‹ Systéme de chimie (volume 2)Chapitre 32 sur 79 · INTERMÉDIAIRES · texte numérisé non relu

INTERMÉDIAIRES

Séléniure»

Union avec le ptatine.

Sulfure/,

De V Antimoine;

L'Antimoine se combine aisément avec le sélénium , et cette combinaison produit de la chaleur. Le composé se fond et forme un bouton métallique à texture cristal- Une. Le séléniure , lorsqu'il est fortement chauffé à l'air^ se recouvre d'une scorie vitreuse. '

M. Fox a observé ( Annals ofphilosophy, xiii » 4^7 ) que Tantimoine et le platine se combinent très * rapidement et avec ignition. Il pense que le platine , par son alliage avec l'antimoine , qu'on en sépare ensuite par la 'chaleur» peut être rendu suffisamment pur pour son emploi dans les manufactures. '

Du Chrome*

M. Lassaigne , s'occupant de recherches sur l'oxide de chrome, essaya de plusieurs manières et sans succès de le décomposer par le soufre pour en. opérer la combinaison avec ce corps ; mais réfléchissant que la plupart des chlorures métalliques ont la propriété d'être décooiposés par le soufre et convertis en sulfures , il crut devoir tenter ce nouveau moyen. En faisant bouillir ensemble de l'acide chromique et de l'acide hydro - chic* rique en excès , et évaporant à siccité dans une capsule de porcelaine, il obtint, sous .forme d'une masse boursouflée très -légère, un chlorure de chrome d'un rose

' 6* édition de ThomsoD , toL I , page 556 ; Annales de chimie et de physique, tome IX, page 949*

* 6* édition de Thomson^ vol. I, page 558.

GHKOHE» ^1

iiortenm. Après avoiV alors mêlé ce eUoràre , vèdnh ea poudre» avec •cinq fois son poids de fleurs de soufre «il introduisit le mélange dans un tube de verre Taooùrbé, qui fut chauffé par degrés jusqu'au rouge blanc.

Il se dégagea d'abord un peu de gaz bydro - aulfurîque, puis du gâs- bydro - chlorique ; lexcès du soufre se sublima ensuite avec une petite quantité de chlorure de chrome rose ; enfin,» il se manifesta vers la fin dcila calcination des vapeurs blanches très-épaisses , d'une odeur piquante désagréable , qui étaient du chlorure de soufre.

La partie inférieure du tube renfermait une matière très-légère d'un gris noirâtre , se réduisant ca poudre avec la plus grande facilité; matière» que par plusieurs épreuves» M, Lassaigne s'assura être un véritable sulfure de chrome.

Ce sulfure est gris noirâtre» onctueux au toucher; il laisse sur les corps contre lesquels on le frotte » des traces noires» brillantes comme la plombagine ; chauffé au rouge cerise dans un creuset de platine » il brjûj^ comme du pyropbore» en répandan.t une odeur très -viiF^ d'acide sulfureux» et donnant naissance à un Qxide' dç dirôme d'tm vert foncé.

L'acide nitrique n'attaque pas sensiblement ce sulfure» même à l'aide de la chaleur; mais l'eau régale le coa^ vertit en acide sulfurique et en chlorure de chrome vert, t

Pour déterminer. la composition de ce sulfure » M.Xasr saigne le traita d'abord avec du nitrate de potasse. Le soufre et le chrome étant alors convertis en acides sulfurique et chromique » il se forma du sulfate et du chromate de potasse ; et en précipitant ensuite la dissolu4ion» du ré^du de leur calcination, par du nitrate acide de baryte , il déduisit » du sulfate de baryte obtenu » la quantité de soufre » et crut pouvoir conclure du résultat moyen de deux expériences, que le sulfure de chrome» qu'il avait ainsi prépai:é » consistait dans :

Chrome. , . .x. . . • • 100,00 Soufre # • • 10,54

Par suite de ces expériences » M. Lassaigne a trouvé

. f. t .i.iiij.

«m .pvôèédé pids prompt et plus écoaomiqtie pour pré*^ îparer Toxide de chrome d'une belle couleur yerte, et qui ^'obtieut toujoars au iiiéme éef,té d'intensité.

Ce procédé consiste à calciner au rouge, dans uo «reu«et de terre fermé , un mélange à parties égales de chromale de potasse cristallisé , ou en masse , ce qui réussit également bien , et de soufre. On lessive ensuite la masse Yerdétre qtf '«b obtient, pour dissoudre le sulfate et le sulfure de potasse , qui se sont formés pendant la calcinatioD; Toxide 4^ cbrome se précipite^ et êm moyen de plusieurs lavages , on le met h Vétat de pureté.!^ h^"ro??vecie BeTlMer , ingénieur dek mines, a fait, sur les

fer et l'acier. aUtagos du chtAoke avoc Ic fer et avec l'acier, des expériences , dont les résultats lui ont donné lieu de coq- -elure , qu'avec un minerai de fer chromé ^ on peut préparer un alliage très-riche en chrome , en faisant fondre le fer?^* ^^^ ^ «Dînerai au creuset brasqué avec o^5o de chaux et 0,70 de silice , ou avec ' i ,00 de verre alkalin » ou mieut encore Aiptc o,4o de borax vitrilié; «4 «que pour ex^ traire le plus de chrome possible d'un minerai de fer «hromé , il faut ajouter aux feodans une certaine- quantité d'oxide de fer.

Avec lacier. M. Borthicr a préparé l'alliage du cbr&me avec l'acier ^ ea fondant de l'acier fondu de première qualité , cassé

tm ti<è«-petits morceaux , avec un alliage de fer et de dif^me. 11 pense que cWt ain^i qu'on pourra prépaver cet alliage en grand , en substituant l'acier céiaèaté li 4'aoier fondu. Il n'y aurait pps, suivant lui, d'avantage à remplacer l'alliage de fer et de chrome par du mineraî de fer chromé , mêlé avec de la poussière de charbon , parce que le verre terreux , que l'oci met dans les creusets pour décaper les morceaux d'acier, et pour les préserver du contact de l'air , dissofidrait probablement ia plus gronde partie du minerai, et emBécheraîl sa réduction , ce dont on peut d'ailleurs faire 1 essai. . M. Berthier annonce avoir préparé ainsi deux alliag^ea d'acier fondu et de chrome, l'un contenant 0^0 10 d« chrôine, et l'autre 0,01 5 ; ces alliages se sont bien for« gés tous les deux ; on en a fait un couteau et un rasoir «

* ÂttnalcB de chimie et de physique , tome XIV, page 399.

