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Ag. G.
Ag. G.
Ag. G.
Ag. G. 1
( G. G. — Consulat général.
, . ) G. — Consulat.
LÉOBNDB \ V. C. -- Vice-consulat.
\ Ag. G. — Agence consulaire.
Climat. — Le climat du vilayet de Beyrouth est généralement sain dans toute l'étendue de cette partie du littoral, composée presque également de montagnes dont les principaux sommets, très voisins de la mer, dépassent 2.500 m, d'altitude, et de plaines basses, profondément encaissées. Le sandjak seul deXripoli ou plutôt son chef-lieu passe pour fiévreux. En effet, la ville de Tripoli est sujette, en automne, à quelques fièvres peu dangereuses. Dans tous les autres sandjaks, principalement à Lataqiyèh, dont le climat est réputé le meilleur, et à Beyrouth^ les vents qui rafraîchissent la température durant
tout l'été, en saturant l'atmosphère des parfums résineux des forêts de pins des environs, apportent ainsi, en même temps qu'une douce fraîcheur, un surcroît de salubrité.
Les quatre saisons sont assez régulières. Quant à la température, très chaude sur les plages et dans les parties basses du pays, elle est assez douce sur les hauteurs moyennes où se trouvent situées les principales villes. Le maximum de chaleur à Beyrouth ne dépasse pas + 35° centigrades; la moyenne est de + 27** C, environ. L'hiver, la moyenne est de + 7** C. Pendant les dix dernières années, il a neigé une fois seulement à Beyrouth. A Lalaqiyèh, le vent qui souffle du nord, après avoir traversé les montagnes neigeuses de laQaramanie, fait souvent tomber, l'hiver, le thermomètre centigrade à 0°, ce qui est considéré là comme un froid excessivement rigoureux. Les plus grandes chaleurs, d'autre part, oscillent entre + 30° et+ 32° C. Les hivers ne sont guère pluvieux qu'à Beyrouth, où les rues deviennent alors boueuses. Pendant la plus grande partie de l'année, le ciel est pur, sans nuage, les nuits sont sereines et étoilées.
Production agricole. — La production agricole du vilayet de Beyrouth s'élève en moyenne annuelle à 4.433.919 hectolitres de céréales (blé, orge, avoine, maïs et millet), d'une valeur totale d'environ 51.402.120 fr., et à des quantités très considérables de denrées diverses (soie, tabacs, fruits frais, raisins secs et figues sèches; oranges, citrons et cédrats; graines et résines pharmaceutiques; pommes de terre, oignons, légumes frais, œufs de volailles, etc.,) énumérées dans le tableau qui suit et montant en totaUté, y compris les céréales précitées, à une valeur moyenne d'environ 83,023.570 fr.^ comme suit :
PRODUCTION
QUAMlTii
VALEUH
PRODUCTION
ijLANTITB
VALLLH
Blé
Orne
Avoiac
MaÎB
Millet
Albiiraine . . . .
Ueiirre loudu . .
Carvi (graine de)
Cédrata
Citrous
Coloquintes . . .
Eau de lleurs d'oranger . . . .
Farine
SOQ
Pères
Figues Biches . .
Fruits Irais . .
Haricots . . . .
Huile d'olire» .
Jaunes d'œufa .
l-aine
llcclslitr»
aOO 000
Kilogr-
3>i 435 Ua.lG5 58.075
2t.aio
Report
Légumes frais . .
Leutilles
Noyaux d'abricots
Oignons
Oranges
Pfttes d'nbricols .
Poischiches. . .
Pommes de terre Raisins secs . . .
ltèeli9se(niclD«i<l«] Ricin (graine de).
Sésame
Soie
Tabac
Vpsce
Vins et eau-de-vie
Œiils de volaille
Scammonée . .
Kiinifr,
377 2BP
Koncg 68.172.607
A reporte
. . . . fr
8B.173,6Cr
IJ.. . , fr.
