MORPHINE
chimie, tome XLV, page ^$7 ) , des résultats de qaei* que importiiûtê. Il obtint de l'opium une substance incolore, crisrtallisée en prisnies h quatre pans , 5 bases rho0)b6ïda1es , insipide et inodore , insoluble danà l'eàu froidô , mais se dissolvant dans Tcau Ichaude , ^i promp- ^ tenient et très- facilement dans tous les acides.
M. Déroshe^ qui reconnut dans cette substance les
aualités enivrantes et vénéneuses dé rbpliutii, la consi* éra comme eu étant le principe nareoHgue», II. observa aussi, qu'en ajoutant' de la potasse ti une infusion d'opium, H se produit un précipité abondant , qui a la propiriété d^a^ir sur les couleurs bleues végétales à la manière d'un alcali , propriété qu'il attribue à la {Présence d'un peu de potasse que , dans son opinion , le précipité retient en^ core.
En 1 8 1 7, M, Sertu^mer, phàrtnaclen à Biaubticti dlans le Hanovre, publia {GHbtfts AnniaUn^ Ù^ ^ S6) les-résuhats de sesr expériences sur Popinm , c[Ui avait été depuis plusieurs années l'objet de >é9 ieche|iéiieSi M. Sértueruer avait reconnu , qu^en veHaftt de l-aënmoniaqUe dans une intusioii d'opium , il ^ forme ùA préci]pité qui consiste principaleineht dans uhe substance à laquelle it donne le nom de morphium^ représétttébfi franchis ^a^ telui de morphine ; ' comme il le reconnut O^pablo liè neutraliser des acides , il crut pouvoir iui donner la dé^ notnination d'uh alcali. Les expériences de M. Derosne omt été depuis répétées ètconCrtnées|)àr'MMj Robiqiiet , Cbotilahs, Pelletier et Caventoo; ainri que par dlivers autres chimi^ies et sur le continent , et dans là .Grande^ Brëtagrie.
On a indiqué , pour se prôcurei* la liibrpkiue i trois Pieparaiioa. îprocédés diS^rens , dont les deux premiers ont %iè répé-
s«Dtc un oourt exposé de la strjchoîocct jè.la picrotoxioe comme nlcklii àoaVcl^ment «lécouveHs , et on'aVait «bti0âcébet^ii,rièjà|roav<é
le Blême ordre crue l'auteUf abglbh » èa t^ëééatlMl Ik tr^ttitkttt^b ee'^'il en dié. -H. t
' Umeti h tenBÎaaîsoç lidoptée par le^ àUcmands.BOiir les àlcaKs;. la tè^mi'Dàisob dé^ i^olhs dt; ces cdi-ps c«t chei-lbs àti^uis eâ Â; et iéu
Proeédë do K. Sertuerner.
Procédé de M. Robiquet.
Procédé de M. Ghoulans.
544 I^ASES SALIFIABLES.
tés avec succès» Celui de M. Sertuerner consistait à m^^ 1er ensemble 8 parties d'opium avec 2 ou 3 parties d'acide acétique concentré et un peu d'eau » et à bien remuer ce mélange de manière à le mettre en consistance de pâte molle. On étend cette pâte avec environ UT\ litre et demi ou deux d'eau , et on passe le tout à travers un linge ; le résidu peut-être lavé avec un peu d'eau pour le passer une seconde fois. Le liquide ainsi obtenu n'est que peu coloré. En y versant de l'ammoniaque caustique , il s'y produit un précipité abondant de morphine; et en évaporant la liqueur du quart au cinquième de son volume , on obtient une nouvelle quantité de cette substance. Mais la morphiue, qu'on s'est ainsi procurée, n'est pas encore entièrement dépouillée d'extractif. Pour la purifier, M. Sertuerner la mettait en digestion dans une petite quantité d'alcool froid , qui se chargeait de la plus grande partie de l'extractif. Et en la faisant alors dissoudre «dans de l'alcool bouillant, la morphine s'en .séparait par le refroidissement d^ la liqueur, en crisl^aux à l'état de très-grande pureté.
Par suite de quelques i^echerches, que M. Robiquet avait cru devoir faire sur la nature de la morphine , il se décida .à choisir de préférence la magnésie comme intermède pour se procurer la morphine. En conséquence il fit bouillir pendant un quart d'iieure une dissolution aqueuse concentrée d'opium avec une petite quantité de magnésie, dans la proportion, qu'il considéra comme suffisante , de 1 partie sur 49 d'opium. H se ibrma un ' dépôt grisâtre abondant. Après avoir séparé ce précipité par le fiftre, il fut lavé d'abord à l'eau froide , et laissé ensuite pendant quelque temps en macération dans de l'alcool faible, chaud, mais non bouillant. La matière colorante fut aussi en plus grande partie séparée ; on filtra, et le dépôt, lavé d abord avec de l'alcool froid , fut dissous par une ébullition soutenue avec de l'alcool rectifié. La liqueur a^^ant alors été filtrée encore bouillante déposa , en se refroidissant , la morphine à l'état de cristaux presque dépourvus de couleur.
