‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 52 sur 149 · IV. ao · texte numérisé non relu

IV. ao

âo6 PARTIES BIS TLAVTÈS.

spécialemeDt la matière colorante roage, se dissout {acSeflaent dans Teau et dans Talcool ; mais eUe se détruit trés-promptement si on l'expose à l'action du soleil et de Tatr. C est par cette raison au'on ne peut s'en servir pour la teioture.

On a déjà clonné^ dans une des parties précédentes de cet Ouvrage , la liste des acides contenus aans un très-grand nombre de fruits. Comme il n'en a été analysé jus({u'à présent oue très-peu, et que les seules analyses des iruits qui aient été publiées jusqu'à ce jour sont celles des tamarins^ des rai* sins et du concombre , il reste peu de chose à ajouter ici k ce qui a été déjà dit à ce sujet.

TaoMriu; I • Tamarins. Cette substance est principalement composée de la matière pulpeuse qui remplit les gousses du ta^ marindus indica , et recouvre les semences. On l'apporte en Europe conservée dans du sucre. Nous devons à Vauquelin une analyse de cette substance, et ce fut un des premiers travaux qu'il publia. Il opéra sur le tamarin à l'état ou les pharmaciens de Paris l'emploient ; et en traitant d'abord lea pulpes par Teau froide , et ensuite par l'eau chaude , il ea sépara, sur 9762 parties, les substances ci-après, savoir ■ :

PartiM .

Tartrate acide de potasse. 3oo

Gomme 432

Sucre ^ ii5a

Gelée 576

Acide citrique 864

Acide tartarique i44

Acide maiique 4o

Matière féculente 2880

Eau 5564

lUiiiat» 4 3. Raisins. Quoiaue les raisins aient été à plasieurs reprises examines par les chimistes , nous n'avons cependant pas encore d^analyse chimique exacte de leurs parties con« strtuantes. On s'est assuré néanmoins qu'ils contiennent da tartrate acide de potasse, de l'acide tartarique , de l'acide ci* trique et de l'acide maiique '. Us contiennent aussi du sucre^

• Ann. de Chim. V, oa.

« Bouillon, Jouro. de Phys. XXIX, 5. Parmentiery Anm. d«t Chim. Lilly 119.

BULBES. 3o7

en alxnidaiice , une portion de mucilage et de gelée ; un peu d'albumine et de matière colorante, et, selon Proust, une portion de gluten.

3. Concombre, C'est le fruit du cucurbita citruUus , et coic^iihft.' il est bien connu comme aliment. Le docteur John, qui en fit l'analyse, le trouva composé, sur 600 parties de, savoir :

Eau 582,8

Substance semblable k la fungine. . 5, a

Albumine végétale soluble 0,8

Résine. o,a5^

Extractif avec sucre 9,95

Moqneuz. •.••....

Phosphate de chaux

Phosphate de potasse. ..:.*..

Acide phosphorique. • •

Hjdrochlorate d ammoniaque. . . • ^ 3,oq

Un malate, •

Sulfate de potasse • . • •

Hydrochlorate de potasse

Phosphate de £er ,

On n'a pas encore soumis à l'examen chimique, les poires, les pommes, les citrons, les oranges, etc. Le peu oe faits, qu'on a pu constater, concernant ces fruits, ont été exposés avec détail dans une autre partie de cet ouvrage.

SECTION XL Des Bulbes,

Oir entend par bulbes des tubercules attachés aux racines de certains végétaux , ayant beaucoup d'analogie avec les bourgeons y et contenant l'embryon d une plante future. La pomme de terre en offre un exemple bien connu.

Les bulbes varient considérablement , aussi bien que les autres parties de la plante , dans leur constitution et dans leurs propriétés; mais elles ont, au total, beaucoup de res« semblance avec les semences dé celles des graminées qui sont cultivées sous le nom de blé ; au moins Famidon cons**

* Schw^ggcr's Jo«ra, IX, 34*

ao*

ëttom.

3o8 PARTIES DES flAHTES.

titae-t*iî une portion notable de la plupart des bulbes exami* nées jusqu'ia. C'est ce qui fait qu'on en emploie plusienr» comme articles d'aliment ; mais il n'en a encore été analysé jusqu'à présent qu'un petit nombre.

