S ACIDES COMBUSTIBLES
pouiller entièrement , ainsi que M. Braconnot l'a fait voir.'
De Facide pjrO'êorbîqàe.
M. Braconnot , après avoir démontré que l'acide sorbique n'était autre chose que l'acide malique à l'état de
f>ius grande pureté , annonça depuis , qu'en soumettant 'acide sorbique à la distillation,, il se formait des cristaux blancs acides à la voûte de la cornue , et que le produit liquide obtenu était composé d'un acide crislallisable , jouissant de propriétés particulières « auquel il proposa de donner le nom à^aciae pyro-sarbique,
M. J. ' L« Lassaigne en répétant les expériences de M. Braconnot , a entrepris de nouvelles recherches sur cet acide dans le but d'étudier plus particulièrement quelques-unes de ses combinaisons , et de rendre ainsi son histoire plus complète.
Après avoir introduit 20 grammes d'acide sorbique cristallisé dans une cornue de verre , qu'il chauffa doucement , il observa qu'à mesure que l'eau de cristallisation de cet acide , dans laquelle il s'était d'abord fondu , s'en séparait , cet acide prenait une couleur jaune brunâtre , de plus en plus foncée ; le produit , qui s'était condensé dans le récipient , était insipide et inodore , et sans action sur la teinture de tournesol ; les réactifs n'y ayant démontré aucune trace de substances étrangères , il ne paraissait être que de l'eau pure. En augmentant progressivement la chaleur, l'acide s'est coloré en un brun très-foncé, s'est boursouflé , et a laissé distiller une liqueur blanche transparente , ayant une légère odeur bitumineuse , et d'une saveur si fortement acide qu'elle a cautérisé sur-lechamp les parties de la langue et des lèvres sur lesquelles il en avait été placé. A la fin de l'opération , il s'est sobliiQé , à la voûte de la cornue , des aiguilles blanches très-fines, d'environ 3 centimètres de longueur, et il est resté, dans la cornue un charbon très -volumineux qui ne contenait plus aucune trace d'acide.
La liqueur obtenue de l'acide par distillation , après
* * 6* 'édition de Thomson, vol. II, page 190; Annales de chimie et de physique, tome VI, page 33i , et tome VITI, pîigp \\o'. •
ACIDE. PYRO-SGKBiQU£. 3%
raugmenlationdela chaleur, ayant été évaporée à moitié de son volume » a fourni des cristaux blancs prismatiques d'acide pyro-sbrbique. Pro riëtés
En examinant les propriétés de cet acide , M. Lassaigpe lui a reconnu celles d'être inaltérable à Tair , de se fondre à la température de + 47« ^ degrés centigrades , et de se prendre par refroidissement , lorsqu'il est .fondu, en une masse blanche nacrée , cristallisée en aiguille^ divergentes. Cet acide ^ projeté sur des charbons ardens , s'exhale en une fumée blanche acide très- piquante» qui provoque la toux et ne laisse aucun résidu; en le distillant en vaisseaux clos , il se sublime , pour la plus grande partie, en longues aiguilles , et le r^te se décompose à la , maniéré des substances végétales.
L'acide pyro-sorbique est très-soluble dans l'alcool à 4o degrés^ L'eau , à la température de -+• lo degrés centi* grades , n'en peut dissoudre qu'une demi-partie de son poids. Cette dissolution rougit fortement la teinture de tournesol ; elle forme avec l'acétate de plomb • et le nitrate de mercure , des précipités floconneux ; elle ne précipite. . point l'eau de chaux, et si l'on y verse de l'eau de baryte , il s'y produit un précipité blanc pulvérulent , qui sa redissout par Taddition d'une petite quantité d'eau froide; et au bout de quelque temps , il se forme , sur les parois du vase qui contient la dissolution , de petites paillettes blanches argentines , qui sont un véritable pjrosorbate neutre de baryte , qui ayant été desséché et analysé , a donné pour 3a composition : . /.i ji . .
Acide 100 -i^u-
Baryte . i85,i4^''^*^ i
. Il s'ensuit, que la capacité de saturation de l'acide pyrosorbique pour la baryte est plus grande que ce)fe de l'acide sorbique; car d'après M. Vauquitelin, 100 parties |
de ce dernier acide ne saturent que 1 12,751 de baryte. Le sel formé par la combinaison directe de l'acide pyro-sorbique avec la potasse ou te pyro-sorbate de po-t€use, cristallise eu petites feuilles de fougère ; il est légèrement déliquescent ; sa dissolution aqueuse ne précipite point les dissolutions de fer, de cuivre , de mangan^» de zinc 9 de nickel et de cobalt; mais elle produit , 4^0
S90 ACIDES COUBtStlBLËS.'
les nitrates d'argent , de mercure et de plomb , de» précipités floconneux.
