A MM. LES MARÉCHAUX DE FRANCE , ETC. XIII
dispenser de rapporter ici : lorsqac Gribeauval proposa son système , ne pouvant arriver à ses fins par la droite raison , il mit dans ses intérêts une petite ruse de guerre qui lui réussit complètement ; il avança que sdn artillerie était si légère , si mobile , si roulante , qu’elle manœuvrerait en campagne conduite seulement par les canonniers , au moyen de bricoles et sans le secours des chevaux. D’abord , il fit exercer les canonniers à cette manœuvre sur les pelouses des polygones , comme l’a fait le comité pour son afîïil ; ensuite dans les villes et sur les esplanades devant le public : tout le monde était enchanté des bricoles. On voyait déjà l’artillerie faire la guerre sa^s le secours des chevaux ; c’était une économie immense. Plus de chevaux ni soldats du train , plus besoin de fourrages pour les chevaux , plus de dépenses aucunes pour tout ce qui compose le service du train. Lorsque Gribeauval eut disposé l’esprit des gens simples , et le nombre e^ est si grand , en faveur de son système, il se décida à porter le grand coup. L’on forma un camp de manœuvres militaires dans la plaine de Frascati, près Metz, comme on en a formé un cette année sur les pelouses do Saint-Omer ; l’artillerie Gribeauval fit partie de ce camp , mais pas un cheval; seulement des canonniers et des bricoles. Les manœuvres s’y exécutèrent sur un terrain horizontal et solide ; les bricoles et les canonniers y faisaient otcrveilles. L'artillerie , avec ses bricoles , suivait les troupes sans retarder leur marche ; elle les devançait souvent. On n’était pas accoutumé à la voir marcher avec cette vitesse ; ce fut un chorus universel d’applaudissemens , et enfin son système fut reçu sans contradicteurs.*N’est-il pas pénible de penser qu’un aussi grand artilleur, et un homme