‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 12 sur 149 · PARTIES CONSTITUANTES DES PLAITTES · texte numérisé non relu

PARTIES CONSTITUANTES DES PLAITTES

manière de la poudre à caDoo , et lorsqu'on les frappe sur une enclume , ils produisent une violente détonation , en répandant une flamme purpurine '. L'ammoniaque versée dans la dissolution du principe amer rend la couleur de cette dissolution plus foncée, et y occasionne un dépôt très-abondant de beaux cristaux jaunes aiguillés , qui sont une combinaison du principe amer et d'ammoniaque •. Ce principe se combine également avec les terres alcalines et les oxides métalliques, ainsi que les expériences de Chevreul lont fait voir.

yil. Tannin arUficieL

Ce taonîn lui-même peut être considéré comme se rapprochant du principe amer dans beaucoup de ses propriétés. Sa saveur est toujours excessivement amère, et la couleur des précipités qu'il occasionne dans les dissolutions des métaux , est semblable à celle des précipités qui ont lieu lorsque le principe amer artificiel est présent. 11 est possible à-lavérité que la saveur amère ne soit pas due au tannin, mais à une portion du principe amer artificiel qui peut toujours se former en raême*têmps que le tannin ; mais on n'a pas acquis la certitude de ce fait. On sait que la saveur amère est si forte , qu'elle prédomine et masque facilement toutes les autres*

SECTION X

De la Nicotine.

Cette substance existe dans les feuilles du nicotiana latifolia ou tahac , et c'est elle qui donne à cette plante se3 propriétés particulières. Elle fut obtenue , en 1 809 , par V auquelin , à qui nous devons tous les faits jusqu a présent connus, qui la concernent^. On peut l'extraire du suc des feuilles de tabac.

Pré?*raiîon. Apvès avoir é vaporé le suc jusqu'aux o,a5 de son volume , on le laisse refroidir. H se dépose une assez grande quantité de malate de chaux sous la forme d'une poudre graveleuse*

• Welther, Fourcroy et Vnnqneliii*

• Halchett, Phil. Trans. i8o5.

• Ann, de Cbim. LXXI, iSq,

KICOTIVK, EXT&ACTir. Cj

Cette matière étant séparée , on continue de concentrer le liquide fusqn'à ce qu'il ne fournisse plus aucune substance silioe. Lorsqu'il est tellement épaissi qu'il ne pnisse plus laisser oéposer de molécules salines , on le fait digérer dans de l'alcool, qui se chargera des acides nialique et acetiquo Lon* combinés qu il contient^ de la nicotine, et d'une portion a hydrocblorate d ammoniaque. Alors, après avoir distillé l'akooi dans une cornue, on concentre presque jusqu'à sicdté la matière résidu, en prenant les soins convenables pour ne pas l'altérer par Tapplication d'une chaleur trop forte. On traite une se* condefois le résidu avec de l'alcool trés-déflegmé, afin de séparer une portion de matière animale qui avait été dissoute dans le premier traitement à l'alcool, à la faveur d'un peu d'eau présente. On distille cette seconde portion d'alcool, ei après avoir dissous le résidu dans Veau, on sature avec de la potasse les acides mabque et acétique ; alors on distille la liqueur aqueuse ^qna siccité. L'eau qu'on obtient , quoiqu'iucolore , consent uoe certaine quantité de nicotine en dissolution. En %&sfAfant dans l'eau le résidu de la distillation , et en dis- ^S^avu^AK seconde fois , on peut obtenir une nouvelle quantité de nicotine , et en procédant ainsi un nombre de fois safSwH , on peut avoii: la totalité de la nicotine en dissolutha dans Feau. Par une évaporation, conduite avec beaucoup de précaution j on sépare Teau , et la nicQtine s'obtient ^ Veut de pureté.

Cette substance est incolore. Elle a une saveur acre et pro^rumi Fodetir particub'ère qui distingue le tabac ; elle occasionne on violent éternuement; elle est soluble dans l'eau et dans Falcod. Ses dissolutions, dans l'un et l'autre de ces liquides , sont incolores, et elles se distinguent par la saveur partientière et l'odeur de nicotine.

La nicotine est précipitée de ses dissolutions par la teiur tore de ooix de galle. Elle est volatile et vénéneuse. Suivant Vaoqoelin , elle se rapproche, par ses propriétés, des huiles volatiles.