M. Ghoulans fit digérer iso grammes d'opium biea sëc et réduit en poudre , dans des quantités d'eau froide distillée, successivement ajoutée jusqu'à ce que celle du
> • UOKPUINX. ' 345
liquide s'éleyât à environ 7 litres et demi. L'infusion ayant été mise à évaporer dans un vaisseau de verre à une douce chaleur au b£|in de sable jusqu'à ce qu'elle eut été réduite h 240 grammes » fut alors décantée dans une capsule de porcelaine. Après y avoii" été exposée pendant 8 heures , à une chaleur maintenue entre 12 à 24 degrés centigrades , il s'y déposa de petits cristaux, ayant les caractères du sulfate de chaux. Après évaporation à siccité^ le résidu fut dissous de nouveau dans de l'eau distillée, à l'exception d'une petite quantité de. résine de couleur brunâtre. On versa dans cette dissolutioh de Toxalate d'ammoniaque. Elle devint trouble , et il s'y forma un précipité qui , étant desséché, pesait environ deux déci-
{grammes. Ce précipité ayant été séparé ; on ajouta à la iqueur de l'hydro-chlorate de baryte pendant tout aussi long-temps qu'il y produisit du précipité. Le poids'de ce nouveau précipité séparé et séché, était d'environ i3 cen* tigrammes. Après avoic alors étendu la dissolution d'en*viron 4 litres d'eau distillée, et avoir versé dans la liqueur de l'ammoniaque càustjque^jusqu'à cessation de tout précipité , celui qui se forma ainsi était blanc et. floconneux , et il devint , au bout.de deux heures de repos , grenu et brun. Son poidjs excédait 23 grammes. Après. avoir été complètement dissous dans 240 grammes de vinaigre distillé, il en fut précipité sans aucune altération dans sa couleur ou dans son poids , par de l'ammoniaque caustique^ En versant , sur ce précipité , 3o grammes d'éther sulfu-* rique , le mélange se gonfla considérablement ; jeté sur un filtre de papier blanc , il passa à travers, dans l'espace d'une demi-heure , un liquide noir épais , ayant une forte odeur am^noniacale , brûlant très-facilement en laissant un charbon volumineux. La matière restée sur le filtre était d'apparence écumeuse; mais elle se réduisit^ par la dessiccation , en une poudre fine qui avait beaucoup perdu de sa couleur foncée. Elle pesait alors environ 1 & grammes. On fit digérer trois fois cette poudre dans de l'ammoniaque caustique , et autant de fois dans de l'alcool. Ces liquides acquirent, l'un et l'autre, une couleur d'un brun foncé, en laissant la morphine à l'état d'une poudre d'un blanc brunâtre, réduite au poids d'environ 1 2 grammes.
Propriëtà.
Solobilit .
346 BASES" SAIIFIABLES.
Cette poudré ayant été dUsonte dans 36o grainines d'alcooi bouillant » et la dissolution filtrée abandonnée an repos , il s'y déposa , au bout dé »8 heures^ des crislaut tranSparens incolores du poids d'environ 4 grammes , et consistant dans de la morphine à l'état de pureté. En distillant l'alcool on obtint une nouvelle quantité de mor^ pbtoe 9 mats qui n'était pas entièrement pure.
La morphine , ainsi obtenue » est transparente » inco^ iore et cristallisée en pyramides à quatre faces, ayant pour base des carrés ou des rettangles ; quelquefois les cristaux sont des œtaédres formés de deux de ces pyra« mides appliquées base à base. Sa saveur est très-amère et astringente; et prise à l'intérieur, elle produit les mêmes effets que l*opium lui-même. Hais ces effets, très-^^ peu sensibles t lorsqu'dle est à l'état soKde , sont beau-^ coup plus énei^iques avec sa dissolution , èe qui est dû it ce que les sucs de l'estomac ont peu d'action sur cette substance. Les acides végétaux, et particulièrement lé vinaigre , paraissent être lès meilleurs antidotes de la moi|)hinè, que sans doute ils neuthilisent.
L'eau y à là température de Tébullition, dissout la 89^ partie de son poids de morphine , et la dissolution dé* pose par le irefroidissement des bristaux réguliers , trans-^ parens , incolores. La morphine se dissout dans 56 fois son poids d'alcool bouillant » et dans 4 s fois son poids de ee liquide froid. Elle est solnble dans H fois son poids d'éther sulfurique ( suivant M. Choulans )•
Toutes ces dissolutions rougissent le papier de curcmna» rétablissent la couleur bleue du papier de t^uni^ol » rougi par le vinaigre , changent en violet l'infiision de.béis de Brésil , et en brun la teibture de rhubarbe. Lorsqu'on frotte sur la peau les dissolutions de m<»*phitte » dles y laissent une trace rouge.
La morphine se fond à une douce chaleur; et « dans cet état eue re^isemble beaucoup à du soufre foadu« Par le refroidissement » elle cristallise de boUVeail , eHe Brâle aisément > et chauffée en vaisseaux clos > elle laisse une masse solide, noire, résineuse» d'une odeur particu*^ iière. Elle peut se combiner aVee le soufre à Taide dé id chi^Ieur ; mais la combinaison se détruit promptemeBt avec dégagement de gaz hydrogène sulfuré.
