‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 24 sur 149 · IV9I60. I · texte numérisé non relu

IV9I60. I

$go peut être tenu en âissolotioo ptr la cliiiix, les alcalis, etc.; et c'est dans cet état qn'on l'emploie pour teindre le drap. Le drap trempé dans une cuve qui contient l'indigo iûsi dissous, se combine avec lui, et la couleur bleue se rétablit par f expo«tion du drap à f air. On peut la faire re* paraître également en plongeant le drap dans une dissolution aqueuse àe chlore. On ne peut donc attribuer ce rétablissement de couleur qu'à l'oxigéne. Cest alors pour cette raison one l'adde sulfureux, les acides végétaux et le sulfate de fer, donnent au sulfate d'indigo une couleur verte.

Noos voyoDs aussi, d'après ces expériences, que la couleur

de l'indigo est détruite par l'addition de celles des substances

qui cèdent très-facilement loxigéne , comme le peroxide de

nuDganése. Dans ce cas^ l'indigo est détruit , car on ne peut

rétaUir sa couleur. Lorsqu'on verse le sulfate d'indigo dans

l'eau boiiiUante, il en résulte une dissolution de couleur

verte ; mais avec l'eau froide , la dissolution est d'un bleu

fimcé. L'acide sulfurique, qu'on désisne par la dénomination

S»^ sulfurique fumant, dissout l'indigo beaucoup plus

hdlnMot que l'acide sulfurique pur, et u se produit beau-

cmip plus de chaleur pendant la dissolution. Bucholz a

recoiiBu qu'en faisant bouillir du soufre dans de l'acide sul-

ibrique pur , cet acide acquiert la propriété de dissoudre

Kodigo aussi facilement que l'acide sulfurique fumant * .

L'adde nitrique aeit très-fortement sur l'iudjgo. Il y a dé-. Actkm gagement abondant de calorique et de dentoxide d'azote ; et, ^^ i^que! *"' même, quand cet acide est de i,5^ de pesanteur spéciGaue, il enflamme Tindigo. Ce fait fut découvert par Woulfe. 11 en fit part à Rouelle qui le présenta dans ses leçons , et Sage fut le premier qui en publia l'exposé *. Lorsque l'acide nitrique est ctendu d'eau , l'action est encore violente, à moins que la proportion d eau ne soit très-considérable. Hatchett, ayant versé sur 6^5 d'indigo, 3i grammes d'acide nitrique étendu d'âme quantité égalé d'eau, l'action fut si rapide qu'il crut nécessaire d'y ajouter une nouvelle quantité ae 3 1 grammes cfeau. Lorsque l'efiérvescence eut à-peu-près cessé d'avoir lieu , il mit la liqueur sur un bain de sable pendant quel- Firme ques jours, et il l'évapora ^ siccité. En versant de leau sur

■"-GcUcn's Jonrn. III, i.

* Proust, Ntchol on's Joium. III^ 3a$«

da UnijyL.

106 PARTIES COirSTITOÀNtfS DES PLANTES.

le résidu, il parvint à en dissoudre une portioD coDsidéfablfi et il obtint une dissoiution d'un très-beau jaune foncé, d'une saveur extrêmement amère. Cette dissolution ue contient

Îu'une très-petite portion d'acide oxalique ; mais avec une issolution de colle de poisson, elle donne un précipité jaune insoluble très abondant , et contient par conséquent une portion de tannin artificiel. Avec Tammoniaque, il se précipite des cristaux , consistant dans la combinaison du principe amer avec cet alcali '.

