ACIDES COMBUSTIBLES
De C Acide méconique.
Huioire. ^ Cet acido existe dans l'opium , combiné probablement avec la morphine. M. Sertuerner, qui en Qtla découverte, lui donna le nom diacide méconique, du mot grec ixnTomt
' Annales dp chimie et de pbjsi^ue » tome XYI t page loa.
ACIDE MÉGo/nIQUE. 377
pavoU II a-été proposé di?ers procédés pour extraire eet acide de l'iofasion d'opium ; mais at|cun cl'euxne semble bien cooTenable. Celui. qu'indique M* Robiquet, donne de l'acide méconique » mais on ne peut parvenir par son emploi à obtenir la totalité de cet acide , qui existe dans l'infusion.
Après avoir fait bouillir l'infusion d'opium avec une PrëpantioB. quantité de magnésie plus que suffisante pour précipiter La totalité de la morphine » on met le précipité en digestion dans l'alcool» jusqu'à dissolution complète de la morphine. Il reste une certaine quantité de magnésie , à l'état d' union avec l'acide méconique. L'acide sulfurique dissout cette matière avec laquelle il forme un liquide de . couleur brune. En versant de l'hydro-cblorate de baryte dans cette dissolution, il se produit un précipité, consistant dans du sulfate de baryte , et du méconate de baryte, lé-
Î;èrement rosé.De l'acide sulfurique faible, laissé pendant ong-temps en digestion sur ce précipité , décompose le méconate ; l'acide méconique se dissout dans l'eau , et le sulfate de baryte reste. En faisant alors évaporer la liqueur, Tacide méconique se dépose en cristaux bruns. Gel acide est alors accompagné d'une matière colorante, qui le rendant beaucoup moins soluble dans l'eau , donne liëa au méconate de magnésie et de baryte de se précipiter; car ces sels , lorsqu'ils sont purs , se dissolvent dans l'eau. Après avoir fait sécher les cristaux bruns à une basse température , on les expose à une température plus élevée , mais qui ne suffit pas pour décomposer la matière colorante ; l'acide méconique se sublime et se dépose sur la partie supérieure de la cornue.
L'acide méconique ainsi obtenu est blanc. Il cristallise ordinairement en longues aiguilles , ou lames carrées, quoiqu'il afiêcte quelquefois d'autres formes. Chauffé à la température d'environ 66*^ centigcades , il se fond , et dès qu'il est fondu il commence à se sublinier, sans éprouver de décomposition.
L'acide méconique est extrêmement soluble , et dans propriété». Teau et dans l'alcool. Sa saveur est acide , et il fougit les couleurs bleues végétales. Il se combine avec les différentes bases , et forme , par ces combinaisons , des sels qu'on a distingués par la dénomination de mécanates. Les
Découverte.
Propriétés.
378 ACIOBS GOMBUSTEBI.es.
ittécooates de wiêêét, de soude et d'amnMmiaqkie^ soiil soluUes dan» ) €«u $ il en est d» métnfe de» méeoDateé de baryte , de eliaiix el de magném.