SECTION XL

JDe PExtractif.

' Le root eœ trait fut d'abord appliqué à toutes celles des Hiuoirt.' ^hstances qn^on séparait des plantes par le moyen de l'eau ^

6d PARTIES CONSTmiÀltrES DES PLAXTES.

Cl qoî, après révaporalioo 'de celte earu, restaient à Véiat de masse sèche ; et par conséqueut la signification de ce terme comprenait là gorafue , la gelée et plusieurs autres corps^Qlàis cette déni^mination a été depuis restreinte à une substance supposée exister ddus beaucoup de plantes , et tïu'pn peut obtoDÎr passairtement pure, suivant les expériences de Schradcr, de l'écorce du çinchonaofïïcinalis. Mais comme le mot extraie est employé , même par \^s auteurs modernes, dans sa première acception , pour éviter toute ambiguilé, je djsliuguerai cette substance en lappelantpr/ncfpe tacsraclîf, inwruuiae. La difficulté d'obtenir le principe extractif isolé , et sa disposition a s'Alicrôr promptemeut dans sa nature, ont jusqu'ici empêché les chimistes de l'examiner avec lattention que sou importance réclame. Rouelle est le premier qui s'en soit particulièrement occupé ; mais c'est principalement à Fourcroy et à VauqueKn que nous devons la connaissance de ses caractères. La dissertation de Vauquelin, insérée dans le Journal de Pharmacie, est la meilleure description du principe extractif qui ait paru jusqu'ici. Schrader publia, aussi dans ses dissertations sur Xextractif^ beaucoup de faits intéressans et d'observations curieuses '. Mais malheureusement les chitnistes n'ont pas toujours pris ce terme dans le même sens, Pacmeniier , pat exemple , a publié une disser* talion sur les extraits des végétaux ^ considérés dans le sens vague et général du mot. Elle contient toutefois beaucoup de fait$ importans '.

Il ne peut y avoir, je pense, aucun doute que sous la dénomination ^S extractif ^ les chimistes n'aient confondu easemble , jusqu'à présent , beaucoup de principes végétaux différens. J'en ai distingué quelques-uns, leb que Vulmine et la pofyckrotte, etc., par cies noms particuliers; et peutêtre ce qu'il y aurait de mieux à faire , serait d'abandonner entièrement le terme extractif. Mais dans Tétat dobscurilé où celte partie de la chimie végétale continue d'être , je ne veux point uie dispenser de présenter les faits rassemblés dans celte section, parce que, quoiqu imparfaits , et probablement en partie inexacts , i!s pourront ceptMiJani être utiles

» GchloD^s Jouro. Second Scrics , VlHi 5^8; cl Scbwciggcr't ^ourn. IX, i.'i9

> Aan de Cdim. 'XLIU , 19.

1 ce«x cpù se Uvreraient à <)f^s recherches sur ce sujet Le prtmûpe extractif a les propriétés suivantes:

1 . 11 est soluble dans 1 eau , et la dissolutloa est toujours PropriM** colorée. Par TévaporàtioD leoie de Tcau, oq obtient la matière extractive , solide et transparente. Mais si Tévapo-

ratioo est rapide, k matière est opaque.

2. La saTCur du principe extractif est toujours forte; mais cette savetir varie beaucoup selon la piaule d'où 01^ iobtieot

3. Le principe extractif est insoluble dans l'alcool absola et dans i'erher ^ mais il se dissout daus 1 alcool , lorsqu'il contient de l'catL

4* Par des dissolutions et des évapo alions répétées , la

niatièreextractive acoin'ert une couleur plus foncée et devient

însokible dans Feau. On attribue ce changement à foxigène

p(»ur lequel le principe extractif a une forte affinité et qu'il

frend à l'atmosphère. Si l'on expose la di>solution à l'air,

tiï\uon l'abandonne à eRemême. l'extrait y éprouve bientôt

^ «çèce de putréfaction par l'effet de laquelle, il est en-

tièremettJétruit.

5' Lorsqu'on verse du cMore dans une dissolution qui

coBùentle principe extractif, il se forme un précipité jaupe

^oocé Irés-abondant , et le liquide conserve une couleur lé^r

gérement ciirine. Ce précipité floconneux est considéré

comme étant V ejctmct jfoxi^çoé : il est alors insoluble dans

i'eao; mais l'alcool chaud peut Je dissoudre.

