SOUTIENS SÏHPLES DE LA COMBUSTION
Du Chlore.
Le chlore , qui parait être susceptible de combinaison avec tous les combustibles simples , et de former avec ces corps , lorsqu'ils n'ont pas dès propriétés acides , des comp<f^és appelés chlorures , peut s'unir également aux terres alcalines , aux alcalis et probablement avec quelques-uns des oxides métalliques. Ces combinaisons don-> nent naissance à une suite de chlorures , dont quelquesuns méritent une attention particulière , & raison des objets d'utilité , auxquels on en a appliqué l'usage. Parmi ces composés formés par l'union du cHTore avec les terres alcalines , celui qui offre le plus d^importance , est le souS'btchlorure de chaux , qu'on distingue ordinairement par le nom à^oxtmuriate {chlorate) de chaux, oa poudre de hlanchiment»
On prépare cette substance , qui se trouve ordinairement dans le <:ommerce à l'état d'une poudre sèche , en faisant passer un courant de vapeur de chlore » à travers de la chaux éteinte , jusqu'à ce qu'elle refuse d'en absorber davantage. Il est nécessaire de maintenir, pendant cette opération , la chaux froide ; on y parvient en entourant d'un courant d'eau froide les vaisseaux de plomb dans lesquels la poudre se prépare. Si l'on néglige défaire absorber ainsi la chaleur , elle s'accumule peu à peu « et à une certaine température , la chaux , perdant son oxigène , est convertie en calcium ; de sorte , qu'au lieu de chlorure de chaux on obtient du chlorure de calcium , qui n'a aucunélaculté blanchissante quelconque. On pourrait substituer, dans ce procédé, de la chaux non éteinte h l'hydrate de chaux ; mais, dans ce cas^ il est trèsclifficile d'éviter que la chaleur ne s'élève assez ppur décomposer la chaux* Cependant , M. Thomson , annonce
Chlorures.
Sou8-bich1orurede chaux.
258 SOUTIENS SIHPiES BS th. COMËUSTION.
qu'il a réussi à s'enservir, sans éprouver cet incouTénietlt i en opérant en petit.
G^st,' suivant M. Thomson » M. Macintosh de Glascow, qui eut le premier l'idée » en 1 798 » de la préparation du chlorure de chaux à l'état solide , et elle fut immédiatement mise en pratique par Tonnant et par lui. II fut formé, pour la fabrication de chlorure de chaux, uiTëtabllssement qui a été successivement porté à l'état de perfection où il est actuellement parvenu.
vnpriéiés, Q^ chloruro , récemment préparé , est parfaitement sec^au toucher; il est blanc , et d'une odeur particulière» ayant .quelque rapport avec celle du chlore, mais beaucoup moins malfaisante ; sa saveur est chaude et alcaline , ce qui est dû à de la chaux non combinée «que la poudre contient toujours. La saveur de sa dissolution dans l'eau est astringente , et très - analogue à celle du chlore lui-même. Ce chlorure ne se dissout qu'en partie dans l'eau, il reste une quantité de chaux, qui varie en raison du soin qu'on a mis à le préparer , mais toujours fSh est considérable. Cette dissolution a la propriété de détruire les couleurs bleues végétales , et les blanchisseurs en déterminent la bonne qualité, en essayant combien I9 dissolution d'un poids donné du chlorure peut décolorer d'une dissolution d'indigo dans de l'acide sulfurique d'une force connue. C'est cette propriété qui la rend d'un emploi utile pour le blanchiment. Il suffit de dissoudre la poudre dans l'eau , de décanter la liqueur claire , d'y mettre la toile à blanchir , et de l'y laisser séjourner pendant quelques heures ; son blanchiment s'opère par ce simple procédé. Le chlorure de chaux » soumis à. l'action de la chaleur , donne du gaz oxigène ; car, à une température élevée , le chlore ayant pour le calcium une affinité plus forte que celle de l'oxigène pour cette base , il en sépare ce principe. Cette décomposition a lieu à une température , qui n'excède pas 3 16 degrés centigrades. Par cet effet de la chaleur sur le chlorure àfi chaux , il est converti en un mélapge de chlorures de calcium et de chaux, dont le premier devient hydro-chlorate de chaux , lorsqu'on introduit ce mélange dans l'eau. Lorsqu'on fait dissoudre le chlorure de chaux dans l'eau , le même changement s'opère peu à peu p ac*
GHLOK£. âSg
compagne aussi de dégageaient de gaz-oxigène. II s'en*^ suit que cette dissolution , si elle n'est pas promptement ^employée , ne tarde point . à perdre sa propriété de blanchir ; et même le chlorure sec éprouve , quoiqu'au bout d'un temps plus long , un semblable changement. M. Thomson annonce en avoir souvent conservé jusqu'à ce que sa faculté de blanchir eût été entièrement détruite.