Lorsqu'on versé de l'acide laéconîye dan§ des disselations de peroxidede fer, il se pn»diiit tine forte couleur rouge, changement semblable à celui qu'occasioae » danâ les mêmes dissolutions, l'acide aulfo^liyaaicpie ; mais il ne donne lieu à aucun précipité dans les liquides* Cet acide , introduit dans une diesolution de suUatë de cuivre» fait passer la eouleiff do liquide au iMau versd'iéneraude. Il ne se forme poim d'abord de {précipité • Itiaîs & k finil se dépose une poudre d'ut» îaune pâle^ L'acide diécd • nique donne égeiement Heu è la fangue à \xû précipité: dans la dissolution du per-éMarurede Aorcunr^^
De C^bdéa lamfiqu^.^
Ce fut sir Humphry Davy, qui , dans une expérience intéressante, reconnut, le premier^ qu'en plongeant un fil de platine chaud dans de la vapeur d'éther, ce ul devenait rouge de chaleur, et continuait de l'être ainsi ju»* qu'à ce que la vapeur d^éther eût été entièrement coqsumée , et que pendant cette décomposition de l'éther, il se formait un acide particulier. M. Faraday fit depuis quelques expériences sur cet acide; mais c'est à M. Ganiett 3uenous sommes redevables d'une description satisfaisante e ses propriétés. Après avoir adapté à une lampe à espritde-vin du fil de platme disposé à la manière d'une mèche ordinaire, il remplit cette lampe d'éther qju'il enflamma, et. tout étant convenablemeni préparé , il la plaça sous le chapiteau d'uD alambic ordinaire,, aq, bec duquel fut ajusté un récipient. La mèche de fil de platine devint immédiatement rouge de cbaleur^ et se maintint daoa cet état pendant six semaines entières; et au. fiout dte ce temps , M. Daniell recueillit enviroasepl décilitres de la vapeur d'éther condensée. C'est à ce liquide qu'il a trouvé convenable de donner le nom diacide Unmfiqu^m
L'acide lampique , ainsi recueîHî , est une liqueur ia-colore ayant une saveur fortement acide et ime odeur
* 6« édUfon de TBomsoQ, toI. II, page i58; Annales de chimie et de physique, tomeV, ptfge ^77.
r ACIDE LAHriQUS. 379.
piquMite» Cette Uqueur étant chauffée» la Tapeur qui s^eii exbale eal «Lti^êmemeiit irritante et désagréaUe; et lorscpi'oa la respire» elle occasboci une otipreission fuî resseimUe btattcocqp^ k reftei produit par le chlore. Sa pesanteur SipécifiqueTariâ âe i>qoo et àunlesMiaft»
On peiiti vendre ce liquide. }dua pur on ré?^orant avec iBéDagenient;etla yapeur qui s^en élève » suiyaut M-IW DÎell , B'e6t paa eelle. d'éthar aaais iMca ime Tapeur d'aïcod;. La pesanteur spécifique de la liqueuff ainsi reetiâée> est 1 ,o 1 &. EUe rougit les eouleut*» bleuef Té^tafes.
Mv SaniaUi, ajràni ectnibiod l'acide laai|p«|ue aTCC les. diffteenleS' bases, trowva que tous les laœpatesi terreux, et alcalins sent 8el]ililè& dans l'ean , et jouissent à peu près y autant qu'il les a décrites , des propriétés des. acétates correspondant.
L'acide lampique précîpilè à l'état métallique Ter, le
C^ ktine ,i'argentet le mercure de leiurs dissofaitions acides, hnupate de duvre cristallise en choœJbieïdes bleus.. Le lampate de plomb est un sel blanc cristellisabie > d'une saTeor sucrée^ LorsqiUi'eaiflaéle de raddesuUbriqiie aTCC l'acide lampique , h couleuir deTÎent neire» el: il Se sépare du ckarbon. Lorsque Vovi h platine» klBCgenb et le mer-. cure sont précipités à. l'état méiaUique par l'acide lam-* piqHe , il y a d^a^men t de gae acid» carbonique.
M. Daniell déterminé la compositteo des lampates de seude et de basyte ^ ainsi qu'il suit :,
liampate de soude. Lampate de baryte.
Acide. . • 62,1 6,554. Acide. . . 5g, 5 6,365 Soude. . . 37,<^ 4><><x^ ftarfrte. . . 6o^5 ^,j&^
Le. résultat d'une autre expérience a donné, pour la coMposîtbn de l'acide lampique :
Aleido, ...... /^ù^% . . . 6»554
Baryte.. ...... 59,8 . . . 9,750
Ainsi le nombre éauivalènt ^ pour l'acide lampique, est, le méSîV««* diaprés l'anaJy^e du.laoïgate de soude, 6,^5^ ou «.suivant ^^^^^ ^^^' deux analyses difl^rentes du. lampato de baryte , 6»554- 11 §^i èi. remarquer combien ces nombres se rapprochent
380^ ACIDES GOMBUSTltilES.
