‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 45 sur 149 · Sève de la Vigne. ViUs vinifera · texte numérisé non relu

Sève de la Vigne. ViUs vinifera

Cette sève fut examinée par le docteur Proust. Elle avai^ Faspect blaucbâtre de Teau de rivière ordinaire \ elle n'altérait pas k couleur du papier de tournesol , et sa pesanteur spécifique De dilTérait pas de celle de l^eau pure. La potasse et Tammouiaque lui doonaieot une belle couleur rouge, et y prodiijsaieui un procipitc rouge floconneux qui se dissolvait aiséuieot dans Tacide acétique. Celte sève était légèrement précipitée par Toxa la te d'aminouiaque, le lerrocyanate de po* tasse , te nitrate d'argent et le sous-acétatc de plomb ; ai5oo parties de cette sève ne laissèrent ^ après leur évaporation è siçciié , qu une partie de résidu consistant pour la moitié dans du carbonate de chaux , ei pour le surplus dans une matière végétale particulière qui était îtisolubledansTalcooL 11 eidsiait dans la sève des acides carbonique et acétique ^ et aussi un alcali',

y. Sève de F Erable commun, Acer campesûre.

Ce fut le professeur Scberer , de Vienne , qui examina la aéve de cet arbre. Elle a un aspect laiteux , une saveur sucrée , et sa pesanteur spécifique varie. Elle n'agit point sur les papiers de tournesol ou de curcuma. Elle est précipitée par i'oxalate de potasse, le nitrate d'argent et l'eau de ba« rite ; mais elle ne Test pas par l'hydrocblorate de barite. En la faisant bouillir, elle laisse déposer du gluten en flocons. Elle donne, par l'évaporation , un sel à base de chaux, ayant des propriétés partieulières. L'acide est détruit par la chaleur ; et suivant Scberer , il diffère de tout autre acide végétal connu. 11 le distitigua, en conséquence, par le nom d'acide ac^/Z^fte. L'acétate de chaux est blanc , légèrement icia* translucide ; il a une saveur faiblement acidulé et il est înal- *<^*t*térable à lair. looo parties d'eau froide dissolvent 9 parties de ce sel, et 1000 parties d'eau bouillante en prennent 17 '•

• Ann. d« Chîm. XXXI, p. 89.

» AoDals of Philosophy, V, 109.

a38 IPAATIBS DES V^LAVtSS.

SECTION IL Des Sucs pattkulien.

La sève est conduite des racines aux feuilles dans des^ vaisseaux particuliers , oà elle est altérée par un procédé semblable a celui de la digestion dans les animaux , et y est convertie dans toutes les substances Kquides nécessaires à l'existence de la plante. Ces liquides descendent des femlles vers les racines dans des vaisseaux appropriés. On leur a Naiar». donné le nom de sucs particuliers des végétaux. Ces sucs différent considérablement entre eox dans diverses plantes. Us ont tous cependant un certain degré de consistance , et tou* jours ik contiennent beaucoup plus de matière végétale que la sève. Mais dans Tétat actuel de la chimie végétale . on ne peut entreprendre de donner une description exacte de leurs propriétés. Et en effet , il est souvent difGcile de les obtenir des plantes sans qu'ils soient mêlés avec la sève. Ces sucs exsu* dent quelquefois spontanément ; mais on peut toujours se les procurer, en plus ou moins grande quantité, par des incisions pratiquées à Técorce des plantes qui les contiennent. Les espèces de sucs particuliers qu'on a étudiées jusqu'ici sont celles qui suivent.

Son uitnuc I- ^ ^^^ beaucôup de plantes qui , lorsau'on leur fait des en* tailles , répandent une quantité consiaérable d'un liquide laiteux , qu'on peut, au moins dans la plupart des cas , con« sidérer comme un des sucs particuliers du végétal qui le fournit. La nature de ce suc est extrêmement variable.

La racine de la campanula rotundifolia fournit un suc laiteux, d'une odeur et d'une saveur particulières assez agréables. Dans certaines parties de l'Ecosse , les enfans recueillent cette plante par l'attrait de. ce suc, qu'ils boivent avec avidité. On n'a pas encore examiné ses propriétés chimiques.

E«t>horb«. Les différentes espèces S euphorbe donnent un suc laiteux^ d'une saveur chaude , analogue à celle du poivre , mais plus acre , et qui reste très-long-temps dans la bouche. En ver-* sant du chlore liquide dans ce suc , il s'y forma un précipité blanc très-abondant , qui , lavé et desséché , avait l'apparejice de l'amidon , et qui se conserva sans altération. U

DigitizGd by VjOOQIC

5UjOS BARTlCV&IXma . aS^

dUrni affecté oi ptr l'eau jii par les alcalis. L'alcool peat en dissoudre, à Taide de la chaleur, les 0,67. Cette quantité dissoute fat précipitéepar Feou, et avait toutes les propriétés de h résincLes o,33 restant paraissaient être de iSL^re /^ gueuse. Chaptal m la ménie expérience sur les sucs d'un grand nombre d'autres plantes, et il trouva constaimsent ^e le chliMre eti précipitait de la^bre ligneuse '•

On obtient des différentes espèces de pavot (/nipa^er), paifit ainsi ^e de la kijioe ( lactuca ), un suc laiteux, qui a des propriétés narcotiques , et qui se distingue par une saveur et une odeur particulières. Ces sucs ont été plus soigneusement examines que ceux dont je viens de parier. Us sont d*une nature très -compliquée, et contiennent une gran(fe variété de parties cooslitnantes , dont celles qui prédominent sont la gomme , la résine et Textractif. bi les expé** n'ences de Serturner, sur le principe narcotique particuiier qu'il découvrit dans l'opium , expériences dont fai néjà donné le détail , se confirment , il faudra considérer ce principe comme partie constituante essentielle de ces sucs.

Le suc laiteux qui exsude àxLJatropha elasûica, de Vhe» CaootcbMa fiûfa eaotUckùuc, de \artocarpusmtegrifolia, de Vurceola elastica et deplusieurs autres plantes, s'épaissit lorsqu'onrexpose à i'air , et constitue le caoutchouc. Ce suc n'a jusqu'à présent été examiné que par Fourcroy. Lorsqu'on le garae dans des vases fermés, le caoutdtonc s'en sépare par degrés en plus grande partie, et forme une masse élastique blancbe soude. Le suc contmoe, cependant, d'être laiteux. Si on l'évaporé à l'air, il se forme peu-i-peu à la surface une pdlicule de caoutchouc, qui, lorsqu'on l'enlève, y est remplacée par une autre. Fourcroy attribue cette formation de pellicule à l'absorption de l'oxigène de Fatmospbére. Indépendamment du caoutchouc, Fourcroy obtint du suc des cristaux transparens sous forme de prismes ^ qui avaient une saveur sucrée, et qu'il considéra comme étant une matière saccharine se rapprochant de la nature d'un acide '•

Le suc àMpapaya a des propriétés oui le distinguent de P«p«y«. presque tous les autres. D'après les anal3'ses de Vauquelin, dont nous avons donné le détail dans le chapitre précédent,

' Aon. de Chin. XXI , aSS.

• iM. X;i, aaS.

l^4o ^ARTISS ]>£8 9LAVTK8.

ses parties constitaaotes se rapprochent beaocoop de celles do sang.

II existe encore plosîeors autres sucs laiteux. El eo eflet presque toutes les gommes-résines exsudent dans cet état; mais comme il n'a pas encore été fait d'analyse chimique de ces sucs , il parait inutile de s'y arrêter.

a. Sucs mucilagineua:. Il est des SUCS particuliers de beaucoup de plantes qui ne sont pas laiteux > et dans quelques-uns on ne reconnaît ni saveur ni odeur fortes, qui puissent les faire distinguer. Dans ces sucs le mucilage semble être la matière prédominante. On peut rapporter à cette classe les sucs de la plupart des plantes mucilagineuses énumérées dans la cinquième section du chapitre précédent.

La substance appelée cambium^ si l'on peut admettre qu'elle soit considérée comme tm suc particulier, est aussi de cette classe de sucs, parce qu'elle dinère évidemment de la sève, et qu'elle est entièrement mucilagineuse. Selon Mirbel ^ sa présence se manifeste dans toutes celles des parties des végétaux ou il doit se former une matière nouvelle, et elle parait nécessaire à ces formations, soit comme la matière qui y concourt, soit comme fournissant une couche convenablo pour qu'elles s'opèrent dans elle. Cette substance ne semble pas être renfermée dans des vaisseaux comme les autres sucs*.