iijdiirHiNS. 347
Là tfiofpliifiiè èè eombine atec le» dtfféreiià acides tt*e11é fieatraHsëooDiplététiiânt et avec lesquels elle folribe es sels, qui, le filas ôrdiitairemeat^ sont ^lubies dans l'eau et Susceptibles de èrtstallfsef. îl a été fait quelques ésèiats pob# détettniiier la co0lpositioii.de ces seU ; mais il est très-probable que les résultats qu'oti eb a jusqtei'à
trésetit publiés , fié métitèat ph^ , stiifaÀt M. Thomson , eaue<^up de cônfiatiee. Un seul exemple suffira pour faire juger de la disc(mlance etit^e les analysés de diffii^ rens chimistes»
Suivant M. Robiquet , 2»5^e morphine ont été saturés
grara.
par o,45o d'acide ànifurique à 66 degrés ; or 45o milligrammes d'acide sulfuriqae à ce degré de concentratioti contiennent 367 inilligranitnés d'acide réel i d'où il suit , d'après cette expérience , que le snirate de hibrphinë est coinpôsé de
2,5oo 54^^47
Ge aulfate consiste ^ suivant M. Ghoolians » eti
Acide sulfuriqiie. 23 ... 5
Morphine. \ ....... . 4o • • • ^>^
. Êa^- . . . 38
lOO'
P'àprèi les expériences dé MM. Pélletiél' et Gàventolt:, lés parties eonstituaùteft de eé 6el , sont
Acide 'sidiuriqae. . • • . . 11,084 • • • ^ Morphine* «> 88,916 . . • 4o^ii^ '
Ainsi , le nombre équivalent pour la morphine , est , suivant M. Robiquet, 54; selon M. Choulans , 9 ; et de plus de 40 , d'ap^ès MM. Pelletîér'et Gaventou. Si rious ajoutiobs» dans l'arialyse de M. Cboùlans» Teau qd'il attribue à la composition de la morphine ; et , si nous considérions cette eau comme l'une de ses parties constituantes i alors l'équivalent pouf la morphine dans eettr> amalyse^ deviendrait 17,7;$. Actuellement, le ternie
Composilioa .
44$ BASE8 SALIFIABLES.
moyen des analyses de M. Bobiquet, et de M&I. Pelletier •et Ca¥entou est de 37,08; maïs 17^98 X 22 = 55,4S&> nombre qui se rapprocbe^ de celui 37,08; d'où il suit, que si nous considérons le sel de M. Choulans comme un . bisulfate de morphine , le nombre équivalent dérivant de ces trois analyses , sera 36,538,
Pour se mettre en état d'apprécier la valeur relative • de ces analyses, M. Thomson fit chau£Eer 65 milligraounes -de morphine dans un tube dp cuivre avec une quantité suffisante de peroxide de ce métal , il obtint 49 icentimètres cubes de gaz acide carbonique , et une quantité d'eau indiquant environ 43 centimètres cubes d'hydrogène; d'où il suit, que le carbone et l'hydrogène présens dans 65 milligrammes de morphine , pèsent environ 33 milligrammes. Il considère le manquant de 32 milligrammes comme étant de l'oxigène , et ce poids d'oxigène équivaut à environ 24 centimètres cubes; or le nombre le plus petit d'atomes , correspondant à ces pro« portions , est de
18 atomes hydrogène = 2,25 ... • 5,59 24 atomes carbone = 18,00 .... 44» 7 ^
20 atonies oxigènè ' '==: 26,00 .... 499^9
D'après cette analyse , qui doit se rapprocher de trèsprès de la vérité , la morphine ne se composerait pas de moins de 62 atomes , et le poids d'une molécule intégrante de cet alcali , serait 40,2 5. Ce nombre diffère si peu de celui que donne l'analyse du sulfate de morphine , par MM. Pelletier etCaventou, que M. Thomson est porté à considérer le résultat de cette analyse comme se rappro* chant beaucoup de la réalité. ' -
De la Strychnine.
Cette nouvelle substance , alcaline fut découverte en 1818 , par MM. Pelletier et Cavehtoù, dans le fruit de
' 6" édition de Thomson, vol. II, pag. Sy; Annales de chimie et de physique, tome Y, pog. 275, et Journal de ph^macie, tome V, page 538.
trois espèces différentes de atryeknàs ^ savoir ks êtrycktms, nuxvoinica, noix yomique^ leêttychnos ignatial fera
,de Saint- Ignace y et lestfycknos'colubrinà, bois de cou^ leuvre. Ces trois arbres sont natifs des Indes. On :a fait, à rocoasipoy usage en médecine 'de la hoixr Vdlmique ; côiDiiie remède , dans ta manie, Tépilepsie , etc. , etpar^ tieulièrement dans* les. cas de fièvres intermittentes, tenaces* Maïs en Angleterre , au moins , les médecins mo-i demes font à peine jamais empl^oi de cette substance.
La noix Tomîcpie est une semence ronde, comprimée , très- dure , et pouvant^ à peine être réduite eta poudre par
* trituration dans un mortier. MM. Pellelier et Cayentou , ayant ipis dêlaTapuredeeette^semeùceen digestion dans de ralooèl , et fiut évaporer à sicoité la <fiss(^ution alcoo^ lique^i avait acquis une couleur foncée ,. le r^idu fut dissous dans l'eau.' En /versiànt alors dans la dissolution aqueuse du soos-'acékate de plomb jusqu'à cessation de
1>récipité , l'acide âveolequel la strychnine est combinée» a matière grasse et la plus grande partie de la matière colorante dans le liquide, se précipitèrent , et la strychnine rejeta en dissolution , combinée avec l'acide , du sel de plomb employé. Après. avoir alors filtré la liqueur, on y fit passer un courant de gaz hydrogène sulfuré pour en enlever tout excès de plomb ; iot après l'avoir, séparé par le filtre , on ajouta de la* magnésie à lia liqueur filtrée , et on fit bouillir le mélange. Le. précipité ayant été lavé à 1 eau froide Y fut dissous dans ralcool, afin d'en séparer tout exicèfr de magnésie.. En évaporant ensuite la dissolu* tioa alcoolique , ils obtinrent la strychnine isolée. Si, par ce procédé , elle n'est pas amenée à l'état de pureté convenable, on peut la faire de nouveau dissoudre dans les acides acétique ou hydro - chlorique , précipiter par la magnésie , et redissoudre dans l'alcool. On finit par se la procuner ainsi complètement pure.