Pnocipe amen Lorsqu'oQ fait bouillir quatre parties d'acide nitrique sur une partie d'indigo, cette substance perd bientôt sa couleur, et se dissout. La dissolution devient jaune , et il se forme à sa surface une couche légère de matière résineuse. Si alors on arrête l'opération, la matière résineuse devient ferme ea se refroidissant. Si, après avoir enlevé cette matière, on évapore la dissolution en consistance de miel, et qu'après avoir fait redissoudre dans l'eau chaude , et filtré , on ajoute de \dt potasse à la liqueur , elle précipite des cristaux jaunes aiguillés, qui sont une combinaison du principe amer avec cet alcali. Ces cristaux ont la propriété remarquable de détoner, avec émission d'une lumière pourpre, lorsqu'après les avoir enveloppés dans du papier , on les frappe avec un marteau. On peut convertir la résine dans le même principe amer en la traitant avec de l'acide nitrique nouvellement préparé. Si l'on arrête l'opération avant qu'elle soit amenée au point ci «dessus indiqué , on obtient des cristaux jaunes qui sont plus solubles dans l'eau, et qui se subliment ea aiguilles blanchçs, ayant toutes les propriétés de l'acide benzoîque. Ces faits três-intéressans ont été constatés par Fourcroy et Vauquelin *.

Il parait donc que l'indigo , traité par l'acide nitrique, se convertit en tannin , en adae oxalique , en acide benxofque et en principe amer.

Action L'acide hydrochlorique n'a point d'action sur l'indigo dans dâtttmacidt».^^^ état ordinaire, mais il dissout promptement celui qui a été précipité du sul&te, et la dissolution est de couleur bleue. Les mêmes phénomènes se manifestent avec les acides

< Hatchetfft Additionnai experiments on artificial Tannin. Phi). Trans. i8o5.

*Phil.Mag.XXm,a56.

photphoriqne , acécî^ et tartafk|ae , €t probablement aussi «Tec toQS autres acides à TexceptioD des acides soutiens '«

Le dilore détruit la couleur de liodigo aus&i prompteoieot (pe Tacide nkrique , et évideinmeiit par la même raison* .

L'alcool dissout une petite proportion d*iDdi«;o; mais il se aciîo» prédpite de nouveau peu-à-pea , à moins qu'il n'y ait pré- ^ »'*»co«i^ sente de matière rouge ; car abrs la dissolution est perma- , sente ^

L'éther et les boiles n'ont aucune action sur l'indigo , au moins si les expériences de Bergman sont exactes \

Lorsqu'on mêle de l'indigo avec du son , de la gaude et Ftcnentatiof). antres substances semblables susceptibles de fermenter prooptement 9 il prend une couleur verte pendant la fermeotation j et alors il est facilement dissous par la chaux ou la potasse. C'est par ce procédé qu'on le rend ordinairelient propre à la teinture.

L'indigo fournit k la distillation des produits différens de Action oenxf aucnne autre substance véeétale, si l'on s'en rapporte **^* "*****"*' Weuditnde de Bergman. H distilla 5^6 parties dlndigo dans

^ne ysojt cornue à laquelle il avait adapté un appareil poenautifae, et il obtint :

Gaz acide carbonique 19 parties.

Acide liquide jaune contenant de

Tammoniaque lyS

Huile 55

CSiarboii ••.••••••••..••••••• 33 1

n n'observa d'autre gaz que celui acide carbonique. Cette expérience mérite d être repétée; si elle se trouve confirmée dans ses résultats, il n'y a aucune substance végétale autre Que l'acide gallique qui resseadde a l'indigo sons ce rapport. Liniile était noire et avait l'odeur de tabac. Elle se dissolvait luilement dans l'alcod. Lk quantité de charbon paraît énorme; ■nais l'expérience de Bergman fut faite avec l'indigo ordinake, et par conséquent des 576 parties, il en faut déduire

■ Bergmn. V, aa.

« Uid.

• Cheirewâ , Journ. de Phys. LXV, SoQ,

^ OpiMc. V, 35.

' BergnuB» V>35.

108 PARTIES COirSTITVAXfTSS US PLAITTIS.

i58 parties de terre et de fer. Cette décompositioii indiaoe dans riodigo la présence de i oxigène, du carbone, de rliy«* drr^èoe et de l'azote. Les deux premiers de ces consttfuans y soiit rarement en grande proportion.