D2 t*BAt^ 3aS

itoiïi )es lames se dont trouvées très-bonnes , avec tran-^ <:fhant paraissant dur qï solide* Ces lames » frottées avec de l'acide sulfurique , onf pris un beau damassé , agréablement veiné d'un blanc d'argent très-brillant, ressemblant beaucoup à celui qu'op obtient en alliant l'argent, à l'acier. M. Berthier regarde comme probable , que les parties blanches sont du chrome pur, sur lequel il est connu que les acides n'ont pas d'action ; et il y a lieu de croire , suî^vant lui , que racier chromé sera proJ)re" * à faire des Ifimes de sabre damassées , solides , dures et d'un bon effet , et beaucoup d'instrumens de coutellerie fine. ' '

OXIDÉS NON-SAI.IFIABLBS.

De tEau.

C'est à M. Thénard que la chimie doit ^importante £»<> oxigën^t. déceaverle de la eomfoinaison di^ t'oxigène avec j'eau , et la oonoaissancc des propriétés extràordînaîres que possède l'eau oxigénée.

Dans le compte que ce savant a successivement rendu à^ l'Académie des sciences de FInstitut de ^es recher* cfaes et de ses expériences sur les acides et ox{des oxi« ffiéaés» il expose, qu'ayant eu lieu de remarquer l'Itlflaence de l'eau daas l'oxigénation des acides , il se trouva uatureliement porté à s'assurer si l'eau seule ne serait pas susceptible de s'oxigéner; et il essaya d'opérer cette oxîgéQation au moyen d^ l'acide sulfurique oxi^aé et de r«au de baryte. Âyaut , à cet effet , ViCrsé' peu à peu de l'eau de baryte 4^ns l'acide sulfurique o-xigêné , en ay^nt soin d'asiter constamment la liqueur, il remarqua^ qu^en approdhantdu point de saturation^ l'effervescence qui , ju8qae4à n'avait pas été' sensible , devenait 4issee vive-, et que le sulfate de baryte se précipitait en flocons. La liqueur filtrée , après sa satùralion complète , ne contenait plus ui acide sulfurique , ni baryte , et cependant elle renfer.maît beaucoup d'oxigène. M. Thénard cr«t pouvoir en conclure que l'eau est susccyptible de s'oxigéner.

* Annalei de chimie et de phjroi^ue^ lome XYlf , page 55. '

324 ®E l'éau.

Ce savant ayant ensuite dirigé ses recherebes sur l'eau dans son état d'oxigénatian , il a jugé nécessaired'en présenter les résultats avec les observations qu'elles lui ont donné lieu de faire, dans un mémoire que l'exposé de faits nouveaux si jmportans rend du plus grand intérêt.

M. Théùard annonce d'abord , dans ce mémoire , que, par eau oxigénée, il n'entend pas désigner la dissolution du gaz oxigène dans l'eau ; mais , qu'il se sert provisoi^ rement de cette expression pour désigner une tout autre combinaison, dont, jusqu'à présent, l'on n'a point observé d'analogue , en la considérant du moins sous le rapport des propriétés qui la caractérisent. Il j décrit ensuite la préparation de l'èau oxigénée; et après avoir traité de son analyse , il examine ses propriétés et celles des nouveaux produits que cette eau forme dans son contact avec certains corps.

^^Prëparaiion^ On prépare l'eau oxigénée ainsi qu'il suit : Après avoir né^ dissous du deutoxide de barium dans de l'acide hydroK

chlorique , et versé dans cette dilssolution une certaine , quantité d'acide sulfurique , on répète nombre de fois les deux opérations sur la même liqueur; c'est-à-dire» qu'à la première dissolution du deutoxide de barium dans laquelle on a versé de l'acide sulfurique , on ajoute un certain nombre de fois du deutoxide de barium , et ensuite de l'acide sulfurique. Dans cet état de la liqueur on y introduit du sulfate d'argent, et enfin de la baryte. Après avoir alors séparé par le filtre tous les précipités auxquels ont dû donner lieu les additions successives à la liqueur, d'acide sulfurique , de sulfate d'argent et de baryte , on a de l'eau chargée de beaucoup a oxigène. Dans. cette manière d'opérer, l'acide hydro-cblorique dissout promptement le deutoxide de barium, d'où ré- ^ ^ulle très'probablement de l'hydro-chlorate de baryte et de l'eau faiblement oxigénée. L'acide sulfurique s'empare de la base de l'hydro-chlorate , avec laquelle il produit dans la dissolution un .précipité de sulfate de baryte; et l'acide hydro-chlorique , ainsi rendu libre , peut agir sur une nouvelle quantité de deutoxide de barium » introduite dans la liqueur, et dont on sépare de même ensuite la baryte; de sorte qu'en y ajoutant alternativemeac

du deuioxide de barium et de l'acide sulforique , on parvient à obtenir une eau chargée d'acide hydro-chlorique çt de plus ou moin.^ d'oxigèae. En mettant ensuite dans "^

cette eau .du sulfate d'argent , il se produit un chlorure d'argent , qui se précipite , et l'acide hydro-chlorique y est remplacé par l'acide sulfurique ; et enfin , par une addition de baryte , on sépare en totalité ce dernier acide qui se précipite dans. la liqueur en combinaison avec la baryte , et cette liqueur n'est plus en dernier résultat que de l'eau plus ou moins oxigénée. Mais on. ne réussirait qu'imparfaitement dans ce procédé de préparation de' l'eau oxigénée « si les matières dont il nécessite l'emploi n'étaient pas pures , et mises en proportion convenable. Et' conofme M. Thénard considère qu'il est très-difficile , sinon impossible , de se procurer du deutoxide de barium parfaitement pur , il a cru devoir inniquer, dans le plus grand détail » les précautions à prendre pour assurer le succès des opérations. . .