TtrAboitUiit: 3. Il y a dcs sucs intermédiaires entre les huiles volatiles et les résines. On pourrait distinguer ces sucs par la dénomi* nation de térébenùkins. La térébenthine commune, le baume de copahu, et probablement aussi Topobalsamum, appartiennent à cette classe. Ces sucs sont originairement limpides et transpareos. Ils ont une odeur et une saveur fortes. Ils ac- . quièrent peu-à-peu de la consistance ^r leur exposition à 1 air, probablement en absorbant de l'oxigène. Rtfùatt. 4* D'autres sucs obtenus par incision manifestent immédiatement les propriétés de résines, ou du-moins ils les acquièrent promptement. Tels sont, par exemple, les sucs du tacamahaca, du mastic et de la plupart des corps résineux décrits dans la vingt-cinquième section du chapitre précédent* BâeoMi. ^* ^ existe des sucs qui méritent la déooimnation de

*' Mirbc) , Aqn. du Mus. d'fiût. ait. N.« XL, , p. 994.

Sl^CS^ PARTICULIERE. ^41

baumes dans la stridtef acception ia mot. Tels sont te baume

de îolu , le baume Jo Përoii , le styrax et le benjoin.

fi. Quelques suts particuliers sont presque cnlièremcot Xfimhi composés de tannin , ou au-moins leur caractère disti actif CDDsiste dans une surabondance de ce principe. Tels sont probablement les sucs du chêne ^ du sumac et de la plupart des végétaux qui fournissent une grande quantité de tannin. Dans certains cas, ces sucs paraissent exsuder spontanémem^ quoiqu'en général où se les procure par des moyens artificiels.

7. Certains véçétans, tels que la canne à sucre , la ca- j„^^ rotte et les diverses espèces de betterave, ont des sucs caractérisés par la grande quauiué de sucre qulls contienne ni-, car il y a certainomeut plus de raison pour considérer I.1 mairère saccharine dans ces plantes comme appartenant aux sucs particuliers que de ne l'attribuer qu'a la sève.

JJ. Enfin, les sucs particuliers de qnelaues plantes se sdiat^ distinguent par la grande proportion de matière saline qu'ils contiennent. Ainsi,. dans les différentes espèces d'oseille, il existe une quantité notable de suroxalate de potasse . et plu« sieurs des sedums contiennent du malate de chaux. An total, les sucs particuliers des plantes sont presque aussi nombreux qae les principes végétaux eux-mêmes; et lorsqu'on aura examiné les fungus , les algues, les bchens et plusieurs autres plantes des classes inférieures, il n y a pu de doute que le nombre en augmentera considérablement.

Braconnot a examiné dernièrement les sucs d'un grand nombre de plantes, afin de reconnaître les acides particuliers qu'ils contenaient : nous allons présenter ici un court exposé des résultats qu'il obtint *.

Le suc exprimé de Vaconytum^ lycortonu^névsijioré à sicclté, donne par l'incinération environ 0,0 1 de carbonate de potasse. Ce suc contient une proportion considérable d'acide citrique, combiné en partie avec de la potasse, et en partie avec de la chaux. Il y a peut-être aussî présence d'acides maliqoe et acétique dans le suc de cette plante.

Le suc du delphinum elaium , des ranunculus aconitifo'* lius , thalictrumjlavum^ clematis recta et viticella contient aussi de l'acide citrique comme le suc précédent.

Ann. de CbSin. LXV, «77.

«43 PA&TIfiS 0BS F&AHTSS.

, Le sue de k salvi^ sclarea cootiçot ^ façide i^ensK^lq^ combiDe probablemeat «vec de h pçMiSM.

Le suc 4u raAi gravçale^s cootieat die fitfâde m^fie^ combiné avec de la potasse et avec de la chafix.

Le suc àtXeupatorium cannabùtumc&tiixwX «Q acîdei qui paraît être un mélange d'acides malique et phofphorkroe.

Le suc du nicoHana rusUca et tahacuai contient Vacide malique 9 en état de combinaison avec la potasse et la chaux*

Le suc du mirabilis JaJapa contient les acides nitrique , h^drocblorique, malique y et uq peu d'acide ^Ifurique, principalement combinés avec la potasse.

Le spinacia oteracea contient des oxalates de chaux , et dépotasse, des malate et phosphate de potasse*

Le tropœolum nuLjus contient les acides phosphorique^ citrique et malique , unis à la chaux et à la potasse.

Le rieinus coma^unis contient l'acide inalique) combiné indubitablement avec la potasse.

Le phytolacca decan4ra contient une proportion ex* traerdinaire de potasse et un acide ^ qui a lèi pcopiiétésde l'acide oxalique.

SECTION IIL Oes Oaz dans bs Plantes*

Dans un grand nombre de plantes , la tige est creuse et remplie d'air ; dans d'autres , comme l'oignon ^ les feuilles sont remplies d'air. Il y a de l'air logé dans la cosse du pois, dans les feuilles de quelques espèces de fucus ; enfin, il existe à peine une ]>lante dans laquelle il n'y ait pas quelque partie plus ou moins creuse, et par conséquent pleme d'air. Or, c'est une question de quelque intérêt que celle de déterminer quelle est Tespèce de gaz qui remplit ainsi les parties vides des plantes? Est-ce fair ordinaire, ou une sécrétion par la plante elle-même? Dans la dernière supposition, le ga»^ peut être Tliydrogène, l'azote, l'acide carbonique, ou |ont autre gaz quelconque.

Dans quelques expériences que fit Priestley sur Fair con» tenu dans le varec^ il le trouva quelquefois le même que l'air ordinaire; dans d'autres circonstances, l'air était avec une plus g^rande proportion d'oxigène, et d'autres Cois arec une

- SOI SI Sf imA^CIHEf. «49^

iproportipa pbs cowiMraUt dl»0ie. Il Mcomint «e I'«r imerpcwéeftfrelesfmiiUead'oiçojHiftetd»^ la cos^e duséoé^ est le même que l'air atmosphérique, vair exprimé des tiges iajonc oanuMa conteiait une pUs graade propartios aV

fOte que Faîr onlioalre *,

L'âïr, d^us deu% ou trois pbotes eoinînëes par le dactetir DarwiQf élaii le même que l'air de 1 atmosphère* Celui pra* venant de Târutido bambos fut trouvé moi us pur par Hubert,

M, Bidault de Villiers examina lair dans un nombre considérable de plantes : celui f en fermé dans les tiges ou feuilles de Foignon , appelées vulgairement queues d'oignon , dans les divers essais qui! en St ^ lui donna le mêifie résidu que Tair atmasptiérique. Il obtint à-peu-près les uiêoies résuhats avec l'air contenu dans les pétioles des feiuUiS à\i melopeppoules gousses du bagnenaudler , colutsa ar^orE^ens ^ dauf les cosses du pis a m saih*um ^ les cipsules membraneuses et vésjculaireâ des Hapkyiea pinnata et nigeiia damîtsceha^ dèBstèstijges ètf^ hx^rago offtçinaiis ^ coniumi^ MàcûiàtUm^ êonckus ciemeeus. Dans quelmies cas,'M.'Bidaoltdeyiti[iers trouva que Tair contenu dans les tiges d'ôignoiuf moofés éteignait nne boogie Allumée, Cet air.dévait par cooaéqtttm €0n# tenir un exoès considérable d'aj^ote*. i

Il pariJt résidler de ce petit nombre d'obbervations, qn^ le plus ordinairement , l'air contenu dana les plantes est 1 air atmosphérique non altéré ; mais que dana quelques cas y cet air est dépouillé d'une portion de son oi^igene. Oans une ex« périencedePriestley yîl semblaity avoir présence d'oxigéne eo excès. Mais cette expérience aurait besoin d'être répétée avant qu'on put la considérer comme authentique^

SECTION IV

Du Bots et des Racines.

T» Off fait usage des racines d'tm grand nombre de plantes dans lamédecîne etdansles arts; mais onn'ena encopesoumis înaqu'à présent que très|>eu à l'analyse chiinique. On y trouve aae grande variété de substances; et en efiet, comme dana

<»— ^ '■ I ' M ■ «^M» »— — W.— PI li Ji|l I II Ifi^— ^P^»

• Pricstle]r, III • 379.

# Aan. da Cbim^ tiXXXVia, 69.

^4 f AUTISf I^flS PIAITTKS*

tet examen on eotnprônd toujours les socs particdîérs de^ racines , il est clair que presque tous les principes TégétanK devront s'y rencontrer.

La mamre ordinaire de procéder à l'examen de ces substances > consiste à en séparer d'abord tout ce qui est sdidile dans l'eau froide. On tait en^te bouiHir la racine daûs l'eau; on emploie alors l'alcool^ puis difFérens acides ou aledisi suivant ia nati^Pe des substances dont on ysonpçonne la présence. Les plantes dont les racines ont été jusqu'ici examinées chimiquement , sont les suivantes : '

liste. Helleboms hjemalis. Rubià tinctorum.

