I. L'épiderme se sépare facilement du derme par laspid
* BouiHon-Lagninge t publié qaelqties expMences sor les gésiers •u les estomacs mnscalaires de la Tolailte. rfickolson^s Jonrn. XUI, so6.
5l4 PA&TISS DES AKIICÀUX.
macératioû dans f eau chaude. H a uo grand degré d'âas* tidté.
fif^nnê». ^ ^^ entièrement insoluble dans Feau et dans Talcool. Les «Icalis fixes purs le dissolvent complétemeot, ainsi que la chaux ; mais cette dernière substance agit plus lentement *. Les acides sulfurique et hydrochlorique ne le dissolvent pas ; au«moins leur action ne se manifeste sensiblement qu'au bout d'un temps très-long : mais Tacide nitrique le prive promptement de son élasticité, et le fait tomber en pièces '• On sait que l'acide nitrique donne presque immédiatement une teinte jaune à Tépiderme du corps vivant; mais cet effet n a pas lieu , du^moins aussi promptement , lorsqu'on plonge entièrement la cuticule morte dans l'acide nitrique*. Si Ion donne, au moyen de Tacide nitrique^ une teinte jaune a la cuticule ou épiderme, et qu'ensuite on y applicfue de J'ammoniaque , on sait que cette substance fait , à l'instant même ^ passer cette teinte à l'orangé foncé. Or, comme Hatchett a constaté que ce changement se produisait aussi dans les méoies circonstances sur l'albumine coagulée , et comme l'épderme ressemble à cette substance dans toutes les propriétés ci-dessus indiquées , on ne peut guère douter Qu'elle soit autre chose qu^une modification particulière de 1 albumine coagulée.
Derme, 3* Le derme est une membrane dense épaisse, composée îS'*"^^ fibres entrelacées ayant la contexture d'im feutre. Lorsqu'on le fait macérer pendant quelques heures dans Tean , en l'y agitant et le pressant afin d'accélérer l'efiet, le sang, et toutes les matières étrangères , avec lesquelles il était raclé , s'en séparent . et le tissu reste sans avoir été altéré. Par Tévaporation de l'eau de lavage , on obtient une petite quantité de gélatine. L'eau froide n'a plus alors aucune action sur le derme. Cette substance fournit à la distillation les mêmes produits que la fibrine. Les alcalis concentrés la dissolvent et la convertissent en huile et en ammoniaque. Lei acides faibles la ramollissent , la rendent transparente , et finissent par la dissoudre. L'acide nitrique convertit le derme en acide oxalique et en graisse, et il se dégage en même-
* SuÎTanl Chapul ^ mais Davy ne pat obtenir de dUsololion.
* Croikshanks . on ioseosible Perspiration . p. 3a.
ipcaaproprtntot -"'-
ttmps àa gtz azote et de Tadde faydrocpiricpe'. Le derme, lorsqu'il est diauffé, se contracte; il se gonfle ensuite en exhalant une odeur fétide , et, il laisse un diarbon dense difficile à incinérer. Par la décomposition spontanée dans Teaii ou dans une terre humide, 0 se convertit en une matière adi-
Seuse et en ammoniaaue , qui forment une espèce de savon*, .bandonné pendant long-temps dans Teau, il se ramoUit. et se putréfie en se convertissant en une espèce de gelée. Si on le tient pendant long-temps en ébuUition dans Peau , il devient gélatineux et se aissout complètement; il forme alors une liqueur visqueuse, qui se convertit par une évapoifation convenable, en colle-forte. C'est par cette raison, qu'on emploie communément la peau des animaux dans la fabrication de cette espèce de colle.
n paraît résulter de ces faits y que le derme est une modi- ij.V^JJ^ fication particulière de gélatine , susceptible de résister à l'action de l'eau , en partie en raison de son tissu compacte , et en partie par la viscosité de la gélatine dont il est formé ; car les peaux qui se dissolvent le plus facilement dans l'eau bouillante , sont celles qui fournissent la plus mauvaise CoUe forte. Hatchett a observé , que la viscosité de la gélatine obtenue des peaux est presqu'en raison inverse de leur flexibilité , les peaux les plus souples fournissant toujours la colle forte la plus faible; maison en obtient très-prompiement cette colle par l'eau chaude. La peau de l'anguilte est très-flexible , et donne très-facilement une grande proportion de gélatine. Celle du requin en fournit aisément aussi en abondance ; et la même observation s'applique aux peaux de lièvre , de lapin, de veau et de bœuf. La difficulté d obtenir la colle-forte , et sa bonne qualité augmentent toujours en proportion de la roideur de la peau. Celle du rhinocéros , qui est extrêmement forte et roide, surpasse toutes les autres par la difficulté qu'il
Ia à la dissoudre , et par la supériorité de sa colle forte, orsqu'on fait bouillir les peaux , elles se gonflent peu*à-peu et prennent l'aàpect de la corne; alors elles se dissolvent lentement.