N. B. Les totaux indiqués dans te tableau ci-dessus seront plus loin décomposés pour indiquer la part afférente à chaque sandjak dans celle production agricole du vHayet entier.
La production générale est plus abondante dans le sandjak de Tripoli (Tarabolous-i châm) ; elle y est en outre plus variée et comprend des produits accessoires spéciaux, tels par exemple que les œufs de volaille, l'albumine elles jaunes de ces mêmes œufs, le beurre fondu, etc., objets d'industries nouvelles dans le pays, donnantlieu à d'importantes traosactions commerciales. Parmi les principales productions, il faul citer en première lif^ne les fruits frais et secs (38.409.547 kilos); le sésame (environ 3 millions 1/2 de kilos) des sandjaksde Beyrouth, Akka et Lataqiyèh ; la laine (plus de 4 millions 1/2 de kilos, dont les 4/5 appartiennent à Beyrouth et Tripoli); la scammonée (valeur 2.500.000 fr.) des deux mêmes sandjaks; et enfin l'huile
d'olives (8.393.100 kilos), dont le principal producteur est le sandjak de Balqa (Naplouse) qui fournit à lui seul plus de la moitié de cette quantité totale. — En résumé, la valeur de la production totale dépasse 24 millions de fr. pour le sandjak de Beyrouth, 21 millions pour celui d'Akka, 12 millions pour chacun des sandjaks de Tripoli et de Lataqiyèh, et 13 millions pour celui de Balqa (Naplouse), dont les blés sont cotés en moyenne à 18fr. 64 Thectolitre, tandis que ceux des sandjaks de Beyrouth, d'Akka, de Lataqiyèh, ne sont vendus qu'à 13 fr. et ceux de Tripoli qu'à 12 fr. 45.
Mines et minières. — Il n'y a pas actuellement de mines exploitées régulièrement ^ans le vilayet de Beyrouth, mais plusieurs sont connues, bien qu'elles n'aient fait l'objet jusqu'à ce jour d'aucune élude sérieuse. On peut les énumérer par sandjaks, comme suit : 1** Sandjak de Beyrouth. — On trouve dans le caza de Saïda des mines de fer, de cuivre, d'ambre noir et d'ambre jaune, des schistes bitumineux, des gisements importants de lignite, etc. Le plus considérable de ces derniers est situé à l'est de Saïda, à 13 kilom. environ de la côte, sur le versant occidental du Djébèl-Niha. 11 serait facile de l'exploiter et d'en amener à peu de frais les produits jusqu'à la mer au moyen d'une petite voie ferrée. Un filon de lignite noir, brillant, à cassure sèche, qui s'enlève par morceaux solides, ne s'effritant pas, se trouve à découvert dans une petite vallée supérieure, à 750 m. d'altitude, près d'El-Mèrah; il passe de là à Aïn-Tadjoura, à 900 m. d'altitude, et peut se suivre d'une façon continue, dans sa direction vers le sud, entre les villages de Kerkaya et de Zéhelta, sur une longueur de plus de 1.200 m. Là, il cesse d'être à découvert, mais on peut encore suivre, sur une longueur d'environ 900 m., Taffleurement indiqué par des argiles chargées de matières charbonneuses et de schistes noirs. On en a déjà extrait en un certain endroit quelques quintaux sur une profondeur de 6 à 7 m. seulement. Les épaisseurs constatées indiquaient une couche de 0™, 50 à l'",60.
A 300 m. environ, au nord de Aïn-Tadjoura, des schistes bitumineux s'étendent entre deux couches calcaires, au-dessus du.filon de lignite. Leur épaisseur varie entre O'^JO et S'^jSO. Us présentent un développement d'environ 1 .000 m.