La strychnine ainsi obtenue est une substance blanche, grenuie, ou en très^petits prismes tétraèdres,, terminés par des pyramides à quatre faces surbaissées. Elle n'a pas d'odeur ; mais sa saveur est d'une amertume insupportable , laissant dans la bouche une sorte d'impression métallique. Elle n'éprouve aucun changement à l'ait*. £Ue n'^st ni fusible , ni volatile , au-dessous de la tempe-
Préparation.
Propriétés.
Bases aAtiriABiiËS^
Solu}>ilité.
Action de Tacide nitrique.
tatiire d'eariroD 5t54agTé9ceiiiigrades, mi^atfH élfé celle h laquelle elle 9e décolmpose ; cas , lorsquWte esi exposée à la température dd Thuile d'çlive bouillante. eUe e&t céduite en charbon. ChaufTée fortettonl* elle se boursoufle ^ noircit , doiuie un peu d'buile einpyceunûui«tique , 4e Teau , de l'acide acétique , de l'Iiydnigèiui » d» ga2 acide carbonique , et il Deatê un charbon tirèa-Yolur^ mineux. Lorsqu'on la chaufTe avec du péroxide de cuivoe 4 elle se convertit tetaleinent en acide carbonique et en eau. D'çù il suit, qu'elle est composée dç carbone « d'àydrogène e^ A'oxigène , dans des proportions .qui jEi'oirt point eofiore été déterminées»
La strychnine est très-peu solùble dans. l'«au ;i ce li<^ quide , à la température de.iD degrés ciaatlgradea.; iî'en dissout que la Gdây"*. partie de son poids , et lora^pi'il. est bouillant, aSoo parties. en dissolvent une de. strychnine.^ Lorsque la dissolution de cette substanœ dans Teait frotdie est cbêlés avec ido fois son poids d» ce liqpide » la liqaeur est encore très-sênsiblemént amène. La strych-r nine est au contraire exçèssiTiement spluU&dans Falcod^ Cette substance alcaline rétablit la, couleur bleue Au pa-r pier de tournesol rougi piarun acide; ^e oa fait pa^ passer au rouge le papier de.curOuma; mais elle se coipabioe avec les diflléi:«ns> acides^ gu'ell&Beiitralise comr plétement, formant des sels qui,' pbucia: plupact , sont susceptibles de cristalliser. t .
Lqrsqu'on verse de l'acide nitrique <toncentré. >sar la strychnine , surtout si c'est avec àppUoatioii de la chatieur , la couleur de 6ette substance se change en -uo rouge de sang intense; et, par l'action continuée de Tacide , la couleur passe au. jaune ; il paraltraitprobabie^ d'après les expérienciBs.dont MM. Pelletier et Gaventom pendent; c^Monpie , que ces changémens de ^soldeur sont dus à la combinaison d'qnie' portion d'oxigàne avec Ifi strychnine. Lorsqu'on ajoute ide la potasse au liqnide ronge , produit par l'aqtion de l'acide nitrique fiur la strychnine ^ilie formé , si la {iqueur a été up peu copcen^ triée , un principité orangé; ce précipité est de la sliryci^ nine un peu altérée dans ses propriétés. Elle agit encore •comme aicah ; mais avec moins d'énergie que la «trych- .nine qui' n'a point éprouvé d'altération. Lorsqu'.oa traite
aTBY€HIfIN£. 35l
ateb de lé magoéfiié , la dissolution nitrique jrâiie de atryeiuiîoa» on. obiîfiot égaLemefit un précipité qui agit coiQRie aleali ; s^iiis cellû action est «ncore plut far&le que ceUe du précipité .étrange*
La slryclinine n'est pas sensibleoient attaquée par Toxi^ \ gèae , ait moins , à la température ordinaire de l'atmo* sphère. Lorsqu'on iàtt passer un courant de tap^eur de* chlore à travers un mélange d'eau et de strychnine, cette substance alcaline est dissoute; et, si on l'abandonne à une évaporatiou stoônCadée ^ il y' a apparence de cristaux d*hydro-cnlorate de strychnine. Si', àulieii d'évaporation sppntanée , le liquide est souipis à l'action de la chaleur j il prend une couleur brune. Il s'est probablement formé , et du cUorate et dto l'hydrocfalorate. dé atfychnrne , et la couleur brune est due à la décompositipn du premier de ces sels par la chaleur. En faisant bouillir ensemble de l'iode et de la strychnine dans Teau , on obtient une dissolution sans couleur ; qui , par l'éTaporation , fournit des cristaux tiraiisparens et incolores d'iode et de slrych-^ iiiae» La liqueur tient en dissolution do l'hydrioflate dé strychnine. Pour conirerlir hi totalité deTioclë en acides îodiqoe et fiydiiodique , il faut employer uoe^proportiod de strychaÎDe phif grande; que cale qui peut être A\$^ sootè , et la séparer par le 'filtre après la dissolution de Yioèei. Leraque arprès' avoir mêlé de l'iode et de la strycfa-* nine avec iqie krèff-petite quantité d'eau , on fait agir ces substances l'une sur l'autre, la strychnine devient rouge dès qu'elle est attaquée par l'acide nitrique. . Le soufre n'exerce aucune action sur la stryêhnine, tors- * qu'an;faitbouillirensemble ces deux substaneefrdansl'eaii; saais si on les cbaaAe ensemble , )ttsqu'à êëquaie soufire fonde ; il. y a dégafj^ment abondant xle |^2 «hydrogéné sulfuré. ^ Le carbone n'a aucune action 'sén^^ siir là strychnine. Cette substance alcaline est insoluble dans lès huiles fixes et danslés élhers; mai$ elle se <lt«sout fiiciiement dans les huiles Volatiles. - i -^-^ . La stryehaiDe «gît avec une gfflinde viol^nbo sur les Action mr corps tivans , il suffit df^nviron 5 teatigrammos de cet tÛs?'^^'^'' alcali pour donner la mort à un lapin, ueê convulsions s'ensuivent et l'animal périt dans des secousses tétiu^iques. Les mêmes effets sont produits par l'introduction de la
BASES SÂLIiriABLES:
D^ttverle.