Pour préparer le deutoxide de barium , il faut .opérer ^J^J^Si^l^X d'abord avec du nitrate d^ baryte exempt de toutes ma- barium. tières étrangères ; et l'on parvient h le rendre, tel en ajoutant un excès de baryte à sa dissolution dans l'eau , et en faisant cristalliser la liqueur, après l'avoir filtrée, dans des vases de platine, d'argent ou de porcelaine. Qn décompose ensuite ce nitrate ainsi purifié par la chaleui^, en se servant h cet effet , non d'une cornue de grès , qui contient trop d'oxide de manganèse, mais d'une^cornue dcporcelaine bien blanche. Cette opération , dpnt l'objet est d'extraire la baryte du nitrate de cette bas^e , peqt avoir lieu ,. suivant M. Thénard ^ sur . une quantité de Si kilogrammes à s kilogrammes, et demi de i^itratiB de baryte à la fois , et l'on juge qu'elle est terminée lorsu'il ne se dégage plus d'oxigène ; ce qui se reconnaît acilement en introduisant une allumette dans le col de la cornue. La baryte , ainsi séparée du nitrate , reste bien unie à une quantité assez forte de silice et d'alumine; mais l'essentiel est qu'il ne s'y trouve que des traces d'oxide de manganèse, qui a la propriété do chasser avec une grande énergie l'oxigène de l'eau oxigénée. ,

On introduit alors la baryte, après l'avoir promptement réduite en morceaux de là grosseur de Textrémilé

fa

Z26 DE L^EAtJ.

du pouce , daiis. un tube de verre Uiié pouvà&t en c<m«tenir 1 kilogramme; ei ce tube ayant ëté entouré de feu^ de manière à le faire rougir légèrement , on y fait arriver un courant de gaz oxigène , après l'avoir fait pa$5dr à travers des fragmens de chaojt vive pour le dessécher. Quelque rapide que soit le courant de ce gaz , il est complètement absorbé; de sorte que, lorsqu'il se dégage »ar le petit tube , qui doit faire suite à celui contenant la baryte, on en peut conclure que lé deutoxidedebarium est fait. Il convient cependant de maintenir encore le courant de gaz pendant 1 si à 1 5 minutes. Le tube étant en grande partie refroidi, on en retire le deutoxidc pour le conserver dans im flacon bouché*

Le caractère distinctif du deutoxide de barium est de se dilater par quelques gouttes d'eau , sans Téchaufler. Sa couleur est le blanc-gris , avec quelquefois aussi de petites taches vertes qui annoncent la présence d'un peu de manganèse* M. Thénard pense , d'après les tentatives qu'il a faites pour éviter ces tâches « que la portion de manganèse qqi les produit provieiit plutôt du tube de verre que de la cornue; et ilc^oit pouvoir se persuader qu'elles ne disparaîtraient com{)létement qu'en préparant la baryte et le deotoxide dans des vases de plaiiàe.

Quant à Toxigène qu'on fait passer sur la baryte pour la convertir eh deutoxide de barium , M. Thénard fait obseirver, cômine uue remarqué importante, que si on l'a extrait de l'oxide de manganèse , il faut faii^ en soHe que èet oxide ne contienne pas de carbonate. S'il y en existait , ou aurait soin de l'en débarrasser^ av^t de s'en ^ servir, en le mettant en contact , après l'avoir pulvérisé, avec un excès d'acide hydro - chiorique , en le lavant bieii ensuite , et le faisant sécher. De plus , il convietidrait de faire passer l'oxigène à travers Une dissoititioh de îpotasse caustique , et même de fragmens de pierre à cautère , pour acquérir la certitude qu'il n'arrivé point d'atide carbonique jusqu'à Ib baryle ; et cette précaution est d'èutànt plus néc(Sssaire , que l'acide carbonique qui accompagnerait l'oxigène s'opposerait, en se combinant avec la baryte , à sa conversion éû deutoxide de barium.

de'u&yte!**" Pour opérer alors la dissolution du dèuto^de de

DE l'eau. 3^7

barium par l'acide hydro-cblorique ^ on ajoule à cet, af^Ide pur et fumaot de l'eau ea qaaptilé suffisaotcpour que l'acide , étendu de 2 décilitres^ par exemple , .de ce liquide» puisse dissoudre enviroa 1 5 grammes ae baryte ; . et après avoir mis cette liqueur acide daQS un vase maiateou constamment entouré de. glace» on y introduit», après les avoir très-légèrement humectés , puis sucessiv/ement broyés dans un mortier d'agate , ou de verre , et à mesuré qu'ils sont réduits en pâte fine» 12 grammes du deutoxide. Ils s'y dissolvent promptement et^ sans effervescence , surtout par l'agitation. La dissolution étant complètement achevée , on y laisse tomber goutta h goutte de l'acide sulfurique pur et concentré jusqu'à ce qu'il y en ait un léger excès ; ce qui se manifeste par la propriété qu'a le sulfate de baryte , qui se forme' tout à coup , de se déposer facilement en flocons; et celte indication est celle du point auquel il convient d'arriver Iiour que la liltration de la liqueur se fasse ensuite avec a plus grande facilité. Lorsqu'il ne passe plus rien par le hltre , il faut verser sur ce qui reste une petite quan • tité d'eau distillée > qu'on réunit à la liqueur primitive ; «t même , pour ne riep perdre , on peut , après avoir étendu le filtre égoutté sur un plan de verre » enlever la matière » la délayer dans une très-petite quantité d'eau , çt filtrer le tout. Les eaux» ainsi obtenues» étant peu chargées ^ servent pour laver ultérieurement les filtres. Ces opérations de la dissolution du d.eutoxide de barium par l'acide hydro-chloriquç » et de la précipitation de la îiaryte.par l'acide sulfurique étant terminées» on y pro- €:^de successivement de noMYeau et de la même manière» •ainsi qu'on l'a déjà dit, jusqu'à ce que la liqueur soit assez chargée d'oxigène.