Sfyonia-alba. ' Gurcuma longa.

Calaguala. ' Talertana bfficioalis.

Ho-ang*lien. Gochlearea armoiîca.

' OephœKs ou Galicocca* ' Glycjrrhiia gkdinu

• Ipccacuaailia. Inuk helefiium*

GoiHroltulfis jalappa. Aeorns calamns. i

Geptiana lutea. Andropogon schaefiantlias* . Abonni, paboatum.

Çï^ju* 1> HeUehûrus. hyemaUs. La racine de cette plante est ^ tubeitratepse, d'une couleur blanche jaunâtre , et couverte

d'une peau uoire. Elle est d'abord insipide; mais elle laisse au bout de qudque temps dans la bouche et dans le gosier ^ une impression d'âcreté,* <|ui se dévdowe peu*a-peu et fim't par devenir très - sensible. Vanquelin Pa soumise à l'analyse, dans la vue principalement de reconnaître la CoBtiant nature du principe amer et acre qu'elle contient. Il trouva anehQiu^Téié-^ 00 pHocipe était une huile d'une nature particulière, jouissant des propriétés intermédiaires entre celles des huiles fixes et des huiles volatiles. Il l'obtint en faisant digérer la racînedâns l'alcool, et en enlevant ensuite l'alcool par la distillation. L'huile se sépara peu-à-peu et devint con« crête parle refroidissement. Elle avait une saveur extrêmement acre. Sa couleur était d'un brun jaunâtre. Dissoute dans l'alcool faible!, dtté précipite les sulfates de fer en un beau rouge pourpre^ qui se change- en vert par les alcalis. Cette huile est un poison très-violent, et c'est a sa présence que Vauquelia attribue les qualités vénéneuses de beaucoup de plantes. . -. . .

Lorsqu'on fait digérer la racine dans Tean, et qu'on passe la décoction a travers un linge ^ on obtient un liquide of^aque

BOIS IT aACilTBS* ^4^

it Luleaz cjni dépose pNea-à-pm Qoe pondre blanche, ayant les prc^ietés de Tanudon. Par TévaporatioD, ce liqqkle laisse précipiter une matière bruoâtre, cpi forme des pellicoles successives à la sorface. Cette matière a les propriétés de l'extractif. Outre ces substances, Vauquelio y découvrit encore une matière analogue au gluten, du sucre et une portion de iibre ligneuse '.

2. Bryonia alba. Cette racine s'emploie depuis long- Br/omaattiL temps en médecine , et il était connu qu'elle contient une quantité considérable d'amidon, ainsi qu'nn principe amer soluble dans l'eau et dans l'alcool. Vauquelin Ta examinée. En la faisant macérer dans Feau, et en l'exprimaot ensuite p^^tit* dans un linge , il en a sénaré l'apiîdon à l'eut de pureté. La «(NMtiiiMftM. substance amère était smuble dans l'alcool et dans l'eau, et paraissait avoir les propriétés du principe amei* pur. Il re-* connut aussi que la racme contient une portion considérable de gomme , une substance qui est précipitée par l'infusion de noix de gaUe , et que Vauquelin désigne sous le nom de ma* tière végéto^animak ^ de la fibre ligneuse , une petite portion de sucre , et une certaine quantité de sur-malate de cnaux et de phosphate de chaux *.

o. Racine du calofftaltt. On apporta de rAmérique cette c«iacMto. radne, (pii a acouia, par ses qus^és médiqioienteuaes, une très-grande .célénrité sur le continent. On ne connaît pas la plante qui la fournit^ mais d'après les observations de Vau* quelin, on suppose que c'est une espèce de pofypodium. Sa couleur est orune : elle est en partie couverte a écailles comme les racines de li^ fougère* ÇUe est très-dure et difficile à réduire en poudre. Vauquelïn, qui soumit cette racine àranalvse, la trouva d'une composition très-compliquée; car il en sépara toutes les substances suivantes. : ..

Fibre ligneuse. Matière colorante. p^i^

Gomme. ' Acide maliqtfe? ' •onimuâaii^

Késine. ' HvdrochloraW de potasse.

Sncre. '..•'Chaux, . ' "^ " Amidom Silice.-

L'alcool dissout la résine et le sucre. Lbrsqu^on évapore

' Ann. da Mus. d'Hist. ntt. N .• XLflI» p. 9i. • Ibid. (.as.

»4â fAàtix» ftËs ni.KtBi.

là iissdvàbn à siccité, et ifx'bù traite le résidu par Feao, le Bucre est séparé et k résine re&te. Cette résine a une codeur brune roiigeâtrc , et Sa saveur est amère et acre. EHe se dis- Éout dans les àibalîs, en communiquant à la dissolution une couleur brune et une saveur amère; et elle est de nouveau séparée par les acides. VàuqoeMn soupçonne <jufe ce principe est la partie constituante de la racine qui , dans cette phnte et dans les autres espèces de fougères, a des propriétés ' i^ermifuges. Dans l'analyse qu'eti fil ce chimiste, Teau dissolvait la gomme et lliydrochlorate de potasse, qu'on obtint paf évaporation. L'acide nitrique étendu dissolvait la matière colorante et l'amidon ; maik la dissolution laissa déposer eette première substance lorsqu'on l'eut mêlée avec quatre fois son volume d'alcool. La fibre ligneuse resta, et par l'incinération elle donna pour résidu du carbonate de chaux ^ de l'hjdrocUoratc de poiaSse et un peu de silice. Au moyen de ce que la décoction rougissait les teintures bleues végétales, il est possible que la cnaux y fût combinée avec l'acide mâlique*. )io.«Bc-iiea. é^. 4Io'ang'lien. Cest lùle racine «nèfe qui nous vient de la Chine. Elle est employée comme mé^cament. Bouillon-Lagrange en a fait un léger examen. D'après ses expé^ rieuces elle paraît devoir scs'*|iropriétés an principe amef qu'elle contient en très^graude quantité. Il y existe atissi une matière résineuse qne Pakoot dissout et que l'eau précipite. Cette snbstance lorsqu'eBe est sèche a rine couleur brune. Elle se fond par k chaleur, et bràle en répsindant ubé odeur aromatique*.

5. Ipecacuanka^ Cette racine est ceHe d'une plante qui ' croit spontanément dans le Brésil , et probablement dans d'autres parties de l'Amérique méridionale. Le docteur Brotero est le premier qui en ait donné une description etacte sous le nom de caUicoccaipecucuanha^, La racine ^atà^pen* près de 1 épaisseur d'un tuyau de plume. Elle est inhale et noueuse^ et sa eoMieur: varie ccfclsiderablement. Lorsmu'etté est pilée elle foiirnit Témétiqoe le èhis dout et de l'effet le plus sûr dans toute la mauère mémale. Quoiqu'on en aitfvoba^ blement fait emploi en Amérique de temps immémorial > eHe

l^écaCMfllM.

' Vaaqiidiii, AtiQ^ deCkiOi. LY, ai*

' Ihid. p. 40.

* Liousao, Traos. VI > 137.

BOIS BT AâtIRiS* %4y

«féuit cepettdbnt pat encore connue es Europe tTant le régoe de Losis XIV, lorsqQ'tiD certain Grenier, négociant français, enapporta d'Espagne 68 kilogrammes, avec lesquek OB fit des estais à raôtel-Dien de Paris. Hel vétiusfit connaître le premier l'efficacité de son usage dans la dyssenterie, et il reçot en consé<|«ence de Lonis XIV une récompense de a4,ooo francs '«

Cette substance a été récemment analysée par BIM. Magendte et Pelletier, qui en ont obtenu les parties constiinantes qoi suifent , savoir :

Huile a

Ëidiettne i6

Cire i

Gomme. ••• lo

Amidon. •• •• 4s

Ligneux ao

Perle 4

lOO

6« Jalap. Ce purgatif dont Pactivité est si grande comme ^i^ -cathartique , est la racine du convolvulus jalappa^ plante indigéoe de Xalapa , province de la Nouvelle - Espagne '• Où rapporte en Europe sous la forme de tranches minces, dores, d'une couleur orune, pi'éseotant des rayures et des cerdes résineui« Le jalap s'enflamme aisément; il a très-peu d'odeur et sa saveur est légèrement acre. D'après le peu d'expériences décrites par Neamann , il parait qu'elle contient une résine, à laquelle on attribue ses propriétés actives, ainsi qu'une pprtion aextractif et de matière mucilagineuse.