de ceiui€^,375 V poidd d'une molécule intégrante d'acide acétique. D'après cette coïncidence et les propriétés dôs lampates , telles que les établit M. Daniell , M> Thbmsoa annonce qu'il est porté à soupçonner que l'acide kmpique n'est autre chose que l'acide acétique masqué:par la présence d'un peu d'éther et d'alcool » ou de quelque matière huileuse formée pendant la combustion lente de l'éther. La présence d'éther , ou même d'alcool-, expliquerait la précipitation à l'état métallique des métaux ci-dessus énoncés , tandis que les sels formés semblent être des acétate^. Le seul fait qui parait ne pas s'accorder avec cette supposition , est la couleur bleue. par laquelle 3 suivant M. Daniell, le lampa te de cuivre se distingue ; car il est bienconnu que l'acétate de cuivre a la couleur d'un vert-de-gris.
M. Daniell essaya de faire l'-analyse de l'acide lampique en bràlant du lampatéde baryte avec du chlorate de potasse. 11 consuma 4?^ milligrammes de ce sel , contenant 188 milligrammes d'acide lampique. Le seulpro^ duit qu'il obtint, consistait dans environ i5o centimètres cubes de gaz acide carbonique ; 65,5 centimètres cubes de l'oxigène abandonné par le chlorate de potasse , avaient disparu , indépendamment de la quantité qui en existait dans l'acide carbonique. Or, 65,5 centimètre» cubes de gaz oxigène, doivent s'être unis , pour former de l'eau , avec i3i centimètres cubes de gaz hydrogène ; d'où il suit, que les élémens dégagés dans cette expérience , de 188 milligrammes d'acide lampique, furent :
1 5o centimètres cubes de gaz acide carboi^ique = jS i3i centimètres cubes d'hydrogène = 11
Total 86
Cette quantité . de . 86 milligrammes, soustraite de celle de 188 milligrammes, poids primitif de l'acide lampique, donne pour reste loa milligrammes, que M. Daniell suppose s'être dégagés à l'état d'eau. Or, 10a milligrammes d'eau équivalent à peu près à l'Si centi-mètres cubes de vapeur , et ce volume de vapeur se résout en 65,6 centimètres cubes de gaz oxigène et i3i
.Aei1>C,PYR0-MlIGIQ|}E. 38l
eeDUmètres cubes de gaz hydrogène ; et si » à ces quao» lités , on ajoute le carbone et l'hydrogène premièrement dégagés, on voit que les 188 milligrammes d acide lampique sont représentés par
g volumes carbone. '. .=4»5 atomes carbone. . ==3,375 i6 volumes hydrogène. =8 atomes hydrogène. = 1 4 volumes exigée. . . =4 atomes oxigène. . .= 4
Mais , comme le nombre 8,375 , poids de Tatome d'acide lampique^ ne correspond pas* avec le nombre équivalent pour l'acide , déduit, de l'analyse du lampate de soudé et di| lampate de baryte, il est. évident que M. Daniell a dCl. commettre quelque erreur. Et en effet» il est douteux que le mode qu'il avait adopté soit susceptible d'un grand degré de précision. Il a été abandonné par M. Gay-Lussac lui-même qui en eut le premier Tidée.'
- De l'acide pyro-mucique.
En calcinant dans une cornue l'acide appelé Sac-lactique, et depuis mucique, M. Houtou Ja-Billardière obtint un acide particulier auquel il donna le nom d*aeide
fyro-tnucique. à raison de l'analogie de sa formation avec acide pyro-tartarique. Les produits de la distillation ayant été mêlés avec quatre fois leur poids d'eau , et la liqueur filtrée , soumise à l'évaporation à un degré convenable , le nouvel acide s'y dépose en cristaux , et ces crystaux étant séparés, il s'en forme encore en évaporant de nouveau l'eau mère.
L'acide pyro-mucique, ainsi obtenu» commence à fon- propriëtës. dre à la température de 1 3o degrés centigrades ; et si la chaleur est continuée , il se sublime en cristaux colorés en jaune , qui étant dissous dans l'eau , deviennent , par une nouvelle cristallisation dans cette liqueur évaporée , parfaitement blancs et purs. L'acide pyro-mucique est
* 6* édrtion de Thomson , roi. Il, pag;e 160; Journal dcn scieacet et arts, tome Vly pagje 3i8.