Cbevreul ayant soumis de I indigo ordinaire à k distillation, les produits qu'il obtint furent : i. de Teau ammoniac^Je ; 2 au soufre, uni probablement à de Ihydrogène hui« leux; 3. une huile brune épaisse, mêlée de carbonate et d acétate d'ammoniaque; 4* ^^ Thydrocyanate et du sulfure bydrogéiié d'ammoniaque; 5. une matière pourpre, cristallisée en houpes soyeuses dans le dôme de la cornue : c était de l'indigo pur; 6. un charbon volumineux donnant de l'acide bydrocyanique lorsqu'il fut calciné avec de la potasse ; 7. des gaz , oui n'ont point été examinés.

TeUes sont les propriétés de l'indigo , autant qu'elles ont été reconnues. Il est inutile d'insister sur son importance. C'est peut-être le plus précieux de tous les ingrédiens dont on fait usage pour la teinture, et certainement c'est le plus permanent.

SECTION XIX

I>u Gluten.

ExtnctîM: LoRSQu'oK met à Tétat de pâte de la farine de froment avec nn peu d'eau, on a une masse visqueuse, élastique , molle et ductile. Si on lave cette masse avec précaution , en la pétrissant sous un petit filet d'eau , jusqu'à ce que ce liquide ne pm'sse plus rien loi enlever , et en découle inco» lore , ce qui reste est ce qu'on appelle gluten. Cette découverte fut faite par Beccaria, savant italien à qui nous devons la première analyse delà farine de froment*.

Propri^^ I. Le gluten ainsi obtenu est d'une couleur grise; il est extrêmement visqueux, élastique, ductile, et il s*étend si facilement ou'on peut l'alonger jusqu'à vingt fois sa longueur première. Lorsqu'il est tr&s-mince, il a une couleur blanchâtre , et ressemble beaucoup à un tendon animal ou à une membrane. Dans cet état il adhère très* fortement à d'autres corps , aussi l'a-t-on souvent employé pour réunir des frag-

* GoUect. Academ. XIV, i.,

weB5 âe porcelaine. D atinc odeur particulîére. Il est presque sans saveur, et il ne perd rien de sa ténacité daus la bouche. n prend à l'air une couleur brune, et j devient comme s'A àajt recouvert d'une couche huileuse.

Par une exposition plus longue à Tair, il se dessèche peuà-peu; et quand il est complètement sec, il est assez dur , cassant, légèrement transparent, d'une couleur bruoe foncée, ayant assez de ressemblance avec la colle-forte. Il se brise comme un morceau de verre*, et les bords de la cassure sont lèses comme cenx du verre rompu -, c'est-à-dire qu'il a une cassure vitreuse.

Le gluten nouvellement préparé s'imbtbj d'eau , et il en soioU* Mient une certaine quantité avec beaucoup de force. C'est ^*" *'***^ à cette eau qu'il doit son élastidté et sa ténacité. Mais si on Je fait botiilUr dans ce liquide , il perd l'une et l'autre de ces popridés.

%, Si Ton fait macérer pendant très-long-temps dans l'eau froide du gluten nouvellement préparé , te liquide devient o^ftqpe, et tient en suspension de petites pellicules qui ne se

àéposeiii ({ue très-lentement. Par des filtrations réitérées, la IrfDectr derient transparefnte -, mais elle retient un peu de e/oteo en dissolution , ce qui la rend écumeuse , et lui donne h propriété de précipiter lorsau'on la méte avec du chlore ouf infusion de noix de galle. Ainsi le gluten est , jusqu'à un certam point , soluble dans l'eau froide. Quand on chauffe feau, le gluten se sépare en flocons jaunes '.