Le jalap a été analysé par M. Henry, qui trouva que ses parties constituantes se composaient, aune résine , d'ex trac- €if , d'amidon, et de fibre ligneuse ^. Suivant lui, les proportions de ces diverses substances, contenues dans 5oo parties «les trois variétés de jalap qui se rencontrent dans le corn* merce , sont , savoir :

tMaM, Eirtnil. Amidon. Flbr« lt|D«Qtt.

Jalap, lé^er. ... . 6o 75 9S 270

— sain 4S i4o 102 aïo

— piqué.... 7a ia5 io3 200

*■ NeanifiTin^sChein. p. 357. * Ann. deChim. etPhyf. IV, i8o. * De lÀ Tient le Utmn jaUat. Neamann^ Ch«Bi. n. 35a. « An. de Cbim. LXXII, 375.

a4^ |kAKtl£S DSS PLANTEE

KAdWU. 7* I^ rhubarbe est la radoe du nleMn palmatum , etpeùt^ être aussi de Quelques autres espèces de rfaeum. EHe nous vient princlpalemeot des parties septentrbuaies de la Ckine^ par la voie ae la Russie; mais depuis quelques anaées elle est cultivée en Angleterre. Cest, une grasse racine oblongue, ou orbiculaire; elle est extérieurement d'une couleur brune foncée, avec des raies noires et rougeâtres :.à Tintérieur elle est d'un jaune rougëâtre ; et lorsqu'elle est fraîche elle contient un suc de la même couleur. Jusqu'ici il n'a point encore été fait d'analyse chimique exacte de la rhubarbe -, mais il pa raît, d'après les expériences de Neumann^ que l'eau en aissoul à-peu-près les o,5o, et que l'alcool enlève à peine quelque chose au résidu. D'après les propriétés ae l'extrait aqueux, décrites par ce chimiste, ce;ie racine semble être principalement composée d'exlraçtjf et de principe amer, et contenir du tannin. U s'y. manifeste, aussi une matière rési-* neuse d'un jaune verdâtre qui y existe en petite quantité *. Schéele sépara de cette racine environ les 0,1 66 de son poids d'oxalate de chaux *. Mais ce sel n'est pas pris par l'eau.

8. ùentiàne. C'est la racine de la gentiana lutea ^ plante qiii crott spontanément dans les contrées montagneuses de la France, de la Suisse, de la Hongrie, etc. : on prétend

Ïue cette plante a reçu son nom de celui de Geiilius, roi *lllyrie, à qui on attribue la découverte de ses propriétés. Sa racine est extérieurement brune -, mais à l'iniérieur sa couleur est jaune; elle est garnie dans son milieu d'une moelle spongieuse. Sa saveur est excessivement amère. On peut. conclure des expériences de Neumanu, que ses parties solubles consistent principalement -dans le principe aiAer, dans une taatière mucîlagmeuse -, dans de la résine et de l'extraclif ; mais c'est au principe amer, la plus abondante et la plus active de ses parties constituantes ^ qu'elle doit ses propriétés médicinales.

p. Garance, C'est la racine du rnhia tinctorum^ plante cultivée dans la Zélande, etc., pour les teinturiers. La racine est la partie la, plus utile de cette plante, comme fournissant à^a teinture une couleur rouge des plus estimées. Cette racine est à-peu-près de l'épaisseur d'une plume d'oie, un peu traDS-^

tstfitiul.

(ÎIMSU.

^ Neumann's Chem. p. 36o.

* Oreirs Anoals , 1 , 34. Engl. Traiif.

BOIS ET aAGINXS. ^49

ptrente, d'âne couleur rougeâire et d'une odeur forte. La matière colorante de la gacance est la seule partie de cette radoe que Too apprécie. C'est par un mémoire que M. Watt a publie sur cette substance, que nous avons appris tout ce fie nous savons relativement a sa nature chimique.

Il parait au'il y a dans la garance deux matières colorantes rioprinén distinctes : Tune, qui est rouge, s'en extrait facilement par Veau froide, et Vautre, de couleur brune, qe peut s'obtenir qu'à l'aide de l'eau bouillante* C'est par cette raison que les teinturiers ont soin de ne porter l'intusion de garance au degré de l'ébuUition que vers la fin de leur opération. Ces deux matières cobrantes parais^nt avoir l'une et l'autre les pro-

Kriétés de Textractif. Elles sont solubles dans l'eau et dans alcool; et quand on fait évaporer la dissolution, il se forme successivement des pellicules i la surface. Ces pellicules se déposent peu4«-pen, et doraient une matière omne, roageatre , qui ne se dissout qu'imparfaitement dans l'eau. Lorsqu'on verse dans l'infusion de garance une liqueur alumineuse, il se (urodttit un précipité floconneux d'un brun rougeâtre fiE>iicé, et. le tiquicie prend une couleur jaune .brunâtre. Les carbonates alcalins, et l'eau de chaux, précipitent une laque d'un rouge de sang, qui varie daca la nuance de sa couleur, suivait la proportion d'alun employé. L'acétate de plomb y forme un précipité brun.

Lorsqu on mêle du carbonate de magnésie avec une infusion de garance, le liquide acquiert une couleur rouge de sang clair; et par Tévapôration , on obtient un extrait qui se dissout aisément .dans l'eau, et qui jaunit au bout de quelques jours, si après l'avoir étendu sur du papier, on l'expose au soleil.

L'eau qui tient en dissolution, un peu d'alcali, forme avec la garance une dissolution d'un r.oqge brunâtre foncé; mais si on mêle avec Teau un peu d'acide , l'infusion est jaunâtre *. D'après les dernières observations de Mérime, il parait probaole qu'il y a présence d'une troisième matière colorante dans la garance ; que cette troisième matière est plus soluble que la matière colorante rouge ; et qu'on peut la se* parer en faisant d'abord macérer la garance dans Feau pendant un certain temps, et en précipitant ensuite la dissolu-

♦ Watl, Ann. de Chim. IV, 104. . .,'

»5e VAtitlES Dis MAlTTlS.

lioD par an alcaU. On peat alon obtenir de la garance une kM|ue roage encore plos belle '.

10. C'est la radne dn curcuma knga, plante indigèBe dea Indes orientaiea. Cette racine a une belle couleur jacme, une légère odeur, et mie saveur amère aroniatk]Qe. EUe donne à Feau^sa couleur jaune , et les alcalis en rendent Finfusion brune. Elle rougit l'alcool, qui teint le marbre chaud en une couleur permanente *. On ne connaît qu imparEeiitenient les

Eirties constituantes de cette racine. Les expériences de eumann nous apprennent qu'elle contient un pen d'huile volatile-, que l'eau dissout environ les o,33 delà racine, mais

Îu'il n'y a qu'une très-petite portrân de Thuilequi soit soluble ans l'alcool ' ; eUe forme le principal iugrédient de la poudre à corroyer.

Vaitrittit. 1 1. Valériane • Trommsdorf, qui a examiné la racine de k Vttlefianm offieimalis, trouva qu'elle perdait a la dessicca» tien , tes 0,75 de son poids; distillée avec de l'eau, elle donne une huile volatile , très-liquide et d'un blanc rerdâtre* Son odeur est forte et camphrée, sa pesanteur spécifique, à la températive de a5* cencigrad., est de o,9'i4o« Sa saveur est aro« matiqueet camphrée sans âcreté;elle devient jaunâtre parson exDoaitioB à la lumière. L'acide nitrique la convertit en une sutistance résineuse, ou en acide oxalique, s'il est employé en dose suffisante. Le suc exprimé des racines de cette plante est trouble, très-odorant, et il laisse déposer une portion de fécule. Ce suc contient une matière particulière, se rapprochant de la nature de l'extractif , soluble dans l'eau ; mais ne se dissolvant ni dans l'éther, ni dans l'alcool pur. Il -est précipité de Fean par les sels de plomb, d'argent, de mercure et d'antimoine. Ce suc contient aussi une portion de gomme« Les ractnes de la valériane, privées pr expression, de ce suc, donnent ime résine noire, mais qui consiste principalement en ligneux ^ lUiTort 12. Raifort. Einhoff, dans l'examen qa'3 a fait de la racine de ce végétal, le cocUearea armorica^ a reconnu que son àcreté est due à la présence d'une petite quantité d'huile

' Benhollet , Elénans de T Art de U TeioUire , II , 1»^.