Sa préparation.
agit comme très-puissant stimulant. L'action de ses sels est encore plus énergique. '
D'après l'analyse de MM. Pelletier et Caventou , il paratt que la composition du sulfate de strychnine , consiste dans
Acide sulfurique.
Strychnine,
d'oii il suit , que le nombre équivalent pou^r la strychnine est 47>6âi (1). : . .
De la Brucine.'
Cette nouvelle, substance alcaline fut découverte en 1819» par MM. Pelletier et Caventou, dans Técorceda brucœa antidysenterica. Cette écorce avait été substituée dans son emploi en médecine;, à Vaugusture , et avait été dîsijiiiguée sous le nom de fausse 'augusturc. MM. Pelletier et Caventou > lui donnèrent celui de brucinc en ihémoire de Jacques Bruce , qui le premier fit connaître le brucœa antîdysenterica , en rapportant d'Abyssinie des graines de ces arbres , qui ont levé dans les jardins botaniques de l'Europe^
Pour extraire la brucine de l'i&corce du brucaea , MM* .Pelletier .çt Caventou enlevèrent /d*abord à celte écofce sa matière grasse , au moyen de l'éther sulfiirique. Ils la firent alors digérer dans l'alcool , et après aVoir évaporé à siccité la dissolution alcoolique , et redissous le résidu sec dans l'eau , ils traitèrent cette dissolution aqueuse par le sous-acétate de plomb , pour pré* cipiter la matière colorante. En faisant passer ensuite un courant de gaz hydrogène sulfuré dans la liqueur filtrée , ils en séparèrent tout excès de plomb. Dans cet état , le
•' * 6« édition de Thomson, vol. II, page 4a; Annales de chimie et de phjsi(|ue, tome.X, page i43-
^RtGINK. 355
liquide , après avoir été filtré , n'était précipité ni par l'ammoniaque , ni par le carbonate de potasse , ou la magnésie!; mais l'adtUtion de ces substances^ déyeloppait les caractères alcàUns, lors même qu'on les ajoutait en quantités telles qu'elles ne pussent que suffire à saturer l'acide qui existait dans le liquide. Pour obtenir la bruclne, qui constituait la portion alcaline de ce liquide, on le satura avec l'acide oxalique > et la liqueur fut évaporée à Sfcctté. En faisant ensuite digérer sur le résidu de l'alcool absolu à la température de zéro , toutes les substances étrangères à la brucine furent dissoutes , et il ne resta que loxabte de brucine à l'état d'un sel blanc. €et oxhlate , alors traité par de la chciux , fut décomposé en cédant son acide ; et la brucine ainsi séparée ayant été dissoute dans de l'alcool bouillant , on l'obtint à l'état de petits criv^taux , par Tévaporation lente de cette dissolution alcoolique.
La brucine ainsi obtenue est sous la forme de prismes Pi^priéUs. ôbKqneà à quatre pans avec base parallélogrammique.
Lorsqu'on l'obtient par décomposition d'une dissolution alcoolique saturée , elle est sous la forme d'écaillés nacrées 5 ayant l'appareoce d'acide borique. Ces écailles sont très -légères ; elles coiitièntiént beaucoup d'eau interposée , qu'on en peut faire sortir par compression , ce qui en diminue extrêmement le volume.
La brucine a une saveur très-ainère avec un certain degré d'âcreté^ et cette saveur persiste long-temps dans la l>oucbe« Elle se dissout; dans 5oo fois son poids d'eau bouillante y et dans 85ô fois son poids de ce liquide froid. La'matière colorante de l'écorce augmente beaucoup sa 7
solubilité.