Lorsque du gluten humide est abandonné à lui-même , il se décodipose trèspromptement , et éprouve une espèce de fermentation. Il se gonfle, et il s'en dégage des bulles d'air, que Proust a reconnues être du gaz hydrogène et du gaz acide carbonique*. 11 répand aussi une odeur très-malfaisante , analogue à celle qu exhalent les matières animales en putréfaction. CadetgardfKpendant huit jours du gluten dans un vaisseau placé dans une chambre humide. Sa surface se recouvrit de bjssus, la fermentation était commencée, et f odenr d'acide se manifestait sensiblement. La croûte supé-^ TÎeure ayant été enlevée au bout de vingt-quatre jours , il troura le gluten converti en une espèce de pâte d'une cou*

' Foarcror et Vauqueb'n, Ann. daMos. d'HisU nat. XXXVU, 3. * JouTB. de Plijs.XVl, !•«.

itO PkJitïÈS COKSTITITAKtBS BES thJimU.

leur blanche grisâtre, qui ressemblait à de la |lu. Il lot donna dans cet état le nom de gluten fennenté '. Si on abandonne encore le gluten k loî-méme, il acquiert peu-à-peu lodeur et la saveur du /roiito^. Ce fait remarquable fut observé par Rouelle le jeune. Dans cet état, le gluten est rempli de trous, et contient les mêmes sucs qui distinguent certaines espèces de fromage. Proust y reconnut la pré* sence de l'ammoniaque et du vinaigre, substances que Yauqudin a découvertes dans le fromage ; et Tammoniaqne en« lève également et au gluten et au fromage leur odeur et leur goût •.

Fourcroy et TanqueUn ont examiné les changemens qu'éprouve le gluten , lorsqu'on le laisse putréfier pendant quelques mois sous l'eau. AoRudonné dans ce liquide à la température de 12 à i3** centicrades , il se boursouffle, devient aigre et fétide, et il s'élève a la surface en dégageant de l'acide carbonique. L'eau acquiert la propriété de rougir le papier de tournesol. Les alcalis fixes en dégagent de l'ammomaqoe ; le chlore et l'infusion de noix de galle y forment un précipité qui indi(|ue la présence du gluten dans la dissolution. Lors* qu'on dissont au sucre dans cette liqueur , elle acquiert les

Ïropriétés du vinaigre , sans fermentation ou sans le contact e 1 air. Si l'on remet le gluten dans l'eau à la même tempe* rature , la fermentation a lieu , il se dégage de l'acide Car* boniqne, et la liqnenr rougit l^rement le papier de tournesol. Les réactifs mdiquent la présence du gluten et de l'am* mooiaque. Le gluten, qui forme pellicule à la surface dti liquide, devient d'abord d'une couleur pourpre, et ensuite d'un gris noirâtre. Il exhale l'odeur fétide de membranes muqueuses en putréfaction. L'eau est alors noirâtre ; elle donne une couleur brune au nitrate d'argent; elle noircit le nitrate de mercure, devient laiteuse, et perd son odeur lorsqu'elle est mêlée avec du chlore : l'infusion de noix de galle n'y produit aucun précipité. Le gluten , après trois muta de putréfaction, était considérabfement diminué de v<dume; il avait acqub une couleur brune, et n'exhalait qu'une odeac faible. Lorsqu'on l'eut desséché , il se forma en morceaux qui répandaient l'odeur du terreau des cimetières. Ces mor*

■ Ano. ^eChim, XLI, 3i5. .

* Proust, Joara. de Phjs. LVI, to*.

ceaix se ranuJIissaieDt sons les doigts, et brûlaient d'une manière analogue à la graisse. Dans Talcool il fut en partie dissous, et laissa nne substance ressemblant, par ses pro« piîetés, à la fibre ligneuse \ Ainsi, par la putréfaction, le glnteo se convertît en acide carbonique , en ammoniaque , en matière adipeuse, et dans une substance analogue à la fibre ligneuse.