6. Le principe extracïil s'unit à Talumine , et forme avec cette substance nn coaiposé insoluble. Ainsi, en mêlant du sullate ou de rhydrochloratc d'ajumine avec une dissolulion d'extractif, il se manifeste dans la liqueur un précipité floconneux insoluble, ;<u- moins lorsqu'on la (ait bouillir. Mais s'il y a excès diacide , le précipité ne parait pas tou* jours.

7- Le principe exiraciif est précipité de l'eau par 1 acide 5nlfurique concentré, par Tacide hydrocblorique , et probablement par plusieurs autres acides Si ou fait l'expérience avec facide sulfarique^ il se dégage des vapeurs de vinaigre qai généralement deviennent sensibles.

8. Les alcalis s'iinissent facilement avec l'extractif , et . celte union forme des combinaisons insolubles dans l'ean. 9. La plupart des oxides métalliques forment avec Textrao

^0 PARTIES COy'SfltVÂf^tÈ T)ES PLANTES.

tif des CômbiDaisoûs însdiubles. Cest par cette raison oue beaucoup de ces oxides, lorsdu*oû les verse dans sa AssolutioD, petiveiit le séparer de leàB \ c'est par la mémo raison aussi y (jne les sels iDétaliiqttes précipitent le plus souvent le principe extractif. L*hydrochloràtc' d'étaio a émineroment cette propriété. Il précipite Textraclif en une poudre brune parfaitement insdluLle, cobiposée de l'oxide d'étain et de matière végétale. . *

10. Si rpn imprègne d'alun de la laine, du coton ou du fil, et que, dans cet état, on les plonge dans une dissolution cPextractîf , ces substances se teignent en un brun fauve et le liquide perd beaucoup de sa matière extractive. Cette couleur est permanente. Si au - lieu d'alun on emploie Thydrochloraie d'étain , le même effet est produit ; mais il serait «encore plus complet , si après avoir trempé le drap dans du chlore, on le plongeait ensuite dans l'infusion d extractif. On voit aihsi que la matière extractive n'a besoin d'aucun autre faiordant qneroxfeèné pour la fixe/ sur le drap.

IT. L'extractif fournit ti la distillation un liquide acide imprégné d'ammoniaque *, *

Oh lie saurait douter qu'il n'y ^ît plusieurs espèces de fbatièrejs exlractives, quoique la difficulté d'obtenir chacfrine dVîles isolément, ait empêché les chimistes de recher* dher (func manière précise leur nature. On se procure ordiihirement éci extraits en traitant avec l'eaà la substance végétale dont on cherche à les rètir^, et en évaporant en- ^•Sufiifs* ^"^^ lentement la liqueur jusqu'à siccité.- Toq^ extraits ainsi ôb^enns, ont «ne saveur acide et rougissent l'infusion -de fbtlFrif'Sol. En les mêlant avec l'atomoniaoue, lorsqu'ils sont lîqiiiiîes, ils donnent tous un précipité <fui est uue convbinaison de chaux et d extractif insoluble. La chtfux leur fait lou'foùrs exhaler l'odeur dammon laque. On a reconnu que lé principe extractif est plus abondant dans les plantes qui ibt)i parvenues à leur maturité , que dans les jeunes pfcntes.

hiis extraits de végetdiix'que les pharmaciens préparent j)our Fnsage de la médecine, contiennent toujours, outre lo

f)rincipe extractif, d'autres corps, souvent au nmnbre de mit et même davantage. La plupart de ces extraits n'ont été que très-imparfariemenl examinés. Aussi me bornefai-je ,

* VâiiCjiTdin.'

ZXTRACTir. yi

pour le moment, à désigner quelques-unes de celles des substances végétales dans lesquelles on a reconnu l'existence du principe extractif , et à établir leurs parties constituantes^ danfès les analyses qui en' ont été faites.

Le prindpe extractif est une partie constituante ordinaire ^''^f *• ^ de la sève des arbres j et eh effet , Deyeux et Vauquelin Tout **^* Uouvé dans presque louteS celles quils ont examinées. Il se dépose ordinairement lorsqu'on mêle la sève avec du chlore, et il se précipite en flocons bruns lorsqu'on évapore la sè^e au bain de sable.