En décomposant un sel de plomb soluble par le pyrosorbate de potasse , on obtient facilement un pyro-sorbate de plomb , qui se présente d'abord en flocons blancs , et se convertit peu de temps après en une gelée defiai-transparente , comme de l'amidon cuit dans l'eau. Si , après avoir alors délayé Cette gelée dans de l'eau , on recaeille la matière gélatineuse sur un filtre de papier Joseph, elle s'affaisse à mesure que l'eau s'en sépare ; et au bo«il de quelque temps, elle est totalement cristallisée en petites aiguilles nacrées très-briltakites. •
M. Lassaigne continua ses recherches sur l'acide pyrosorbique , en examinant avec soin les cristaux blancs eo aiguilles , qui , dans la préparation de cet acide , s'étaient Sublimés vers la fin de l'opération , à la partie supérieure de la cornue. Il reconnut que ces cristaux , sut* lesquels M. Braconnot n'avait pas fait d'expériences, différaient de ceux obtenus par l'évaporation du produit liquide passé à k distillation. Ces cristaux sublimés ont une sareur acide légèrement acre , et utie odeur bitumineuse, qu'ils per^ dent par plusieurs cristallisations successivement repro* duites dans l'eau.
L'eau , h la température de -4- la degrés centigrades» en dissout environ -^ de son poids. Cette dissolution , qui ne précipite ni l'eau de cbanx , ni l'eau de baryte, forme avec l'acétate de plomb un précipité blanc floconneux, soluble dans un excès de ce $el> *EUe précipite le* nitrate d'argent en une poudre blanche très-fine , et le persuliate de fer neutre , en flocons d'un janne chamois. Ces deux derniers sels né font éprouver aucun chan- , gement à l'acide pyro-sorbiquîe dont il vient d'être parlé. La combinaison de cet acide avec la potasse produit un sel eristallfsable , déliquescent. Ave'C l'oxide de plomb , il forme un sel blismc pulvérulent , grenu , qui ne cristallise point; et d'après les autres proptiétés dont cet acide jouit , M. Lassatgne est pok*té à le considérer comme étant d'une nature particulière.
M. Lassaigne conclut de ses recherches siir l'acide , auqlitj M. Braconnot avait proposé de donner le nom d'acide p^é^êorbiquô , que les propriétés iju'il lui a reconnue:^ »
AGIDE IGASUKIQU.E. SQI
et doot quelqaes-unes avajeat déjà été observées pav v M Bracoanot , suffisent pour le faire distinguer de T^cide sorbiquQ ; et il pense en e0et que p.Qpr rapptelef t<>ut ^ |a fois et son origine ^t sa préparation^ çe^te dénpmina-> lion lui convient parfaitement ; à moins que, d'après {'Ob'* servalion de M. Gay-Lussac , les chimistes ne préfèrent conserver |e ooi^a d'jacifle malique à Taçide sorbîquedpnt l'idontité avçp 1^^ premier «u;ide es^actuellementçonstaté» DaQ« ce cas, F^^pide dont il s'agjjt ;»'«ppeller^it a^i4^ pyro-m^iUque; et cet apide forQ^rajt djésorqi^is ayec )e9 acîd^ pyrQH;artariqi|e et pyro:n)uci^i^ » 4o.nt il dififériç 6dus plu^eura poinjts , ^^e nouvelle ^^^ d'acides yégé^ iauK. ' \ » '
t)/& Çacide igaaurique,
MM. Pelletiez: et Cavento.u , qui découvrirent dan^ la fève deSaint-Ignapela nouvelle substance alcaline ^ppeléjd par eu:i^ strychnine^ opt cru devoir distinguer u^n aci4|^
3ui , dans çetie sQunence, sature la strychnine, pajr le aom ^ acide i^asurique , du mot malais par lequel les indigènes désignent au^ grandes Indes la fève de Saint-Ignace. Quoique, suivant M* Thomson^ Içs caractères que MM. Pelletier et Caventou ont reconnus à Tâcide igâsurjque suffisent à. peine pour le constituer une espèce particulière , il a crii cependant devoir en parler provisoirement, et en attendant que , par dçs expériences subséquentes , jl soit déterminé d cet acide diffère de Tacide malique 01.1 sorbique , avec lequel il a beaucoup de propriétés conimunes.