3. Le gluten nouTelIement préparé ne se dissout pas sen* . f^Jîf» siblemeot dans Falcool , qui même dans cet état le précipite * *****^ deFeau. Dans certain cas, cependant, lalcool forme une dissolution du gluten en très-petite proportion. Je versai sur environ 6f^S d'orce perléréduit en poudre grossière, 6 2 gr. d'alcool à 0,837 de pesanteur spécifique. J'abandonnai le mélange à lui-même pendant deux ans, sans y toucher. En évaporant le liquide, j'eus pour résidu une matière jaune, qui resseiablait en partie à de l'huile. L'alcool mis en dîsestion sur cette substance, enleva la matière jaune, et laissa le glut«i &c3ement reconnaissable par ses propriétés. En essayant U m^e expérience avec de la farine de froment , il n'y ent fràiiie^aten enlevé, mais seulement une matière jaune qui avait les propriétés du principe amer.

Lorsqu'on triture avec un peu d'alcool le gluten fermenté de Cadet, de manière à en former une sorte de mueilage,

ÎTon délaie ensuite dans une suffisante quantité de ce liouide, se di^out une portion du gluten, et cette dissolution forme an vernis excellent, qui jouit d'une grande élasticité. On peut retendre sur le papier ou sur le bois. Quand il est sec, il résiste à d'autres corps tout aussi bien que la plupart des vernis. Dans cet état aussi on peut l'employer pour joindre eosemUe des morceaux de porcelaine; et broyé avec les coolenrs, surtout avec les couleurs végétales, il forme un très-bon fond. Cette dissolution , mêlée avec une suffisante quantité de chaux , fait un excellent lut, et les morceaux de ange qu'on y trempe ont la propriété d adhérer très-fortement aux corps sur lesquels on les applique '.

4* L'étber ne dissout pas sensiblemeut le gluten.

5. Les acides agissent sur le gluten d'uiie manière diffc- ^jj^j*™. tente, suivant les propriétés particulières de chacun il'oux.

des Mid«««*

' Am. du Mas. a'Hwt. nat. TV.o XXXVII, 4. • Cadet, Ann. cl« Clûm. JtLI^ 3i6.,

113 PARTIES CONSTITUÀlfTES DES PLARTES.

L'acide acétique coDcentré le dissout facilement, et en quantité considérable , sans en altérer la nature* La dissolution est trouble , mais permanente ; on peut en précipiter le gluten par le moyen des alcalis. Cet acide dissout le gluten fermenté de Cadet ; et la dissolution peut être substituée comme vernis k la dissolution dans Talcool; mais le vernis de la dissolution acétique ne se mêle pas bien avec les couleurs*.

L'acide sulfurique concentré donne au gluten une couleur d'abord violette , et (|ui finit par être noire. Il se dégage de l'air inflammable, et il se forme du charbon, deTeau et une

5 ortion d'ammoniaque'. L'acide nitrique en dégage, à l'aide e la chaleur, une grande quantité ae gaz azote, ainsi que Berthollet Ta découvert; et si l'on continue de chauffer, n j a formation d'une petite quantité d'acide oxalique, et égale* ment attssi d'acide malique. On aperçoit en même-temps dans la liqueur un grand nombre de flocons jaunâtres, huileux.

L acide hydrochlorique dissout le gluten avec facilité | lorsque son action est aidée par la chaleur. Dans le cUore^ le gluten se ramollit et parait se dissoudre; mais il se coagule bientôt de nouveau en flocons jaunâtres , qui , en se desséchant , devienneut transparens et d'une couleur verdâtre. Si on4es chauffe, il s'en exhale delà vapeur de chlore, et ils prennent l'apparence du gluten ordinaire'. Le chlore a la propriété de précipiter de 1 eau le gluten à lëtat de flocons Lianes jaunâtres.

6. Les alcalis dissolvent le gluten k laide de la chaleur. La dissolution n'est jamais parfaitement transparente. Les acides précipitent leslutendes alcalis; mais il n'a plus alors son élasticité ^ Les alcalis, lorsqu'ils sont très-concentrés, forment avec le gluten une sorte de savon , en le convertis^ sant en huile et en ammoniaque. Cette dernière substance se dissipe pendant la trituration.

AcUoa y. L infusion des noix de calle précipite le gluten de l'ean ^^gX ^* et de quelques autres de ses dissolutions. La couleur du pré-

« Cadet, Ann. de Chim. XLI , 3i6.