1 2. Le Drincipe extractif forme aussi une partie consti- Dt r&ofct. tuante de récorce de tous les arbres qui ont été examinés jusqu'ici. Davy Ta trouvé dans toutes les écorces qu'il a soumises k Fanalyse, notamment dans les écorces dn chêne , du saule de Leicester. du châtaigner d'Espagne^ de Forme, du saule commun, et il existe sans doute dans toutes les écorces qw ont une saveur astringente; car il ne prait pas qu'on ^ili peine jamais trouvé le tannin etl'extractif séparés l'un

^Vawre.

i3. Vrafasion de cachou contient un principe extractif uni do «ackoo.

priocipalemeni à clu tannin. On peut l'obtenir à l'état de pu-

est d'un brun rougeâtre pâle , et d'une saveur légëredient astringpnte, laissant dans la bouche un goût douceâtre ; il n'a pas d'odeur. Sa dissolution dans Teaii est d'abord d'un brun jaune-, mais par son exposition à l'air, elle acquiert une teinte de roug(\ La dissoliulon dans l'alcool est d'un brun sale. Elle n'affecte pas les couleurs bleues végétales. Les .alcalis éclaircissent sa couleur; mais ni les alcalis, ni les terres alcalines ne précijûtrnt le principe extractif de l'eaui Le nitrate d'alumîiie et dlivdioclilorate d'élain rendent la dissolution légérenient trouble. Le nitrate de plomb y, produit un précipité dense, d'un, tirun clair. Ce principe verdit le sulfate de peroxide de. 1er , et occasionne un précipité vert, qui devient noir par son exposition à l'air. La toile, lorsqu'on la fait bouillir dans la dissolution, enlève presque tout l'extractif, et acquiert une couleur d'un rou^e brun clair, i-orsqu'on expose ce principe extractif à la chaleur, il se ramollit, et sa couleur devibnt plus foncée; mais il ne fond

7» PARTIES COKSTITUÀ.NTCS PES PLAîfTES.

paji. A la distillation , il fournit du gaz ncrde carbonique, du gaz hydrogène carboné , de r;<cide acétique faible , et un peu dextractif sans altération. Il reste un charbon poreux*. Daa^4. i4» L'infusion de séné contient une matière d'une nature très-particulière , qui peut être considérée comme une espèce Sextractif. Le skxïk du commerce consiste dans les feuilles desséchées du cassia senna^ arbrisseau rinnuel qu'on cultive en Et;ypte. LVau , à la température ordinaire de Vatmospbère, dissout à-peu- près la moitié de la substance de ces feuilles. L'Infusion qu'on obtient a une couleur brune, nue saveur amère, et une odeur aromatique particulière. Le ' fiéné contient une proportion considérable de carbon^tte de chatix, du sulfate de potasse et du carbonate de ma:!jné,sie, et en outre un peu de silice ; mais la plus remarquable de ses parties constituantes, est Textractif, Si Ton fait passer pendant quelques heures- de l'air atmosphérique à travers fi ufu- .^ion, il s'y manifeste un précipité jaune. La mèmp substance est précipitée immédiatement pnr faridc hvdrocblorique et par le chlore. Le précipité a égil^îuent lion, on faisant pnsser à travers Tin fusion nn courant de vapeur de chlore. Cette siibstaïmc fis! I'r\ir ctif altéré par sa combinaison avec l'oxi» p<"no* Il a 11 np SiiT^nr lé-j^èrement amère ; il nVst plus soIu!)le d.'ins l'eau ; I alcool If» dissout; mais lorsqu'il est étendu d'eau, il le lijssr* pf;éqpîtrr. Les alcalis le dissolvent, et la dissolu* tion OSE d\ine. coiih'ur bnine foncée; mis sur des charbons ardous, il doUDc inie fumée épaisse, il exhale une odeur ^roiiïwtirrue, et lai.sso un charî)o:i ?pono;ic«x. Ces propriétés îniïtf^UOïjr qtîM Hor^ioproche beaucoup de l'état résineux*. !>■ quioquioa. T 5. L'jfifpMoii d*(tcorce du Pérou fournir aussi uup matière eTîtractive d*une nature particuhère , qui , lorsqu'elle fst unie à J'oxi^èno, prend une belle couleur rouge, et acquiert, comme l'extrr'ictif du séné, à-peu-près les nroprirrés d'iincî résine» Fourcrôy obtint cette matière extrartive dn quinquina de St.-T)oiniriî;ue. Il évapora lentoment l'eau dans laquelle il Pavait fait bouillir jusqu à ce qu'elle eut refusé d'en prendre davant>;:;p, et \\ fît dissoudre dans Fnloool IVxfraît ainsi obtenu. L';^looo| déposa par évaporation Vextrartif particulier. Sa couleur était brune, et sa saveur amèrej il était insoluble