3. C'est avec la peau ou derme des animaux qu'on fait le Cvir. cuir; et sa bonne qualité, ou au-moins sa force, dépend, en
« Foi ■'croy.
S%$ PA&TIKt DSS AiriiiAirz.
quelque softe^ de k roideur des peaax. Celles ad se dissolrenf aisément dans Teau , telles que les peaux de veau maria , fotirnisseût un cuir plus faible que cales qui j sout difficile* meot solubles. L'opération par laouelle on convertit les peaux des animaux en cuir constitue 1 art du tannage. Il semble avoir été connu et pratiqué dans les siècles les plus reculés } mais on en ignorait entièrement la nature avant la découverte du principe tannant ^ par Seguin. Ce chimiste s'assura que le cuir est une combinaison de tannin et de peau , que c est au tannin que le cuir doit son insolubilité et la propriété qu'il a de résister à la putréfaction. Le sujet a excité I attention de Davy : parFexamen qu'il en a fait avec son habileté ordinaire^ beaucoup de faits importans ont été ajoutés à ceux qu'on con** naissait déjà.
i*r«iwr«fi<m Pour tanner les peaux , on commence par en enlever le éM pMux. pjjj^ çj ^ cuticule. Pour cela on les fait macérer dans l'eau jusqu'à ce qu'elles commencent à se putréfier , ou bien on les tient dans un mélange d'eau et de chaux. Il paraît que la chaux Se combine avec la cuticule, qu'elle la rend cassante et fadle à détacher de la peau. Elle produit le même eflet sur le poil et sur la matière qui se trouve à sa naissance ou racine'. Lorsqu'on a prolongé la macération des peaux pendant assez long-temps , on les retire de la liqueur, on en enlève , en les raclant, le poil, la cuticule, etc. , ensuite on les lave dans l'eau. Après avoir subi ces opérations préalables , les peaux sont soumises à des traitemens difiereos , selon Tespèce de cuir qu'on veut faire.
On introduit les peaux grandes et épaisses dans une forte infusion d'écorce. Elles y deviennent , en terme de l'art y colorées. Oa les met ensuite dans de l'eau légèrement impré-
I;née d'acide sulfurique , ou de l'acide qui se dégage penoant a fermentation de l'orge et du seigle. Elles acquièrent encore plus de dureté , elfes augmentent en densité , et sont devenues propres à la confection du cuir de semelles. Davy pense qu'il se forme , par ce procédé , une combinaison triple de là peau , du tannin et de Y acide *.
On tient, pendant quelqiies jours , les peaux Itères des vaches , celles des veaux , ainsi que toutes les petites peaux ^
' Davy, Joain. of tht royal Instit. II , Sow « ikiJ, p. 3i.
it taaugi^
dans une kasire , formée d'iofiisioD dans Vem de fiente de
S* ;eoB« On appelle cette lesstTe le gmineur. Les peaux vieDneDt ainsi plus minces , plus moUes et ^os propres à donner un cnir flexible. Davy considère l'effet de cette lessive comme résultant de la fermentation qu'elle éprouve^ car la fiente fermentée ne remplit pas Tobjet*.
A la suite de ces procédés préliminaires, on expose les peaux à l'action de iinfusion d ecorce , jusqu'à ce qu'elles soient converties en cuir.
. L'infusion d'éoorce de chêne contient deux principes , PhwMé saTmr : le tannin et Vextract^. Le premier est le plus soluble des deux. D'où il suit, que dans les infusions saturées^ il existe une beaucoup plus grande proportion de tannin que d'extraCtif : tandis que dans les infusions faibles l'extractif est en quantité plus considérable que le tannin. Davy regarde comme une cbose douteuse que l'infusion d'écorce de cnéne contienne de l'acide gallique. Ce chimiste s*est assuré , que les peaux enlèvent à l'infusion le tannin et l'extractif, et qu'eues ne laissent que de l'eau pure , pourvu aue les peaux soient en quantité suffisante. Il en résulte éviaemment que le tannin et l'extractif doivent entrer dans la composition du cuir* L'extractif donne à la peau une couleur brune, mais il ne la rend pas insoluble dans l'eau bouillante ; le tannin produit cet effet , mais sa couleur continue d'être blanchâtre. Ainsi il est probable, que les espèces de cuir de la couleur la
1>lus claire , ne contiennent guéres que du tannin ; tandis que es espèces de couleur lurune contiennent et du tannin et de fcxuracdf, et la nouvelle combinaison constitue le cuir. Cest la raison de l'augmentation de son poids.