Sur le versant opposé de la même montagne, à 800 m. d'altitude, entre les villages de Niha et de Machgara, on retrouve à flanc de coteau un affleurement [de lignite d'environ 500 m. de longueur. Il y a aussi du lignite à Birtëh, village situé à 16 kilom. est de Saïda; aux environs, à Haïtoura, village dépendant de la province du Liban, un semblable gisement avait été concédé pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans à un Allemand qui est mort avant d'avoir pu en commencer l'exploitation. Ses héritiers ont laissé périmer cette concession. C'est près de ce dernier gisement, au nord-est, à une faible distance de Haïtoura, qu'on a découvert de l'ambre jaune. Quant à l'ambre noir, il se trouve auprès de tous les autres gisements de lignite précités. On trouve du bitume dans le caza de Sour (ancienne Tyr), aux villages de Aïn-Ebèl, Aïdib el Héréïka. De nombreuses carrières de pierre dite ramlè (sable), qu'il faut entendre ici sous le nom de grès, sont situées dans le même caza.
Il y a aussi autour de la ville de Beyrouth beaucoup de carrières de €ette même pierre (ramlè ou grès) qui est considérée dans la contrée comme la meilleure pierre à bâtir. Ces carrières sont exploitées de temps immémorial pour la construction des édifices de Beyrouth et autres villes de la Phénicie et du littoral syrien comprises dans ce vilayet. La même pierre a été souvent employée à la construction des antiques nécropoles souterraines des rois de Sidon.
2** Sandjak de SMean d'Acre. — On ne cite pas de mines dans le sandjak d'Akka, composé de l'ancienne Galilée, mais seulement des carrières de beau marbre jaune au caza de Safèd, sur le Djébèl Djèrmak. Çà et là on rencontre du bitume. La marne et les calcaires crayeux abondent dans toute la contrée. La colline à laquelle est adossée la ville de Nazareth est en belle craie blanche très tendre et sans silex. Il existe également dans le Djébèl Elias (mont Carmel), ^ui s'étend dans ce sandjak
sur la limite de Tancienne Samarie, dont il comprend une partie, quelques collines crayeuses.
3"* Sandjak de Tripoli. — On trouve principalement dans les cazas de Satita et d'Akkar, et un peu partout dans le sandjak de Tripoli, des carrières de gypse (pierre à plâtre), de pierre ramlé ou grès qui se rencontre surtout autour de la ville de Tripoli et sert à bâtir ses édifices, ainsi que des gisements aussi nombreux que considérables d'ocre rouge et d'ocre jaune (sesquioxyde de fer).
4^ Sandjak de Lataqiyèh. — Il y avait autrefois dans les nahiés de Baïr et de Boudjaq, dépendances directes du caza central ou merkez-liva de Lataqiyèh, des gisements de chrome qui ont été concédés à un sujet ottoman. Ces gisements, exploités par le concessionnaire pendant cinq ans, après avoir fourni en moyenne un rendement annuel d'environ 2.500 tonnes, se sont trouvés épuisés totalement. Toutes les recherches faites dans les limites de la concession n'ont pu faire découvrir de nouveau minerai , et Texploitation a été nécessairement abandonnée. La richesse du minerai était de 40 à 50 pour 100.
Les montagnes du sandjak de Lataqiyèh renferment beaucoup d'autres mines qui restent inexploitées. Le Djébèl Aqra, dont les derniers contreforts viennent expirer assez avant à l'intérieur de ce sandjak, bien que sa plus haute cime s'élève au loin sur les dépendances du vilayet d'Alep, laisse apercevoir sur ses versants dénudés un grand nombre d'affleurements qui semblent indiquer la présence d'importants filons de fer, de plomb argentifère, de cuivre, de lignites, etc. M. Geoffroy, consul de France à Lataqiyèh, a récolté sur cette montagne aride des morceaux de minerai qui, examinés à Marseille, ont été reconnus pour du nickel pur.
5^ Sandjak de Balqa. — Ce sandjak, qui comprend presque toute la Samarie, parait être dépourvu de mines, mais la craie blanche abonde dans ses montagnes, où des collines entières en sont formées.