* Lewb, NeumanD'f Cbem. p. 364*

4 Ihid. p. 388.

4 Ann. de Ghim. LXX, 95.

BOIS ST AACIUIS* d.^t

voUtik, cm'il obtint en distillant au bain* marie les racines mises à 1 état de pâte. D passa dans le récipient un liquide d'abord laiteux, mais qui bissa déposer peu-à-peu l'huile ToJatile dont fl s'agit. Cette huile était d'un jaune pâle , ayant la consistance de l'huile de canelle. Son odeur , e!Ktrémement forte, était absolument semMaUe à celle du raifoirt. Sa saveur, ^..^'douceàtre d'abord , laissait une impression d'ftcrété brûlante, et les parties de la langue et des lèvres sur lesquelles elle était appliquée, devenaient enflammées. Cette huile est plus pesante que l'eau, avec laquelle elle forme par l'agitation un liquide laiteux. Elle se dissout facilement dans l'alcool , et se volatilise à la température d'environ i6* centigrades. Le lt« ouide obtenu des racines du raifort par distillation, donnait aes traces de soufre '.

i3. Réglisse. \jià glycyrfkiza glabrm ou redisse, est une lUglMM. plante du midi de l'Europe; mais elle est cultivée en quantités considérables en France et en Angleterre, à raison du parti c[ii on t!re de la racine, doiH on extrait la substance ndire biea connue sotls le nom de fus dé tégiisse oU sucre noir. Cette racine, analysée par Robiqùet, lui fouroit les substances qui suivent, savW:

(i 0 Fécule amylacée, que M. Lautour y avait reconnue le premier,

(a.) dmen , qui est séparé par Pébullition.

(3.)Sncre de réglisse, substance qui se rapproclie par sta propriétés de h sarcocoHes eMe Se dissout dans l'alcool et dans l'eau ; mais eHe est insoluMe dans l'eau froide. EHe a «le saveur sw:rée, ne donne point d'alcool par k ferment tation , et n'est pas convertie en acide oxalique par l'action de l'acide nitrique.

(40 Des phosphatés et malatés de chaux et dé magnésie.

(5.) tJne huile résineuse brune et épaisse , qui donne a la décoction de la régKsse son caractère d'Acreté.

(6.) Dne substance semblable par ses propriétés, a l'aspa^ ragine, tn«s cristallisant en octaèdres.

(y.) Dn ligneux*.

i4* Année. Les racmes de Vinula helenium ovl elieam* AnaH. pane furent exainiaées par Rose , qui en retira le principe vé-

' Ann. àtCïàm. LXX, i85.

• Ibid, LXXII, i45.

^52 PARTIES DÏS ^L^NTEft.

S étal particulier, appelé inuline, M. Funke ayant soanua epuis ces racines à îanaljrse , il en obtint , savoir :

Une huile volatile cristaUisd>le.

L'inuline.

De l'extractif .

De Tacide acétique.

Une résine cristallisable.

Du sluten.

De k matière fibreuse '•

i5. Jonc sucré. Trommsdorf soumît i l'analyse les racines de Xacorus calamus^ et suivant lui, i960 grammes de cette racine sont composés de

f rAnraict.

Huile volatile o^^gy

Inuline •«•... 3o,6a5

Extractif avec nn peu d^hydrocfalorate «

de potasse , • • • 65,49^

Gomme avec un peu de phosphate de

potasse. . . • • 107,001

Résine visqueuse '45,86o

Fibre ligneuse 420,365

Eau 1 289,956

AndropogoB i6« Andwpogon schosnontus, vétiver. La racine de cette «cimaatu». j^^^^ euvovéc de Hsle-dc-France , fut examinée par Vauquelin. Il s'assura qu'elle contient : 1.0 une résine sem« blable à celle de myrrhe-, s."" une matière colorante aroère , solubie dlans Feau \ 3.^ un acide à nu ; 4*^ ^^ Toxalate^ de chaux ; 5i<> abondance d'pxide de fer-, 6.* une grande quantité de matière ligneuse '.

On a fait emplpi de beaucoup d autres racines ,' soit en médecine ^ soit dans les arts.v mais comme çlles n'ont pas encore été soumises à l'analyse, fai pensé qu'il était inutile d'en donner ici l'énumératioa.

II. Le ^o/s de différens arbres varie mati^ridlement en dureté , en force , en durée et en beauté. Mais il y a lipa de croire, d'après les expériepces du comte de Rumibrd, que, dans toutes les plantes , la partie fibreuse pure oi|:le ligneux

• Ann. de Chim. LXXVI , 98.

• Ibid. LXXXI , 33a. » Ibid, LXTHI , Soi.

BOIS ET RACIHSS. ^53

est à-pen-près le même^ et qoie les difTéreDces sont prèsqu'eotièrement dues aux proportions diverses des liquides ^ ainsi qu'aux espaces vides entremêlés avec les fibres ligneuses. Il trouva que la pesanteur spécifique du bois de différens ari>res est ainsi qu'il suit :

Peuplier 1)4854

Tilleul. , . ; 1,4846 •^iSr'

Bouleau i,4848

Sapin i,46ai

Erable. , iÂ^9^

Hêtre 1,5284

Orme i,5i86

Chêne i,5344

Un décimètre cube' de chêne et de peupUer consistent respectivem|mt dans les proportions suivantes de bois j de sève et d'air:

Bois. Sèrr. Air.

Ctntiin. CQ «• C«ntiin. cab. Centim. cab;.

Chêne. ... 593,53 36i,2a 245,25 Peuplier. . • ^42,89 218,80 538,3 1

Le comte de Rumford trouva également que le même arbre contient plus de sève en hiver que dans Tété , et qu'en été il contient plus d'air qu'en hiver *.

Entre les bois.en grand nombre qui sont connus et em« pbyés dans les arts, je me bornerai à ne faire mention que de ceux soivans :

I* JBods de campêche. C'est le bois AgXhœmatoxylon j^^JV. çampechianum , arbre épineux peu élevé, qui croît en **"*^' abondance aux environs de Campeachy, dans la baie de Honduras. On l'apporte en Europe en très-gros morceaux , dépouillés de l'écorce. Ce bois est très-dur, compacte, pesant , et d'une couleur rouge. Il n'a pas d'odeur sensible ; sa saveur est astringente et douceâtre. Les teinturiers en iont un grand usage , spécialement pour faire prendre aux diverses substances leur couleur noire, à laquelle il contribue en effet essentiellement jusqu'à un certain point. Cest au docteur Lewis que nous sommes principalement redevables des fstits qui nous sont connus relativement à

^ WichoUop'» Jour». XXXIV, 3 19.

t54 FÀRTIJ&5 DBS VLÀIVTES.

ses propriétés'. Plusieurs de ses parties coEtsUtunntei ont été reconnues en dernier lieu |>ar Coevreul *.

Le bois de campècfae cède sa maiicre coloraute à leau et k Falcoot^ mais asses difGplecDent. Ces liquides prcuneiit ainsi run et l'autre une belle cauteur rouge tlraut sur le pourpre. L'infusion se rembrunît par degrés j et finit par cire presque noire. Elie donne une tfés-belle couleur violette , mais peu durable ^ aux toiles qu'on a préalabiement fait bouillir avec de Falun et du tartrate acide de potasse. Les alcalis rendent la couleur de rinFuiiion plus foncée , et les acides la changent en jaune, tl se forme des précîpités brans légèrement rongea très avec les acides suirnrique , oitriciue, hydrochlorique et acétique. L'alun produit un pré« dpite yiolêi abondant. Le sulfate de fer fournit une couleur floire blenâtre foncée comme cette de Tencre , et il se dépose lentement an précipité de la méitie conlenr. Le sulfate de cuivre occasionne nn précipité abondant d'an noir brunâtre, et Tacétate de plomb an prédpité noir roageâtre également abondant. Lliydrochlorate d'étain précipite à l'instant une laque pourpre abondante , tandis que le liquide devient transparent et sans couleur^.

Chevreol a fait voir que ce bois contient ane haile volatile , do tannin , une matière colorante jaune, éi des acétates de chaux et de potasse^; mais la plus importante de ses parties constituantes est celle à laquelle Chevreui a donné le nom dliématine, et que nous avons précédemment décrite, 'Btb dtBrétO. 2. Bods de Brésil, Cest le bois du cœsalpinia crista^ arbre qui croit aa Brésil, ainsi que dans quelques autres pays ou on le cultive ponr les usages de la teinture. L*arbre est très-grand , et le bois est très-dnr et très-pesant. H est d'abord Man« châtre, mais il rougit par son exponlion à l'air. L'eau dans laquelle on le fait boaiBir , acquiert une belle couleur rouge, tandis que le bob loi-même devient noir par des déooctioiis renouvelées. Lorsque l'eao a cessé d'agir, les dîssolotions alcalines lui enlèvent encore une quantité considérable de matière colorante. L'alcool se charge aussi de la matière oo«

* Neamana's Ghem. p. 385.