Les peaux de veau , et toutes celles préparées par l'infusion qn on appelle le graineur , sont d'abord plongées dans des infusions faibles d'écorce de chêne; on les transporte ensuite et on les pbnge successivement dans des infusions de plus en plus fortes , jusqu'à ce qu'elles soient complè* telaent pénétrées, opération qui exige de deux à quatre mois. Comme les infusions faibles contiennent une plus grande proportion d'extractif , la peau se combine d'abord avec une certaine foHiott de cette matière^ et ensuite avec le tannin. Lorsqu'on emploie des dissolutions saturées de tannin, le cuir
♦ Daty, p. 3a.
Sa8 ]^AATI£8 ÙZS AfriMAUX.
se forme bâaocbap pins promptemenL Ce pi^océiié fiit îndîqaé et recominanaé par Seguio; mais oo a observé que ie cuir taooé ainsi est moias flexible et plus susceptible de se gercer et de se rompre que le cuir tauoé à la maoiére ordinaire. Et, par cousequent , il est probable , aiosi que Dary Ta observe , que Tugion de Textractif est nécessaire pour former un cuir flexible et ferme. Le cuir tanné rapidement doit être moios égal dans sa contexturé que le cuir tanné lentement y par la raison qu'il doit être saturé de tannin à U surface y avant que le liquide ait eu le temps de pénétrer asses avant dans la peau. Davy reconnut que les peaux n'absorbent presque jamais plus des 0,33 de leur poids de matière végé* taie aans Topération du tannage.
Les peaux destinées à faire du cuir de semelles sont généralement placées y dés le commencement, dans une inrasioa maintenue à l'état de saturation à-peu-près complète, au moyen de couches d'écoroe avec lesquelles elles sont alternativement disposées. Il faut de dix à dix-huit mois pour que les ' }>eaux soient pleinement imprésnées. D'api-ès cette opération , il est probable que le cuir de semelles contient une plus grande proportion de tannin que le cuir doux. Pendant la dessication , on le rend lisse k l'aide d'un rouleau , et on k frappe avec un maillet , ce qui doit augmenter considérablement sa densité '.
TiMa 4* Quant 9Xirete'mucosumy ou la substance muqueuse
réucuuirt. pj^c^e cutre la vraie peau et lepi derme, on ne peut en déterminer d'une manière précise la composition , parce que la quantité en est trop petite pour en permettre TexameiL On sait que la couleur des nègres est due à une matière colorante noire , située dans cette substance. Le chlore lui enlève cette couleur noire , et la rend jaune. Le pied d'un nègre, plongé pendant quelque tomps dans l'eau imprégnée de vapeur de chlore, perdit sa couleur et devint presque blanc; mais dans l'espace de très- peu de jours la couleur noire fut rétablie daus toute son intensité *. Cette eipérience avait été faite d'abord par le docteur Beddoes y sur les doigts d'un nègre ^.
« DaTy, on the Préparation of skin for lanniDg. Royal loftlkiit. II , 3o.
• Fdurcroy.'
* Beddoes on facUtious airs. p. 4^«
MEMBEANSS^ TKNDON S , UGAHENS IT GLAITDKS. SaQ
SECTION V
Des Membranes, Tendons, Ligamens et Glandes*
Ces sobsuoces n'ont pas encore été soumises jasqua
Eréseot à une analyse chimique rigoureuse \ mais d'après is propriétés qu'on leur a reconnues , elles paraissent avoir plus de ressemblance avec la peau qu'avec toute autre substance animale.
i« Les membranes sont des corps minces et demi-trans- M«iiibraiiM. parens qui enveloppent certaines parties du corps, et spécialeroent les viscères ; telles sont, la pie-mère et la duremère , la plèvre, le péritoine, le périoste , etc. Ces substances sont molles et flexibles» Lorsqu'on les fait macérer dans l'eau, elles se gonflent , et deviennent en quelque sorte pulpeuses. Par une décoction long-temps continuée dans l'eau cnande , elles se dissolvent presqu'entièrement , et la dissolution se
Ïrend en consistance de gélatine par le refroidissement. Iles sont donc susceptibles de se convertir par la décoction dans la même substance que le derme, et par conséquent on doit les considérer comme étant composées de parties semblables. On peut, comme les peaux, les tanner aussi et les con« Tertir en cuir. D'après les expériences de Hatchett , elles ne ^ru jiîî!'* paraissent pas contenir de phosphate de chaux comme partie constituante , et à peine aucune autre matière saline ; car , v, après la calcination , elles ne laissent presque point de résidu. C'est absi que aSo parties de vessies de cochon ne donnèrent que o,oa de partie de résidu *»
a. Les tendons sont des corps forts , briUans , nacrés , qui ^^^^0»». terminent les muscles, et les attachent aux os. On les connaît dans le langsige ordinaire, sons le nom de nerfs. Lorsqu'on les fait bouillir, us prennent la forme d'une substance gélatineuse demi - transparente , d'une saveur agréable , bien connue dans la viande bouillie. En continuant la décoction , ils se dissolvent entièrement , et se convertissent en gélatine. On peut conclure de ces faits , que les tendons sont composés des mêmes principes que les membranes et le derme»
♦ Phil. Trans. 1799, p. 333. /
53o PARTIES DRS ANIMAUX.