• Fourcroy, VU , 3o4. ^.

* FoiircroT et VanqQeltii , Aaa. du Mas^ d'Htslotr« aatnrtUe «

K/>xxxvn,3. . '

4 Fourcroj.

AIc«lU.

OLUTEir. Il3

cîpiti est ordinairement d'un brun jauuâtre, et il est insoluble lors péme que la dissolution est chauffée.

8. On n'a pas encore examiné Faction des oxides métaU lifues , non plus que celle de leurs sels , sur le gluten.

Il a uQe forte affinité pour la matière colorante des végétaux, et également pour les corps résineux.

9. Si l'on dessèche subitement du gluten humide , il se Action boursoofSe considérablement. Le gluten sec , exposé à la ' "** chaleur, pétille , se boursouffle, se fond, noircit , exhale une

odeur fétide, et brûle précisément comme des plumes ou de lacome. Âla distillation , il donne de Teau imprégnée d^ammonîaque et une huile empyreumatique : le charbon qu^il laisse pour résida est difficile à réduire en cendres. . 10. Les propriétés de cette substance prouvent clairemm qn'eDe a une grande ressemblance avec la matière aoimale; et les phénomènes dé sa fermentation et de sa décompoatîon par distillation , nous font voir que ses parties CGDstituantes sont loxigéne , Thydrogèue , le carbone et ïnoie. Proust observa le premier que la vapeur qui se dé- ^t^dant qu'elle est en fermentation, noircit 1 argent et leplciiDb,et que par conséquent elle coutient du soufre.

il. Le gluten, comme tous autres principes végétaux, pfésente beaucoup de modifications diverses dans ses propriétés, ce qui en constitue ainsi beaucoup d'espèces. C'est oiDs h farine de froment qu'il est le plus abondant, et c'est JeUe qu'on peut l'extraire le plus facilement. Mais Rouelle et Proust ont, a vecteur sagacité ordinaire, découvert sa présence dans beaucoup d'autres substances végétales. Rouelle le trouva ^nsles feuilles de tous les végétaux qu'il examina. Fourcroy mit en question l'exactitude de cette assertion de Rouelle; mais cflea été confirmée par des expériences irès-décisi ves deProust. Le suc retiré par expression des feuilles du chou, du cresson , du cochléaria et autres plantes semblables , passé contiî,7"* i travers un linge, est encore loin d'être transparent. Son **" *'"*'^"' àat trouble est dû à une poudre verle fine et soyeuse qui y reste en suspension, et qui se dépose avec tant de lenteur, fTil lui faut au- moins une semaine pour être entièrement précipitée. On donne à celte poudre le nom &t fécule verte ies plantes. Rouelle qui l'examina le premier avec attention , «I reconnut les propriétés. Cet objet de recherches a été luifi avec encore plus d'étendue par Proust. La lenteur avec IV. 8

Il4 PARTIES C0RSTITUAKTS5 DES PLANTES.

laquelle cette poudre se dépose , prouv^e que sa pesanfeuf spécîGque ne difTère pas beauco^jp de celle de Teau. Due fois que le précipité s*est formé , il est insoluble. Cette substauce est composée priacipaleinent des trois principes suivans : i .^ d'une matière verte qui lui donne sa couleur , qui se sépare par digestion dans ralcool, et qui a Îgs propriétés d'une résine^ 2.^ d'une substance, qui ne consiste en grande

1)arlie que dails àks^bres ligneuses^ et qu'on a pour résidu orsqu'oD fait digérer la fécule avec de la potasse ; i."* d'une espèce de gluteo, qui en constitue la plus grande partie, et à laquelle la fécull; doit ses propriétés caractéristiques.