. Oq peut » en employant la quantité d'acide hydroehlorique indiquée» traiter enri|>oii go à 100 grammes de deutoxide de barium; il en résulte une liqueur chargée de 25 à 3o fois son volume d'oxigène ; si l'on voulait l'oxigêner davajjitage , i\ faudrait y ajouter de Vt^cide hydroehlorique. M. Th^nard annonce être parvenu plusieurs fois, parce moyen 1 à charger la liqueur de i25 vqlumes d'oxigène; mais alors il l'acidifiait assez tout de suite de inanière à pouvoir y dissoudre 3o grammes de deutoxide ^

328 UE l'eac.

en ayant soin de maintenir Tacidité au point de pooroFr encore , après cette première dissolution , y faire dissoudre^ 20 grammes de plus de deuloxide , sans l'intermède de TacSde sulfuriqne ; mais il a reconnu , qu'il n'y aurait pas d'avantage à opérer ainsi , en considérant la quantité de gaz que la liqueur laisse dégager du jour au lendemain , dèsqu'eUe renferme environ 5o volumes d'oxigène. Lorsque la liqueur est chargée d'oxigène autant qu'on le désire , on 1^ sursature de deutoxîde en la tenant toujours dans la glace. Bientôt il s'en sépare en abondance des flocons de silice et d'alumine , ordinairement colorés enjauneparun peu d'oxide de fer et d'oxide de manganèse. On jette le tout sur un filtre de toile , on y enveloppe la matière pour l'y comprimerfortement, ce qui dort se faire très-promptement ; car » si peu qu'il y ait dans le résidu d'oxide de manganèse , cela suffit poiir produire un déga-

(;ement assez considérable d'oxigène. Pour précrpiter de a liqueur filtrée le peu de siliee et d'oxide de fer et de manganèse qui aurait pu y être resté , on y ajoute , en l'agitant toujours entourée de glace , de l'eau de baryte goutte à goutte. Si» la baryte étant ea excès légèrement sensible au papier de curcuma , il ne se produit point de précipité » c'est une preuve que tout Toxide de fer , et tout l'oxide de manganèse sont séparés; et*, comme on nel peut trop vite isoler l'oxide de manganèse à raison de la quantité de gaz qu'il chasse de la liqueur, il faut , aussitôt l'addition suffisante^ de baryte, la filtrer le plus promptement possible en se servant à cet effet de plusieurs filtres à la fois et que souvent il faut employer en double pour suppléer au déchirement , par le gaz , du filtre simple* ï)<fcomposi- Pour séparer alors l'acide hydrô-cUorique de la liqueur bydrocbiori- daus cct état, on commeuce par en précipiter toute la *^^' baryte par un jietit excès d'acide sulfurique , puis après l'a-

voir filtrée et entourée de glace, on y verse peu à peu , eD l'agitant , du sulfate d'argent pur , obtenu au moyen de l'oxide d'argent et de l'acide sulfurique , mais préparé de manière qu'il ne contienne point d'oxide libre. Lorsque la quantité de sulfate d'argent employée , est assez grande pour que la décomposition de l'acide hydro-cbloriquo soit complète , la liqueur devient tout à coup limpide de trouble qu'elle était restée jusque-là ; mais^ dç même qu'il

DE l'bAU. 329

itnpôcte que ia liqueuc ne contienne plus tl'acide bydrochlorique , il est nécessaire aussi qu'il n'y reste pas un excès de sulfate d'argent. Il conviendra donc de réprouver successivement et parle nitrate d'argent et par l'acide hydro'chlorique ; ce qui peut se faire en mettant un peu de ces réactifs dans des tubes » et y ajoutant une goutte de la liqueur. Si , au lieu de traiter immédiatement la liqueur par l'oxidb d'argent ; il est recommandé de se* servir de sulfate de ce métal , c'est qu'avec Toxide d'argent on ne peut obtenir de l'eau oxigénée. Chaque fois * en effet qu'on ajoutera une portion de cet oxide à la liqueur , il se produira une eflfervesoence très-sensible , et l'on reconnaîtra, qu'en dernier résultat, la liqueur filtrée ne^ retiendra pas d'oxigène.

Actuellement l'acide hydro-chlorîque ayaht été rem- d^iSmUnplacé dans la liqueur par l'acide sulfurique , il reste à lui "'i'^^enlever celui-ci. A cet effet , après avoir versé cette liqueur dans un mortier de verre , entouré de glace , on y ajoute peu à peu de la baryte éteinte, bien délitée efc réduite en poudre fine , ou plutôt delà baryte cristallisée, desséchée par l'acide sulfurique daAs le vide et bien broyée. On la broie de nouveau dans le vase de verre, et lorsqu'on juge qu'elle est unie à l'acide , on en ajoute une autre partie , etc. Enfin ^ lorsque la liqueur rougit à peine le papier de tournesol , on la filtre , on comprime le filtre dans une toile , et l'on achève la saturation de la liqueur filtrée , en l'agitant , par de l'eau de baryte ; il convient même d'à jouter de cette eau en très- petit excès pour séparer des traces de fer , et surtout de manganèse que la liqueur pourrait contenir encore, il faudra, ainsi qu'on l'a déjà observé , qne la filtratîon soit faite immédiatement après. L'excès de baryte sera ensuite précipité par quelques gouttes d'acide sulfurique faible ; et de manière qu'il reste plutôt dans la liqNeur un peu d'acide que de baryte ; celle-ci tendant à dégager l'oxtfçène , tandis crue l'acide rend la combinaison plus stable.

Après toutes ces opérations » la liqueur claire ue de- deiauqueur. Tant plus être considérée que comme de l'eau oxigénée étendue d'eau pure , on la versera dans un vase de verre à pied , et bien propre , qui sera placé dans une large ^ capsule remplie aux deux iiers d'acide sulfurique con*-

33o DE l'eau.

eenlré , et le tout ayant été introduit soufr la cloche paeuma tique on fera le Tide. L'eau )>ure ayant beaucoup plus de tension que Teau oxigénée , se vaporisera bien plua rapidement; de telle sorte , pak* exemple , qu'au bout de deux jours la liqueur pourra contenir fi5o fois son volume d'oxigène.

L'acide hydro-cblorique n'est pas le seul acide capable ^d'agir sur le deutoxide de barium , de manière à former «n sel de baryte et de l'eau ôxigéoée. Tous les acide« qui peuy,ent dissoudre la baryte , ont encore cette propriété ; mais l'acide hydro-chlorique doit être employé de préférence comme étant celui qui attaque le mieux le deu- \ toxide de barium, et parce que presque^ tous les autres

seraient tiès-difficiles à séparer complètement de l'eaii oxigénée.