Forêts. — Il n'y a pas de forêts proprement dites dans le
vilayet de Beyrouth, mais presque toutes ses montagnes sont couvertes de bois de pins et autres conifères alternant avec des jardins d'orangers et de citronniers, surtout aux alentours des villes, où les arbres résineux qui les environnent et les grandes cultures d'oliviers répandues dans tout le pays entretiennent la salubrité. Les autres essences d'arbres forestiers, formant sur les pentes et les plateaux de moyenne altitude des groupes bocagers de quelque étendue, sont principalement : le chêne, le platane, le mûrier et divers arbres à fruits sauvageons. La plupart de ces arbres sont d'une remarquable beauté.
Faune. — Parmi les animaux sauvages qui fréquentent le vilayet de Beyrouth, l'âne se rencontre souvent vers le sud. Le buffle habite plus particulièrement la vallée du Jourdain^ sur la limite orientale de ce vilayet et à l'ouest de la Syrie; il y est employé au labourage aux environs des marécages où il demeure, là où un sol dur, couvert d'un épais gazon, offrirait trop de résistance aux petits bœufs du pays; mais souvent il est indomptable et dangereux. Le chacal est très commun et très incommode la nuit par ses glapissements; le loup habite les montagnes; il en descend durant l'hiver et vient se réfugier dans les contrées plus basses, bien moins froides, et dans les plaines, où il ravage les champs et attaque les animaux domestiques, quelquefois même les hommes. L'hyène, le renard, se rencontrent partout en toute saison. Beaucoup de sangliers se retirent habituellement sur les rives du Jourdain^ où des fourrés inextricables de jeunes saules et de roseaux leur offrent un asile impénétrable. Une panthère, que les Arabes nomment khétaa, a ses terrains de chasse au pied du mont Thabor; elle s'y nourrit de lièvres, fort nombreux, de rares lapins, et de gazelles qui viennent par troupes brouter les lis qui croissent abondamment au nord de cette montagne et dont elles sont très friandes.
Le gibier à plumes se compose surtout de perdrix et de cailles, de francolins; de pigeons et de tourterelles. On rencontre la perdrix en nombreuses compagnies sur toutes les collines, et la caille abonde dans tous les champs de blé des plaines. Le pigeon
niche dans le creux des rochers. Le francolin habite le Garmel. En hiver et au printemps, le l^cEl-Houlèh^ au nord-est du sandjakd'Akka, sur le territoire syrien, est couvert de poules d'eau ; c'est leur séjour favori. On y peut aussi chasser l'oie et le canard sauvage. Le pélican se voit sur les bords de ce même petit lac. La cigogne ne niche pas dans ces parages, mais elle y passe pour se rendre en Asie-Mineure et en Europe. Les moineaux construisent d'énormes nids, sortes de villages aériens^ sur le mont Thabor. Les alouettes se posent familièrement sur les routes aux pieds du voyageur. La grive, le rossignol, le guêpier, sont très communs, ainsi que la petite chouette, qu'on voit partout perchée sur les murs et les rochers.
Les serpents et les lézards fourmillent ; les premiers sont venimeux, mais leur morsure est rarement mortelle. Le gecko, lézard inoffensif, cause de grandes frayeurs aux habitants des campagnes, qui le croient très dangereux. Le caméléon se montre fréquemment dans les districts maritimes et dans la plaine d'Ësdrelon, au nord de la chaîne du Garmel (sandjak d'Akka).
Il y a, dit-on, des crocodiles dans deux cours d'eau du sandjak d'Akka : le nahr-Zèrqa, ancien fleuve Chorsiis^ qui se jette dans la mer Méditerranée près de remplacement de la ville antique de CrocodilopoliSy citée par Strabon, un peu au-dessus de Qaïsariyèh, ancienne Cœsarea Palœstina, aujourdhui nahié du caza àQlldlîdi\\^nahr el'Mouqattd^ ancien Kison, qui descend du mont Thabor et a son embouchure au pied du Garmel, à Haïfa. D'après le docteur Lortet, les crocodiles de ces deux fleuves minuscules ne sont pas semblables à ceux du Nil.