Lorsqu'on expase le suc des plantes à une température ^'environ 55* centigrades , la fécule \>erte éprouve une espèce de coagulation. Elle dévient concrète, en gros flocons, qui se déposent très-proniptement. A celte température, J'îilbumine n'est point altérée par la chaleur. Cette méthode est celle qu'on emploie ordinaireiDent pour clarifier cts socs. Ou voit ainsi que' la fécule était unie à l'eau par une très-petite force que l'addition de la chaleur affaiblit assez pour rendre le gluteu capable de cohésion. Cette coagulation par la chaleur a lieu quelle que soit la quantité d'eau dont les sucs sont étendus ; c'est ce qui n'arrive jamais avec Talbumine. On précipite aussi la fécule par l'addition d'un peu d'alcool , par tous (es acides , par l'ammoniaque , par l'acide hjdro-sulfu* rique , ou en introduisant dans le hquide des cristaux de carbonate de potasse . de la magnésie, de Thydrochlorate de soude, de l'hydrochlorate de potasse, du nitrate de po* tâsse, de l'hydrochlorate d'ammoniaque, etc.

Lorsque la fécule est séparée de l'eau , elle se dessèche

1)romptement, devient élastique, et prend, à un certain point, 'apparencedelacorne; dans cet état on peut à peine la ramol-^ lirparl'eau cliaude.Sionla traite commete gluten, elle acquiert

I)eu-à*peu la saveur et l'odeur du fromage. Gardée sous ^eau, elle ne tarde pas à entrer en putréfaction, et à exhaler un gaz qui noircit l'argent et les dissolutions de plomb. Cette

fiutrcfaction rapide dans l'eau stagnante a lieu quand on rouit e lin et le chanvre. Ces substances contiennent de la fécule verte , et la putréfaction en opère complètement ta séparation , ce qui autrement ne pourrait avoir lieu. L'eau que l'on a laissé séjourner pendant toute une année sur de la fécule verte, contient de racide bydro-sulfarique , du caibonale

friait!iODia<f!]é ^ H an gluten, qvii paraît être tenu en dissolu* ïioQ par raiumoniatjue. La tnauvaia^? oJt^yr de la pulréfacîm dure même après (ju'oti a fait botiiflir Teau ,

is. Le Qombre des plantes qui contit^ntient du gluten est punit* frès-coosidérable. Proust en a trouvé dam les gUiida, Ws '^iTgu"!.*"* chitines ^ les marrons d*IftJe^daas )a rue ^ Forge, le 3eiglef les pois, les fSvesj et aussi dans les pouimes et les coings. Il eu a également reconnu la présence dans les feuilles de chimi les seduins, le cresson, la ciguë, labûQrracbei le salrao, etc. , dans les baies du sureau | dans le ralsiu, etc. | dans les pétales delà rose', etc. 11 existe aussi daus plusieurs radnes ; Proust n'en put pas obtenir des pomtnes ue terre.

ï3. On doit considérer le gluten comme l'un des priudpes végéiâus les plus utiles. Cette substaiïce constitue une

Sartîe essentielle du froraeot ^ el c'est elle qui rend la farine e froment $i propre à faire le paiu. Le gluten paraît former iQSsi la partie principale de la levure. Son emploi comme ternis et daus les couleurs^ etc. ^ judiqué par Cadcf, mérjlë tçleiBeot aussi de fixer rattentiou.

Udi afait voir que ï albumine et le gluten se ressemblent feDeiBep(, qu'on ne peut les considérer comme des priit* cipts distincts ••

SECTION XX

Se la Pollenine»

Cest le nom donné par le docteur John k une stibstance particulière trouvée dans le poUen du pùiu^ abiesj du pi'nus silvestrîs, du lycopodium clavatun, et qu*il suppose former k partie coustituante caractéristique de toute espèce de poUen. Cette substance naratt avoir été reconnue la première fois en 1806, parBuchok, dans le pollen du lyco* podium ^. Et d'après lés expériences de Fourcroy et vau" quelin , elle semble aussi constituer une portion du pollen du phœûix dactilifera. On tronve dçins le quatriènae volume des Chemical Researches , par Jobn, le détail de son analyse du pin us silvestris, et la description des caractères de Is

' Proust, Jôi^rn. de Ptij». LVI , 97.