I. Les pommes de terre sont les bulbes du solanum tubero" sum. plante d'Amériaue , apportée pour k première fob en Angleterre par sir VValter Raleigh. Elles sont cultivées au« jourd'hui dans toutes les contrées de l'Europe ^ où elles constituent un des objets de nourriture des plus importans. Ltt' plante , absi que la bulbe , sont trop bien connues pour qu'il soit nécessaire de les décrire.^

On a soumis à plusieurs reprises les pommes de terre à Pexamen chimique. Parraentier publia vers l'an 1776 , une dissertation très-étendue et très-intéressante sur la manière de les cultiver, sur leurs usages et leurs propriétés, ce qui contribua singulièrement à en provoquer la culture sur le continent. Le docteur Pearson communiqua au conseil d'Agriculture , un essai sur les poraimes de terre, contenant une suite d'expériences chimiques , faites avec la plus grande habileté; et en dernier lieu, Einhof a publié dans le quatrième volume du Journal de Geblen une analyse très-soignée de cette racine. -—

La variété de pommes de terre qui fixa principalement ^attention d*Einhof , fut celle qui a l'enveloppe rouge , et le suc de couleur de chair. Lorsqu'il eut fait sécher ces pommes de terre à une douce chaleur, jusqu'à ce qu elles cessassent de perdre de leur poids, elles se trouvèrent réduites aux o^i5 de celui qu'elles avaient auparavant'^.

Einhof analysa cette racine de la même manière qu'il avait analysé Torge et le seigle. Il réduisit en pulpe, en les broyant avec de Teau , une certaine quantité de pommes de terre ; il lava alors la masse sur un tamis jusqu'à ce que le liquide ces* sât de devenir laiteux, ou jusquà ce qu'il ne retînt plus rie» en dissolution. Ce qui resta sur la toile était la matière fi« breuse de la pomme de terre ; mais cette matière différait essentiellement de la matière fibreuse de la plupart des^ plantes. Elle forma avec Teau bouillante une pâte semblableà celle faite avec famidon ; et elle devînt demi-transparentepar sa dessicalion. Cette matière , triturée dans un mortier^

♦ Gehlcn's Journ. IV, 45;,

BUXBSS* 3o^

<t lavée de nouveau avec de l'eau, fournit une auantité con* sidérable d'amidon. On tritura une seconde fois le résidu, qui était d'un gris clair, et on en forma une poudre qui ressemblait beaucoup à TamidoB , et par ses propriétés et dans son apparence.

Le liauide dans lequel on avait lavé la pomme de terre était d'aoord laiteux; mais abandonné à lui-même , il déposa tune poudre blanche assez pesante, qui était de V amidon* Ce liquide, après avoir été fîkré avait une couleur rouge de carmin , et il roueissait les couleurs bleues végétales. En le £dsant bouillir, il se sépara un précipité floconneux, en partie blanc et en partie rouge. Ce predpité avait les propriétés de l'albumine. Le résidu évaporé en consistance d'extrait, avait une couleur brunâtre; il était insoluble dans l'alcool et dans l'éther , mais il se dissolvait dans l'eau ; et c'était, suivant Einbof, une matière mucilagineuse. Il obtint de loo parties de pommes de terre , ces diverses substances 'dans les proportions suivantes :

Amidon i5

Matière fibreuse amylacée. . . • • 7

Albumine i,4

Mucilage à l'état d'un sirop épais. 4

Pour s'assurer de la nature de l'acide qui existe dans le suc des pommes de terre , Einbof sépara ce suc par une légère «pression; et pour faciliter la séparation, il les avait d'abord fait geler, et dégeler ensuite. Il ajouta à ce suc de l'eau de chaux en excès, et il fit digérer le précipité dans Tacide sulfurique étendu pour séparer la chaux (le l'acide. Il trouva contient que celui qu'il ohtint ainsi , était un mélance d'acide tarta- de» ««de» ur-

'. 1» • T I 1 • * t ^ «^ . . . , j Uriquc et

rique et o acide phosphorique^. La sève, ainsi privée de photphonqu*. son acide, contenait un excès de chaux en combinaison avec le mucilage. Einbof reconnut que cette chaux se saturait peuà-peu d'acide carbonique , lors même que la sève était tenue dans des vases fermés ; que le mucilage acquérait avec le

* Quoique Einhof obtînt de Pacide phosphorirrue par Topération décrite dang le texte , il oe «'ensuit pas qn'il existât dans les pommes de terre à Tëtat libre. 11 serait possible qu'il s^y trouvât uni à la chaux, -et que cette combinaison f&t lenue en dissolatioB dans le suc des 4»ommes de terre par Tacide tartarique.