Exposée à l'air, la brucine ne s'altère pas. Chauffée à un degré tant soit peu supérieur à celui de l'eau bouillante , elle fond , et se prend , par le refroidissement , en une masse ayant l'apparence de la cire. Soumise à l'action d'une forte chaleur , elle se décompose , fournit beaucoup d'huile empyreumatique , un peu d'eau et. d'acide acétique, de l'hydrogène carboné^ et très-peu de. gaz acide carbonique. Chaullée avec le peroxide de cuivre , elle est convertie en acide carbonique et en eaiji ; d'où il suit que se^ parties constituantes sont le carbone ,
354 BASES 8AZ.IFIABLES.
rbydrogine et Foxigène » dans des propwUons encore inconnues*
La brucioe neutralise les acides » avec lesquels eUe. forme des sels qui , pour la plupart , sont solubles dans l'eau , et susceptibles de cristalliser en affectant dèsformes constantes et régulières.
Traitée avec l'acide nitrique concentré, la brucine.
1>rend , conune cela a lieu avec la strychnine , une cou-^ eur rouge , qui passe ensuite au jaune; mais les nuance& de couleur difl%rent de celles produites par la strychnine. Ces changemens sont probablement dus à 1 addition d'oxigène , dont les effets sur la brucine sont semblable» à ceux qu'opère cette addition sur la strychnine.
Les autres propriétés de la brucine sont à peu près les mêmes que cçlles de la strychnine ; comme cette dernière substance » la brucine se dissout facilement dans l'alcool et les huiles volatiles. Mais elle est insoluble dansi l'éther et dans les huiles fixes.
Il paratt résulter des expériences de MM. Pelletier et Caventou que la brucine est composée , savoir :
Acide sulfurique. • • 8,84 • • 5 Brucine. ...... 9i>i6 . . 5i,56i
ioo,oo
Il s'ensuivait y que le nombre équivalent pour la brucine est 5i,36i.
* L'action de la brucine sur l'économie atiimale est pré* cisément la même que celle de la strychnine ^ mais avec ^ une énergie d'un douzième plus faible. Elle occasione le tétanos , et agit sur les nerfs sans affecter les facultés intellectuelles. '
De la Picrotoopine.
HiitoiK. C'est la substance à laquelle le coccfdus indiens , le
fruit du menispermufn cocculus » doit ses qualités vénéneuses , et dont M. BouUay , pharmacien à Paris , exa-
* 6* édition de Tfaomson, toI. Il, page 4^; Annales de 4e physique , tome XII , page 1 1 3.
PICROTOXINE. 355
tnina avec beaQCoop de soin ; eu iS 1 1 et depuis , la nature et les propriétés. Il donna à cette substance le nom de Picrotaxine , de -ïrexpoç, amer , et roÊwtov, poison . d'à- ^
près S9 saveur amère et son action comme poison sur l'économie animale.
• On (Atiènt la picrotoxine en Taisant bouillir , dans ^'■«p*"*»°°une suffisante quantité d'eau , les semences du cocculus menispermum mondées de leur péricarpe, et en ajoutant à la décoction filtrée , de l'acétate de plomb , jusqu'à \ cessation de précipité. Après avoir alors nitréla liqueur , on la fait évaporer jusqu'à èonsistanôe d'un extrait , qu'on fait dissoudre dans de l'alcool d'une pesanteur spécifique de 0,817 , et cette dissolution est évaporée à siccité. On réitère ainsi alternativement ces dissolutions et évaporations aqueuses et alcooliques jusqu'à ce que le résidu sec de l'évaporation soit devenu complètement soluble dans l'alcool et dans l'eau. Dans cet état du résidu , c'est la
Incrotoxine unie à une matière colorante jaune ; on 'agite alors avec une petite quantité* d'eau. Ce liquide «empare de la matière colorante, qui est très-soluble ; et détermine la séparaticn d'un grand nombre de petits cristaux constituant la picrotoxine presque pure. On lave ces cristaux avec un peu d'eau, et ensuite avec de Talcool.
La picrotoxine, ainsi obtenue à l'état de pureté, est Propriéiës. blancne ; ses cristaux sont des prismes tétraèdres ; sa v saveur est excessivement amère ; elle allère à peine leSv couleurs bleues végétales. Cette substance alcaline se dissout dans 25 fois son poids d'eau , et elle ne peut être précipitée de cette dissolution par aucun réactif. L'alcooF d'une pesanteur spécifique de 0,810 en dissout les o,33 de son poids, et l'étber sulfurique à o,y de pesanteur spécifique peut en dissoudre les o,4o de son poids.
La picrotoxine est insoluble dans les huiles; elle se combine avec les différons acides qu'elle neutralise en formant des sels , dont la nature et les propriétés n'ont été qu'imparfaitement reconnues.
Une dissolution de potassç et de sonde , étendue de dix fois son poids d'eau , dissout la picrotoxine. Cette substance , triturée avec de la potasse , n'émet point d'odeur d'ammoniaque. £lle brûle sur les charbons ar«
356 BAS.BS S/ÀUFIABXES.
dena ^nà 6e;fondre ; prise à l-iiitépieur, elle enivre et agit coinme poison.
