est, enfermant ainsi entre eux les vastes et riches vallées d'Acre et d'Esdrelon ou Jezraël (aujourd'hui Mèrdj ibn 'Amir). Au premier de ces chaînons appartiennent le Djébèl Béldt, le Djébèl Adâthir (1 .023 m.), le Djébèl Safèd, le rhabor (560 m.), le petit Hermon (Djébèl ed-Dahy : 552 m.), et enfin les monts Gelboë (Djébèl Foqouâh : 521 m.). Ce chaînon se relève vers l'ouest et forme le Djébèl Araba (695 m.), puis s'abaisse de nouveau en une sorte de pointe nommée Bas el- Aqra qui vient s'appuyer au mont Ebal^ l'un des principaux sommets de la chaîne du Carmel.

Le Carmel commence au sud de Haïfa, au Basel-Kouroum^ ou cap Carmel (Djébèl Mâr- Elias), et se dirige au sud-est, comme

le premier chaînon, en s'éloignanl de la mer. Celte chaîne forme d'abord une crête assez étroite dont Tallitude varie de 400 à 600 m. ; ses pentes s'abaissent brusquement au nord-esl vers le Mèrdj ibn 'Amir (vallée d'Esdrelon), à l'ouest vers la plaine de Saron, et au sud vers Samarie, où ses sommets principaux, les monts Ébalel Garizim, atteignent le premier 940 m., et le second 870 m. d'altitude.

Production industrielle. — La grande industrie n'existe plus dans le vilayet de Beyrouth. Les industries agricoles toutefois n'ont pas perdu toute importance et tendent même à se relever.

On compte 5 à 6 minoteries en Galilée (sandjak d'Akka) et quelques presses hydrauliques pour huileries dans la ville de Lataqiyèh et aux environs, ainsi qu'en Samarie (sandjak de Balqa- Naplouse), principal centre de la culture de l'olivier, très répandue dans tout le vilayet. Mais la généralité des moulins à farine et des pressoirs à huiles ou pour le vin (ces derniers fort rares d'ailleurs)^ sont très primitifs, et pour la plupart à manège, tournés par des chevaux ou des mulets. On compte 60 moulins à eau dans les villages, aux alentours de Lataqiyèh, dont 15 à manège dans la ville et à peu près autant de moulins à vent sur les hauteurs voisines.

Les savonneries sont assez nombreuses et ne manquent pas d'activité. On en compte dans la ville de Tripoli 14 qui travaillent en moyenne six mois par an et produisent environ 2.500.000 kilogr. de savon.

Une industrie importante, à laquelle on doit le développement considérable de l'élevage des volailles autour de la même ville, a été introduite depuis peu d'années par des Français, auxquels les indigènes, qui se contentent d'un bien moindre bénéfice, font une concurrence victorieuse. Il s'agit de la fabrication de Talbumine et du jaune d'œuf dont les procédés si faciles et peu coûteux ont été vite saisis par les indigènes. On prévoit déjà que les fabriques indigènes supplanteront tout à fait celles des introducteurs de cette industrie dans le pays. En etîet, les

fabriques indigènes exportent annuellement, en moyenne, «0.427 kilogr. d'albumine à 3^50 le kilo, et 58.645 kilogr. de jaune d'œuf à 1 fr., prix moyen du kilo.

A raison de 60 œufs pour un kilo de jaune, quantité dans laquelle est comprise également la production de Talbumine, cette double fabrication nécessite l'emploi d'une quantité

totale de 3.518.700 œufs.

En outre, il est exporté en moyenne . 1 .334.800 —

ce qui fait ressortir un chiffre total de 4.853.500 œufs

achetés sur le marché en plus de la consommation locale.