xigament. 3. On a doDiié ce Dom Ji de forts liens qui joigoeot en* semble les os dans les difTérentes articulations. Ce sont des substances fibreuses , trés-denses et trés-fortes , et un peu élastiques. Lorsqu'on les fait bouillir, ils fournissent une
Sortion de gélatine ; mais ils résistent à Vaction de Teau, et s conservent encore leur forme et même leur force après une longue é^ullition. Les ligamens différent en conséquence essentiellement des deux dernières substances. U reste à déterminer jusqu'à quel point ils ressemblent à TaU bumine coagulée : il n'est pas invraisemblable qu'ils forment genre k part.
dandes. 4* ^^ appelle ainsî des corps qoi servent à former ou k altérer les différens liquides employés dans le corps animal pour ses besoins divers. Il j a des glandes de deux espèces : i.» celles qu'on appelle conglobées ^ qui sont petites et éparses dans les limphatiques : a.^ celles , telles que le foie, les reins , etc., qu'on nomme conglomérées. Fourcroy suppose que les premières sont composées de gélatine, mais cette opinion ne parait pas probable. Les anaiomistes ont -examiné avec le plus grand soin la structure des grosses glandes : mais nous ne connaissons pas encore leur Qompo^ sition; et me use, dans l'état actuel de Uiscience, une analyse •exacte de ces corps compliqués est extrêmement difficile.
SECTION VL
2>a Cerveau et des Nerfs.
Le t^ervean et les nerfs sont les instrumens de la sensation , "et même du mouvement ; car un animal perd la faculté de ^mouvoir une partie quelconque de sqp corps, dès l'Instaut que ies nerfs tjui y entrent sont coupés.
Le cerveau et les nerfs se ressemblent beaucoup ; et il -est probable qu^ib sont formés des mêmes principes ; mais jusqu'à présent on n'a fait aucupe tentative pour analyser les nerfs. M. Tfaourét', Fourcroy* et Vauquebn ' sont ïes seuls chimistes qui aient examiné la nature du cerveau. vroprxixH * Lc ccrvcau «st composé de deux substances, qui diflerent
•tu c^rVCAQ.
^ Jotiro. âe Phys. XXXVHI, 339.
• Aon. deChim.XVl, 282. i Aonab of Piiilosophy, I, 333«
CERTEAU ET KSRF^. 53i
QD p€tt dâos lenr couleur y mais qui , sous d'autres rapports, ^
paraisseot être de la œèoie nature. La matière extérieure, qui a quelque ressemblance par sa couleur avec les cendres de bois, acte appelée par cette raison la partie cendrée^ la matière intérieure a reçu le nom de partie médullaire.
Le cerveau est une substance molle , douce au toucher, à-peu-près comme le savon ; sa contexture parait être trèsserrée ; sa pesanteur spécifique est supérieure à celle de Peau.
Lorsqu'on garde le cerveau dans des vases fermés où l'air extérieur n'ait pas d'accès , il reste pendant long-temps sans éprouver d'altération. Fourcroy ayant rempli presque complètement un vase de verre de parties cérébrales , il y adapta un appareil pneumatique; il y parut d'abord quelques bulles de gaz acide carbonique, mais les parties du cerveau y restèrent plus d'une année sans éprouver d'autres cbangemens *.
Le cerveau exposé à l'air présente des phénomènes bien différens. Ala température de i&» centigrades , ii exhale, au bout de peu de jours, une odeur extrêmement fétide, il devient acide , prend une couleur verte ; et il s'y manifeste trèspromptement une grande quantité d'ammoniaque%
Le cerveau ne se dissout en aucune proportion quelconque ^^^-^^ dans Teau froide ; mais en le triturant avec de l'eau dans un *• i'«*« f*"*»^» mortier, il forme avec ce liquide une émulsion blanchâtre, qui paraît homogène, et qui p^ut cependant passer à travers un filtre, sans laisser précipiter le cerveau par le repos» Lorsqu'on chauffe cette émiusion jusqu'à 63** centigrades, il se forme un coagulum blanc. L'aadition d'une grande quantité d'eau fait aussi paraître un coagulum, qui nage à la surface; mais l'eau conserve encore une couleur laiteuse. Lor^* qu'on verse de l'acide sulfurique dans l'émulsion aqueuse 4uit cerveau , il s*en sépare des uocons blancs qui qagent k la surface , et le liquide devient rouge. L'acide nitrique produit les mêmes effets , si ce n'est -seulement que le liquida prend une couleur jaune. L'alcool sépare aussi un coaguIuiQ blanc, de l'émulsion, après un mélange de quelques heures. Lorsqu'on «joute assez d'acide nitrique à l'émulsion pour Taddij^r légèrement, il s'en sépare aussi un coagulum. Ce coagulum est blanc , insoluble dans l'eau et dans l'alcool. La' chaleur le