* Ann. de Chia. LXVI , 354; etLXXXI, iiS,

* BerthoUet, Elëmensde la Teinture, II , 144. 'Aon. d«CbiBi. LXVI, iSf

BOIS XT EÀCHril. 955

lorante du bois do Brésil, et ce liquide acquieft une couleur encore pi os foncée que Teau,

Les âcides sulfurîqueel favdrochlorique produisent uo pré^ dpifé rouge très -peu abouiîaat dam la décoction dans leâu du bois de Brésil ^ et le liquide devient jaune. Mais une dose additionnelle d'acide rétaDlit la couleur rouge. L'acide ni* trique k change en jaune , ei ensuite en orangé, L acide oxalique la précipite en rouge orangé* Les alcalis cbaugent ta couleur en pourpre, et donnent lieu à un léger précipité. L'alun y forme lentement une laque rougeàtre abondante , et lliydrochlarate d^étain y précipite en grande quantité une poudre rose , tandis que te liquide devient presque san& couleur^ Le Aultate de fer lui fait prendre une couleur noire avec une teinte violette , et il produit un précipité de la même couleur. Avec racétate de plomb on a un beau précis pjté rouge foncé *, Cbevreul a publié dernièrement une suite dejrpérjencet intéressantes^ faites avec beaucoup de soin, 5ur le bois de Brésil. Il en obtint tes résultats suivans :

La décoction du bois de Brésil jaune est jaune. Cette décoction donne, à la distillation, un liquide contenant une petite quantité d'acide acétique, et une bnil^ volatile, ayant tttie odeur et un^ saveur approchant de celle du poivre. A p€8iirt q^e la liqueur est concentré^ par lev^poration, il s'y rassemble une iqatiére visqueuse brune, qui est une com* binaismi de tannin et de matièca colorante* Ia liqueur retient une portion des mêmes substances* Elle contient aussi de lan>in0ni^que,et de la chaux unie probablement à de Facide acétique. Cbevreul y soupçonne aussi la présence de sucre et d'iMcid^ gallique ; il découvrit Tune et l'autre de ces substances dans l'extrait du bois de Brésil du commerce^ Ce chimiste essaya inutilement de séparer le tannin de la matière colorante ^ il ne put^ nar aucun moyen , obtenir cette matière ||ar£ùtemept pure. Les acides font passer au rouge la matière colorante jaune dans les infusions oui la contiennent ; les alcaUset les terres alcalines, changent la couleur jaune eu violet; rafaimioe en rouge carmin, le protoxide d'étain euTÎo* let, et le peroxide de ce métal en un neau rose. Plusieurs sels neutres, tels que le sulfate de soude, etc., changent la coukur jaune en rouge, lorsqu'on met, en assez grande quantité,

* BertboOct , El^men» de TArt ds la T«înt<ire. II , 229.

aS6 FARTIES DZS FIAlfTIS.

de ces (fôsorutioDs salines dans les iofbsions jaunes. Le gax acide hydro-sulfurique.se combine avec la couleur \9Xxn^ et la détruit; mare elle réparait , et l'acide bydro-sulrariqne est séparé, t^a matière colorante unie au tannin, a plus d'affinité

I)our les alcalis que le toùmesol) et, en conséquence, eOe rougit e papier de tournesol en lui enlevant l'alcali avec lequel il est en combinaison '•

3. Santal rouge. Ce bois est celui du pterocarpi^ santu^ linus^ grand arbre qui croit sur la côte de Corotnandel et dans plusieurs autres parties de Tlnde. Le bois est d'abord d'un rouge vif; mais , par son exposition à Pair, il devient d'une couleur très-foncée. Ce bois est très-compacte et trèspesant ; il est sans odeur, et n'a que très-peu de savenr. Ou en fait principalement usage pour colorer \es drogues ; il n'a pas encore été soumis à l'examen chimique. La matière colorante est de nature résineuse, et probablement semblable à ceHe du sang-dragon. Elle est soluble dans f alcool, mais l'eau ne l'attaque point. La teinture alcoolique est d'un beau rouge, qui se change en jaune lorsqu'on Vétend avec une

Srande quantité de liqueur spiritueuse *. On peut aisément istinguer le santal rouge du bois de Brésil par cette propriété qu'a le santal de ne pa^ abandonner à l'eau sa matière colorante. Cette propriété fut indîtiuée pour ta première fws cocame caractère distinctif par le aocteur Lewis ^. Fasttt on bois 4* l^e/t^stBt est.lc bois du morus tinctoria, grand arbre iaoM: qdi eroit dans les îlts des Indes occidentales. 11 fournit beaucoupde madère colorante , dont les teinturiers se servent pour la couleur jaune. Il n'est ni très-dur, ni très-pesant ; sa couleur est jaune veiné (Forangé. Il communique à Peau une couleur orangé très-foncée. La décoction précipite avec la colle-forte, mais elle retient toujours sa couleur. Les acides y produisent un léger précipité jaune verdàtre , qui est redissous par les alcalis. Ceux-ci donnent à la décoction une couleur rouge foncée, et en séparent par degré une matière jau* nfttre. L'alun y forme un très-léger précipité jaune ; le sulfate de fer , un précipité jaune d'at)ord , mais qui brunit ensuite ; le sulfate de cuivre, un prédpité brun jaunâtre*,

» Add. de Ghim. LXVI, aa5.

• Nenmann's Chcm. p. 337.

» Ibid, p. 336,

(acétate de plomb , un précipité jaune orange, et lliydrochlorate d'étain, un beau précipité jaune très-aoondant '.

5. Le sumac. Ce sont les jeunes brancbes du rhus coriaria , ari)risseaa qui croit dans le Levant. On les coupe tous lea ans, on les dessèche, et on les moud au moulin. Ainsi cpie les substances précédentes, on emploie le sumac k la temture et principalement comme mordant, à raison du tannin qu'il contient. Il donne à l'eau une couleur jaune verdâtre, qui devient bientôt brune par l'exposition à l'air. Le sumac n'a pas encore été soumis à une analyse chimique régulière. Le tannin parait être une de ses principales parties constituantes ; et , selon Proust, ce tannin diffère par ses propriétés de celui que les autres plantes contiennent. Bartholdi publia une suite d'expériences sur la décoction de cette plante. Suivant lui , elle contient un grand nombre de matières sa* lines; du nitrate de potasse, de l'hydrochiorate de soude, du sulfate de chaux, du gallate de maznésie , du carbonate de chaux, etc.; mais ces expériences ont oesoin d être répétées*.

SECTION V

Des JEcorces,

1. L'écoECE est la partie extérieure des végétaux. Elle ^^ couvre toute la plante depuis les extrémités des racines jusqu'à celles des branches. Elle est ordinairement de couleur verte. Si l'on coupe une branche d'arbre transversalement, on ^stingue aisément, par cette couleur, l'écorce des autres parties de la branche. Quand on examine avec attention la section horisontale d'une branche , on reconnaît quel'écorce elle-même est composée de trois substances distinctes qu'on peut, avec un peu de soin , séparer Tune de l'autre. L'enveloppe extérieure de ces sabstances s^appeWe Y épiderme, Contî«i«d«Bs celle du milieu, le parenchyme ^ et celle intérieure ou qui**^**** *"**^ est le plus près du bois , prend le nom de couche corticale.

a. \J épidémie est une membrane miuce transparente , qui i. EpMtmf,recouvre extérieurement Técorce. Cette membrane est assez dure. Lorsqu'on la regarde au microscope , on voit qu'elle

■ BerthoUet , Elémens de TArt de la Teinlnre. II , aSQ. • Aaa. de Ghim« XU, 3o5.

$58 ^AETISS DJBS PLÀRTSS.

est composée d'uo certain nombre de fibres déliées qui set croisent, et forment unç espèce de réseau. Elle semble même consister dans différentes membranes minces réticulaires , qui adhèrent fortement ensemble. C'est ainsi, au-moins^ que se compose Fépiderme du bouleau, que M. Duhamel sépara en six coudies. Lorsqu'on enlève Tépiderme , il se reproduit. Dans les vieux arbres, il se fend et dépérit; mais il s'en forme successivement de nouveaux^- C'est par cette raison que le^ troncs de beaucoup de vieux arbres ont une surface rude, «.PtrtBcfajiBt. I^e parenchyme git immédiatement au-dessous de Fépiderme; il est d'une couleur verte foncée, très-tendre et suc* culent. Vu au microscope , il parait être composé de fibres

Ïui se croisent dans tous les sens comme celles d'un feutre. laDs le parenchyme, comme dans Tépiderroe, il y a des interstices innooîbrables , qu'on a quelquefois comparés à autant de petites vessies.