MM. Pelletier et Caventou., apjrèç avoir lavé dans de i*™p«rc»»o°- Peau froide , pour la diéppuiller ^^ussi .compléte^nei^t .que possible de toute t^a.Uèr^ colorante , la magnésje • doat ils s'étaient servie pçiir sépajrer la strychnine .d^ IHnfu^qn de la fève dç Saint-Igpace , ils fir;eat houîUM:* cejttÇ Jff^^" giiéaie dans une grande quan-tit^ d'eau disitillée pour dissoudre le $el magp^sien ou rigafurate ,4c magaé^e. La dissoIuJioi^ ayant ét^ ^Jpri$,CQncei\tir4epiir l'^fmor^tiojçi^ ils y ajoutèreatdp l'acétate de plomi^.. Une double décomposition ayant eu lieu , lucide jgasurique s'junit à l'oxide de
* Aoinles de chimie «t de physique ^tome. XI» page 90.
592 AGlDiiiS COMBUSTIBLES.
plomb , el se précipita dans cet état d'union eu une poddre insoluble, dette poudre ayant' été mêlée avec de Teau , le plomb en fut séparé au moyen du gaz hydrogène sulfuré. L'acide igas^rique reste en dissolution dans l'eau , et on peut l'en obtenir isolé en faisant évaporer le liquide.
propriëics. Cet acido cristallise en petits cristaux durs et grenus , colorés en jaune, ce qui provient' probablement* de ce qu'il n'est pas suffisamment dépouillé de la matière colorante de la fève de Saint-Ignace. Sa saveur est aeide et lastringenle. Il est très-soluble dans l'eau et dans l'alcool, et il en est de même des sels qu'il forme avec les alcalis et les ferres L'igasurate de baryte est très-soluble , et îl cristallise difficilement sous la forme de champignons. L'igasurate d'ammoniaque jne forme pas de précipité dans Tes sels d'argent , de mercure et de fer. Lorsqu'on l'ajoute I^ une dissolution.de sel de cuivré, la liqueur devient verte , el il s'y déposé peu à peu une poudre d'un blanc verdâire , très-peu soluble dans l'eau. L'acidiB igasurique n'aftère pas Ja couleur des sels de fer.
Telles sont les propriétés qui ; suivant MM. Pelletier et Gaventou, caractérisent l'acide igasurique. Il se distingue de l'acide malique ou sorbique , en ce qu'il précipite le cuivre à l'état d'une poudre d'uii blanc verdâlre , et par la solubilité de ses sels alcalins dans l'alcool. Mais par ses autres propriétés il se rapproche de très- près de cet acide.' .
De Cacide lactique.
Lorsqu'on abandonne du riz et. plusieurs -autres substances végétales^à la fermentation spontanée , ces sub- , stances acquièrent une saveur et une odeur d'acide. Cet acide $iinsi formé fut examiné par M. Braconnot , qui , le considérant comme un acide nouveau, lui donna le nom d'acide nancéique; et dans sa précédente édition , M. Thomson changea cette dénomination, qui lui parut impropre» dans celle diacide zumique; mais il annonça en même temps qu'il soupçonnait que cet acide , supposé nouveau .
' 6« ëdiliOQ de Thomson, vol, II, page 194;. Annales de cbimie et de physique, tome X, page 167, ^t Journal de pharmacie ,*V, 16&
• AGIDË KRAMÉRIQÙ^. 5qo
h^étàft autre que Tacide lactique à l'état de pureté. M. Thoms(Hi observe que son opinion à ce sujet a été depuis confirmée par M. Yogel , qui , ayant comparé tes deux acides, a trouvé leurs caractères parfaitement identiques. '
Il s'ensuit que Tacide lactique, dans son état de pureté, est incolore. Il n'est pas impossible qu'on parvint à le faire cristalliser , s'il étaitplacé dans lesmfêmes circonstances qui rendent l'acide malique capable de prendre la forme cristalline.'