' IbUt. [

» Anoals of Pliilosonhj, VU, 455.

* Gcidcn^s Journ. Vl, r>99.

Il6 PARTIES CONSTITUANTES BES PLANTES.

Eollenioe , tels qu'ils avaient été reconnus précédemment par ucholz. îtopriété*. La pollenîne est jaune, insipide, inodore , et ne s'altérant point à l'air.

Elle est insoluble dans Teau, l'alcool, l'éther, les huiles grasses et volatiles , et également dans le pétrole.

Suivant John , cette substance se dissout dans les lessives alcalines , et la dissolution est brune ; mais dans les essais de Bucholz, cette dissolution n'eut pas lieu.

Exposée à la chaleur d'une bougie , la poUenine brûle rapidement et avec flamme, comme c'est le cas avec le pollen du lycopodium clavatura.

A l'air, cette substance prend promptement Fodeur et la saveur du fromage; elle entre aussitôt en fermentation pu* ' tride, contenant une quantité considérable d'ammoniaque. A la distillation , elle fournit beaucoup d'ammoniaque.

Les autres propriétés de cette substance n'ont pas été examinées. Il est néanmoins évident, d'après les taits cidessus exposés, que la poUenine se rapproche de trés-pré« du gluten.

SECTION XXI

De la Fibrine,

Cette substance particulière qui constituela partie fibreuse des muscles des animaux, a reçu des chimistes le nom de [fibrine. Vauouelin a découvert dans le suc du papayer une niatière absolument semblable à la fibrine du sang. Il faut, par conséquent , ranger cette substance parmi les produits végétaux.

TroiiTé« \jk(t papayer yXiarica papay a des botanistes, croît au Pérou , %i^yïr. ° etc., et àrisle-de-France,oû le suc qui en exsude est, dît-on , employé avec succès contre le ver solitaire. Deux échan* tillons de ce suc furent apportés de FIsle-de-France à Faris , par Charpentier de Cossigny. L'un de ces échantillons con- ^ sistait dans le suc qui avait été évaporé à siccité , et se trouvait sous forme d extrait; l'autre était le suc qui avait été conservé en le mêlant avec un volume égal de mm. Vauquelin soumit l'un et l'autre de ces échantillons k l'analyse. Le l^emier avait une couleur blanche jaunâtre^ une demi-trans-

FIBRINI. 117

parencc et une saveur légèrement sucrée. îl élait inodore^ etd'ane consistaBce 9ssez solide; mais ît s'humectait lorson'il était placé dans no lieu humide. L'autre échantillon était dm Dran roogeâtre , ayant Todeur et la saveur de boeuf bouilU. Le premier échantillon ayant été mis en macération dans de l'eau froide , il fut dissous en plus grande partie par ce liquide. La dissolution moussait par l'agitation comme une eau de savon. Une addition d'acide nitrique la coagulait et la rendait blanche. En faisant alors bouillir la liqueur, elle précipitait en abondance des flocons blancs'.

Lorsqu'on traite par l'eau le suc du papayer, il s'y dissout en plus grande partie ; mais il reste une substance insoluble apnt un aspect graisseux. Cette matière, exposée à l'air, se ramollit, devient visqueuse, brune et demi-transparente. Mise sur des charbons ardens, elle se fondait en laissant suinter de sa surface des gouttes de graisse; elle faisait entendre un bruit semblable à celui de la viande qui rôtît; elle répandait une fumée d'une odeur analogue à celle de la ^^isse volatilisée, et elle ne laissa point de résidu sensible. Vlfûe substance était U^brine. La ressemblance qui existe

eofrele wc de papayer et la matière animale est si grande , y« (M serait tenté de soupçonner quelqi^e fraude,,, si l'on narait pas la certitude que c'est bien en effet le suc d'un arive*.

Les propriétés de la fibrine sont celles qui suivent. Propri«aa.

i.o EBe est insipide, fibreuse, élastique, ayant de la ressemblance avec le gluten.

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