3lO PjL&TtES DES PLANTES.

temps une saveur sucrée, quand il s'y trouvait une suffi» saute quantité de chaux;* et que lorsqu'on le traitait avec Talcool , il s'en dissolvait une certaine portion , qui four* nissait des cristaux de sucre. 11 en conclut que c'était une conversion du mucilage en sucre.

Cin(ir««. Einhof obtint de 1820 parties de pommes de terre desséchées , 96 parties de cendres d'un blanc grisâtre, dont 64 parties étaient solubles dans l'eau. Elles étaient principalement composées de carbonate de potasse; mais elles contenaient aussi 1 0,25 parties d'acide phosphorique, 3,5o parties d'acide sulfurique , et deux parties diacide nydrochlorioue. Les 33 parties insolubles consistaient en terres et en oxicies; ao de ces parties lui fournirent , savoir :

Silice 2.5

Chaux 6.0

Alumine 4*o

Magnésie , arec du manganèse ou

deToxide de fer. 7.0

Ëinhof examina diverses espèces de pommes de terre. It trouva dans toutes les mêmes parties constituantes , mais dont les proportions variaient considérablement. Il n'est pas nécessaire de rapporter ici les résultats de ses expériences , parce que les mêmes variations se présentent , sans doute aussi , dans des pommes de terre de la même espèce. Aeiiott ^' ^st ^^^ connu que lorsqu'on expose les pommes de

fcïoSiîîâ'dî^®'''*^ ^ l'action de la gelée, elles se ramollissent et acquièrent ttrt. une saveur sucrée. A cette saveur succède une saveur aigre qui est due au développement rapide d'acide acétique , et la racine entre très-promptement en putréfaction. Il résulte des expériences de Einhof j que le sucre est formé aux dépens du mucilage; car il trouva dans les pommes de terre, devenues sucrées par la gelée , les autres parties consti« tuantes dans leurs proportions ordinaires. Il considère la propriété qu'elles ont de devenir sucrées comme se rappor* tant aux qualités végétatives de la racine. »bWUoii. Lorsqu'on fait bouillir les pommes de terre, elles perdent de 1 à 1,5 pour 100 de leur poids. Le suc, qu'on en peut / extraire , a une saveur sucrée. La farine est insoluble, même dans l'eau bouillante , quoique l'amidon de pommes de terre

BtTLBXS. 3lf

^t susceptible de former une dissolatton, transparente avec Tean chaude. Ainsi il parait que , par TébulUtion , Talbumine, la matière fibreuse et Tamidon , se combinent ensemble, et qu'il en résulte un composé insoluble '.

On voit , d'après ces expériences , que les pommes de terre diffèrent essentiellement du froment et de l'orge en ce qu'elles ne contiennent point de gluten. £Ues se rapprochent en quelque sorte de la nature du seigle.

2. AU. C'est la partie bulbeuse de la racine de Valîium au. eafivuift. Cette substance est bien connue et remarquable par son odeur forte et sa saveur particulière. L'ail était trèsrenommé chez les anciens , et comme aliment, et pour son emploi en médecine. Les chimistes l'ont examiné à plusieurs reprises ; et en considérant l'état des connaissances chimi- (jues à cet éeard , à l'époque pu Neumann en fit l'analyse , on jagera qu'elle peut être regardée comme très-exacte *. Cadet analysa depuis cette substance.

L'ail, en se desséchant, perd environ les 0,66 de son poids ; mais cette proportion est sujette sans doute à varier considérablement. Le suc exprimé de Tail est d'une consistance épaisse, à-peu-près comme le mucilage ; il rougit légèrement les couleurs bleues végétales. Si , après l'avoir étendu d'eau et filtré, on le fait bouillir , on voit se fi>rmer des flocons d'albumine. Le résida est composé principalement de mucilage, dont l'ail fournit une très-grande proportion, et d'extractif d'une nature un peu acre. En distillant l'ail avec l'eau , il fournit ime portion d'une huile volatile jaune , d'abord plus légère que l'eau, mais qui devient plus pesante à mesure que la distillation avance. C'est à celte huile coitiimt 4jue l'ail doit ses propriétés les plus remarquables. Sa saveur «««liaiitâcrt est très-âcre , et son odeur forte. Appliquée à la peau , elle produit une irritation à-peu-près égalera celle qu'y occasionnent les mouches cantharides; on pourrait même s'en servir pour faire des vésicatoires. Triturée avec loxide de fer , elle donne immédiatement une couleur noire; mais elle n'agit sur aucun des autres oxides métalliques.