f Ann. dt Chim. ^CVl, 297,
532 PARTIIS DES ANIMAUX.
ramollit: mais elle ne le fond pas. A la dessicatîon il devient transparent, et se brise avec une cassure vitreuse '. U a donc de la ressemblance avec Valbumine.
De Vtciàm Lorsqu'oQ triture le cerveau dans un mortier avec de luifurif u«. i»3çi jç sulfurique étendu , il s'en dissout une partie ; le reste peut être 5iéparé par la filtration sous la forme d'un coaguium. La liqueur acide est sans couleur. En la faisant éva« porer, elle noircit, il s'exhale de l'acide sulfureux, et il y a apparence de cristaux. Si l'on continue Tévaporation jusqu'à siccité , il reste une masse noire. Cette masse étant étendue d'eau , il s'en sépare une certaine quantité de charbon , et l'eau reste claire. Le cerveau est complètement décomposé, une certaine quantité d'ammoniaque se combine avec l'acide et forme du sulfate d'ammoniaque , tandis qu'il se précipite du charbon. L'eau, par l'évaporation et le traitement à l'alcool, fournit des sulfates d ammoniaque et de chaux, de l'acide phosphorique, et des phosphates de soude et d'ammoniuque. Le cerveau contient , par conséquent:
Des phosphates de chaux.
de soude.
*— ^ d'ammoniaque.
On peut y découvrir aussi des traces de sulfate de diaux. La proportion de ces sels est très-petite', elle ne s'élève pas pour tous aux o,oo33 d'une partie*.
De racid« ^° triturant le cerveau avec de l'acide nitrique étendu , mcrici&e. jj s'eu-dissout aussi une partie, et le reste se coagule. La dissolution est transparente. Si on l'évaporé jusqu'à concentration de l'acide, il se dégage de l'acide carbonique et du deutoxide d azote", il se produit une effervescence, des vapeurs blanches se manifestent , il se dégage une <}uanliré immense d'ammoniaque, et il reste un charbon volununeux mêlé d'une grande quantité d'acide oxalique ^.
Lorsqu'on évapore par degrés le cerveau jusqu'à siccité à la chaleur ilu bain-marie, il se sépare d'abord une certaine portion de liquide transparent , et le résidu , lorsqu'il est presque desséché, acquiert une couleur brune; sou poids s'élève aux o,'^5 environ de celui du cerveau frais. Il est encore susceptible de former une émulsion avec l'eau , mais
- Ann. dt Chtm. XYI, «88. » Ibid.
! IbiiL p. 307.
csRTSAu ST NEars. 533
3 8*eo sépare de noaveau spontaoéinem en très - pea de temps.
Lorsque sur ce résida desséché , on fait bouiUir à plusieurs d« r»icooL reprises dej'alcool jusqu'à ce que te liquide cesse d'agir, il s'en dissout environ les 0,626. A mesure que cet alcoot re* froidit , il se dépose une substance blanche jaunâtre , com-
I)osée de lames nriliantes. Cette substance, comprimée. entre es doigts, prend l'apparence il'une pâte ductile: à la tempéra* ture de l'eau bouillante elle se ramollit, et si l'on augmente la chaleur, elle noircit en exhalant des vapeurs empyreumati*
Îies et ammoniacales y et laisse une matière cbaroonneuse*. orsqu'on évapore Falcool , il se dépose une matière noire jaunâtre, qui rouget le papier de tournesol , et qui se tient fa« cilement en suspension aans l'eau*.
La potasse pure concentrée dissout le cerveau, en déga-pekpou««. géant une grande quantité d*ammoniaque.
Le résultat d'une analyse du cerveau , faite avec soin par Vauc|uelin , lui donna pour la coippoaition de cette substance, savoir :
Eau 80,00 p^^.^^
Matière grasse, blanche.... 4>55 tou^iuntuti
Matière grasse , rougeâtre. . 0,7a
Albumine 7,00
Osmazome .'••••« 1,12
Phosphore i ,5o
Acides, sels et soufre 5,i5
On voit y par les expériences de VauqueUn , que ta moelle allongée et les ner£s sont composés des mêmes substances que le cerveau.