Il est aussi d'autres oxides que le deutoxide de barium , qui s mis en contact avec leç acides , produisent de l'emi oxigénée : tels son t les peroxides de potaasiums de êpdiutn^ de strontium, de calcium , et quelques autres encore. Mais il n'est pas possible de s'en servir » non-^euletoeût parce qu'on ne peut pas parvenir à les séparer complètement de la liqueur oxigénée , mais efiooro parce que leur préparaticfki préietite de grandes difficultés.

Ainsi jusqu'à présent, le procédé qui vient d'être décrit est le seul au moyen duquel on puisse se procurer une quantité notable d'eau oxigénée.

Pour conserver le plus long-temps possible l'eau oxi* gênée , il faut » après l'avoir versée dans un long tube de verre fermé à l'une de ses extrémités , boucher avec du liège l'autre extrémité de ce tube et l'entourer de glace. Pourvu qu'on mette les vases à la cave, dans l'été » et qu'on les recouvre d'une cloche » la quantité do glace fondue eu un jour, est très^petito.

VmÛ oxfgénéc. L'analyse d'une eau oxigénée consiste à la transformer eh eau et en gaz oxigène pur; ce qui peut se faire , ou par l'action de la chaleur » ou au moyen de Toxide noir de manganèse , qui a la propriété de dégager l'oxigène do cette eau , sans en absorber et sans en ababdonner la plus petite portion. M. Thénard , qui fit usage de Tun et de l'autre de ces deux modes, d'analyse de l'eau oxigénée , y ph)cé4ait ainsi qu'il suit

B (é\i èb^rrér â'iiboi*d , qu'en opé^aàt aa moyen de ik cbâieof i ii coulaient d*élendre l'eau okigénée d'une ^rtaine quantité d^eau distillée , paifee que le dégage^ ment du gafe d'une eau saturée d'oftigène e«t û brusque et si odâsidérable% qti'il pourrait en résulter quelque danger.

• Après avoir pesé à une bonne balance une ampoule de verre à deux pointes et bien sèche , il y intro^ 'doisait de Tean dxigénée pure i en faisant plonger dans cette eau l'une des pointés dé l'ampoule , et aspirant lentement l'air par l'autre; puis il fehnait, à la flamme d'une allumette i ^extrémité de la pointe par laquelle Teau ojdjgénée était entrée dans l'ampoule , qu'alors il pesait 'de nouveau ; la différence des deux poids lui donnait exactement celui de l'eau oxigénée.

Pour ajouter ensuite de l'eau à cette eau oxigénée , -avant de h soumettre à l'action de la chaleur « il la faisait écouler en brisant l'extrémité de la pointe inférieui^ •de l'ampoule , dans un viferre contenant de l'eau dîstîHée. Ap^ès avoir alors hvé 'par as^piration ^ V^ti^po^l^ ^11^' même , d'abord avec l'eau du verre , puis avec d'auti^ eau , il versait le teut dans un flacon d un poids connu. Il lavatt ensuite le verre , et cette eau de lavage étatlt ajoutée à la liqueur dans le flacon, il le pesait; la difi*érenee des deux poids » du flaccm vide et de ce flacon avec

• la liqueur, lui donnait le poids de celle-ci. En rétranchant aptes cela , le poids déjà connu de l'eau oxigénée > l'excédant était celui de l'eau unie à cette eau oxigénée.

Pour faire subir ensuite à l'eau oxigénée » ainsi étendue , l'action de la chaleur , après en avoir rempli , comme dans l'opération précédente , une ampoule à deux pointes , cette ampoule fut introduite, ses deux pointes ^tant hermétiquement fermées , dans un tube de verre renversé , '^^è centimètres de long, et de s centimètres do diavMre intérieur ^ bouché h son extrémité inférieure ," et rempli de mercure. Alors^ nu moyeu d'une baguette restée dans le tube , l'ampoule ayant été brisée , on chaufla de suite la liqueur en l'entourant de charbons maintenus b une certaine distance dans une galerie circulaire de fil de fer , qu'un manche , également formé de fil de fer , pennetlait d'élever Ou d'abaisser h volonté; et après avoir

332 Ï>E t'EàïJ.

continué de chaufler la liquedr , âoA-seulemen^t|ijsqu'à ce qu'elle ne laissât plus dégager de gaz, mais encore jus^ qu'à ce qu'elle eût été poi'tée à plusieurs reprises à Tétai d'ébuUition » il fut reconnu que tout l'oxigène avait repris l'état gazeux. Le gaz. ayant été.mesuré à la manière. ordinaire, et M. Thénard ayant cru devoir en faire l'essui par l'hydrogène , il le trouva constamment pur à. un demi centième près. - ' *

On procède de même dans l'autre moy«ii d^aaalyse» avec la seule différence que. l'ampoule étant :brisée dana le tube , on introduit success^ivement ^u hauA. de ce tube quelques gouttes de dissolution de pots^^e caustique faible et un peu d'oxide de manganèse délayé dims l'eau ; ou ferme quelque temps après letube avec la main, et,. en l'agitant en divers sens pour multiplier )e^ points de conr tact entre, la liqueur et l'oxide, il ne reste plus qu'à mesurer le gaz. L'objet de l'addilioin de la potasse est de saturer la très-petite quantité 4'aoide que peut coor tenir la liqueur oxigénée acide ; Jequel , s'il restait libre , dégagerait un peu d'oxigène de l'oxide de mangaqèse lui même.

M. Thénard 3 ayant ainsi fait l'analyse d^eaux oxîgénées d'une densité de i ,4 1 5, et de densité comprise ent^e celles de i,4i^ ^^ i*4^^> il reconnut que l'eau de cette dernière densité de i ,45â est la plus dense , et par conséquent la plus chargée d'oxigène qu'il ait pu. obtenir ; car, après Pavoir tenue encore pendant deux )ours sous la ma* chine pneumatique, il trouva , qu'au bout de ce temps,, elle avait la même densité de i,4^^ > quoique ;on volume fîkt diminué d'une manière très-sensible. L'analyse

gnim. gram. graui.

de cette eau donna, sur o,864 » o,3g8 oxigènè , et o,466 eau pure; et, comme cette quantité d'eau pure con-

gram.

tiendrait o,4ii d'oxigène, en admettant que chps l'eau , le poids de l'oxigène est à celui de l'hydrogAe comme 88,29 à 11,71 , M. Thénard en conclut, que dans l'eau oxigénée de la densité de i,4Ss » la quantité d'oxigène ajouté , était à la quantité d'oxigène constituant de l'eau, à peu près comme 4o à.4i » c'est-à-dice que ces quantités seraient à peu près égales.