%, CpuchM 3. Les couches corticales constituent la partie la plus in* *^**^^*^ térieure de Técorce , ou celle qui est le plus près au bois. Elles sont formées de plusieurs membranes très-minces , posant l'une sur l'autre, et leur nombre parait s'augmenter avec l'âge de la plante. Chacune de ces couches est composée de fibres longitudinales, qui se séparent et se rapprochent alternativement les unes, ces autres, de manière à forgaer une espèce de réseau dont les mailles correspondent entre elles dans chacune des couches; et elles deviennent de plus en plus petites, à mesure qu'elles s'approchent davantage, du bois. Ces mailles sont remplies d'une substance cellulaire colorée en vert ; et les anatomistes les ont comparées à un grand nombre de vessies adhérant ensemble , et communiquant entre elles.

Natnr» Fourcroy suppose que l'éplderme est de la même nature 4m écorc«s. J^qs tous les arbres , et qu'il a constamment les propriétés du suber. Mais cette opinion n'a pas probablement été vérifiée. Les couches corticales , au moms dans beaucoup de cas, paraissent avoir une base fibreuse semblable ; base ^qui a essentiellement les propriétés du lin , qui , lui-même constitue les couches corticales du linum usitatissimum. La matière du parenchyme et les sucs qui existent dans les écorces varient extrêmement , et c'est probablement ce qui occasionne, en plus grande partie, les différences entre les

étorces* Qoelqaes-iuies , comme celles de chêne, sont caractérisées par leur qualité astringente , et contiennent du tannin; d'antres, telles que celles de la canelle, sont aiomatîqiies , et renferment une huile essentielle ; d'autres, comme le quinquina , sont amères ; il en est qai sont principalement mucilagineuses , d'antres sont résineuses, etc.; mais il serait impossible , dans l'état actuel de nos connaissances sur ce sujet, de classer toutes les espèces d'ècorces; aussi je me bornerai, comme dans les précédentes sections, à décrire les propriétés de celles qui ont été examinées , et qui sont les plus remarquables , telles que les suivantes.

I . Ecorce du cinchonafloribmnda ou quinquina de Saint' Quiaquiu Domingne. Fourcroy a examiné cette écorce avec soin ; etst.D^Jinpiti son analyse est une des plus complètes qui aient été faites jusqu'à présent sur aucune des substances végétales.

Cette écorce est en morceaux roulés, de la longueur de i5o à 175 millimètres , et de 6 à 8 millimètres d'épaisseur. Sa couleur est d'un vert grisâtre à l'extérieur, mais intérieurement elle présente plusieurs nuances de vert, de pourpre, de blanc, de brun ^ etc.; sa saveur est amcre , et son odeur très-forte ; Tune et l'autre sont désagréables.

Lorsqu'on fait bouillir le quinquina dans une suffisante quantité d'eau , il perd environ les o,5o de son poids. Le résidu aies propriétés de la fibre ligneuse. Si on le brûle , il . laisse un charbon composé des parties salines suivantes. Les euantités indiquées ici sont celles obtenues de 9216 parties ueFécorce.

Carbonate de potasse 10 Réûda

Sulfate de potasse 12 urrewu

Hydrochlorale de potasse 38

Phosphate de chaux ao

Carb^mate de chaux 430

Silice 4

La décoction du quinquina a une couleur brune rougeâtre, siattiroMiiibi» et une saveur extrêmement amère. Elle dépose par le refroidissement une substance noirâtre , molle et viscrueuse , tfoÀ ne se dissout pas dans l'eau froide , quoiqu'elle soit soluble dans l'eau chaude et dans ralcooL A mesure qu'on évapore le liquide , celte substance se précipite en plus grande quantité. Si l'on mêle avec de l'alcool le suc épaissi , entiè-

â6o FAUTltS DCS FLAirTES.

rement dégagé de ce précipité , il s'en sépare une certaÎM quantité de matière gommense. Lorsqu'on traite avec de l'alcool chaud la matière noire qui se précipite par le refi:t)idi8sèment de la décoction, il s'en dissout la plus grande partie ; mais il reste une pondre d'un beau rouge, mêlée avec du mnd* lage , qu'on peut facilement séparer par Tean. En exposant à Pair la dissolution alcoolique, il sV dépose de l^rs cristaux jaunâtres de nature saline. Si I on y ajoute de l'eau , il se précipite des flocons blancs, qui ont les propriétés du glu» ten ; mais la plus grande partie reste en oissolutîon. Ainsi, la partie solunle de Pécorce du quincniina peut être séparée en cinq substances distinctes , savoir : de la gomme , du gluten ^ une poudre rouge , une matière saline , et une sub* stance brunâtre amère , retenue en dissolution dans Talcool étendu d'eau. La dernière substance est la plus abondante , et on peut lui attribuer les qualités particulières de la décoction de cette écorce. Fourcroy obtint, de 9216 parties de récorce du quinquina , savoir :

Gomme.» 648

Gluten 84

Poudre rouge i44

Cristaux salins 7a

Matière bmnâtre 4076

Total. 1 5oa4

Po^ipnéMi. La matière gommense et le gluten avaient. à-peu-près les, propriétés de ces substances , telles que nous les avons décrites dans le chapitre précédent La poudre rouge est inso-^ lubie dans l'eau et dans Valcool ; mais elle se dissout facilement dans les alcalis. A la distillation , elle fournit beaucoup d'huile , beaucoup d'ammoniaque et un peu d'eau ; selon Fourcroy, c'est Veûotractifs^xxvré d'oxiffène. La nature de la matière saline âe fut pas déterminée d une manière satisfaisante. Comme la matière brunâtre, restée en dissolution dans l'alcool étendu d'eau , était la partie constituante la plus abon* dante et la plus importante 9 elle fut examinée avec un soin particulier. D'après les expériences de Fourcroy, elle parait se rapprocher beaucoup , par ses propriétés , de \ejstractif.

Sa couleur est brune rougeâtre, et sa saveur très-amère» Lorsqu'elle est desséchée elle parait noire*, die est très-

ico&cis. a6i

cassante, et sa cassure est vitreuse. Ette est iosoluble dans l'eau froide , mais e le se dissout très-facilement dans ce liquide chaud ; cependant elle se précipite en partie k mesure que la dissolution refroidit. Mais si Ton en fait dissoudre une partie dans a4 parties d'eau chaude , il ne se forme aucun |>récipité« En versant de Teau de cfaiaux dans cette dissolution , il s'y précipite une poudre rougeâtre, ^ui se redissoat par l'addition d'une suffisante quantité d'eau. L'acide hydro- . chlorique ne précipite rien de cette dissolution. La matière brune se dissout facûement dans l'alcool , si on l'a préalable* ment réduite en poudre. A la distillation , elle aégage de Fadde carboni<|ue et de Pair inflammable ; il passe de l'eau imprégnée d'acide acétique , et une certaine quantité d'huile. La portion aqueuse contient aussi de Tammoniaque. Le résidu charbonneux est très - volununeux ; il est dix fois aussi considérable que la matière avant la distillation.

Si fon fait passer de la vapeur de chlore à travers une dissolution de cette substance dans l'eau, la liqueur devient anr-le-champ rougeàtre , et il se dépose peu-àpeu un précipité de la même couleur. Ce précipite a exactement les f propriétés de la poudre rouge ootenue de la décoction de écorce; ce qui prouve que cette poudre rouge n'est que fextractif brun auéré dans ses propriétés par absorption d'oxigèoe. Lorsqu'on entretient le courant de vapeur de chlore, toute la liqueur perd par degrés sa couleur , et le précipité devient aussi d'un jaune pâle. Si on le sépare dans cet état par la filtration , il prend l'apparence delà gomme gntte. L^Jcool le dissout : ce qui n'a pas lieuavec un mélange d'alood et d'eau *•

a. Ecorce du cinchona officinalis^ Cet arbre croit à oainjotM Quito , au Pérou ; on ne le trouve que dans les lieux élevés : ** ^*~"» il meurt promptement lorsqu'il a perdu son écorce. On connaît dans le commerce trois espèces différentes de quinquina ; mais il est encore incertain qu'elles soient toutes produites parle même arbre; et il est probable que cela n'est pas. Les plus remarquables de ces variétés sont les suivantes.

Quinquina A>a^. Cette écorce est ordinairement en grosri. Roos*. morceaux , et elle se réduit plus facilement en poudre que

* FovTcroy, Ann. de Chim. VIII > lao.

•. Jtmif .

%6i MaTIXS DCS PLANTES.

le quinquina de Saint - Domingue. La poodfe est d*an bnm rougeâtre, d'une saveur légèrement amère , et très-astrin* gente. Cest aussi à Fourcroy que nous devons l'analyse de celte écorce.