L'analyse du cerveau, par Vauquelin , quoique plus dom* plète et plus satisfaisante qu'aucune de celles faites avant lui, ne répand cependant aucun jour sur la question de savoir de quelle manière les prindpes constituans sont combinés , ou sur ce qui donne au cerveau son apparence très - parRculière.
' Ami. dcChim. XYI, 3i3.
? Ibid. p. 317,
554 PilKTIES BXS AHIMAUX.
SECTION VII
De la Meëlle.
La parue cfeuse des os longs, dans les animaux TÎfans, est remplie d'nne espèce particulière de matière grasse, à laquelle on a donné le nom de moelle. Dans certains os y. cette matière est mêlée arec une assez grande proportion de sang , ce qui lui donne une couleur rouge; dans a autres os , comme ceut de la cm'sse , elle est plus pure et de couleur jaune. Différentes expériences faites sur cette matière , par les anciens chimistes , la firent Considérer comme étant analogue aux matières grasses animales * , et firent connaître quelquçs-uns de ses caractères particuliers. Berzelius a examiné cette substance en détail , et publié le résultat de ses expériences*. La moelle, sur laquelle il fit ses essais ^ avait été retirée de la cuisse d'un bœuf.
j^^,;„„ 1. Lorsqu'on met la moelle en digestion dans de l'eau
d w lexu iroide. froide , elle devient plus légèrement colorée , tandis que Teau acquiert la couleur qu'elle aurait reçue du sang si elle avait digéré sur cette substance. Eb faisant bouillir cette eau, elle se trouble et précipite une matière d'un brun foncé. Cette matière consiste dans un mélange d'albumine coagulée avec des phosphates de chaux et de fer ; et soumise à l'action de l'alcool ou de l'eau , il se dissout une petite portion dSin sel coloré en jaune. Celte matière séparée de la moelle par l'eau, provient évidemment du san^ qui y était mêlé. La quantité que Berzelius en obtint ainsi de la moelle s'élevait à 0,01 du tout. La portion dissoute par l'eau et par l'alcool consistait , en partie ^ dans de la gélatine et de l'hydrochtorate de soude , et en partie, dans la matière extractive particulière obtenue par Thoûvenel de la chair musculaire d'animaux , et décrite dans la troisième section de ce diapitre. La proportion de ces substances était des o,oo33 du tout.
^ De 2. En faisant bouillir la moelle dans de Peau chaude , cette
: eu cn4.de. si,|,5j3Dcç fond, et nage & la surface du liquide, l'eau est d'abord trouble et laiteuse ; mais , par le repos , elle devient transparente. En la filtrant , on en sépare une substance qui
• NeamuDn'ft Chemîstry, p. 56o .
» Gl^hleQ^s Journ. Second Séries, II, «6; ,
li&ELIB. 535
devient (Tuo Tert grisâtre , et deml^-traosparente lorsqu'elle est sèche. Il se |>récipite uoe plus graode quantité de cette matière par Tévaporation du liquide. Lorsque cette évapora* tion est poussée à siccité, on obueut une substance d'une ^vei^r aromatiqpe acerbe semblabie a celle de la moelle de Tjaode rôtie. Ces deux substances consistent principalement dans de Textractif , de là gélatine , et dans une substance par* ticulière qui se rapproche par ^s propriétés de- la nature de l'albumine.
3. Si, après avoir ainsi purifié la moelle, on ta fait fondre dans Veau , et qu'on la passe alors à travers un linge , il y restée une certaine quanlilé d^ vaisseaux sanguinii et de peaux, qui. s élèvent à environ 0,01 do tout.
4* La moelle , dépouillée dç t^iU^ ses impuretés- , est blan- propriété cbe avec un^ nuance de bleu ; elle es^ inaifNdeyOtt plutôt d'une ]» ^o^^ pur« saveur douceâtre. Elle se ramoUit par U cb^leur de la, main, et fond à celle de 45 degrés jcentigrfKies'^. P^. i^n refroidissement leut, elle cristallise sous k.fero^ de sphères, comme Fbuile d'olive ; elle brûle avec .flamme ainsi que le suif. A la disMUaUx)n, elle donne d'abord ui>e buHe jaunâtre fluide transparente, accompagnée de ga% acide carbonique , d'eau , et a hydrogène carboné. Il passe eosi^te une huile solide blanche , avec dégagement moins abondant de corps gazeux , et qui ne prend pas une couleur foncée , comme cela a lieu lorsqu'on distiUe du suif. Cette circonstance avait déjà été observée par Neunitann. La quantité de cette huile solide , , d'une odeur désàgvé^le,s*él^yê aux o,3 de la moelle distillée; elle rougit lescou^euf^bleue^ .vég^U^les , et bpuillie dans leau , elle donne une postian.4'^a|Ciiie sébacique, que Berzçlios.considère comme acide, benzoïque. ; '
L'huilé empyrcunu^i^é se ô^mbin^ aisément avec les alcalis et leurs ^carb^nates.. Avec ces derniers elle forme un savon d'un blanc de n^ig^., insoluble dans l'eau, •^uoiqu'aug* mentan tJÈf^ arolumeiorsqu'ilest misen ccmtact aivec ce Lquide. Cette huile se combina aussi afvec les terres^ et forme avec elles des savons également insolubles dans l'eëu.