Il résulte , suivant M. Thénard , de ses analyses d'eaux

DE l'eau. 333

oxigénées' de densités iliiKéreiites , et siHtout de celle de r«au oxigéaée dont la denUié e&t de 1*4^3 , que l'eau la ]4tis oiigéfiée peut être cciosidérée comme un peroxide d'bydfOgènd>, conteoanti relaUvement à la même quan-« tîté d'bjrdrogène , deux Ibis autant d'oxigène que. l'eau, ordinaire; et toutes les fois que l'eau oxigénée ne contient pas cette quantité d'oxigène, on pcMt. la regarder, comme un mélange. d'eau pure et de peroxide d'hydro-. gène. M. Thénard ajoute, qu'il serait possible cependant qu'il y eût un degré d'oxigénation inférieure , et il serait même , d'après que.lqaes observations , disposé à le soupçonner» mais c'est un point à éclaircir par de nouvelles expériences. \

. L'eép. chargée d^okigèfle au point d'avoir acqqis une Y^^liltt^t" dénoté de i ^âs Vet qui , daps cet état, est un peroxicle de la débité de d'hydrogfinô , est liquide et incolore comme l'eau ; elle ' n'a pas sensiblement d'odeur ; elle attaque l'épiderme instantimémént ety cause des picotemens/dont la durée varie , suivant la quantité ap|)liquée à la peau. Si cette quantité est trop grande, ou si le liquide est renouvelé , la peau elle-même est attaquée et détruite. Appliquéesm^ la langue , cette eau la blanchit et la picote Aussi ; elle épaissit Ja salive , et produit sur l'organe du goût , une se^- ' salion difficile à exprimer, mais qui se rapproche .beaU*T» cOHp , suivast M. Thomson , de celle du tartre émétique ( iartrate de >potas«e et d'antimoine ) . Son actilbn sukr Feacide d'argent est des plus. violentes. Chaque goutte de. cette eau qu'on laisse tojftiber sur cet oxide sec , produit une véritable explosion ; et elle donne lieu à un dégage.* ment de chaleur tel , que si l'expérience se &it dans l'obs-curité, il y a développement très>-sensible de lumière. Les peroxides de manganèse et de cobalt , les oxides de plomb, , de platine , de palladium , d'or, d'iridium , etc. , agissent ausiii très-vivement sur l'eau oxigénée , peroxide d'bydro-

{^èoe. Plusieurs métaux , tels , par exemple , que l'argent , e platine , l'or, l'osmium , l'iridium , le rhodium , le palladium , lorsqu'ils sont réduits en poudré fine , produisent le même effets Dans tous les cas , c'est l'oxigène uni à l'eau , qui est dégagé , et quelquefois avec celui de l'oxide. l^ais lorsque le peroxide d'hydrogène est mis en contact avec l'arsenic , le molybdène , le tungstène , et le

334 î>É L'fiAt;

sféléûiuni 9 ces eerps s'iini^etit ,avec son oxigèâie , et sont stmvent acidifiés aree ppod action -A^ lumière. L'addition d'un peu diacide au peroxide d'hydrogène^ le rend d'tnMr décomposition moins facile. L'op, à rétat de- poudra fine y agit avec une grande force sur le peroxide d'hydrogènes mais son action sur ce liquide ^st nuUe » s'il est mêlé avec un peu d'aicide suffuriqûe. La fibrine , le tisëu d« poumon » le tissu de la rate , ré tissu du cœur , etc. , ont aussi la propriété de dégager la seconde dose d-oxigène du peroxide d'hydrogène ritiàis l'albumine liquide , l'albumine coagulée , la colle de^ poisse^ » la gelé0 de eiilie , l'nrée et Tacide muriatique so9t sans'aetion Sur ce K-' quîde. ' •'

M. Thomson conclut , de ce qiie le peroxide d'hydre-

Î;ène contient , suivant M. Thënqird , ^ ju«lement deux bis autant d'oxigène que l'eau ^ que c'est un com^sé de-

a atomes.

Hydrogène. . 0,1 25, ou en poids 1

Oxîgène. • . . 2,000.; 1»* 16

d'oii il spiit, que Veau à environ 4 fS degrés - centigrades , doil absorber 66^ son volume 4i'o«igëiie |>^iir .être con^ vertie en eau oxigénée de k densité de 1 ,4&^ » ou P^oxîde d'hydrogène.

liC peroxide d'hytlrogène , ce composé im^porlant , 'est » afoule M. Thomson , connu depuis trop peu de temps pour qu'il ait encore pu être complètement examiné; mais ce qui ne lui semble pas douteux',* <D'e»t que la propriété qu'a la vapeur de cbfolre ^e blanchir , dépend en réaulê de la formation d'une petite quantité de peroxide d'hydre^ gène« Le chlore décomposé probablement une pohrtion de 1 eau , et s'unit avec son hydrogène , taudis que Tongène se combinant avec une portion d'eau » ta convertit ea peroxide d'hydro^ne. * ^ =

< Aniial^ de chimie et de phjaiqne , %oïo» IX , pfi^ $j4 x topne X» page 114^ et tome W, page 85.. — Tr^iit^ de ch|in,ie de Thénard , tome I ; 6« édîtîon.de Thomson , toI. I, page aao; AnnaU àffhiioso' fhy, XtV, pag. 209 et 875.

Nota, M. Thomsoo fi»it f^eation, dans sa siiième édition^ de la découverte, par M. Thénar^, de Teau oxigënëe , à la section qui traite de rhydrogèDe , et comme deutoxide de ce principe. J'ti peos»

uee.

Nouvelle dë^

DE h'^niLV^ 355

M. Méi*iiiiée a dernièrement fait cenii^ttre ikiides bons de reaa?iigé. effets de 1 application de l'eau OKÎfféoée à la restauratioa de» dessins gâtés par raliéralion du blanc de ploii»b.