U semble, résulter de L'analyse de M. BoùUay , que le sulfate de-piçr'otQxine est^un composé de
Acide sulfurique. • . • 9,99 . . . 5 Pîcrotoxiiiè. . ..... 90,01 ; . . 45
Et, par conséquent» le nombre équivalent pour la picrotbxîne,. serait 45.' '
De la pelphifiù, ,
Dëconverte. MM; Laissaigue et Féneulle annoncèrent , au mois de juillet 1819 , la découverte qu'ils venaient de Taire d'une substance alcaline dans la graine du delphinium staphysagria , la stapHysaigre , plante qui croît dans lés départemens méridionaux de la France , et dont , à raison de ce qu'elle est excessivement acre , on faisait autrefois emploi en médecine.
MM. Lassaigne et Féneulle parvinrent à extraire le nouvel alcali de la graine de la staphysaigre , en la mettant d'abord à Télat d0 pulpe , par trituration dans un mortier , et en la faisant ensuite bouillir pendant quelque temps; dans reay,'pour en séparer tout ce quelle contenait de soluble.' La liqueur, après avoir été filtrée, fut tnêlé.e avec un ji'eu de magnésie calcinée bien pure , etou'fit bouillir p^éndaiit quelque temps; il se forma un sédiment , qui ayant été séparé par le filtre , fut mis en clîgestion dans de Talcool bouillant. La dissolution alcoolique abandonna , par l'évaporatiq^ , la delphirie passablement pure. ' ■ .
La delphine , ainsi obtenue , est sous la formé d'une poudre blanche , à texture cristalline pendant qu'elle est humide ; mais elle dévient opaque par son exposition à l'air. Sa saveur est très-amère et très-acre', mais elle n'a point d'odeur. Soumiser à Factiôni de la chaleur^ elle se fond, ayant l'aspect de cire liquidé; mais, en refroi*
Préparation.
Propriétés.
' 6* édition de Thornson, Tol. Il, page 47; Annale» de chimie , tome LX.XX, page 209.
SODDE. 357
ilissant, èï{e devient dare et cassante , et ressemble alors ^ à de la résine. A une chaleur plus forte, elle noirci t^ se boursoufle , en émettant une fumée blanche d'une odeur
fmrticulière qui prend feu à l'air ; il reste un charbon éger qui brûle sans laisser de résidu.
L'eau froide a peu d'action sur la delphine ; il faut cependant qu'elle en dissolve une petite portion» puisqu'elle acquiert la saveur acre qui distingue cet alcali. L'alcool et l'étfaer sulfurique la dissolvent avec facilité; la dissolution alcoolique verdit le sirop de violette , et rétablit la couleur bleue du papier de tournesol rougi par le vinaigre.
La delphine s'unit avec 'les différens acides qu'elle neutralise en formant avec eux des sels très-solubles dans l'eau, et caractérisés par la saveur acre et amère de la' delphine elle-même. *
Outre ces substances alcalines nouvellement découvertes dans les substances végétales » il y a lieu de croire que . la plupart des substances amères , et qu'un grand nombre des poisons végétaux sont des corps alcalins. '
De la Soude.
Les soudes du commerce contiennent le plus souvent , immédiatement après leur fabrication , suivant MM. Gay- Lussac et Welter , du sulfure de soude qui , par l'action de l'air , produit du sulfite. Le même effet de décomposition de ce sulfure par l'air , devrait également donner Baissance à de l'hyposulfite de soude. Mais MM. Gay- Lussac et Welter ont reconnu que les soudes , à moins qu'elles n'aient été mal fabriquées , ne fournissent que du sulfite , et non de l'hyposulfite ; et ils se sont assurés
3ue ce résultat , qui avait eu lieu de les surprendre , était ù. à ce que la soude étant en grand excès telatiyement au sulfure , cet excès s'opposait à la formation de l'hyposulfite , et déterminait celle du sulfite. Et , en effet , une dissolution de sulfure de potasse, avec grand excès d'alcali , laissée pendant quelque temps à l'air , s'est
Essai des soudes du commerce.
* 6^ édition de Thomson , toI. II, page 48 , et Annales de chimie et de P^jû<|ue, tome XI-, page 188/ et tome XII 1 page 358.
358 BASES SALIFIABIES.
changée en sulfite , et n'a pas donné la plus légère trace d'hyposulfite.
D'après ces observations sur l'état ordinaire des soudes du commerce , le procédé que l'on suit pour les essayer» et qui consiste à rechercher combien un poids donné, d'une soude sature d'acide sulfurique d'une force conmie, devient très-défectueux. Dans ce mode d'essai , en effet ^ le sulfure de soude étant décomposé par l'acide sulfurique 9 sature une portion de cet acide , et il en résulte que le titre de la soude essayée est évalué trop haut, parce que le sulfure de soude , qui n'est utile dans aucun art » est , au contraire , souvent nuisible.