* Boiiillon-l^agraDgo y Ann. de Chip XXIV, 4*

ixÉTlNE. yZ

âans Vexa froide, mais se dissolvait très- facilement dans Feau chaude- 11 étaîl solnhle dans falcool. A VqM sec, il était noir et fragile; il [>ré-^onrait, étant rompn, une cassure polie. IVaii de chaux \c prccipifnit en une pondre roujr-, le chlore, àFélat d'r.ne poudre d'un beau rouge , qni nVtait soluble ni daiîS l'eau, iiî âan^ l'alcool, mais qni était snscepiibie de s'unir avec les alcalis^ Une plus forte dose de chlore le ren-' dait jaune'.

iG. Steinacher a f»îf voir que le vinaigre distillé contient une certaine q'iantité d'cxrra<'t:i'*.

La rr^ssemblance qui existe entre les substances extrac-' tîves et la matérc colorante des plantes est asseî; frappante. Il est très-probable que lorsque b*s chimistes les auront examinées avec plus de précision, ils trouveront quelles appartiennent à la même classe.

SECTION XII

Cette substance remarquable fut extraite ue Kpécacuanha p^r MM. iVlagendie et Pelletier , qui lui donnèrent le nom d^Emétine^ parce quelle constitue, dans celte racine, la maliere vomitive.

FourTobienir, ils faisaient digérer de l'ipéçacuanha , d'à- rr^pnraiLon, bord, Aïus de Téther sulfurique, et ensuite dans de I alcool. La dissolution alcoolique était évaporée à siccité; et après avoir rediffious le résidu dans feau, ils versaient dans la liqueur de l'acétate de plomb: il se produisait un précipité abondant qui , après avoir été édulcoré et délaye avec de l'eau , était soumis à faction d'un coi\rant de gaz acide hydro- Milfurîquc. Le plomb se précipitait à l'état de sulfure, et fcmétine restait en dissolution dans l'eau. En filtrant alors la liqueur, et en l'évaporant à siccité , le résidu consistait dans réméiinc à l'état de pureté. Cette substance, ainsi obtenue , a les propriétés suivantes.

Elle est, sons la forme d'écaillés transparentes, d'un rougr îVf>prîéi*«. brunâtre; elle n'a pas d'odeur*. Sa saveur est amère et un peu acre, mais nullement naasé^^ude. Elle n'est point altérée

' Fourcroy, Ann- «leChîm, VIII, lao.

» Journ. de Pby». LXV, 327.

y6 PARTIES CO'ÎTSTITUAîrTES DES PLANTES.

ta^it en France qu'en Angleterre : de sorte qu'on peut considérer l'existence et les propriétés de la morphine , comme Lien clablies.

La marpbine, selon Serlurner, se tifonve dans l'opium , à 1 eut de combinaison avec un acide particulit r^ qu'il appelle acide meco/it'çuc^. Son procédé pour se procuier la'mor-

^répiraiion. phiîic cst aiusi qu'ilsuit: après avoir traité 8 parties d'opium pulvérisé avec a ou 3 parties d'acide acétique concentré et un peu d'eau , de manière à mettre le tout en consistance de pâte mnllc ou de bouillie, on Ictend avec un litre ou deux de.iu, cl on passe à travers un linge. Le résidu peut être lavé avec un peu dVan, et passé une seconde fois- Le liqiude ainsi obtenu « st peu coloré ; il contient de l'acétate et du niéconate do morpliine, un peu de morphine combinée avec de Textractif , et de la morphine libre. En versant dans la Jiqîieur de Tammoniaque caustique , il s'y forme un précipité abondant de morphine , et il s'en produit une nouvelle quantité par Pévaporation du lîqnirle, au quart ou an cinquième de son volume. Cotte morphine n*est pas encore enb'èrement dépoLillée d'extractif. Après l'avoir réduite en pondre fine, Sortnmer la faisait digérer avec une petite qtiantifé d'alcool. Cf l]i[iink: af f^ucrait une couleur foncée, et la morphine rest-vl à prfi*r>rcs sfius couleur à IVtat de très grande pureté. Ell'^ a , éîaot ^Im't pn'paréo, les propriétés suivantes , savoir :