Les industries textiles, déchues sous le rapport de la quantité produite, mais non pas quant à la qualité, toujours très supérieure^ des produits, consistent surtout en filatures de soie et de coton, et en fabrication de divers tissus. On cite les cotons de Beyrouth, de S'-Jean d'Acre, de Tripoli et de Lalaqiyèh, parmi les plus estimés. Les filatures de soie de Tripoli et des alentours de Beyrouth sont alimentées en majeure partie, outre la productiott en cocons des deux sandjaks respectifs, par celle du Liban, à laquelle Tripoli emprunte environ 350.000 kilos et Beyrouth 200.000 kilos sur une production totale d'environ 759.000 kilos. Le solde de 200.000 kilos, filé à la main dans les villages libanais, est vendu à l'industrie du vilayet de Syrie. Il y a aussi des filatures de soie renommées à Saïda.

Outre leurs exportations de soie filée pour iMarseille et autres destinations, ces usines alimentent les fabriques de Beyrouth où l'on tisse des étoffes légères de soie brochée, lamée, glacée et enrichie de fines arabesques d'argent et d'or du plus charmant effet, ainsi que des kèfiyèy sorte de voiles rayés, frangés de cordelettes et de houppes mêlées de fils d'or, coiffure ordinaire des Arabes et des Syriens; des ceintures de soie à raies rouges et jaunes, dites zunnâr i Tarabolousi (ceintures de Tripoli), parce que ces mêmes tissus sont aussi fabriqués à Tripoli. Dans cette dernière ville, on fabrique également des gazes ou mousselines de soie pour chemises et voiles de femmes, et des

iS VILAYET DE BEYROUTH

tissus plus épais pour les tcharchaf^ grandes pièces de soie donl elles s'enveloppent tout entières lorsqu'elles sortent, et qui servent aussi de draps de lit et de couvertures de sofa.

Les étoffes de coton, nommées sima^ celles de soie et de coton, celles de soie dites aladjaySonl tissées à Beyrouth, à Tripoli, àLataqiyèh, h Saïda, à Sour, etc.

Ces deux dernières villes, autrefois si célèbres par leurs teintureries de pourpre, ont encore le monopole de teindre la soie d'une belle couleur rouge indélébile, préférée à toute autre eu Orient.

Les soies teintes en rouge de ces provenances ont figuré brillamment aux expositions universelles en Europe et en Amérique ; mais des étoffes diverses de soie, de colon, de lin, sur le fond blanc desquelles les mêmes exposants avaient tracé en pourpre de Tyr et de Sidon des ornements variés, n'ont pas eu le même succès.

11 n'en a pas été de même des échantillons de bijouterie d'or et d'argent envoyés à ces expositions par la ville de Beyrouth. Les filigranes d'or ont été spécialement l'objet, à Vienne, de récompenses de premier ordre. On doit ajouter que les ouvrages en filigrane de toutes les parties de la Turquie, soit d'Asie, soit d'Europe, sont d'une grande perfection, qui ne rencontre d'égal que parmi les ouvrages de même genre du Portugal et laissent bien loin en arrière ceux des autres pays, même de Gênes, très inférieurs aussi bien pour le goût délicat delà composition que pour le fini de l'exécution.

Les ouvrages d'ébénisterie de Beyrouth et de plusieurs autres villes principales du vilayet sont recherchés des connaisseurs, qui tiennent en estime particulière leurs belles marqueteries de nacre et d'ivoire et leurs curieuses arabesques de cuivre et d'étain. A Samarie et en Galilée, les menuisiers font des meubles de style moderne eu bois d'olivier, mais les plus beaux coffres pour la lingerie sont en bois de cyprès sculpté.

Goininerce. — Le commerce d'exportation et d'importation du vilayet de Beyrouth se fait principalement par les ports et rades de Beyrouth, de Tripoli et de Lataqiyèh.

Le mouvement commercial des porls bien moins ii^iporlants de Saïda, Sour, Haïfa et Akka, dont on pourra juger par le nombre el la jauge des navires qui les fréquentent, se confond avec celui de ces trois places qui se résume comme suit :

Exportation.

Impci talion.

Beyrouth, valeur en francs. 45 056.500

Tripoli, — — 18.598.801

Lataqiyèb, — — 7.960 261

fieyroutb, valeur en francs. 42.693.102

Tripoli — — 11.999.019

Lalaqiyèh — — l.r;36.861

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