Pour remédier à cette cause d'incertitude et de défectuosité dans l'essai des soudes brutes , MM. .Gây-(iussac et Welter proposent d'ajouter h la dissolution de leurs, parties solubles un peu de chlorate de potasse , d'évaporer ensuite la liqueur à sicci lé, et de calciner au rouge le résidu , pour convertir les sulfures ou lès sulfites en sulfates. En opérant alors comme dans le procédé ordinaire, la quantité d'acide sulfurique employée indiquera bien réellement le titre des soudes. «
On peut déterminer facilement la quantité dé sulfite qui existe dans une soude , en faisant deux essais , Tua sur la soude dans son état naturel , l'autre sur une por-. tîon égale , après l'avoir calcinée avec un peu de chlorate âe potasse. Le double de la différence des deux titres obtenus représentera la quantité de sulfite , qu'il sera aisé d'évaluer en centièmes. En opérant de même , on parviendrait à connaître la quantité de sulfure; mais alors on prendrait seulement la différence des deux titres , aa lieu de la doubler. Les soudes , à l'état brut surtout , étant un mélange de sulfure de chaux très-peu soluble , et de carbonate de soude , la manière dont on fait dans leur essai la dissolution , à chaud , à froid , avec plus ou moins de temps , a une grande influence sur leur titre. Si la dissolution se fait à froid , il ne se dissout que trèspeu de sulfure de chaux ; mais'si elle a lieu à chaud , il se dissout alors du sulfure qui , agissant sur le carbonate de soude, le décompose, et reproduit du sulfure de soude et du carbonate de chaux. D'un autre côté , si on Um* sait au sulfure de chaux le temps de se dissoudre » on
reproduirait uHe quantité considérable de Milfure de soude.
MM. Gay-Lussap et Welter observent de plus, que la saturation de la dissolution de soude par Tacide sulfurique , exige également des attentions particulières. Après avoir préparé une forte infusion de tournesol, réaistif qui leur semble devoir mériter la préférence , comme propre à (aire reconnaftre le terme de là saturation et d'un emploi eommode et très-sûr » on verse assez de cette infusion dans la dissolution de soude à essayer , pour qu'elle ait une teinte bleue bien prononcée. On ajoute ensuite l'acide sulfurlque par très^petites parties , et Ton agite continuellement. Pour opérer plus cpmmodément , il eonvient de se servir d'un vase prolbnd » tel qu'un bocal assez grand pour que la dissolution de soude ne forme qu'une couche de 3 à 4 centimètres d'épaisseur ^ et il faut placer ce Jbocal sur une feuille de papier blanc , aGn de mieux apprécier les changemens de couleur. L'acide carbonique de la soude , déplacé par l'acide sulfurique , ne se manifeste pas d'abord , parce qu'il se combine avec la portion du carbonate de soude , qui n'a point encore éprouvé de décomposition , en formant ainsi un bicarbonate» ou un carbonate saturé. Pendant la formation du bicarbonate, la couleur du tournesol ne change point,
1>arce qu'il n'y a point d*acide carbonique libre dans la iqueur ; mais dèd qu'étant transformé , il commence à être décomposé par l'acide sulfurique , la couleur bleue du tournesol vire au rouge, et l'effervescence ne tarde pas à se manifester. 11 faut alors être attentif à ne pas dépasser le point de la saturation. Lorsqu'on a lieu de présumer qu'on en approche , on ajoute l'acide sulfurique par cinquièmes ou par dixièmes de mesure , en faisant , après chaque addition, un tralt-sur du papier de tournesol avec une baguette de verre trempée dans la dissolution. On réitère ainsi , jusqu'à ce que le dei^nler trait sur le papier de tournesol soit très - décidément rouge, et même qu'on ait dépassé là saturation» On^ retranche alors autant de cinquièmes ou de dixièmes de •mesures , moins un , et l'on a le véritable titre de la soude.. On s'aperçoit aisément que l'acide âiilfurique commence à doipiner dans la liqueur > par la couleur pelure d'ognon
BASDS SALIÉIABIES.
Gbaux de •onstruclion , mortiers ordi • xiaires.
Élémens des cimens calcaires.
qui succède subitement à la couleur rouge vineuse , qui 9vait été produite par l'acide carbonique. Si la soude i essayée en opérant ainsi , est entièrement caustique , sa dissolution , colorée en bleue par le tournesol , ne changera de couleur qu'au moment de la saturation complète par l'acide sulfurique ; si elle est totalement bicarbonatée, elle changera de couleur /et l'efiervescencè se 'manifestera après l'addition du premier vingtième d'acide sulfurique ; enfin , si elle est seulement carbonatée , le changement de couleur du tournesol par l'acide, carbonîque et l'efiervescence , se manifesteront lorsqu'on aura ajouté les douze vingtièmes de la quantité d'acide sulfurique nécessaire à la saturation.
La force de l'acide à employer dans ce procédé est tout-à fait arbitraire (i).
De la Chaux.
M. Yicat» ingénieur des ponts et chaussées^ s'étant occupé de recherches sur les chaux de construction^ les bétons et les mortiers ordinaires , entreprit sur ce sujet , en 181 a , une suite raisonnée d'expériences > dont les résultats principaux peuvent suffire à -présenter , d'une manière satisfaisante , l'histoire des élémens qui entrent dans la composition des cimens calcaires et des effets que produisent leurs diverses combinaisons.
Les ingrédiens qui entrent ordinairement dans la composition des mortiers, sont la phaux, le sable éminemment siliceux , et les produits naturels ou factices connus sous les dénominations de trass, cendrée, pouzzolane^ etc.
On considère comme pierre à chaux tout carbonate calcaire , depuis le marbre blanc le plus pur , jusqu'au carbonate marneux le plus grossier, ayant acquis par l'action du feu , plus ou moins long -temps continuée , la propriété" de s'échauffer avec l'eau , de fuser et de faire pâte avec ce liquide. La chaux que fournissent les carbonates , qui par leur pureté se r^approchent beaucoup du marbre , s appelle chaux grasse , et l'on donne au contraire la qualification de chaux maigre à celle qui
' Ànnaletf de chimie et de pbyûqae > tome XIU> page ai a.