L'eau qiiTTpâsse à la distillation de la moelle est incolore ;
* Berzelîus dit à 4?'*f ce qui correspond k ii3® de F«renhcit, n*\{ entend parler dn ihèrmoraelre diTCelsIus , comme cela est pro- Imble. Si c'est le thermomètre de R^aùmiir^ alors le point de fusio» de la moelle f«r» à 1^0 d« Farenheit. .
Aetron doacidei.
Vnriit* cojutiuuatd*
535 PARTIBS DES AKIMÀUX.
elle a nne «dcnr fétide et aigre , et une saveur empjrenmatique. Elle contient un peu cTacide acétique , d'huile empyreumatique , et probablement d'acide benzoîque ; mais efie ne donne aucunfes traces d ammoniaque.
Les produits gazeux s'elévent aux o,ip de la moelle dis* tillée. ils ne contiennent ni soufre ni phosphore, et consistent dans de Tacide carbonique et un gaz iiydrogène carboné, qui brille avec une flamme olanche, et semble tenir de lliuile en dissolution.
La matière charbonneuse dans la cornue s*éléve aux <>,o5 delà moëlledistillée. Elle est d*un brunfoncé, pesante et brit- ]ante. Ce charbon, difficile à incinérer, laisse une cendre consistant en phosphate et carbonate de chaux, et un peu de soi;ide.
5- L'acide sulfurique concentré dissout la mof^e à froid. La dissolution a Vappareace d'un sirop brun ; et lorsque Facide est étendu d'eau , la moelle se sépare sans avoir éprouvé d'altération. Pair l'application de la chaleur, Tacide décompose la moelle , et forme mi charbon résineux.
En faisant digérer de l'acide nitrique étendu sur ht mocâlé a nne douce chaleur, cette substance devient jaune , prend plus de consistance, et acquiert l'odénr de vieux os. L'acide nitrique concentré dissout la moelle sans le secours de -la chaleur, et elle n'est pas précipitée de cette dissolution par une addition d'eau;
6. La moëHe se combine avec les alcalis et forme du savon. L'alcool bouillant et Téther dissolvent une petite portion de moelle , qui s€f précipite à mesure que la'dissolution refroidit. Berzelius trouva que la moelle de iWde la cuisse du bœuf était composée des substances qui sèivetat , savoir :
Moelle pure 0,96
Peaux et vaisseaux sanguins 0,01 '
Albumine.
Gélatine »...
Extractif.
Matière particulière..
Eau......
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n parait , d'après les détails qui précèdent , que la moelle pure est une espèce d'hnî|e fixe , oui a des propriétés particulières, et se rapproche un peu aans sa nature du beurre. Mais elle varie considérablement dans son apparence , dans
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différentes parties du corps, ce qui est dû priocîpalemeDt , selon toute probabilité , à un mélange de sang en plus ou moins grande proportion.
SECTION VIIL Du Poil et des Plumes*
Ces substances , qui couvrent diverses parties dans les animaux , sont évidemment destinées par la nature à les garantir du froid. Leur mollesse , leur flexibilité et la lenteur avec laquelle elles conduisent la chaleur les rendent trèspropres à produire cet effet.
I. hepoil se distingue ordinairement en plusieurs espèces y„;^<^ selon sa grosseur et son aspect. Le plus fort et le plus roide de tous est connu sous le nom de soie de cochon : le poil de cet animal sur le dos est de cette sorte. Lorsque le poil est très-fin, très-doux et flexible , on l'appelle laine ^ et le plus fin de tous porte le nom de duvet. Mais toutes ces variétés se ressemblent beaucoup dans leur oomposition.
Le poil parait être une sorte de tube recouvert d'une cuti-p j^^^. cule. Sa surface n'est pas lisse, mais elle est recouverte d'écailles , ou consiste en cônes disposés en forme de faîtières ; c'estce qui le rend rude au toucher, et ayant tant de tendance k se mêler de lui-même, propriété qui a donné naissance aux procédés A& feutrage et àe foulage. Le poil poussé toujours par ses racines, en augmentant continuellement de longueur, et parait être d'abord mou ou à-peu-près gélatineux. Il résulte des expériences faites sur le poil par Âchard et Hatchett , qu'il contient de la gélatine à laquelle il doit sa souplesse et sa roideur. On peut séparer cette substance en faisant bouillir le poil daus l'eau. Ainsi traité , il devient beaucoup plus cassant qu'auparavant; et, en effet , si Popération se prolonge ' Cmdant assez lon^-temps , le poil s'émiette sous les doigts, a portion insoluble dans l'eau a les propriétés de Palbumiue coaeulée.
