DE M. LE LIEUTENANT-GÉNÉRAL ALTJIX
A MM. les Maréchaux de France . , les Officiers, généraux de V armée , et Officiers de tous grades de l’artillerie française.
Messieurs, .
Je remplis- aujourd’hui envers vous rengagement que j'ai contracté par ma lettre du mois de mai dernier: je publie, et je livre à votre examen , mon système d’artillerie comparé à celui du comité. En faisant cette publi cation , je m’acquitte d’un devoir que je crois sacré ; je suis Français et père d’une nombreuse famille , et j’ai la conviction que le système d’artillerie du comité , s’il prévalait, ne pourrait qu’attirer sur la France, et par conséquent sur mes enfans, les plus grands malheurs. C’est donc pour moi un double devoir de combattre un système qui produirait indubitablement de si pernicieux effets.
J’ai lu dans le Journal des Sciences militaires du mois de juillet de„cet*e année, io* livraison , page 117, une apologie des travaux du comité , faite par lui-même. Je n’entreprendrai point ici de réfuter toutes les erreurs palpables que le résumé succinct des travaux de ce comité contient ; je ne m’occuperai que de son article , Artillerie de campagne.
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Le comité dit que : « Des expériences comparatives » faites avec soin en i8*4 et i8a£, dans cinq écoles » d'artillerie , ont constaté les avantages que donnent au » nouveau modèle d’affût et caisson» (c’est l’affût et le caisson anglais dont parle le comité ; ce n’est pas un nouveau modèle , puisque c’est au contraire un modèle très-ancien , et ce n’est pas le comité qui en est l’inventeur) « d’artillerie de campagne » (le comité avait d’abord appelé son système Artillerie anglaise modifiée , pour le faire passer sous le nom de cette puissance voisine , et paraître n’y être pas étranger ; mais la petite ruse n!a pas eu de succès : les modifications ont presque toutes échoué, et le comité prend aujourd’hui pour son système une dénomination plus modeste; il l’appelle Artillerie de campagne) « le mode d’attache des deux » trains , l’égalité de la hauteur des roues , et un avant- » train commun à l’affût et au caisson, » (le lecteur verra , dans mon ouvrage , que j’ai signalé moi-même tout cela avant que le comité l’eût dit , et que j’ai démontré que ces prétendus avantages n’existaient point) « principaux objets par lesquels le nouveau système dif- » 1ère du système Gribeauval. » (Le comité affirme toujours que son système est nouveau , lorsqu’il est constant qu’il n’est qu’une copie peu heureuse de tous les systèmes de l’Europe , et qu’il ne s’y trouve rien absolument rien de neuf.) « Les avantages bien reconnus » (le comité avait commencé par dire que les expériences dans les cinq écoles avaient été faites avec soin ; mais je démontre dans l’ouvrage que je publie que des expériences d’école ne peuvent rien pour les cas de guerre : je renvoie mon lecteur , et le comité lui-même , b mes preuves. J’en ai pourtant oublié une que je ne puis me