‹ Systéme de chimie (volume 2)Chapitre 23 sur 79 · ET D£ L ELECTRICITE · texte numérisé non relu

ET D£ L ELECTRICITE

Fig. 33.

JC

rf

el supposons que le premier seul soit aimanté ', et qu'en les laissant dans les directions où ils sont représentés dans cette figure, on les rapproche les uns des autres de manière que Tangle a du premier touche Tangle a'' du second • et l'angle df' de celui-ci Tangle af'^ du troisième» il est clair qu'en regardant A comme le pôle austral de l'aimant AB » ses courl^ls dans sa face antérieure sui* ▼ront la direction ad, puisque c'est en plaçant l'obser- ▼ateur dans cette direction, le dos tourné à Taxe de l'aimanl , que rextrémité A se trouve à sa droite ; le courant qui s'établira dans le barreau A^^B^^ devra , d'après tout ce que nous avons dit , avoir la même direction au point où l'angle d est supposé en contact avec l'angle af'; il passera donc par la face postérieure de ce barreau de a'^ en d^'p et reviendra par la face antérieure dans la direction ct'V^ d'où il suit que A'^B^' s'aimantera de manière que son pôle, boréal sera en A^' h gauche de Tobserve teur placé dans ce courant et tournant le dos à Taxe du Jbarreau k!^V i ainsi aimanté ce barreau communiquera les propriétés magnétiques à h!''W*\ de manière que leurs eourans aient la même direction aux angles d" et ii' ifnt lesquels ils se touchent; les eourans produits dans le barreau k"*W iront donc sur sa face antérieure dans la direction a'"d"\ et comme l'extrémité Af'^ est k la ,droite de l'observateur plac^ toujours de la même manière dans ces eourans , k" sera le pôle aus frai de A'"B'^

L'aimant AB qui aurait aimanté A'^'B^'' de manière que le pôle boréal de celui-ci fôt en h!'\ s'il l'avait ton-

ché immédiatement , Taimantera donc au contraire de manière que Â^'^ soit un pôle austral de même nom que A, quand ils ne communiqueront que par l'intermède du barreau A^'B'^ dont l'axe est perpendiculaire aux leurs : or, c'est précisément ce qui arrive quand il se forme un point conséquent dans un barreau fortement trempé qui touche le pôle austral d'un aimant par une de ses extrémités. La partie voisine du barreau s'aimante d'abord de manière que cette extrémité est un pôle boréal , comme l'extrémité B de l'aimant AB que nous prendrons pour la rq)résenter, en représentant l'autre partie du barreau par A'"B'"; tant que l'électricité de cette dernière partie pourra obéir librement à l'action des coarans de AB, on* aura le cas où AB étant déjà aimanté mt Af^^W^ ne Tétant point encore , ils se touchent immédiatement » c'està-dire que l'aimantation se propagera toujours 'dans le même sens; mais si la dureté de la trempe s'oppose à cet effet, il arrivera dans le 'barreau , quoique oontiiiu » ce qui arrive à AB et à Af^^W^ quand ils ne communiquent qu'à l'aide du barreau h!'W\ dont l'axe est peq)eiidicu' laire à la direction des leurs; il se formera dans le barreau continu des courans tournant autour d'une noimaie à sa surface , semblables à ceux qui se produisent dans A^^B'^ Ces courans tendront donc à aim^mter le reste du barreau dont nous parlons en sens contraire ,: comme ceux de A^'B'' aimantent Af^'B"^ , de^manière que' ses pôles soient situés en sens inverse de ceux de AB , et il se produira ainsi un point conséquent , conformément à l'expérience que nous nous étions proposé d'expliquer.

86. C'est par cette tendance des courans- électriaues établis autour de Taxe d'un aidai^t à en produire , dans le sens que nous venons d'indiquer, autour de l'axe d'ao barreau dont la direction eét perpendiculaire à la simine, qu'on explique , lorsqu'on considère lés phénomènes magnétiques comme dus à des courans électriques , toutes les circonstances des effets produits par les armures. Les bornes dans lesquelles cet exposé devait être renfermé , et que nous n'avons déjà que trop dépassées , ne nous permettent pas d'entrer à cet égard dans des détails que le lecteur pourra abément suppléer d'après

ET DE l'ÉLECTEICITÉ. 253

tout ce qui précède. Le même motif nous empêche de discuter toutes les circonstances que présente l'aimantation d'un barrea^u à Taide d'un ou de plusieurs aimans dans les diverses situations qu'on peut leur donner l'un à l'égard de l'autre , et suivant les divers mouvemens qu'on peut leur imprimer. Ces circonstances peuvent être facilement prévues dans chaque cas , en partant de la théorie que nous avons adoptée « et dont nous venons d'expliquer les principes ; elles en deviennent ainsi une confirmation très-propre à en compléter les preuves.

