L'arseniate de potasse ne produit aucun effet
19. Il en est de même de l'infusion et de la teinture de ooix de gaUé , et de l'acide gallique.
Ces propriétés suflisent pour nous convaincre que le principe.amer est une substance qui diffère considérablement de tous les autres prindpes végétaux. Le peu d'effet de ces diCférens réactifs est remarquable. Le.mtrate d'argent et l'acétate de plomb sont les seuls corps qui le prédpilent* Cette précipitation ne peut être attribuée i la présence de l'acide hyarochlorique ; car, dans ce cas , le nitrate de plomb serait auissi précipité. De plus, les flocons produits 4 par le nitrate d'argent sont trop légers, et ils n'ont en effet \ aucune ressemblance avec le chlorure d'ai^ent. Le précipité \ par l'acétate de plomb est très-abondant. Ce sel est donc Ip '^ meilleur réactif qu'on puisse employer pour décoi^vrir la présence du principe amer, lor&quon est assuré qu'il est absolument exempt de tonte substance susceptible de précipiter le plomb.
Exitte Vauquelin a dernièrement examiné le principe amer dans
'"piiûST* J® fr*"^ ^® ^ coloquinte (ci/<?tf/riiff colocynthis) et dans U racine de la brione {brionia alba)^ substances qui l'uoe et l'autre sont employées en médecine, et qui ont une grande puissance léthargique. D'après ses expériences, le principe amer dans ces substances a exactement les propriétés du
Erincîpe amer du quassia ** II est probable aussi que le boulon , la gentiane et le génet coutteanent le même principe amer.
Si l'on met en digestion pendant qi<elques mois de l'alcool Il II I I ■ III I II ■»■ *
* Vaafjaeliii , Essais analytiques des Racines d^EUcbore d1âv«r et ' de Brione. Aaa. 4u Mus. d^Hîst. aai. N.o XLIU; 91.
PRIHCIPZS AKK&S. - 6t
sur de la farine de fromeot , et qu'on djstlHe alors , il reste dans la cornue une substance brune, qui, d'après l'examen que j'en ai £siit y a toutes les propriétés du principe amer du quassia.
//• Ficrotoxine ^ ou principe mmer du cocculus indiens* Cest la substance à laquelle le cocculus indiens, le fruic du mtnispermum cocculus , doit ses qualités vénéneuses. Il fut fait , en i8i i ■ , des recherches sur sa natnre et ses propriétés par Boullaj, qui lui donna le nom ie picro toxine, d'après sa saveur amère , et son action comme poison sur l'économie animale *.
On peut se procurer la picroto^tîne, en faisant bouillir CoMmi
dans une sudbâate quaniité dVaii les semences du cocculus ^ **^
njernspermum^ mondées de leur péricarpe , et en ajoutant à
la décoction filtrée de Tac écrite de plomb jusqu'à cessation de
précipîie* Ou filtre une seconde fms la liqueur, et on l'éva^
pore avec précaution jusqu'en cousistance d'extrait. Cet
cxirait est dissous dans de l'alcool d'une pesanteur spéci-
%opeAe 0,817, et la dissolution alcoolique est évaporée à
sicôlfe. Ces dissolutions et évaporations aqueuses et alcoo-
liaoes isom ainsi répétées alternativement , jusqu'à ce que le
résidu de f évaporation soit soluble en totalité dans l'alcool et
dans Peau. Dans cet état, c'est la picrotoxioe unie à une
matière colorante îaune. On l'agite alors avec une peute
quantité d'eau. Ce liquide s'empare de la partie colorante ,
qui est très-soluble , et détermine la séparation d'un grand
nombre de petits cristaux , qui constituent la picrotoxine
presque pure. On les lave avec un peu d'eau, et ensuite
avec de falcooL La picrotoxine ainsi obtenue a les propriétés
soivantes :
Sa couleur est le blanc. Ses cristaux sont des prismes Propriété*} qoadrangulaires. Elle est excessivement amère.
Elle est soluble dans vingt-cinq fois son poids d'eau , et die ne peut être précipitée de cette dissolution par aucun îéactif. L^alcool d'une pesanteur spécificiue de 0,010 en disiout les 0,33 de son poids; et l'éther sulfuriquc , à 0,700 de pesanteur spécifique les o,4<>* Cette substance est insoluble les huiles.
Chîm. LXXXf 909, f amer, ci 1»('x«#> poiton.
6a PARTIES COirsTtTUÀKTES BC3 PLANTES.
L'acide sulfurique concentré la dissout; mais cet acide étendu d'eau n'agit pas sur elle. L'acide nitrique la dissout , et la convertit en acide oxalique. Elle se dissout facilement dans l'acide acétique, et le carbonate de potasse la précipite de cette dissolution. Les acides bydrocblorique et sulfureux, et le cblore ne la dissolvent point.