Ses parties constUiuDtes.
5^d à€lDES COMfetdTlfiifiÀ.
blanc , inodore » et d'une saveur acide ; il fond h h t6tnpératufe de 1 5'o degrés centigrades t et àu-dessii» do icielté température , il se sublime et se cottdeiise en un liquide qui se solidifie par le refroidisèetnèni. Cet acide n'^t pas déliquescent , U rougit les couleurs bleues végétales; il est plus sol^ble dïins i eau chaude que dans ce liquide froid. L'alcpol le dissout plus abondamment que Peau ; les sels que Facide pyro-muciqùë forme avec les basés , ont reçu le nom àe pyro-mucates. Ces sels sont, pour là plupart, solubles et cristallisables. Suivant l'analyse de M. Houtou*la-Bi)Urdière , lé pyf6-dlMtitô de baryte est composé de ^ v
Acide ^7>7 > • • • i3»33i
Baryte. ...... 42»^ . . • . 9>^6
D'oii il suit, que le nombre équivalent , pôUr TàCide pyro-mucique' , est 1 3,33 1 .
Cet acide, analysé par le moyen ^a peroxide de cuivre , donna , pour le rapport de ses élémens :
Carbone 59,ii8
Oxigènè 4S,8o6
Hydrogène. . , . . . i,iii
1 10 fié
Le Qombfo d'^f tomes j qui sç rapproche le plus de ces proportions , et le nombre équivalent pour 1 acide , tel que l'indique l'analyse du pyro-inucate de baryte , sont ainsi qu'il suit :
9 atomes carbone ±±i 6,75 . . . . 5i,4S 6 atomes oxrs^ène =± (S,oo .... l^S^ji S atomes hydrogène = 0,376 .... 2,86
i3,is5 loé^^o»
D'où il résulte , que le nombre équivalent , pour l'acide n'est que de i3,iâ5 , au lieu de i3,33i. Cette diSèrence , qui n'excède pas 0,2 , peut bien être admise A%u»
ACIA99 QlÀtiQQfi) VRIQtJE. 383
une première nnolyse â'm 9el auquel il. doit être difficiled^eoiever oempléteaieut squ eau de cmtaUîsfilion. *'
M, Thpwson Qnqpnce qM'il est disposé à cousidérçr l'hydrogène » dont on a reconnu U présence dans toutç» les analyses de l'oxalatede plqmb , comme dérivant d'une portioQ d'e$(i^ qu'il avait été impossible d'ealever à Tacide» il fait observer qqe la prqpprtion d'hydrogène diminue çn rai^QA du soia qu'on a pris de dessécher le sçl \ em<^. ployer , avant de le soumettre à la décomposition. La Quantité d'hydrogène » trouvée pur M. Berzéhus , qui mit le plua grand soin ^dessécher son ^el> avant d'en faire i'aaiily^ » n« s'élève qu'au f, d'un atome, quantité tellemefil i(^jgni(i#iite ^ qu'pn w peut la supposer comme un élément réel dp l'acide. Mais, «'il n'existe point d'hydrogène d(i^$ l'aeide » il e^t évidemment un composé de i partie en poids de carbone et % parties d'oxigène , ou de deux atonies carbone , + 5 atomes oxigène , ou d'une molécule intégrante d'acide carbonique , et d'une mole- Cille inlégrante d'oxide de carbone ; d'où il suit , que le véritable «pmbre équivalent pour Tacide oxah'que , doit être 4.Ô* *
M. TbonM^n obswveque le docteur Prout, qui ana-. ly^ avec U plus grand soin l'acide urique, au moyen du peroaûde dd cuivre , le trouva composé de , savoir :
1 î^tome hydrogène = o,i25
S atomes carbone = 2,25o
1 atome azote = 1,760 i
il S' atome oxigène = i.Soo /
S,6»5 D'après cette iinalyse * le nombre équivalejat pour l'acide
< 6* édition de Tbonuon, toI. II, pag« 164 ; Aana1«i d« éïdndt et de pby§i(|ue, tome IX , page 36S.
« 6« édition de Thotnsont lol. II» paga 170.