L'eau dans laquelle on fait macérer cette écorce réduite en poudre, acquiert la propriété de rougir les couleurs bleues vécétales^ elle contient une certaine portion d'adde citrique , de Ihydrocblorate d'ammoniaque et de Thydrocblorate de chaux* Lorsqu'on fait bouillira plusieurs reprises 576

{>artiesde l'écorce dans l'eau, jusqu'à ce que toute action dece iquide cesse, l'eau acquiert une couleur orangé rougeâtre; 'et lorsqu'on Pévapore à siccité , elle laisse pour résidu 38 partii^s d'une matière , qui contient une petite proportion de l'acide et des sels ci-dessus mentionnés , mais qui consiste principalement dans une matière ayant à-peu-près les propriétés de Texlraclif. Lorsqu'on traite l'écorce qui reste, avec une quantité suffisante d'alcool , ce liquide se charge de 2^ parties d une substance de couleur rouge, et qui paraît tenir le milieu entre la résine et l'extraclif. Le résidu de l'écorce a les propriétés de la fibre ligneuse ; lorsqu'on le brûle , il laisse 1 2 parties d'une cendre grise , composée de

Carbonate de potasse 1 ,0

Hydroclilorate de potasse 0^6

Sulfate de potasse o,5

Carbonate de chaux 9,0

Tel est le résultat de l'analyse de Fourcroy*. Des expériences subséquentes ont conduit a la découverte d'une portiou de résine et de principe amer. La propriété qu'a la dé* coction de donner une couleur noire avec le sulfate de fer^ indique la présence de tannin en petite quantité. Le principe amer parait appartenir à la seconde espèce , ou à ceUe qu'on observa d'abord dans le café.

Quinquina faune. Cette espèce d'écorce, employée d'abord en Angleterre vers Tan 1790, n'a pas encore été soumise à une analyse rigoureuse ; mais d'après les recherches qu'on a faites sur sa nature , ses parties constituantes ne paraissent pas différer beaucoup de celles de l'espèce

♦ Aon. de Chim. VIII, 174.

ico&ois. 26S

rouge. Bl Qeschamps a publié la manière d'en extraire une (piantité considérable d'un sel à base de chaux , qui n'a pas été décrit. Il est blanc et cristallise en lames. Yaaqnehn a fait voir que ce sel est du Linate de chaux. Le procédé consiste à faire macérer Técorce dans une assez grande quantité d'eau froide , à concentrer le liquide , et à l'abandonner à une évaporadon spontanée. Les cristaux s'en séparent peu-ihpeu , et on les purifie par des cristallisations répétées. La quantité obtenue s'élève à environ 7 parties sur 100 del'écorce employée '.

Qinquina pâle. C'est la variété commune du quinquina s. Pâk< du Pérou. On ne l'a pas encore analysée très-exactement. Sa saveur est astringente amère , et très- désagréable. On suppose Qu'elle contient du principe amer, du tannin , de Textractit et de la résine. Il y existe de plus un principe recon* nu d'abord par Seguin , et sur lequel le docteur Duncan jeime a pubhé quelques expériences *. On distingue cette variété par la propriété qu'elle a de précipiter par l'infusion de noix de galle ; mais comme cette propriété est commune à un grand nombre d^ substances , elle ne suffit pas pour caractériser celle-ci.

3. Ecorce du cinchona catrihœcu Le docteur Wrigtst est le premier qui ait fait connaître cette écorce. Il publia, dans les Transactions philosophiques', une description botaniqne de l'arbre , accompagnée de la gravure qui le représente , et il décririt les propriétés de l'écorce dans le journal Médical de Londres pour 1 787 ^. -M. Vavasseur publia , dans le Journal de Pbysioue pour 1790', la description d'un arbre du même nom, amsi que l'analyse chimique de l'écorce; mais il n'est pas certain que ces deux arbres soient les mêmes.

4. Vauquelio a examiné toutes les différentes espèces de quinouina qu'il put se procurer, afin de déterminer, s'il est possible, jusqu'à quel point les quinquinas diffèrent entr'eux , et qaelles sont leurs parties constituantes qui agissent comme fébrifuge ^.

* Ann. de Chim. XLVIII , 65,

* 79icholsoD^f Joarn. VU, 326.

» Vol,LXVU,p.5o4.

4 Vol. VIII. p. aSo.

5 Vol. XXXVlI.Hî.

■ ~ LIX, n3

• Abq. deChim. LIX, n3.

lPA&tt£S 1>£5 PLAKtES.

&i>ècM 9^^ P^u^ diviser les différentes espèces de qninquioas en

é« qvbqttinai. ff qjs SeCtioOS.

I. Les iofusions de la première section précipitent le tannin t ne précipitent point la colle animale*

IL Les innisions de la seconde section précipitent la colle animale , et ne précipitent point le tannin.

IIL Les infusions de la troisième section précipitent en même-temps le tannin , la colle animale et le tartrate anti* monié de potasse.

On à présenté dans la table qui suit, les effets produits par Taction des dl0erens réactifs , sur toutes les espèces de quin* quinas essayés. Yauquelin n ayant pas toujours employé le terme bouniquei il est difficile, malgré les descriptions qu'il donne, de reconnaître les noms véritables desdiffé* rentes espèces soumises à Fexamen. H y a en effet lieu de croire que les mêmes espèces se rencontrent dans différentes parties de la table, sous des noms divers.

Quin^ainà

Précîpitft I ar U c ll« forte.

Blanc.

RougeAtre.

Blanc.

Brun.

Ronge.

Blanc, o o

Cinchona magnifolia [Abondant.

Jiiinqnina jannc <

>ainqnina de Santa-F^.

Quinquina gris

juinquina gris canelle. .

uinquina ronge

3uinqnina gris.

Quinquina gris plat

Cinchona pnbescens. ...

Cinchona officinalis.

Précipités l«f

Abondant* Idem.

o Janne.

Jaune.

ld«m, o

Par !• taHrtiA

aatimonié à» po<-

tatw.

Abondant.

Blanc.

o Blanc jaunâtre.

Idem»

o Blanc jaun&tre.r

Quinquina pitton ?rai | o | Abondant.) Abondant.

Quinquinas rapportés du Pérou par Humboldi.

uinquina de Loxa

uinqnina blanc de Santa-Fë.

ninquina orangé de S.-Fé*

uinquina ronge de S.-Fé. , ,

oinquina {aune de Cuença.

Juinquina ordin. du Pérou « Infusions de noix de galle% . ,

Ecorce de chêne

Ecorce de cerisier

Abondant.

o Abondant.

Abondant. Abondant.

Abondant

o Abondant.

o Abondant.

Abondant.

o Abondant.

o Abondant.

Janne blanc.

Tous ces quinquinas donnent une couleur verte avec le fer , et la plupart d'enlr'eux le précipitent en cette couleur.

La substance, dans les quinquinas , qui précipite le tannin^ est brune , et ayant une saveur amère; elle est moins solubl»

iCORCES. %6S

âans Feaii que àans l'alcool ; die précipite le Urtrate antimonié de potasse, mais elle ne précipite pas la colle forte. EUe a quelqrue ressemblance, dans ses propriétés, avec les résines, ^oiquelle donne de l'ammoniaque à la distillation.

5. jEcorce du croton ekutheria, Cest 1 elentbéria ou cas- Crotos. carille du commerce \ cette écorce est ordinairement en-morceaux roulés , ayant quelque ressemblance avec le quinquina.

Elle a une odeur aromatique et une saveur agréablement amère. Lorsqu'on la brûle, elle répand une odeur aroma* tique qui ressemble à celle du musc. Nous devons au professeur Trommsdorf la seule analyse chimique de cette écorce, qui ait été publiée : il obtint de 4696 parties de cette sub- •lance*:

Mucilage et principe amer 864 parties.

Huile volatile 7a

Eau 48

Fibre ligneuse 3oa4

Résine 688

6. Ecorce du saule blanc (^salix alba^ L'écorce de cet^^^ |^y^^ arbre, qui est assez commun en Ecosse, est remarquable

par sa saveur astringente *, elle a été souvent employée par le peuple de ce pays, dans les fièvres intermittentes. Bonillon-Lagrange l'a proposée comme pouvant être très-convenablement substituée au quinquina , parce qu'elle est formée, suivant lui, des mêmes principes auxquels cette écorce doit ses vertus médicales. Il suffit cependant du plus léger examen pour nous convaincre que les propriétés de ces deux sub* stances sont loin d'être semblables.

La décoction d'écorce du saule blanc est d'une couleur roQgeâtre foncée. Bouillon-Lagrange a observé que lorsqu'on lait à plusieurs reprises des infusions avec la même portion d'écorce , la dernière a toujours la couleur la plus foncée. La colle-forte , le carbonate de potasse et le carnonate d'ammoniaque , y forment des précipités abondans : l'eau de chaux y produit un précipite, bleu d'abord, et ensuite de couleur fauve. Le sulfate de fer donne un précipité vert très-foncé. L'alcool en sépare des flocons blancs. Lorsqu'on

^ Aon. de Chim. XXII > 319.

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