Un artiëte français des pins dûllngiiéfl était posaessecur d'un beau dessin de Raphaël , mai^ malheureusement endommagé par dea taches noiifes qni se trouTaient dans les parties rehaussées de blanc. M. Thénard ayant <eit conâaifisance d^ ce fait , se rappela ^e parmi le& baqi^ breux phénomènes 4{ue lui avait présentés sa découverte de Feau oKigénée» il avait remarqué la propriété qu'elle a de convertir instantanéfiient le sulfure noir de plomb en sulfate qui est blan€. Il remit, en conséquence, à l'artiste, de l'eau très*faiblement oxigénéç , ne contenant au jlm que S^ 4i fois son Vokime 4 oxi^e , et il suffit de quel-r ques coups de pinceau de cette eau poorenlen^r toutes les taches. Le papier, coloré par une- légère teinte de bistre, ne fut en aucune manière a^ltéré, et le dessin se trouta alntti' par&itemeot restauré sans que la plus peUt^ touché y eût été ajoutée.' / < >

MM. Berzélius jet Dulong avaient eu, chacun de leuf te^fnaïuV côté , quelques raisons de soupçoqner que Ja valeur du âJ'Kf °'^^***°* rapport du poids d^s éjiéfiaons de l'eau , ^énféraleœesit adoptée depuis quelques années comme à l'abri deteuK^ objection ^ était aileetée d'une légère^erreur; et afMfkt également considéré Tun et l'autre de qu^lfe itnportapce il était de vérifier le fait , ils se décidèjtent à enuieprendre ensemble les expériences qui leisr paraîtcaiea»t les plus propres à écliaircir leurs doutes.^ .

Ses que la vérité , que l'eau résulté de la combinaisen de i'oxigène avee Tfaydrogène , ent été bien établie , la détermination dès proportions de ces jéléaiens.dn lir

qn'H pouvait être pins cooTeostble d^ parler Ût octie- décoOTerte 6 l'article Mou, pmÎA^ii'eUe f^vdtre df j^oi^erabes àur in c^tj^uaiaqa de i'oiigéoe avec re U9«ide,jejt »ur les prppri^tés de reau oxigénée. le regrette que l'étendue trop limitée de ce supplément oc m'ait pas permis û'j présenter dans son entier le mém«M de M. 'Théoiurd , où setroQve fXpQué à»pê spq «psemUle, et de la( manière la plus claire et la plus précise , son travail sur cet objet important. Cependant , j'ai cru indispensable, au moins, d'en extraire, pour l'ajouter à ce que dit M. Thomson des nropriélés du deutQxide d'bjdrogène, cç

aui axapport à la maniera ae ptépaner Tean pi^igénée » et aux moyens 'en faire l'analyse. B.

* Annales de chimie et de pbysiquç , tome XIV, page s ai.

536 ' DÉ l'eau«

Ïaide ne. devait plus consister que^dans la connaissatice u rapport de leurs volumes , et celle de leurs pesanteurs spéclnques. Ce fut* à Taide de l'eudiomètre de Yolta ^ mbyen auquel on avait ; avec raison , j ugé devoir accorder le plus de confiance, que MM. Gay-Lussac et de Huml^oldfc •firent connaître , dans leur beau mémoire sur reudîo<mél^rie , les véritables proportions en volume de^ principes de Teau; et leurs pesanteurs spécifiques avaient été établies par les recherches faites avec le plus grand soin par MM. Biot et Arago ^ sur la mesure des pesanteurs spécifiques, des principaux ga£%

S'il y avait erreur dans la détermination « déduite de ces résultats , de 1,527 pour le nombfe proportionnel de l'hydrogène, cette erreur ne pouvait ienir qu'à lapesan^ teur spécifique -de l'hydrogène , ou à ^elle de l'oxigène , ou Su toutes les deux à la fois.

Pour obtenir» avant tout, la confirmation de leurs doutes ^ cet égard , MM. Berzélius et Dulong ont eu recours , de préférence , au moyen simple , et tout à la fois le plus exact et le plus, commode , de la décomposition d'uji oxide par l'hydrogène , en prenant toutes les précautions oon* venables pour se procucer du gax hydrogène bien pur. A cet eilet^ un courant de gaz hydrogène, développé par l!aj€tion de l'acide sulfiirique étendu d eâa sur du zinc , se purifiait en passant sur des fragin^s de potasse caustique légèrement mouillés , et se desséchait ensuite en traversant du muriate de chaux. Il arrivaitainsi en contact avec de l'oxide dé cuivre desséché et renfermé dans un tu^e adapté à 'l'appareil au moyen de deux petits tuyaux de gomme élastique; ce qui permettait' d'en prendre trèsrexactement le poids avant et. après l'expérience. Lorsque le gaz avait passé en quantité suffisante pour chasser l'air, atmosphérique , on chauffait l'oxide au moyen d'une lampe à esprit^e*vtn. On reçut d'abord à l'état liquide dans un petit récipient adapté à l'extrémité du tube qui contenait l'oxide , la plus grande partie de l'eau formée , et dans laquelle MM. Berzélius et Dalong ne purent découvrir aucune impureté ; dans d'autres expériences , le liquide et le gaz excédant « passaient à travers une longues colonne de muriate de chaux fondu. Les résultats obtenus , à plusieurs reprises , dans Tune

DE t*EAtJ. 337

fe\l*aulre de ces manières de procéder, s^éloignent irèspeu l'îin de l'autre; ce qui, Teau ayant été reconnue parfallement pui'e, porte MM. Berzélius et Dalong^ à considérer comme l'expression aussi exacte que possible de la composition de ce liquide, les nombres suivans ; àà^oir :

.■tin ,H

des

f rtjiir \ i7^:f=spsfft^^s£

de cuivre

♦ [Ci* 9\i%.

de l'eau.

il 11 poids «lu imtriitte lie cliaiix ou |»oitis fie î'uau.

Poids

de

rbyilrokène

combiné

avec

100 d'oxig.

Proportions des ëlëmèns ' de Teau ' daas uo poidî=3 100.

oxig 8^,942 «"y** 11, o58 ,88^809 11)191 88,954 11,046

Moy 12,488

IKl

Le terme moyen de ces résultats donne ia,48S.d'by'droigène pour ;i oo d'oxigène , au Heu de 13,27 , nombre adopté ; ce qni fëit presque un. douzième de différeuce.