Lorsqu'on traite l'ail par l'alcool, le liquide prend une couleur jaune rougeâtre , et laisse , après évaporation , un

' Geblen's Journ. YI , 485.

* N^amauii'a Chen. p. 4^1.

3ia PIRTIKS ttS PLANTES.

extrait bran , très - acre , qui attire llinmidlté de Yàiit» A„^^ ^^^ A la distillatioo, Tail fournit d'abord un liquide légéreoient

Aairts parties , f ■ • *^ i -i

eoMutuantes. coIore , ct d uoe saveur tres*acre ; il passe ensuite une huile brane épaisse , et une grande quantité d'air inflammable et d'acide carbonique. Le liquide dans le récipient rq>and Todeur d ammoniaque lorsqu'on le mêle avec de la chaux. 4o3ao parties aail laissèrent après l'incinération 4^^ parties de cendres , ou environ les o,i25 du poids de Tad. Cadet obtint de 172 parties de ces cendres, savoir :

X oiasse •••••• •.«•••••••••••• ùo

\ Sulfate de pousse, mêlé d'hydro-

ehlorate de potasse. 58

Alumine 4 2

Phosphate de chaux i5,6

Oxide de fer 1 ,5

Magnésie : 9

Chaux , . . 1 4

Silice 8

i4i>i i4o6 parties d ail frais lui fournirent

Mucilage 5ao

Albumine 37

Matière fibreuse 40

Eau, par estimation •...,.. 801

i4o6 Oignon; ^' ^'Oignon est la raciue bulbeuse de ValUum cepa. Il n'avait été fait qu'un petit nombre d'expérieuces sur cette substance par Neumann et par Cadet ; mais Fourcroy et Vauquelin en ont publié une analyse très-intéressante , et faîte avec beaucoup de soin. L'oignon réduit en pulpe, et soumis ainsi à la presse, donne un suc visqueux un peu of>a* que j incolore d'abord , mais se colorant par degrés en rose , ce qui est diî à l'huile qu'il contient. Il a une odeur forte , et il rougit les couleurs bleues végétales. Ce suc est précipité par l'acétate de plomb , l'eau de chaux, l'acide oxalique , le nitrate d'ai^entet la potasse. Lorsqu'on le distille, il fournit un liquide laiteux^ légèrement acide, que surttagent quelques gouttes d'huile. Il contient un peu de soufre dissous ou» Thuile; carie chlore lui donne la propriété de précipiter le nitrate de barite ; et lorsque ce liquide est distillé dans, un alambic de cuivre , il y a formation de sulfure de cuivre. La

BV&BEf. 3^3

pOTtioa àû sue , restée après la distillatioa , dépose une matière de couleur fauve ayaot une. forte odeur d'oiguoD. L'alcool enlève k ce sédimeut de l'huile et du soufre , et le résidu parait avoir des propriétés analogues à celles du gluten; la liqueur d'où ce précipité a été séparé , contient de lacide phospborique , du soufre et du gluten.

Le suc d'oignon , gardé a une température de i5 à aoo centigr., n'émet aucun gaz; mais la couleur de ce suc change successivement, elle passe au rouge et au jaune, et il s'y forme tm sédiment fauve. Il est alors converti en vinaigre qui conserve encore l'odeur d'oignon , ce qui prouve que la matière . volatile reste sans avoir été décomposée. Ce vinaigre contient une assez grande proportion ae manne, qui lui donne la faciUté de cristalliser en aiguilles. En examinant le suc récent d'oiguon , Fourcroy et Vauqueliu ne purent en obtenir de manne , mais seulement une quantité considérable de sucre non cristallisable. Ce sucre > à la chaleur de 1 5 à ao degrés centigrades , est décomposé par degrés , et converti en acide acétique et en maoce. La matière de couleur fauve, qui se précipitait pendant l'acétification , con$istait en gluten , en huile et en. soufre.

Le suc d'oignon est susceptible d'éprouver la fermentation vineuse. Lorsqu'on eut mêlé ensemble ^44 grammes de ce suc , avec 2 litres d'eau et '60 grammes de levure de bière , ce mélange entra dans une vive fermentation, et à la distillation, on en obtint environ 78 gra<nmes d'alcool à 4^ degrés. D'après les expériences de Lavoisier^ la même quantité d'alcool aiu^t fourni 1 14 grammes de sucre. Fourcroy et Vauquelin trouvèrent de plus , dans le suc d'oisnon , du mucilage y du phosphate de cbatu et du citrate de chaux '.