Ce cUorurOy à l'état de pureté parfaite » et lorsque la composUioQ. chaux est saturée de chlore , est comjposé de deux atomes de chaux hydratée , et d'un atome de chlore , ou de
bydrate de chaux i 67,86
Chlore 62,14
Hais M. Thomson observe , qu'ayant souvent analysé ce chlorure récemment préparé , et par les meilleurs fabricans , il ne l'a jamais trouvé entièrement dépouillé d'un mélange d'hydro-chlorate de. chaux , et aussi de chaux non combinée. Dans quelques cas , la proportion de l'eau dans la poudre est ^très-grande et s'élevant à près d'un tiers du tout. Celle, la plus considérable qu'il ait recommue , de la chaux unie avec le chlore , était de 0,75 du tout , et la plus petite, de 0,375. La quantité de l'hydro - chlorate de chaux présent dans la poudre récemment préparée , est toujours faible ; mais elle augmente en raison de ce que le chlorure a été plus ou moins longtemps gardée La dernière analyse que M. Thomson annonce avoir faite de cette poudre , dans l'état où elle se trouve dans le commerce , lui a donné pour résultat , sur 100 parties , savoir :
Sous-bichlorure de chaux. • « . • , 56, Ss
Hydro-chlorate de chaux. .^ i8,5o
Chaux ^ non-combinée 98, o5
Eau 16995
100»OQ
Lorsqu'on dissout la poudre dans l'eau,- la moitié de la chaux se sépare du chlore; de sorte que la dissolution contient un atome de chlore et un atome de chaux.
260 S0I3T1BNS SIMPLES Dfe LA GÔHBUSTÎOf^»
Modeuaoa- M. ThoiDSon B âdopté Dour l'analyse de la poudre , cl ^^'*''' comme la plus exacte , la méthode suivante : il expose
un poids donné de la poudre , à une chaleur d'environ S 16 degrés centigrades , dans une cornue communiquant à une cuve pneumatique , et il reçoit le gaz oxigène dégagé dans une jarre graduée. La perte de poids , qu'éprouve la poudre , moins le poids de l'oxigène dégagé , donne le poids de l'eau contenue dans la poudre. Ur , d'après l'oxigène dégagé , on peut déterminer très-exactement la quantité de chlore contenu dans la poudre ; car le chlore , en le supposant à l'état de gaz , est préci-. sèment d'un volume double de celui du gaz oxigène dégagé ; si Ton a obtenu 5 décimètres cubes de gaz oxigène, le volume du chlore existant dans la poudre sera d*un mètre cube.
Après avoir ajouté à la poudre , qui reste dans la cor- , tiue , de l'eau en très-grande quantité , on la laisse en digestion sur cette poudre , ] usqu'à ce que l'hydro-chlorate de chaux ait été dissous en totalité. Un fait ensuite passer , à travers cette dissolution , un courant de gaz acide carbonique \ pour précipiter toute la chaux retenue en dissolution. Le carbonate de chaux , ainsi séparé est séché et pesé ; on prend alors le poidç de la dissolution aqueuse d'hydro-chlorate de chaux , et en évaporant à siccité 100 parties , on juge , par le poids du résidu salin , de la totalité de l'hydro-chlorate de chaux contenu dans la liqueur ; et de cette quantité d'hydro-chlorate de chaux , on déduit très-facilement les proportions d'acide hydro-chlorique et de chaux qui existaient dans le sel. En comparant ensuite la quantité de chlore dans la poudre avec celle de l'acide nydro - chlorique dans le sel , on peut aisément déterminer s'il y avait dé' cet acide préexistant dans la poudre , avant l'application de la chaleur, et en quelle quantité.
Enfin 9 la portion de la chaux qui n'a pas été dis* toute est pesée et analysée.
On reconnaît donc , avec exactitude , en opérant ainsi, les quantités de chlore » de chaux , d'acide hydro-chlorique et d'eau , qui existent dans la poudre , et par conséquent sa composition est réellement déterminée.
C'est M. Dalton qui prouva le premier, que^ dans
CHLORE.^ âOi
cette poudre , le chlore était toujours, combiné avec deux atomes de chaux.
M. Thomson annonce avoir formé des. chlorures de Baryte , de stroQiiane , de magnésie et de soude , par décomposition double du chlorure de chaux. Ces chlorures jouissent de propriétés analogues ; mais comme ils n'ont encore paru susceptibles d'aucun emploi utile, il ne lui semble pas convenable d'entrer dans des détails particuliers sur leur nature. ' , ,.
T I 1 • • > i> i«. ri t* Chlorure dt».
. Le chlore» amsi qu on 1 a dit, refuse de se combmer cbaux. directement avec la chaux vive et avec le marbre sec, en poudre» ou du moins on ne parvient à opérer cette combinaison qu'avec une extrême dii&culté, mais la chaux éteinte l'absorbe rapidement, et avec dégagement de beau* coup de chaleur; et comme on s'est assuré que dans la
ÎroducUon de ce sel, de même que dans sa dissolution , n'y a point d'acide chlorique formé , on en a dû conclure que tout le chlQre agit seulement comme clilore.
Les blanchifl^eurs qui font usage des dissolutions de chlorure de chaux , en déterminent ordinairement la force par la quantité d'une dissolution donnée de sulfate d'indigo qu'elles peuvent décolorer. Mais il a été annoncé dernièrement {Ânnals of philosophy, nouv. série , i . 72 ) , que , d'après plusieurs expériences sur ce sujet , il y a lieu de penser qu'on ne peut avoir aucune confiance dans ce réactif; Bi cette opinion est fondée sur les résultats suivans d'essais faits sur des dissolutions de chlorure de chaux et de sulfate d'indigo.
Deux dissolutions de sulfate d'indigo et de chlorure de chaux furent préparées telles, qu'en mêlant deux mesures égales de chacune d'elles , la décoloration de la dissolution d'indigo était complète.
La dissolution de chlorure de chaux ayant ensuite été étendue avec différentes proportions d'eau , on reconnut , 1* qu'une mesure de dissolution de chlorure de chaux», étendue d'une mesure d'eau » produisit une liqueur qui décolora 1 mesure j de dissolution d'indigo.
2* Qu'une mesure de la dissolution oc chlorure de
^ $" édition de Thomfony voL II» page a38; Annait ofphiiosofhy^ x» i5.