Gesrésuhatsné laissant plus à MM. Berzélius et Du^ long aucun doute sur la réalité de l'erreur qu'ils avaient soupçonnée , ils s'occupèrent des moyens d'en recber-r cher la cause , en prenant de noureau les densités de l'oxigène et de l'hydrogène. Il leur parut trèsrproba^ ble que celle de l'erreur , qui, d^ns les expériences de MM. Biot et Arago, afiectait le nombre par eux. trouvé pour la densité du gaz hydrogène., devait ^^tre attribuée à ce qu'à l'époque où, ils les firent il .n'était pas connu , ce que M. Dalion a prouvé depuis, qu'un gaz. quelconque , insoluble dans l'eau , ne peut pas séjourner sur ce liquide, même pendant un temps assez court sans s*imprégner d'une certaine quantité du mélange gaze«K, que l'eau tient toujours en dissolution ; circonstance qui doit particulièrement influer d'une manière plus sensible sur le gaz hydrogène que sur tout autre , à raison de sa légèreté et de ce qu'il est plus susceptible aussi de s'altérer plus rapidement par son séjour sur l'eau.

338 Dï t'EAiV

MV« Ber^télitid et DulQQgpia^vbrent h se garantir dé VelTel d^. ceife cîrçj^n&tappè en recouvrjant la, (iurface de )*eau dans rintérieur de la cloche , d'unç couche d'huile fixe de deu^ ou trois ceotimèlres d^épaisseur» TécbaQge des» g^2 £6 faisaot phis 'difficilement à travers ce liquide* th opérèrent sur des gaz desséobéft et sur des gaz saturé^ d'humidité , ce qui peut indifTéi^mmeût ge faire de Tune ou de l'autre manière , lorsque surtout la température de Tatmosphère n'est pas trop élevée* MM. Berzélius et Dulong reconnurent cependant que leurs observc^tions relativement aux gaz privés d'eau , s'accordaient mieux entre elles. Il leur parut préférable de prendre le poids du ballon vide immédiatement après chaque pesée du ballon plein , par la considération i^'il suSit de quelques minutes pour faire le vide » et qu'à moins de circonstances bien rares j on peut supposer que dai^ ces intetxalles si coucis de temps , les conditions de l'atmosphère restent invariables. Les résultats des observalîons ainsi faites ]^r MM. Berzélius et Dulong , comprennent « outre r<^xîgène et l'hydrogène, l'azote et l'acide carbo^ nique.. Oh. faisait passer Tougène extnait du eUoraie de potasse h travers une forte dissolutîéÉ de potasse c^u^ti* que pour se débarrassée de toute quantSlé. d'acide cadior uiquè , qui auBaitpu provenir de qtielquQs parcelles de maiîèie Tégétale. L&gaz hydrogène était obtenu par les mo^yeus ci*devant indiqués ; le gaz acide .carbooique » dégagé, du maibre blanc far 1 acide nitrique , tra* versait > avant d'arriver dons la cloche , une lopgue colonne de ;SQiift-€arbeBate de soude cristallisé et pulvérisé. Enfin., Tazote provenait de la décompositioa de l'ammoniaqu'è par le chlore , en feisant passer sacœsMveinent le gaz dans une liqiueur acide etaaiis une dissolution de potasse.

foiii moyen «le l'air 4= 10,094-

Pes-'Spte. lia rdxi(^ae-<B i,ioa(i.

De l'acide oarboniqtie, itâ»4S-

2' Gaa ff Offris i^huvudfté.

Air Hlmos.

Oiigène.

8*,ft 0,7587

0,00a? §50) STàglJi.ijo] 10,0743 <33l94i,8a5|^4i,i4o 0,6276

P«i, ipéc. del'oz. ;siria9p;pes. spéc d^ l'hyd. ^=1^0637. 3° Ga? JOftwii'* d'hwnidité.

Afr aimos. S-,83 o,76IM( o.ooaa 84B,SdB 8S6,-«3 a,aOftS

AioM. , .8*,56 0,747^ o.o(na S4a,9i8 836, 56016^0 Su

Pei. spécir. de l'aiote. = 0,976.

P«al. taééS. d'aprli In «iirfriencii i HU. BanAiuftDDlaBl;.

Oxieène 1,1096

Hydrogène.. . . 0,0688 Acide carbonique 1,534 Azote o»g76

:. ipfc. d->|»«i HH. Biat *l Anfi.

i,io35g

34o DE l'ea^.

La plus grande difFérence qile présente cette détermination de pesantéui4i'^spébifiques entre les résultats de MM. Berzélius et Dulong , et ceux de MM. Petit et Arago , est relative h la densité de Iliydrogène ; ce qui confirme l'opinjon des |)reiniers sur la cause à laqueUe il,s présumaienl que cette différence pouvait être attribuée. L'excès du npmbipe par eux trouvé pour lacide-carbe&îque » quofqqe a^sez jéiibleii. influe cependant d'une manière sensible s^r la densité dé l|i. vapeur de carbone à cause de la légèreté de celle-ici ; et , suivant MM. Berzélius et DulçDg, eette "ïiouvelle détermination paraît s'accorder, mieux ^vec les résultats de l'analyse des substànce&i^égé-* taies. Enfin , la densité de l'azote , telle qu'elle. est déter^ minée par les .expériences de MM. Berzélius et Dulong , se rapproche, davantage d^ cellp que l'on déduit de la composition des nitrates ; ek > en effet ^ loo de protoxidc de plomb , contiennent 7,1 71 ^'oxigène ; 100 ae nitrate de plomb sont formés , suivant M. Berzélius , de 67^31 oxide de plomb, et 32,6g acide nitrique ; or , en admet • tant, pour la. densité de Toxigène, 1,1026, cette analyse donnerait 0^977 pour la densité de l'azote.

Diaprés cette nouvelle détermination des élémens de l'eau par MM. ' Berzélius et Dulong, ces savans ont ctu devoir présenter le tableau suivant des densités et proportions en poids de plusieurs composés , calculées d'après les bases par. eux. établies, en.. annonçant que lea nombres qui y sont portés doivent être préférés à ceux obtenps par des analyses directes , sans lesquelles on peut trè^-rar^itkient arriver au degré d'approximation au* quel il est possible d'atteindre popr les gaz. qu'ils ont examinés.

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