4* Scille. C'est la racine bnlbeuse de la scilla maritima, sdiie. On Remploie en médecine comme diurétique et comme vomitif. Vogel ayant soumis cette racine à i analyse, il reconnut qu'elle devait ses propriétés particulières à une espèce deprindpe amer qu'il distingua par le nom de sciilitine, principe qui a été décrit dans le chapitre précédent. Vogel retira de la sciUe desséchée les substances suivantes, savoir*:

• AoQ. de Chim. LXV, 161.

• i^û{.I«XXXIII; 147.

3l4 FARTIfiS DIS ^LAITTKS.

• Gomme 6

. SciUitiue 35

TaDDiQ. • a4

Citrate de chaux «

Sucre «

Fibre lio:neuse 3o

SECTION XII

Des Lichens.

iii^,i^; Les lichens constitueut une classe de plantes, qui différent sous presque tous les rapports, des autres végétaux. Il en est beaucoup parmi eux, qui n'ont pas même la plus légère apparence de plantes ; mais qui consistent dans des croûtes dures recouvrant les rochers, le bois, les arbres, etc. D'autres ont la forme de feuilles ou de branches ; mais on n'y peut rien apercevoir qui ressemble à des fleurs. Tournefort et Michel! sont les premiers botanistes qui aient fixé le mot de lichen^ jusqu'alors vague et mal défini, à un genre particulier de plantes. Linnée les rangea ensuite parmi les algues, et il en décrivit 8i espèces. Depuis ce temps, les lichens ont été examinés avec oeaucoup d'attention par un grand nombre de botanistes, dont l'objet principal était de reconnaître et de décrire leurs parties de fructification, ainsi que de s'assurer des divers changemens qu'ils subissent dans les diffét^entes périodes de leur végétation *, mais il en est très-peu parmi eux qui aient essayé de les analyser, ou d'indiquer les usages auxquels on pourrait les employer. WiUemet nous adonné une description historique de 4i espèces de lichens, et il est entré dans le détail de leurs usages écono- Bttqnes et médicinaux. Amoreux, dans une dissertation sur ce sujet, a fourni sur ces substances des détails encore plus circonstanciés, en publiant en même-temps l'analyse chimique de quelques-uns des plus remarquâmes des lichens. Hoffman , qui s était déjà distingué par sa classification botanique des lichens, publia en 1787 un exposé de leurs propriétés chimiques et économiques, et nous donna l'analyse chimique que Geor^' avait faite avec très-grand soin de plusieurs d'entre eux. \Yestring s'occup particulièrement de l'emploi des lichens dans la teinture *, et dans sept dissertaêions qu'il publia successivement depuis 179a, jusqu'à 1797 9

^bnsles TransactioDS de Su>ckholin, il extinioa presque tous les lichens du Nord, en décrivantles couleurs qu'ils peuvent fournir, etla manière de les obtenir. Cest à ces écrivains, aiusiqu'à Oeorgi, que nous devons la connaissancedn petit nombre de faits publiés jusqu'ici sur la composition et les propriétés chimiques des lichens.

Les lichens sont très-nombreux , ils se trouvent dans tous les pays et ^ans tous les cUmats. Les botam'stes en ont décrit beaucoup plus de 300 espèces, comme étant indigènes de l'Angleterre.

Les expériences de Georgi, professeur de chimie à Pé- CtnaiB. tersbourg,nous apprennent que les lichens farinaceus, dau-"**'"^"*"' eus, etpbysodes, forment avec l'eau un mucilage, qui tour- d*!***»»!!!*. Dit par l'évaporation , une gomme aussi transparente et insipide que la gomme arabique. Le lichen pulmonarius produit aussi une gomme, mais dont la saveur est un peu amère. L'on extrait ainsi de ceslichensles 0,125 de leur poids de gomme. Ds communiquent à l'alcool une couleur verte et une saveur amère *. Amoreux, qui répéta ces expériences, obtint du lichen pulmonarius une gomme rougeâtre, beaucoup moins transparente que la gomme arabique. Ce lichen donna à l'alcool une couleur jaune. II est probable qu'il avait examiné une espèce différente de celle que Georgi avait analysée, ou s'il n'en était pas ainsi, les lichens devaient être d'âges bien différons.