Tropriéléi. Ello est inrohre, soluble, en petite quantité senlemont , in^^s V^im bmiill.^Tiîe ; mais trcs-sohibîe dans Palcool et dans rétlier ^cs dî^solutrons s'>nt d'une saveur très amèrc, ot Ton on pcni ofcienir U morphine en cristaux. La forme de ces cn\taiJK o^f une pyramide courte à quatre fac«s, dont la base os! iHi otrré oM un roctande; q^iclquefois deux de ces pyramides so:ii appliquées, tase à base, constituant un oct^cilro, !.îi dî'^sriliirinn de morphine brunit le papier de curcuma , rétablit la couleur bloue du papier de tournesol rougi par du vinaigre, et ces effets ne sont pas dus à la pré- Si.ncc d'ammoniaque ; d'où il suit évidemment que la morphine agit à la manière d'un alcali.

Cette substance se combine facilement avec les différens

* Sertiirnrr n*a pns donné une description sufHsannnenldJuiilice de col a«'lde, pour ncnis niclirc eo cUit d'approcier sa nalure clic& proj^riéiés. Son nom dérive éridemmeni de fctu^r» pavôu

MORPHINE. fJJ

acides, qu'elle neutralise, et ces combinaisons forment une Jîouvelle sorte de sels, qui méritent d'être particulièrement examinés. ^

Le sous'Carhonatc de morphine est produit lorsqu'on W» <m*«il» met de la morphine en contact avec du gaz acide carbonique, '"**' oa en précipitant ses dissolntrons par un sous-carbonate alcalin. 11 est plus solubie dans Teau que la morphine, et semble snsreptible de cristalliser ; mais Serturner ne déterjninc pas la forme de seis cristaux. Le carbonate de morpbine crisrallrse en prismes conrts.

Ltfc^/aA; de morphine cristallise en prismes mous, et il esttrès-soluWe dans I eau.

IjC sulfate de morphine cristallise en ramification : il est également trcs-soluble.

Uhydrochlorate de mor)3hine prend la forme de plumes. II est beaucoup moins solubie daub Feau que les autres sels de morphine; et si Icvaporation de sa dissolution a élé poussée trop loin, il se prend {nomptement, parle refroidissement dft \a Uq^eur , en une uiassç saline en forme de plumes d'un b\aûc tf argent éclalnuï. t*

Le nitrate de morphine cristallise A prismes qui sont groupés eoserubie, et qui paraissent partir d'un centre commun.

Le méconiate de morphiue ne fut pas examiné; mais le sous-mécnniate de celte base cristallise en prismes obh'ques» Celte substance. est celle qui constitue le principe narcotique que Derosue relira de l'opium. Il est peu solublc dans Teau.

Le tartrate de morphine cristallise en prismes , et il a beaucoup de ressemblance avec les sels précédens.

II paraîtrait, d'âpres les expériences de Serturner, que la morphine a les caractères d'un nouvel alcali combustible, et qu elle doit être placée, dans les tables d'affinité, immédiatement au-dessous de l'ammoniaque, comme substance qiîi a la propriété de la dégager de toutes ses combinaisons.

La mor|)bine se fond à une douce chaleur ^ et dans cet état, elle a l'apparence du soufre fondu. En refroidissant, elle cribtaîLse de nouveau. Elle brûle aisément^ et lorsquelle est chauffée dans des vaisseaux fermés, elle laisse MXiit masse solide, noire et résineuse, d'une odeur particulière. Elle se combine avec le soufre à l'aide de la chaleur ; mais celle cofubinaison se détruit promptement, et il se dégage de Tacidc h\ dro-sulfurique.

La pile galvanique produit peu d'effet sur la morphine

8o PARTIES CONSTITUANTES DfiS J^LiNTES.

refroîdissement de la ligueur, elle reste à Tétat d'une gelée.

Op peut faire, emploi de celte masse gélatineuse, comme de gomme pour coller le papier.

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