De l'aetde kramérique,
. La krameria triandria est une plante t|ui croit au Pérou ; sa racine , qui se distingué par ses propriétés astringentes, est, dit-on, employée par les naturels du pays, comme remède d'une grande efficacité , dans les cas d'hé- '
morrhasie atonique. Elle est apportée en grandes quan* iités à Londres ^ où il paraît qu'on en fait usage pour donner aux vins qu'on y fabrique artificiellement la cou* leur' convenable. .Cette racine ayant récemment attiré l'attention de M. Peschier, pharmacien à Genèye , il y découvrit un acide nouveau , qu'il a désigné sous le nom é^acide kramérique»
M. Peschier obtint l'acide kramérique en opérant Prep«raiion. ainsi qu'il suit : En faisant bouillir dans l'eau la racine , eti particulièrement l'écorce de la krameria triandra , il eut une forte décoction d'une saveur astringente^ et précipitant en noir avec le sulfate de fer. Pour en séparer le tannin , qu'il présumait y être contenu , il mêla la décoction , provenant de 3o grammes de la racine avec une dissolution de 3 grammes de gélatine , ce qui donna lieu à un dép&t d'un brun rougeâtre pesant 8 grammes. Pour dépouiller la décoction de sa matière colorante et de son acide gallique qui raccompagnaient encore ^ il ajouta i3 grammes de ^ulfate de fer par chaque quantité de 3o grammes de la racine employée à faire, la décoction; puis après avoir étendu la liqueur de 3 à 4 kilogrammes d'eau, . I I II I > Il II I —^«—1 I »^— il 1 1 I ■ I ■ — —i
* 6* édition de TbomBOaT, vol: II > page aoi ; Annait offhUptofhy, JUI,39i. . ^
394 AGIPES COMBUST&BI^ES.
il la filtra; Elle devînt aîiisi presque încotore ; ^L fil aloi» bouillir cette liqueur avec uue quauiité dQ craie 8uf&san|e pour décomposer tout le sulfjite de fer qu'elle reteaait encore , et pour saturer Tacide l^ramérîque qui y était
I présent. Après l'avoir ensuite filtrée et concentrée par 'évaporation h un degré couvedabfe, il en précipita la chaux par du carbonate dépotasse, etle kraïqérate d^^
C>ta8S6 par l'acétate de plomb. Le kraméraie de plomb » vé pi^alablement ^veo soin , fut décomposé par ua courant de gaz hydrogène sulfuré , après quoi la liqu^euf ayant été filtrée et évaporée jusqu'à consistance convenable ; elle ne consistait plus que daos une dissolution d'acide kramériqùe dans l'eau.
Propriéiës. L'acidé kramériquo , ainsi obtenu, est d'une saveur fortement acide , et laissé sûr da langue une seosatioÀ styptique particulière. On ne peut le faire erîsialliser; il est sans action sur les sels de chaux et de magnésie ; mai» il décompose |ous les^sek de beoyte ei de sironliane, fortmant avec chacune de ces terres deux ^eis » dont l'un à l'état de sur-sel , est solublè , et dont l'autre est un smis^ sel qui ne se dissout point dans l'eau. Le kramérate de baryte n^est ni décomposé , ni altéré par l'acide sulfiir rique ; A'ch il suit que l'acide kramériqùe a , pour la baryte , une affinité plus forte que l'acide sulfurique ; il précipite les sels de plomb blancs. Les kramérates de potasse, de sonde, d'ammoniaque , de chaux et de baryte; précipitent le sel de fer jaune. L'adide kramériqùe d'à pas d'action sensible sur les autres sels métalliques. Le kramérate de potasse cristaUtse en prismes
liéxaèdres.
Le kramérate de soude afiecte on. cristallisant la même " forme ; il est efOorescent èr l'air.
Le kramérate d'ammoniaqne foomit des cristaux en barbes de plumes. ^ ^
Tous ces sels sont insolubles dans l'alcool ; ils oni peu de saveur , et leur addition h un «el de baryte y occasioné un précipité.
Telles sont , suivant que M. Peschier annonce les avoir reconnues , les propriétés jdeJ'acideJsxaméuque* IL Thomson observe qu'ellies ont besoin d'être vérifiées; et , dans son opinion, rectifiées en plusieurs points » avant, que
Ifexittoaèe de Taci^le , CMime acide particulier ; soit pleioemeot démontrée, et «es carecières exactement déterminés.'