Amoreux trouva, que lorsqu'on faisait macérer dans l'eau le lichen prunastri , ses branches devenaient transparentes comme une membrane animale, et qu'elles adhéraient forte* ment au papier. Dans cet état, il est insipide, mais friable comme le céleri. Il obtint de la comme en abondance du lichen islandicus , et de tous les lichens à larges feuilles qu'il examina. Il parvint à extraire de la gomme du lichen fraxi- Deus, du hchen caninus et du lichen caperatus. Celui-ci donna une couleur jaune citrique à l'ammoniaque '.

En faisant bouillir dans l'eaa, les lichens physodes, hirtus, Uch«ns cm^ farinaceus et pulmonarius, Georgi trouva qu'ils fournissaient ^**^umwt"^ lui mucilage jaunâtre presque insipide, et qu'on pouvait

' Expériences de Georgi, cittSes par Amoreux, dans ses Recherches •t Expériences snr les diyers Lichens > p. 9-f. • Aid. p 95.

3i6 PAATIC8 nss fhkvrzs,

manger les lichens ainsi traités en y ajoutant du sel. Us doqnèreat tous par l'alcool une certaioe portion de résine ; mais ils ne communiquèrent aucune saveur à Teau dftns laquelle on les avait fait bouillir. Par Tincinération, ces lichens fournirent un peu de potasse, de chaux et de silice, mais on n'y trouva point de sulfates ni d'bydrochlorates. 4 la distillation, îb donnèrent une eau acidulé, et une huile jaune ou noirâtre plus pesante que lean.

Telles sont les expériences incomplètes faites "lusqu'à présent pour parvenir à reconnaître les parties constituantes d'un petit nombre de lichens. L'un d'eux, cependant, le lichen islandicus a été soumis, par Berzelius, à une analyse rigoureuse et intéressante. Il obtint de loo parties de c^ lichen les parties constituantes qui suivent, savoir :

Sirop 3,6

Bitarirate de pousse 1

Tartrate de ebaux et phosphate > 1,9

de chaux, en petites quantités. ^

Principe amer. 3

Cire verte 1 ,6

Gomme 3,7

Matière colorante extractiye*. • 7,0

Fécule du lichen ^^^^ 6

Matière insoluble amylacée... 36,6

Berzelius examina ensuite le lichen plicatus, le lichen barbatus, le lichen fastigiatus , et le lichen fraxineos. Il reconnut qoe tous ces lichens étaient caractérisés par la présence dïmti espèce d amidon qui manifeste plusieurs propriétés particulières *.

Je vais parler maintenant des lichens qui sont les plus remarquables par la matière colorante qu'ils fournisaeat. Oseille. I. Lichen roccella. Ce lichen, qui fournil a la teintura une substance connue sous le nom d'orseille, esttrésK^ommuii dans les îles Canaries. M^is on en trouve aussi en France , et sur les cotes méridionales de l'Angleterre. Si Ton en croit Tournefort, cette matière colorante fut connue des anciens, qui s en servaient pour obtenir la couleur qu'ils appelaient

» Atin. de Chim.XC, 277.

? Afhandlingar, 111, 53i.'

LICHXHS. . Sx^

pcurpre JAmorgos. Quoi qn'O en puisse être , lar déconverte de la propriété colortote da li<^eo roccella esx doe an hasard. ÉDe fat faite en i3oo par an négociaot de Florence, qui arait remarqué que l'urine loi donnait une belle couleur ▼iolette. Depuis ce temps cette substance devint un objet de commerce, et on la prépara pendant long-temps à Florence. On met le lichen , réduit en poudre, dans une cuve avec de Turine et de la chaux vive, et on a soin de remuer régulièrement, en ajoutant de nouvelles quantités d'urine et de chaux jusqu'à ce qu'il ait acquis sa couleur. On apute également d'autres substances ; mais on a fait voir que celles dont nous faisons ici mention, sont les seules' essentielles. Hellot avait reconnu, qu'en traitant les Uchens par la clunni et par l'ammoniaque, leur matière colorante se développait, s'ils en contenaient ; et Westriag a simplifié l'opération en substituant à l'ammoniaque l'hydrocUorate de cet alcali.

L'orseiUe ainsi préparée est employée au besoin pour aviver d'autres couleurs; mais celte qu'elle fournit est loin d'être fixe. On s'en sert pour colorer l'alcool dans les thermomètres. NoUet a observé que cette teinture perdait entièrement sa couleur lorsqu'on la privait du contact de l'air, mais qoe cette couleur se rétablissait par l'admission de l'air. Les cmmistes n'ont pas encore déterminé la nature de cette matière colorante de Torseille.

