PA&TIES D£S PLANTES
évapore à siccité , il reste une substance cassante rougéâtre, d'une saveur trés-amère, et qui u attire pasThumiditéde Tair. En faisant digérer de lalcool sur cette écorce , le liquide acquiert une couleur jaune verdâtre. La teinture est rendue trouble par l'eau. Par Tévaporation , elle laisse pour jésidu une substance (^'un jaune éclatant , ayant une saveur trésamère, et quPse fond à une température médiocrement élevée, en répandant une odeur aromatique.
Ces expériences indiquent, dans cette écorce, la présence du tannin , du principe amer , de l'extractif et du gluten.
QMicitroD. y. Ecorce du quercus nigra. Cet arbre > auquel on a donné le nom de quercitmn , croît spontanément dans rAmériaue septentrionale. Le docteur Bancroft découvrit, vers Fan 1 784, que 1 ecorce intérieure de cet arbre contient une grande quantité de matière colorante ; et depuis ce temps, elle a été très-généralement employée par les teinturiers. On la prépare pour leur usag^ , en détachant 1 epiilerme '(qui contient une matière colorante brune), et en faisant alors moudre 1 ecorce* Elle se divise en partie en filamens déliés , et en partie en une poudre légère très-fine.
L'écorce du quercitron communique facilement sa matière colorante à Teau chaufTée à la température de 38<* centigrades. A ce degré de chaleur , Teau dissout environ les o,o83 de récorce employée. L'infusion a une couleur brune jaunâtre , qui s eclaircit par les acides , et se rembrunit par les alcalis. L'alun n'y produit qu'un petit précipité de couleur jaune foncé ; avec Thydrocnlorate d'étain , le précipité est abondant et d'un jaune vif; le sulfate de fer donne un précipité de couleur olive foncée ; et le sulfate de cuivre un précipité jaune olivâtre* . Ces expériences prouvent évidemment, • que la matière colorante de cette écorce est une espèce d'extractif. On n'en a pas examiné les autres parties constituantes.
Maronnier 8. Ecorce de Vœsculus hjrppocastantum. L'écorce de cet arbre , l'ornement des parcs et des avenues , a été proposée a Paris, comme remède dans les fièvres intermittentes, et il a été puUié par Henri * une suite d'observations sur les pro-
{>riétésde l'écorce de cet arbre si utile. L'eau, ou des esprits aibles, en sont les meilleurs dissolvans. L'alcool rectifié ne
' BerthoUet, Elémens de PArt de la Teinture, II, 26a. ■ Ans. de Chim. LXVII , ao5.
d'iDd*.
ISUILLSS. 2C7
le AssoqC qu'en très-petite proportion. L'infusioD aanense de cette écorce a une couleur faave et une saveur amere, sans être astringente ; elle précipite abondamment par la gélatine ^ et peu par les acides. Une petite Quantité de sulfate de fer donne à Finfusion une couleur verdâtre. Le nitrate de mercnre y forme un précipité abondant ; l'infusion de noix de galle et le tartrate antimonié de potasse n y produisent aucun changement. D'après ces propriétés de l'écorce du maronnier cTInde, il est évident qu'elle diffère entièrement dan.s ses parties constituantes , des espèces diverses de quinquina , examinées par Vanquelin.
g. La cannelle est Técorce intérieure du laurus cinna» c«nB«iit. momum^ arbre qui croit principalement à Ceylan , où on le cultive uniquement pour 1 écorce.
La cannelle a une couleur brune rougeâtre ; elle nous vient en longs morceaux roulés sur eux-mêmes, qui se cassent en esquilles. Elle a une odeur aromatique très-suave , et une saveur piquante, maisagréable. Ses propriétés sont entièrement dues à rbuile volatile qu'elle coniient. On peut séparer cette hm'le en faisant infuser Técorce dans l'alcool , et en séparant ensuite l'alcool de l'huile par la distillation. Cette haile a une couleur jaune blanchâtre, une saveur et une odeur extrêmement piquantes. La quantité qu'en fournit la cannelle est très-petite. Neumann n'obtint de 497 grammes d'écorce, qu'environ 3 grammes d'huile. Lorsqu'on distille de Teau sur cette écorce , le liquide passe laiteux à cause de l'huile qui l'accompagne , et qu'il relient avec tant de force , qu'il faut que le mélange reste en repos pendant un temps considérable, pour qu'une très-petite quantité d'huile s'en sépare*.
SECTION VL
Des Feuilles.