Salines. — Le vilayet de Beyrouth ne possède pas de salines dans toute l'étendue de son territoire.
Le versant ouest du vilayet, sur le littoral de la mer Méditerranée, est alimenté par le commerce qui s'approvisionne aux salines de Phocée, d'Adanaou de Benghazi, selon les convenances.
L'administration de la Dette publique ottomane, qui exploite
le monopole du sel en Turquie, entrelient aussi quelques dépôts de sels sur le littoral, où elle livre ce condiment au prix fiscal de 15 paras le kilo., majoré des frais de transport qui sont d'environ deux piastres et demi par 100 kilo., et des frais d'entretien, ce qui fait revenir le sel au dépôt à environ < 6 1/2 à 17 paras le kilo.
Les salines de Djéroud et de Tadmour (Palmyre), la première dans le vilayet de Syrie et la seconde dans le mutessarifat de Zor, alimentent les districts du vilayet de Beyrouth et du Liban confinant aux sandjaks de Damas et de Hamah.
Plusieurs salines étaient autrefois en exploitation sur le littoral du vilayet, notamment celle de Demserko^ près de Lataqiyèh, d'un rendement moyen de 130 à 150.000 kilo, de sel par an et quelques autres de moindre importance près de Tripoli et de Djiblèh, mais elles ont été supprimées et détruites en 1885 ou 1886, car le prix de revient du sel de ces salines minuscules, majoré des frais d'extraction, de personnel et de surveillance, était plus élevé que celui du sel transporté des grandes salines de Phocée.
Tabacs. — Le tabac est cultivé dans tous les sandjaks du vilayet de Beyrouth. La production est assez considérable ; elle est encouragée par la régie colntéressée des tabacs, qui fait d'assez fortes avances aux cultivateurs et opère des achats importants (voir p. 11). En effet, diverses qualités de ces feuilles sont très goûtées, surtout à l'étranger et en Egypte. Tels sont par exemple les tabacs du sandjak de Lataqiyèh, parmi lesquels on doit citer particulièrement la qualité appelée abou Hha ou «père de la bonne odeur », dont la couleur noirâtre est due à sa préparation, d'où lui vient son goût agréable et savou-» reux. On la récolle surtout chez les Ansariyè.
Autrefois les cultivateurs de ce tabac étaient fort embarrassés pour le vendre, car ils ignoraient le mode de préparation indispensable au développement de ses qualités, et qui consiste à^étendre, pendant un certain temps, les feuilles au-dessus du foyer, pour que son épaisse fumée les pénètre, change en brun
foncé leur belle couleur dorée et ajoute à leur goût naturel, un peu douceâtre, le montant spécial qui les fait apprécier des amateurs. La connaissance de ce procédé s'est révélée fortuitement : une querelle entre tribus, survenue au moment de la récolte, fit prendre les armes aux cultivateurs qui abandonnèrent les feuilles de tabac sur la terrasse de leurs maisons où elles séchaient au soleil. A leur retour, après une longue absence, ils trouvèrent ces feuilles laissées blondes, devenues d'une noirceur si repoussante que, renonçant à les vendre, ils en bourrèrent leurs tchibouq. Dès les premières bouffées, un goût exquis, un parfum délicieux changèrent leurs amers regrets en une douce extase. La vente de leur tabac était à jamais assurée.
La récolte enregistrée par la régie des tabacs pendantl'exercice écoulé, à partir du 1/13 mars 1893 jusqu'au 28 février 1894, dans les cinq sandjaks du vilayct de Beyrouth, s'est élevée en quantité et valeur, d'après le prix moyen d'achat offert aux cultivateurs par celle même administration, comme suit :
KILOGU. FRANCS
Sandjak de Beyrouth 187.204 129.170
— de St-Jean d'Acre (Akka). 200.000 138.000
— de Tripoli 17.984 12.408
— de Lataqiyèh 300.000 207.000
— deBalqa 61.613 42.512
Totaux. . . 766.801 529.090 fr
Sur cette quantité totale de 766.801 kilo, de tabacs en feuilles, 293.236 kilo, ont été achetés par la régie au prix moyen de 2 piastres 98 c. pour la somme totale d'environ 200.000 fr.