87. L'existence des courans dans le globe terrestre et qu^'ue?on"^" dans les aimans se rattache naturellement à la propriété feTco^uraos"*'^ connue de deux corps en contact dont chacun enlève à *iâ**ïfrre*etdes l'autre une des deux espèces d'électricité. Lorsqu'ils com- aimans. muniquent en même temps , dans un autre point de leur surface , par des conducteurs liquides dont l'action ne détruit pas'Ia leur, il se produit nécessairement ce que nous avons nommé courant électrique. Il suffit , comme nous l'avons dit plus haut, de supposer que dans l'acier aimanté les molécules sont rangées dô manière à former transversalement à son axe la même disposition qui a lieu dans une pile dont les deux extrémités se rejoignent; chaque molécule avec l'espacé qui la sépare de la suivante 9 faisant le mêpe effet que dans la pile un élément cuivre » zinc et liquide. Nous ferons remarquer à ce sujet qu'il n'est pas nécessaire pour produire une action électromotrice que deux corps de nature différente agis» sent l'un sur l'autre, puisque l'on^sait qu'au moyen d'une simple difi!èrence de température ou même de forme entre les deux parties d'un même métal , ce métal peut être employé à former une pile dans laquelle il fera un effet analogue à celui que le cuivre et le zinc à la fois font dans la pile ordinaire.

La direction des courans du globe terrestre de l'est à Fouest est remarquable par sa direction à peu jjf es opposée à celle du mouvement de la terre avec lequel cette direction a sans doute un rapport qu'on ne peut encore établir d'une manière incontestable. Dans l'hypothèse où Tespace serait rempli d'une matière très-élastique ,1^ mouvement apparent de cette matière rapporté au globe coïnciderait aussi à peu près avec la, direction des cou*

rans éfectriques , qui doit , peut-être , être attribuée k cette cause.

D'après les expériences connues oii deux corps de même nature , mais à des températures différentes • dissent galyaniqiiement l'un sur Tautré , il est d'ailleurs {probable que les courans du globe sont dus en partie k 'action calorifique du soleil qui, traversant dans son mouvement diurne tous les méridiens , en allant de l'est à l'ouest, échauffe successivement toutes les parties du globe qui sont sous ces divers méridiens , et établit ainsi des courans dans un sens déterminé. Au reste , indépendamment de cette considération , il n'est guère possible * que dans un assemblage de matériaux hétérogènes , tel que le globe , les actions galvaniques ne fassent nattre des courans qui, même en supposant leur intensité très faible , ne laisseraient pas de produire un effet sensible à cause de leur grand nombre. Mais , quelle que soit la Cause de la disposition électrique du globe » c'est dans l'action du soleil sur les courans de sa surface , dont il doit ' faire varier l'intensité^ qu'il faudra chercher la cause des variations diurnes et annuelles de l'aiguille aimantée , tandis que les changemens de l'inclinaison et de la déclinaison , qui embrassent une période beaucoup plus longue , semblent devoir dépendre des variations bien plus générales qu'éprouverait la disposition de l'électricité en mouvement dans toutes les parties du globe à la fois.

88. La déclinaison de l'aiguille aimantée dans l'hypothèse que nous adoptons sur la cause des effets de l'aimant , est due à la différence qu'il y a entre l'est et l'ouest géographiques et la direction des courans terrestres auxquels 1 aiguille est toujours perpendiculaire.

< L'action de la température 8i|r rinteositc des conrans électriqncf prouvée yar divers phénomènes offerts par les piles voltaî<{ues exposées à différentes températures , vient de recevoir une nouvelle confirmation par ceux que sic H. Davy a observés en chaufbnt ou refroidissant des parties d'un fil conducteur élevé par l'action voltaîque à la température où ce fil commence à rougir; dès qu'une partie est un peu moins chaude que l'antre , cet effet disparait , et la partie qui Test un peu plus passe à l'état d'incandescence. Gomme nous ne coanaissons point les détails des expériences de ce grand physicien , nous ne pouvons ici que les indiquer.

Page 1