Une dissolution de potasse ou de soude étendue de lo parties d'eau la dissout. Lorsqu'on broyé cette substance avec de la potasse, elle n'exbale point d'odeur d'ammoniaque. Elle brûle sur les charbons ardens, sans se fondre. La picro^ toxine, prise intérieurement, enivre, et agit comme poison.
///. Sciliitine, ou principe amer des Scilles.
La sciliitine est b substance particulière à laquelle la bulbe de la sciUa maritima doit ses qualités médicinales. Ses pro« priétés furent examinées en i8ia par Vocel, qui fit connaître sa nature , et lui donna le non» par lequel on la dis* tingue *. Il l'obtint en procédant ^insi qu'il suit :
fréfmiiM. En faisant bouillir pendant quelques minutes le suc exprimé delà bulbe ^ il se manifestait et se déposait une certaine quantité de citrate de cbaux. Après l'avoir séparé , et éyaporé le suc à siccité , il épuisait le résidu sec par de l'alcool , eii k^ le laissant en digestion dans ce liquide pendant tOMt aussi \ long-temps qu'il ep pouvait prendre. Il évaporait ensuite à *^ siccité cette dissolution alcoolique. Le résidu, qui ne consistait que dan? la scilUtine et du tannin , était redissous dans l'eau ; en versant ensuite de l'acétate de plomb dans cettQ âissoluti(fn, le tanm'n était précipité. Après Fa voir filtrée, il j disait passer un courant de gaz acide bydrosulfuriaue , pour enlever l'excès d'acétate de plomb. La liqueur était alors filtrée de nouveau , et évaporée à siccité, pour volatiliser l'acide acéuque libre , provenant de la décemposiiioa de l'acétate de plomb. Le résidu desséché était la scillitiiie , mêlée avec un peu de sucre y que Vogel ne put parvenir à en séparer.
propriiiét. La sciliitine, ainsi obtenue, est blanche et transparente \ elle se rompt en présentant, upe cassure résineqse , et oa peut la réduire facilement en poudre. Elle absorbe rapide- " n^ent l'iiumidité de l'air , et y dçYÎeot d'abord une matiyp»
* Ans. deChim. LXXXIII, if;.
PAIVGIPIS AMtaS« $3
Vttqaevse, qû finit p» être eotiérement floide. Sa MTeur est ezcessivemeot amère , cependant avec on arriére gefti sucré , provenaDt da sucre avec lequel cette substance esi nélée.rUle se dissout tréa-aisénieBt dans Tean, quVIle rend d'une consistance mocilagioeusecoamie de la gooMne; elle se dissout également avec une grande facilité et à froid , dans Falcool d'une pesanteur spécifique de 0^17^ et en
Sroportion plus grande encore dans ce liquide chaud, tant dianffée, elle se boursouffle prodigieusement, tm esfaa* lant une odeur distincte de caramel. Liorsqu'on la traite avec Tacide nftrîque , il ne se forme point d'acide saccbokdtiqtte.
JP^, Caféine^ ou principe amer du Café.
Celte espèce se distingue de la précédente, par la propriété <|p'eile a de donner une couleur verte avec le fer, et de précipiter ce métal de ses dissolutions concentrées. Çbe^ nevîx sépara da<;afé une portion de ce principe affier^ eo' Q^ant ainsi qu'il suit : ^
l^^ès avoir fait digérer dans Teau du café non brâlé , et Mpuaiîoii. &ilié\a U(^ueur , il la traita avec de rbydrpchloratet d'élain. ;Le prédpitt éduicoré fut mêlé avec de leau ; et l'étaîn ayant féépréc^ûté pr le gat acide hydro^suUurique , kl jubitutee . aveclaqaeUe il s'était combiné euit resiée en iiasMliamdkm feaii. (À évapora ^lors à sicdtÀi La substance ainei t>btcQiie avait les propriétés suivantes^ savoir : '-'"!';
1. Elk est denâ-transparente «comme de la cooi?/^ et>dQ |^p^^ codeur îaaoe. ji . ! '
a. Exposée à Tair^ elle n'en attire pas l'butniditdi '
3. Elle se dissout dans Teau et dans FalcooL Lodiasclu*' tkm dans Teau est demi-transpareiMe, et ayant «De savetir amère agréable. En y versant des dissolotioin idcatiii^s , ttfo prend une couleur rouse grenat.
4. Les carbonates alcauns ne la précipitent point de sa dissolution dans l'eau* L'action de l'acide sulfurique n'y prO« doit d^autre effet que de la rendre brune. Les acides faydro* diloriqtte, pbosphorique et les acides végétaux ne donnent
; I lien à aucon changem^it dans cette dissolution.
' Il en est de même des hydrocblorates d'or, de platÎM
îcu'vre.
^ Avec les dissolutions de, fer, 11 se forme nne liqoeur «iSliMbean vert, qui , lorsqu'elle est concentrée, foqrmt un
t nena
44 MRTIIS GOffSTITUlNTSS JiltS PLÀXTCS.
précipité de celte couleur. Elle est en effet un réactif près*' qu'aussi sensible que le tanoin etTadde gallique pour decou- Tiir la présence du fer.