2. Lichen parellus. On extrait de ce lichen une matière colorante qu'on appelle orseille ^AuverfftCy parce que cette plante est très-abondante dans les montagnes de ce pays, ainsi que daus d'autres parties de la France. On la trouve aussi très-communément en Angleterre. On lui fiut subir à-peu-près la même préparation qu'au lichen roccella, et le prodm't qu'il donoe porte le même nom, et sert aux mêmes usages, mais il n'est pas aussi recherché. Il est évident qu'il y a de l'analogie entre la matière colorante des deux plantes.

3. Lichen pertusus. Westring traita ce lichen par la Autm Xiektu% chaux et par l'hydrochlorate d'ammoniaque , et il en obtint '*' JîîiVrîl**** une matière colorante brune. coku^nt»».

4* Lichen ventosus. Ce lichen teignait la laine en une couleur brune, qui résista à l'action des alcalis.

5. Lichen hœmatoma, il produisit une couleur jaune de cire. -•

3i8 fkKTiÈS ivEs fLkvri&s:

& Lichen eorralinns. Westring troura que ce lichen contenait une très-grande proportion de matière cobrante. Par «ne simple infusion dans 1 eau avec nn peu d'hydrochlorate de soude , il teignit la laine en jaune; et sans aucune addition, il donna un brun foncé très-permanent. On en obtenait la même couleur en le traitant par Fbydrochlorate d'ammoniaque et par la chaux.

^. Le lichen pseudo corralinus donna une belle couleur orangé , que rehaussait Thydrocblorate de cobalt.

8* Le lichen tartareus fournit un beau brun.

9- Le lichen centrifugus produisit avec les alcaUs£xes, nn beau jaune de cire; avec Teau, une couleur brune; et avec rhydrocfalorate de soude et le nitrate de potasse , une couleur orangée.

10. Lichen saxatilis. Ce lichen , avec la soude, donne une couleur jaune ; avec la chaux et l'hydrochlorate d*ammo* niaoue , une couleur de nankin; et avec Thydrocblorate de soude et le nitrate de potasse , une teinte orangée.

11. Le lichen phjsodes £c>urnit , avec les mêmes réactifs , différentes nuances de jaune et de brun. Le lichen juni^ perinus donne du jaune et au brun; le lichen tenellusy da jaune, de Folive et du brun rougeâtre; le lichen farfuraceus , du jaune et du brun. On obtint les mêmes couleurs d'un grand nombre de lichens feuillus.

Le lichen croceusj traité par la chaux et par Thydrochlorate d'ammoniaque, donna une couleur rouge. Westring obtint d'autres lichens des couleurs semblables; et en en mêlant plusieurs ensemble, il variait les nuances, et produisait une suite de couleurs nouvelles, différant dans leur intensité et dans leur fixité ; mais il faut consulter ses dissertations sur ce sujet pour avoir plus de détails sur ses nombreuses expériences'*'.

SECTION XIIL

Des Champignons,

.,. . Les champignons forment une classe de plantes qui nais-

sent et meurent si rapidement, que cette propriété est

* La première a été traduite en français et imprimée dans les i5.« et ^7.* Tol. des Ann. de Chim. Les ««très toot internes dans. Crcll's Ann. l'jcfi, 17Q7 «t 1799. ,

CHAMFIGirOirS. 3ig

passée en proverbe. Lorsou'ils se putréfient , ils répandent une odeur extrêmement desagréable; et sous ce rapport, ib paraissent se ^rapprocher beaucoup plus des matières' ani** maies que d'autres substances végétales.

VauquelinetBraconnot ont porté, en dernier lieu, leur attention sur cette classe de plantes. Nous leur devons Fana* Ijse de 17 espèces , dont Texamen avait été négligé jusqu'à présent.

Braconnot a distingué la portion spongieuse insoluble, qui caractérise les champignons, par le nom de fungine; et c'est sous ce nom que 00 u^ awfûs décrit cette substance dans le chapitre précédent, Eile se rapproche beaucoup, par ses pro» priétés , de la fibre ligneuse; tuais elle en difïère suffisamment par diTers caractères, cl particulièrement comme constituant un article nutritird'aljEnent , et comme étant beaucoup moim soluble dans les lessives alcaL'nes. Braconnot reconnut également l'existence de deux nouveaux acides dans les (^mpignons. Nous avons décrit, dans la première partie de cet ouvrage, l'un de ces acides sous le nom S acide bolétique. L'autre , qui parait être très-généralement une partie constituante des champignons, a été désigné par cette raison , par Braconnot, sous la dénomination Sacidejungijue*»