Eaux minérales. — 11 existe autour du lac de Tibériade, hTibéria^ k Oiwfm-Qeis, des sources chaudes dont le degré de thermalité, ni la nature de la minéralisation ne sont connus ;
et à Oiimm et-Tabigha des sources tièdes. On ne dit pas qu'il en soit fait usage.
Agriculture. — Quoique le vilayel de Beyrouth soit dans son ensemble essentiellement agricole et de grande production, les procédés de Tagriculture y sont partout restés jusqu'ici h Fétat embryonnaire, et les instruments employés par les cultivateurs sont toujours des plus primitifs. Une grande activité, et par-dessus tout la prodigieuse fertilité du sol, suppléent aux défectuosités fondamentales de son exploitation.
Mais de nombreux restes de travaux de toute sorte demeurent à Tétat de ruines pour témoigner d'une situation jadis bien plus florissante, disparue à la suite des guerres et des révolutions incessantes qui ont ravagé le pays. Les rivalités entre les diverses communautés, leurs querelles soutenues à main armée durant des siècles, n'ont pas causé moins de mal. On peut aujourd'hui les considérer comme apaisées, et les efforts du gouvernement, pour faire pénétrer dans ces régions de difficile accès les premiers bienfaits de la civilisation, ont déjà produit d'heureux fruits. Les Ansariyè, dotés d'écoles et de mosquées, ont répudié les infâmes pratiques d'une mystérieuse idolâtrie et sont entrés spontanément dans la famille ottomane.
Déjà ils ont sollicité, en qualité de musulmans, leur admission dans l'armée impériale ; leurs services ont été acceptés. On doit donc espérer que la discipline militaire agira sur eux d'une façon aussi salutaire que sur les Circassiens. Comme ces derniers, en rentrant dans leurs villages, ils y apporteront des habitudes d'ordre, de travail, de probité et de tolérance, qui rendront leur voisinage aussi rassurant qu'il était à craindre, et la paix entre les diverses communautés s'établira solidement. Le principal obstacle aux progrès de l'agriculture aura dès lors disparu.
Soies. — Cocons. — Dans le merkez-sandjak de Beyrouth, la cuhure du mûrier est développée plus particulièrement dans les cazas de Saïda et de Sour, en vue de la produc-
lion de la soie. Les plus remarquables de ces exploitations sont cellesde^a^^Z-Am, propriété de S. M. I. le Sultan, de mazarèh et de Bordj el-Çiblèhy dans le cazade Sour. Il y a à Saïda deux filatures de soie.
Le mûrier est également cultivé dans le sandjak de Tripoli ; les principaux centres séricicoles sont les environs de la ville de Tripoli et les nahiés dépendant directement du merkez-caza. Parmi les trois autres cazas, celui d'Akkar vient en première ligne el fournit à lui seul le quart environ de la production totale du sandjak, évaluée en moyenne comme suit :
CÂZÂS QUANTITÉ VALEUR
Tripoli et environs 160.000 kilo. 51G.800 fr.
Akkar .... 115.000 — 371.450
Safita 85.000 — 274.550
Husn el-Akrâd. . 90.000 — 290.700
Total. . . 450.000 kilo. 1.453.500 fr.
La récolte moyenne de cocons peut être évaluée au triple de ces chiffres pour les deux sandjaks producteurs; soit 1.350.000 kilo., valant 4.360.500 fr.
La quantité de soie grège exportée par les ports de Beyrouth et de Tripoli est évaluée, en quantité et valeur, à 275.303 kilo., valant 6.227.390 fr.
Une autre quantité de soie grège est transformée dans les fabriques du pays en tissus divers qui seront énumérés plus loin, au chapitre des produits industriels.