7. L bydrochlorate d'étain occasionne dans la dissolution nu précipité jaune abondant. Ce précipité , et celui produit
er le fer, sont solubles dans tous les acides, mais ils perdent ir couleur.
8. Les eaux de chaux et de strontiane ne donnent lieu à aucun précipité dans les dissolutions aqueuses de la caféine; mais l'eau de barite les précipite en brun.
g. La colle-forte n'occasionne point de précipité '.
II parait , d'après les expériences de Bouillon Lagrange, qu'une substance semblable à cette espèce de principe amer, existe dans les fleurs 'de V arnica montana* ; il y a L*eu de croire qiie c'est aussi à cette espèce qu'appartient le principe amçr qui caractérise les plantes, ss^yoïv -.l'absinthiumvulgare (^9i)SVffi}^(^^y juniperus sabinus ( Sabine ), m/a graveolens ( rue ) , anthémis nobilis (camomille) , achillea mille-foUum ( inille-fçuille ).
• V. Jiaphnine f ou principe amer du daphné alpina.
Pré^antîoi. Cette 6spèce fut obtenue par Vauquelin , de l'écorce du y daphné àlpinaL Après avoir fait digérer cette écorce , coupée \ en petil morceaux , dans de l'akooi, la liqueur fut concentrée jusqu'à ce qu'il s'en séparât des parties de résine ; le résidu li* . qaioe' ajanbjété alors étendu deau et filtré, fut mêlé avec de l'acétate de plomb. Il se produisit un précipité jaune abon* ; dant. Ce précipité, après avoir été séparé par lafiltration, lavé à l'eau cbaudé, puis délayé dans ce liquide, fut soumis i Pactîond'uB courant de gaz acide hydrot-sulfurique, de manière à en séparer tout le .plomb. En filtrant alors la liqueur > et en la concentrant convenablement par l'évaporation^ la daphnine ^pri<tés. a'^n sépara • en petits cristaux transparens. Cette substance est dure, d'une couleur grise, et avec une saveur très-amère. Lorsqu'elle est chauffée, elle s'exhale rapidement en vapenrS' qui irritent les yeux et lés narines. Elle se dissout .en petke quantité dans l'eau froide, et en proportion beaucoup pins considérable dans Teau bouillante^ il s'en sépare des cristaux ^ . , . . 3^
> « Plid. Mai;. iSo9 « i&ai , p. iS6. . • Aaa. àt ÇUm. LVf 35.
% mesure ^v\e W dissolution refroidit. Sa dîssolatîon n'est pas jffédpuèe ^arVacétade de plomb. Chauffée dans une cornue, die se foQû^ noircit, en cmettâut des vapeurs acides '•
VI* Principe amer artificiel.
Celte espèce a éié formée par l'action de Pacide nitrique Hinoirv sur diverses substances végéiales et animales. Ce prrnape fut obtenu en premier lieu par Haussman ^ dans Texameo qu'il fit de Imdigo', mais il méconnut sa nature. Welther le foruia depuis en faisant digérer de la soie dans l'acide Dirri(}Qe *, il eu établit les propriétés y et lui donna le nom de principe amer jaune*. On doit donc le considérer comme étiot réellement celui qui en a fait la découverte. Bartholdi le produisit ensuite en traitant le saule blanc avec lacide nitrique '. Ualchett ^ daus ses expériences sur le tannin artificiel, l'obtint en traitant l'indigo par l'acide nitrique^ : à-peuprès â la même époque , Fourcroy et Vauqueliu s'en procuxèr^nt par les mêmes moyeus , et ils en examinèrent dans le
^us^&nd détail lespropiiétés*. Chevreul pense que c'est un Ott^po&é d'acide uitrique et d'une substance végétale
/wnicuJière, probablement de nature huileuse*, lepnocipe amer artificiel est d un jaune foncé; sa saveur propriAé».
est excessivement amère. Il est soluble dans l'eau et dans iaJcooi. Il teint la sote,- le drap et le coton en une couleur /aune pennHueute. Il cristallise en lames allongées, et a beaucoup des caractères d'un acide , se combinant facilement avec les substances alcaUues , et formant des sels cristalli- Sables. Lorsqu'on verse de la potasse dans une dissolution concentrée de cette substance , il se précipite peu-à-peu des cristaux prismatiques d'une couleur jaune, qui sont une combinaison du principe amer avec la potasse. Welther examina le premier ces cristaux -, mais Fourcroy et Vauquelin eu reconnurent la composition. Us ont une saveur aiucre ; ils ne s'altèrent point à TaLr, et sont moins solubles que le principe amer pur. Mis sur un charbon ardent , ils brûlent à la
• AnD. de Chim. LXXXIV, 174.
» /îiJ. XXIX , 3oi t-i^* /Awf.X XXII, 187.
, ^ Pliil. Tran». i8o5.
.':- ^ Pbil. Mnj;. XXÎ1I,^'»5, ■ *if Ano. de CUim. L\XU, ii3.