‹ Syrie, Palestine, Mont AthosChapitre 2 sur 12 · XI · texte numérisé non relu

XI

Quand c’était l’âme qui était grise et triste, je revenais en Palestine, la terre des apaisements et des consolations. Enfin, mon cher ami, vous me croirez sans peine si je vous dis que ma meilleure tentation a été de causer plus longuement avec vous; en revoyant ces notes écrites d’abord pour vous, j’ai cru bien souvent, malgré tant de terres et de mers qui nous séparent, reprendre nos ardentes causeries d’autrefois, durant ces jeunes soirées, déjà si lointaines , que nous passions au coin de mon feu , dans la vieille bibliothèque , à lire nos poètes chéris, à deviser de voyages et d’histoire, de projets et d’espérances, mettant nos deux vingt ans ensemble pour apprendre la vie et la parer de plus de rêves ; j’ai cru plus d’une fois m’appuyer sur votre bras , par les matinées de printemps, dans le petit chemin dont chaque pierre a gardé une de nos joies, un de nos mauvais vers et un de nos bons rires, vous savez, le petit chemin qui monte entre les pins de la Mûre, et que nous ne referons plus.

Constantinople, décembre 1875.

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