Dé l^^icidô gattiquô*
M. Tboipson annonce^ que le procédé proposé, en 1 8 1 8,' par M. Braconnnot, pour la préparation et la purification de Tacide gallic[ue« lui paraît réunir le double avantage d'être plus économique , et d'un meilleur produit Qu'aucun de ceux précédemment indiqués. Dans ce procédé , qui n'est qu'un perfectionnement de celui de ochéele.5 JM. Braconnot opérait ainsi qu'il suit : Après ^voir fait digérer , pendant quatre jours , 25o grammes de noix de galle en poudre , dans un litre d'eau » en ayant soin de remuer de temps en temps le mélange , le tout fut jeté sur une toile, en y exprimant fortement le marc ; et le liquide ayant été filtré , on l'abandonna à lui-même dans un vase de verre ouvert depuis le 22 juillet]jttsqu'au 33 septembre, oupendant deux mots. Au bout de ce temps , on trouva que la liqueur n'avait pas sensiblement diminué de volume; mais il s'y était déposé une quantité considérable de cristaux d'acide gallique »
Îtii furent séparés du liquide par une forte expression ans une toile. Ce liquide , séparé des cristaux , ayant été ensuite évaporé jusqu'à consistance de sirop , il four-^ oit une nouvelle quantité de cristaux, qiu furent séparés de la même manière. Le marc , provenant des noix de galle qui avaient produit la décoction , après avoir été humecté d'eau et abandonné à la fennentation spontanée, ensuite traité avec de l'eau bouiUante, fournit une quantité additionneBe de cristaux. D4ns ces difiéreoies opé* rations , M. Braconnot obtînt 6s grammes d'acide galliipae; mais cet acide était eacore eoloré et oiélangé à ane poudre insoluble; il fit bouillir ce^ &9 grammes d'acide avec trois décilitres d'eau , et filtra la disse lution encore bouillante. Là liqueur déposa , en se refroidissait , 40 grammes de cristaux d'acide gallique d'un blanc jaunâtre. L'eau-mère qui était brune , évaporée convenablement, donna encore 10 graiumes des
M^SBaMaCi^Ki^^kj
' 6* édîtioB <k Théoif on , vqI. Il , page aoa ; JoQrnal de pharmt< cie , VI , 54.
SgÔ AC10E8 COMÉUSTlStES. .
premiers cristaux oblenus. Pour dépouiller entièrement ces cristaux dé leur matière colorante, on les mêFà avec huit fois leur poids d'eau et cinq fois leur poids de noir / d'ivoire , et ce mélange futtenii pendant environ \in quart d'heure à la température de rébuUition. On le filtra en-* core chaud; et il se prit , par le refroidissement , en une masse de cristaux blancs parfaitement purs d'acide gallique ; et ces cristaux furent séparés du liquide par expression dans une toile.
L'acide gallique « obtenu far ce procédé , est blanc comme de la neige el parfaitement pur. Sa saveur est faiblement aCide , et il laisse dans la bouche un goût sucré. ' '
'^ De C acide ellagique.
C'est par ce nom , formé du mot renversé ga/fe , que M. Bracohnot a jugé convenable de distinguer une substance jouissant imparfaitement des propriétés acides» qn'il retira de la noix de galle en même temps qu'il en ^ ^ obtint l'acide gallique. Il paraîtrait, d'après une note de M. Chevreul , qu'il avait déjà annoncé » en i8j5, la découverte de cet acide, et décrit plusieurs de ses propriétés dansJa partie chimique de PËncyclopédie méthodique, au mot Tannin , et qu'alors il ne lui avait pas . ^ donné de nom particulier, parce qu'il ne croyait pas l'avoir obtenu à l'état de pureté. ^
Préparation. M. Bracounot ayant filtré la dissolution d'acide gallique produite avec les cristaux qui s'étaient spontanément formés dans l'infusion de noix de galle > il resta sur le .filtre une poudre qui' consistait dans l'acide ellagique mêlé avec une certaine quantité de gallate de chaux. Pour la débarrasser de ce sel, M. Braconnot traita la poudre avec une dissolution faible de potasse » qui s'unit à l'acide avec dégagement très-sensible de chaleur. La liqueur, d'un jaune intense, ayant été filtrée et abandonnée à l'air, il sY déposa peu à. peu une quantité assez considérable de cristaux nacrés , qui , aprè$ avoir été séparés par le filtre , furent décomposés par de Facide hydro-cblorique afiaibli.
> 6« édition de Thomson, vol. II, page ao4 ; Annales de chimie et de physique, tome IX » page 181.