. — La culture de l'olivier est répandue dans toutes les plaines et sur les bas versants et plateaux de moyenne altitude des montagnes dans les cinq sandjaks du vilayet de Beyrouth, mais elle est plus spécialement importante dans les sandjaks de Balqa et d'Akka, anciennement Galilée et Samarie, autour du Carmel, du Thabor, des monts Ebal et Garizim et des vastes plaines de Saron et d'Esdrelon.
Fruits. — Partout aussi les arbres fruitiers de toutes essences sont cultivés avec soin et donnent en abondance d'excellents fruits. Les plus abondants de tous ces fruits sont les héspérides : citrons, oranges, cédrats, bigarades {vulgo : orange amère), etc., qui donnent lieu à un commerce d'exportation considérable, estimé en moyenne annuelle à plus de 25 millions de kilo, de ces fruits, et à une consommation locale énorme. Les jardins d'orangers sont à la fois d'agrément et de rapport. Beaucoup sont situés dans les villes, et plusieurs pourraient plutôt être considérés comme des bois et même des forêts, ou du moins de très grands parcs, que comme des jardins proprement dits. On cite, à Saïda, pour sa beauté, le jardin d'orangers de M. Ghibli-Abëla, dans la grande'allée duquel ont été vus au grand jour pour la première fois les sarcophages des rois de Sidon, découverts par S. E. Hamdy-Bey, directeur du Musée Impérial de Gonstantinople, qui font tant de bruit dans le monde de la science et des beaux-arts.
Vignes. — La vigne est cultivée pour son fruit dont il se fait une consommation locale considérable et d'assez importantes exportations, tant en raisin frais pour la table qu'en raisin sec, mais il se fabrique peu de vin dans ces contrées^ bien qu'il soit d'une excellente qualité.
Les céréales donnent de bonnes récoltes dans tous lessandjaks.
On récolte dans le vilayet de Beyrouth, en moyenne, plus de 5.000 tonnes de racine de réglisse.
Les plantes pharmaceutiques fournissent des quantités de graines et de résines dignes d'être appréciées.
Enfin, la culture maraîchère, généralement pratiquée avec succès, excepté dans le sandjak de Balqa, fournit d'énormes quantités de fèves, pois chiches, haricots, lentilles^ oignons, pommes de terre, etc.
Canne à sucre. — On doit ajouter ici pour mémoire, comme renseignement qui, par la suite, peut acquérir une réelle importance au point de vuedeTagriculture etdu commerce, que la canne à sucre se rencontre à SWean d'Acre ; le palmier (phœ-
nix) sur plusieurs points assez nombreux, notamment en Phénkie (sandjak de Beyrouth), à Sour (ancienne Tyr), sur les limites de la Galilée ; et le bananier dans diverses localités du vilayet de Beyrouth.
Il n'est pas douteux que le concours de circonstances favorables actuellement réunies dans ces contrées, la paix rétablie entre les diverses communautés^ l'entrée spontanée dans la famille ottomane de populations jusqu'ici revôches à toute civilisation, l'instruction largement répandue, les grandes voies de communication récemment créées, et par-dessus tout le salutaire exemple des belles exploitations agricoles fondées dans les vastes propriétés de la Liste civile impériale, et qui ont trouvé déjà des imitateurs heureux, ne relèvent bientôt l'agriculture dans le vilayet de Beyrouth et ne lui fassent atteindre le haut degré de prospérité auquel il était jadis parvenu.
Bestiaux. — L'élève des bestiaux, qui n'est aujourd'hui ni autant ni aussi bien pratiqué qu'il le devrait être normalement, donne pourtant, comme l'agriculture en général, d'assez nombreux et d'assez bons produits. Le perfectionnement de ces produits s'effectuera parallèlement aux autres progrès, car ils doivent nécessairement y contribuer eux-mêmes et profiter des fruits de leur propre labeur.
Actuellement, le nombre total des têtes de bétail de toutes races et espèces, produit annuel moyen de l'élevage dans le vilayet de Beyrouth, est estimé comme suit :