L'acide fungique fut extrait , par Braconnot , du boletus juglandis, en quantité suffisante pour Qu'il piîten examiner Acîd« fiugiqM les propriétés. 11 retira aussi cet acide du %ieruUus cantharelias , du boletus pseudo ignarius ^ du peziza nigra et du phallus impudicus, Braconnot obtint lacide fungique du boletus juglandis , bolet du noyer ^n le traitant de la manière qui suit. Après avoir fortement exprimé le suc de ce champignon y il le faisait bouillir; l'albumine coagulée se précipitait , et il la séparait par le filtre. En évaporant ensuite la liqueur filtrée jusqu'à consistance d'extrait, il faisait bouillir cet extrait pendant long*temps et à plusieurs reprises avec de Palcool, qui en dissolvait une partie. Ce qui n avait point été attaqué par ce liquide était dissous dans l'eau, et la dissolution mêlée avec de l'acétate de plomb. Il se formait un pré-

^ ^ Ce iiom n'est pas heureiiscmeDt imaginé ^ car d'après le principe ndmis pour la dénomination des acides , il indique que celui-ci est un composé de fungine et d'oxieène, opinion qui, bien loin d^ayoir été établie, n'a pas môme été émise.

3aO FARTtCS 1»SS ^LAITTES.

cipîté abondant , priDcîpalement formé étfuTigate de plomb»

Braconnot décomposait alors ce précipité par de Patîde snlfbrique fiiibie, et a l'aide d'une douce chaleur, fl saturait ensuite l'acide fungique ainsi dégagé , par l'ammoniaque, et il purifiait le fungate d'ammoniaque au moyen de dissolutions et cristallisations répétées. Dans cet état, le fungate d'ammoniaque était dissous dans Teau , l'acide fungique en était précipité par l'acétate de plomb ; et le fungate de plomb , après avoir été bien lavé , était décomposé par facide sul« furique étendu.

L acide fungique ainsi obtenu est incolore , d'une saveur très-aigre; il est incristaUisable , et déliq^^uescent, si, après avoir été évaporé à siccité, on l'expose à l'air.

Uni à la potasse ou à la soude, il produit des sels încristalKs^bles, très-soluUes dans l'eau , mais que l'alcool n'attaque point.

Avec l'ammoniaque, il donne naissance à un sel acidulé, qui cristallise en prismes hexaèdres parfaitement réguliers.

Combiné avec la chaux , l'acide forme un sel inaltérable à l'air, soluble dans 80 parties d'eau à la température de 23* centigrades.

Uni avec la barite , il en résulte un sel qui cristalUse difficilement, et qui exige environ i5 fois son poids d'eau pour se dissoudre à la température ordinaire.

Avec la magnésie , on obtient un sel en petits cristaux grenus , qui se dissolvent assez facilement dans l'eau.

Avec l'alumine , l'acide forme une combinaison incristallisable qui ressemble à A la gomme.

Avec l'oxide de manganèse, il se produit un sel semblable au fungate d'alumine.

Avec l'oxide de zinc, le sel formé cristallise aisément ea parallélipipèdes. Ce sel est médiocrement soluble dans l'eau; il brûle à la flamme d'une bougie, sans boursoufflement , et laisse de l'oxide de zinc pur.

L'acide fungique, versé dans la dissolution d'acétate de plomb, y occasionne un prf*<:ipité soluble dans l'acide acétique. U ne trouble point la dissolution de nitrate d'argent ; mais un fungate alcalin produit un précipité dans la dissolu* tion de ce sel *.

♦ Ann. de Chim. LXXXVII , î4f

CflAMPIGHOKS. 3at

lies diflérentes espèces de champignons , (jni ont été jns- «qu'i présent sonmises à l'analyse , sont celles qui suiyent :

I. Agaricus campestnt. C'est le chaœpignon comestible chtmpino* des couches. Yanquelin «n retira par l'analyse , savoir : «««ffii»,

1. De l'adipocire. Cette suLstance arait été obtenue en faisant bouillir pendant quelque minutes , dani de l'alcoel, le marc du champignon y ou ce qui restait après que le soc en avait été exprimé. L'alcooi déposait, en refroidissant, une matière floconneuse blanches, > qui , séparée par la filtraiioD , était de Tadipocire. Cette matière était d'un blanc brunâtre. EUe ^Uit crasse au toucher comme du blanc de baleine. Elle se fondait par la chaleur^ en répandant des fumées blanches ayant l'odeur de la graisse.

Page 1