ACIDE .HYDRO-CHLORIQUE. 507
L'acide ellagiqoe , ainsi obtenu , est sous la forme d'une poudre blanche avec une légère nuance de fauve. II n'a
{^oînt de saveur et n'est pas sensiblement soluble dans 'eau , lors même qu'elle est bouillante, il ne décomposa pas les carbonates alcalins , même à l'aide de la chaleur; mais il s'unit à la soude ou à la potasse caustique , et «ature entièrement leurs propriétés.- Ces combinaisons neutres sont indissolubles dans l'eau; mais elles le devienkient si l'on a préalablement dissout dans ce liquide un peu de potasse ou de soude , et la dissolution de ces sels prend alors une couleur fauve très-foncée. L'ellaga te d'ammoniaque est également insoluble dans l'eau, et l'addition d'ammoniaque , même en excès , ne le rend pas susceptible de s'y dissoudre. Lorsqu'on .agite l'acide eltagique dans de l'eau de chaux, il sépare cette terre des liquides. L'acide nitrique ne semble pas agir d'abord sur ces acides ; mais , par une digestion prolongée , le mélange acquiert par degrés la couleur d'un rouge de sang. L'acide ellngique ne forme aucune combinaison avec l'iode, dhauffé , il ne se fond pas , mais il brûle avec une sorte de scintillation ; il laisse du charbon , et produit une vapeur jaune , ciui se condense en cristaux transparens u un beau jaune verdâtre. Ce sublimé est insipide et insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther; mais il se combine aisément à une dissolution de potasse , qu'ir colore en jaune; de manière que ces cristaux jouissent des mêmes propriétés caractéristiques quç l'acide à l'état de poudre. '
De Cacide hydro-chlorique.
M. Dalton a. formé, d'après ses propres expériences, une table des 'différentes densités de l'acide hydro-chlorique , et cette table est d'une trèâ-grande exactitude ; mais le docteur Hure en ayant donné une plus complète, M. Thomson a considéré , comme plus convenable, de la présenter de préférence à l'autre dans sa nouvelle édition.
Prophéte's.
> 6« ëditioD de ThomsoD, vol. U, page 2a3; Annales de chimie et 4e physique, loue IX, p. 187 et SaQ.
ZgS AGIIIES C0M:Bir8TIBl.ËS.
Table de la quantité dCacid^ hydro-chlorlque sec eor-redondant aux pesanteurs ^écifîques successives de l'acide liquide»
Pesanteur
Acide
Pesanteor
Acide
Pesanteur
Acide
fpéciOqoe,
«bas 100. '
&pécific|uc.
daos 100.
spécllique.
4aas 109.
ijigtîo
2ft8,3o
i,ai
i,oi5i4
i,ii55
i,ii34
i,iii5
i,io58
i5,oo
i3,oa
ia,73
i,i5io
ia,45
ifOi90
ia,i7
it,3a
l,Qll4
i,i5io
I1OQ95
Le docteur Hure a indiqué une inéthoie très-utlie rfe I9 détermination approximative du poids de i'acide réel
ACIDE ItYBRO-GllLORlQUE. 5gg
dans 100 patties de racide d'une pesanteur spécifique quelconque. Ce moyen consiste à multiplier la partie décimale du nombre qui désigne la pesanteur spécifique par 1 48 , le produit donne ,' à peu de chose près , le
1)oids de racide réel. En supposant , par exemple , que a pesanteur spécifique de l'acide est 1,192 , alors 0,192 >< 148 = â8,4i6 , nombre qui, ainsi qu'on peut le voir dans la table, se rapproche de très-près delà quan-« tité d'acide réel dans un acide de cette pesanteur spécifique.
M. Dalton a formé la table qui suit du terme d'ébulli^ tïon de l'acide hydro-chlorique de densités diverses.
- Pesanteur Terme d'ébuUîtioiv.
spécifique. . . Degrés centigrades.
i,i66..«4«/«^«tf«.- 77* i,i54 88
iyi36 io3
. 1,137 .... - io5,5
ijisi • 1^9,»
1,047 * ' io5,5
i,o35 io4,9 •.
i,oi8> ................ 10&,]»
Parmi les sels que l'acide hydro-chlorique est susceptible de former avec, les différentes bases salifia bles , M, Thomson place dans l'histoire de cet acide la formation des sels suivans , qu'il décrit ainsi , savoir :
Hydro-chlorate de lithine. Ce sel cristallise en cubes aemblabies à ceux du sel commun ( hydro- chlorate de soude). Il est très -rapidement déliquescent à. l'air. Le sel desséché ne se liquéfie point à une chaleur rouge ; et cependant , lorsqu'il est chauffé au blanc dans un creu-
> 6* édition de Thomton , toI. II , page a46.