Les feuilles des plantes se ressemblent beaucoup plus en- Ir'elles qu'aucune des autres parties dont il a déjà été traité. EUes ne sont recouvertes que d'un épiderme; car les couches corticales del'écorce leur manquent. Au-dessous de l'épiderme se trouve une matière pulpeuse, ordinairement verte, qui con-
* Neamann't Chem. p. 4o3.
ft68 l^ARTIES DES l'LANTES.
tIeDt une substance résineuse et une portion de gluten. Audessous de cette substance est la matière fibreuse ^ ou plutôt, c'est là que sont les vaisseaux dont l'ensemble présente la forme et les contours de la feuille. L'alcool enlève aiùc feuilles leur matière colorante verte; il en est de même des huiles; mais Teau ne s'en charge point. Il est à remarquer, que même celles des feuilles qui ne sont pas vertes donnent encore à l'alcool une teinture de cette couleur. Lorsqu'on expose à l'air cette couleur verte , soit en dissolution, soit séparée par l'évaporation , elle se passe promptement'. Beaucoup de feuilles donnent à la toile une couleur jaune , qu'on peut y fixer par le moyen de l'alun. C'est par cette raison qu'il y a en teinture un plus grand nombre de variétés du jaune que de toute autre couleur. Les feuilles qui donnent le plus beau jaune sont celles de la gaude ou vouède (reseda luteola) \ aussi les teinturiers en font-ils un grand usage.
On n'a pas encore fait de recherches chimiques bien étendues sur les feuilles en général.. Je me contenterai donc de désigner ici le petit nomore de celles que les chimistes ont examinées. Les plus remarquables sont :
$éné. I. Séné, Cette drogue est employée en médecine comme purgatif doux. Ce sont les feuilles du cassia senna , arbuste
Îui croit principalement en Egypte , d'où on l'apporte en lurope. Bouillon-Lagrange en a examiné les propriétés.
Les feuilles sont lancéolées, d'une couleur verte jaunâtre: elles ont une odeur aromatioue un peu désagréable , et une saveur amère. Macéré dans l'eau , le séné communique à ce liquide son odeur et sa saveur particulières , et une couleur brune rougeàtre. Les addes minéraux concentrés , l'acide oxalique, les carbonates alcalins, l'eau de barite , les nitrates de mercuve, d'argent, et de plomb, y produisent des précipités. L'infusion de noix de galle lui donne une couleur fauve {'aunâtre.mais n'y occasionne qu'un léger précipité. Selon iouillon-Lagrange, l'alcool donne lieu à un précipité qui est formé de dnq parties de carbonate de chaux et aune partie de silice '. La liqueur qui reste contient de l'extraciir avec
' L«'wis, Nenmann^s Ghemistrj, p. 434/
' Je ne comprends pat bien cette partie de Tanalyse. Le pr^d* pite est présenté conunt étant folable en partie dans Teau ctdaos
quelques sels , qui ont pour base la pousse et la magnésie.
Lorsqu'on expose l'infusion à l'air, il s'en précipite une substance. On obtient aussi par le chlore un précipité citrin d'une saveur amère , insoluble dans l'eau, mais qui se dissout dans l'alcool et dans les alcalis , et qui , en un mot , a tous les caractères d'une résine.
La principale matière que Peau enlève au séné est un ex« tractif particulier, qui se convertit en une espèce de résine en absorbant foxigène. Les qualités du séné sont dues à cetta substance, dont Pactivité dépend, si Ton en croit Bouillon- Lagrange , de la faculté qu'elle a d'absorber l'oxigène.
Cent parties d'eau, qu'on fait bouillir sur le séné , suffisent pour lui enlever toute la matière soluble que Veau est susc^ tiUe d'en extraire. L'alcafi sépare du résidu une portion ae matière semblable à l'extractif , et qui s'altère à Tair. Les feuilles sont alors d'un beau vert . et elles abandonnent à l'alcool une matière de la même couleur. Cette substance est insobUe dans Teau et dans les alcalis ; le chlore la blanchit et elle devient moins soluble dans l'alcool. Ces propriétés indi^ '
nune substance particulière. ^44)6 parties de séné bsent à ces difTerens dissolvans 79,0 parties , 5u un peu moins des o,33 de matière soluble. Lorsqu'on évapore a siccité l'infusion aqueuse du séné , et qu'on brûle le résidu, û lai^e de la potasse, du sulfate de potasse, du carbonate de chaux , de la magnésie et de la silice '.
a. Absinthe. Ce sont les feuilles, les tiges et les sommités des fleurs de Xartemisia absynthium , plante qui croi^ dans plusieurs parties de l'Angleterre. L'absinthe a une odeur forte, assez désagréable, et une saveur très-amère. Elle doit son odeur à l'huile volatile qu'elle contient. Il y existe en outre une portion considérable de principe amer. On n'a pas fait dans ces derniers temps l'analyse de l'absinthe ; la plus récente est celle de Kunsmuller ' , qui obtint par l'eau , de i a parties d'absinthe , savoir :
J*alcool, etcq>endant comme pourant être obtenu par Talcool. Ces caractères n'appartleonent sûrement pas au carbonate de chaux ni à la siUce.
4 Ann. de Chîm. XXI V, 3.