Hatchett a conclu de ses expériences , que le cheveu qui perd sa frisure par un temp humide , et qui est le plus doux et le plus flexible , est cinoi qui cède le plus facilement sa gélatine ; tandis que lé cheveu fort et élastique l'abandonne avec la plus grande difficulté » et dans la plus petite propor-
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tion. Cette conclusion de Hatcbett s*est trouvée confirmée par un marchand de cheveux très-expérimenté , de Londres, qui lui assura qu'on nuisait beaucoup plus à la première ;espéce de cheveu , en la faisant bouillir , qu'à la seconde. Aouiyw. Vauquelin a publié une suite d'expériences très-intéressantes sur l'analyse du cheveu de difTérentes couleurs. Quoique le cheveu soit insoluble dans l'eau bouillante , il obtint une dissolution en élevant la température du liquide dans un digesteur de Papin , mais avec ménagement Si la chaleur ainsi produite était trop fprte , le cheveu était décomposé > il se lormait de l'ammoniaque, de l'acide carbonique , et une huile empyreumatique. IL se dégage dans l'un et l'autre cas- . de l'acide hydrosuliurique , et la quantité en augmente avec la chaleur. Lorsqu'on aissout ainsi le cheveu dans de l'eau chauffée à une température supérieure à celle de Tébullition, la dissolution contient une espèce d'huile bitumineuse , qui se dépose très - lentement. Cette huile était noire lorsque le cheveu dissous était noir, mais elle était d'un rouge jaunâtre lorsque le cheveu employé était rouge.
Lorsqu'on filtre Ift dissolution pour en séparer l'huile , le liquide qui passe est presque sans couleur. L'infusion de noix de galle et le chlore y produisent des précipités aboodans. L'argent y noircit , et racétate de plomb est prédpité en brun. Les acides la trouMeot, mais le précipité est redissous par une addition de ces liquides en* excès. Cette dissolution , quelque concentrée qu elle soit par l'évaporatiou , ne se prend pas en gelée.
L'eau contenant seulement o,o4 de potasse caustique dissout le cheveu , et il se dégi^e en même-temps de Thydrosulfate d'ammom'aque. Si le cheveu est noir ^ il laisse un résidu noir formé d'une hmle de couleur foncée, épaisse, avec du soufre et du fer; si le cheveu est rouge, il reste une huile jaune avec du soufre , et un atome ou deux de fer. Lorsqu'on verse des acides dans cette dissolution, ils en précipitent une matière blanche, soluble dans un excès.de ces liquides.
Les acides sulfuriqne et hydroditorîque deviennent d'abord rouges lorsqu'on les verse sur le cheveu , et ils le dissolvent ensuite par degrés. L'acidp nitrique rend le cheveu jaune et le dissout, tandis qu'il se sépare une huile, qui est rouge ou noire selon la couleur du cueveu dissoua. La dis-
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solatibn fournit , lorsqu'elle est convenablemeut évaporée , beaucoup d'acide oxalique, et l'eau mère incristallisable contient en outre du principe amer , du fer et de l'acide sulfurique. Le chlore blanchit d'abord le cheveu , et le réduit ensuite en une substance de la consistance de la térébenthine, soluble en partie dans l'alcooL
Lorsqu'on fait digérer de l'alcool sur le cheveu noir , ce liquide en extrait deux espèces d'huiles. La première, qui est blanche , se dépose en petites lames éclatantes à mesure que la liqueur refroidit ; on obtient la seconde par l'évaporation de l'alcool. Elle est d'un vert grisâtre , çt finît par devenir concrète. L'alcool sépare paiement deux sortes dliuiles du cheveu rouge; la première est blanche comme celle produite par le cheveu noir, et l'autre est rouge comme du sang. Le cheveu rouge, dépouillé de cette huile, devient d^un brun marron. Ainsi la couleur rouge du cheveu est évidemment due à l'huile rouge.
En réduisant en cendres le dieveu , il fournit du fer et dn manganèse , du phosphate , du sulfate et du carbonate de chaux , de l'hydrochlorate de soude , et une très-grande quantité de silice. I*es cendres du cheveu rouge contiennent moins de fer et de manganèse ; celle do cheveu blanc encore moins; mais on y trouve de la maenésie, qui n'existe pas. dans les autres variétés de cheveux. Le poids des cendres du cheveu n'excède pas les 0,0 1 5 de celui du cheveu.
On Toit , d'après ces expériences de Vauquelin , que le cheveu noir est composé de neuf substances différentes , savoir :