‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 51 sur 149 · PARTIES 1>£S PLANTES · texte numérisé non relu

PARTIES 1>£S PLANTES

en partie aux divers procédés d'analyse employés , et en partie à des variations dans les graines qu'on a examinées. infiisioa. L'infusion du café dans l'eau bouillante est d'abord d'une couleur verte jaunâtre ; mais si l'on continue 1 ebuUition ^ la décoction brunit. Elle se trouble par le refroidissement. Les alcalis la rendent plus brune. Elle devient de couleur noire avec le sulfate de fer; mais elle ne donoe pasMe précipité avec la cdie-forte. Le chlore détruit presque entièrement la couleur; mais en ajoutant un alcaU, le Lquide devient rouge» Cadet obtint avec le café une décoction qui ne faigait éprou* ver aucun changement aux couleurs bleues végétale^ ; ce* pendant d'autres chimistes annoncent que cette décoction les rougit , et Herman en forma avec l'alcool une dissolutioa qui produisit cet effet.

Ln distillant de l'eau sur le café, on obtenait un liquide ayant une odeur aromatique, et que surnageaient quelques gouttes d'une substance semblable à la cire de myrthe. La liqueur résidu devenait laiteuse par son mélange avec l'alcool, et laissait déposer une substance qui avait les propriétés de la gomme.

L'alcool que l'on fait digérer sur le café , acquiert ^un peu de couleur. Lorsqu'on ajoute de l'eau à la dissolution , elle devient laiteuse , et laisse prédpiter une matière résineuse blanchâtre. En évaporant à siccité la liqueur décantée de dessus le précipité , on obtint une substance composée en partie d'extractif , et en partie du principe amer découvert par Chenevix. D'après ces expériences , faites principalement par Cadet , on voit que le café contient un principe aromatique, un peu d'huile, de l'acide gallique, du mucilage , de l'extractif et du principe amer. 11 contient aussi , selon Cadet, du sulfate d'alumine , de la chaux, de Thydrocblorate de potasse et un peu d'albumine, qui se sépare de la décoction sous forme d'écume.

Cadet obtint à-peu-près, pour résukat de ses expériences^ sur 64 parties de café, savoir :

PâiiîM Gomme 8,o

•onsuitauites. Résine •• 1,0

Extrait et principe amer i ,o

Acide gallique ••...... 3,5

Albumine o,i4

Matière fibreuse insoluble . . • . 43,5

Perle 6,86

64,oo

SKMSirCES. 3oi

Herman retira de 1920 parties de café da Levant et de la Martiofque y savoir:

Odé iii tênat Café de U Martiniqa*,

Résine 74 68

'Exiraclif 320 3io

Gomme i3o iJ^i

Matière fibreuse. .. . i335 i386

Perte 61. la

Lorsou'on crille le café, c'est-à-dire lorsqu'on torréfie cecafégûiw. grain à 1 air libre , il se forme par l'action de la chaleur une petite portion de tannin. Il paraît qu'il se développe aussi une substance nouvelle, ayant une odeur particulière agréable; mais on n'a pas encore reconnu la nature de ceprincipe nouveau. Ce principe se produit également lorsqu'on grille l'orge , les fèves , et une grande variété d'autres végétaux , qu'on emploie au besoin , par cette raison , pour remplacer le café.

U a été publié un travail intéressant sur l'analyse du café

ÎarPayssé. Ce chimiste s'attacha particulièrement à examiner i principe amer que Chenevix avait reconnu dans le café , et il essaya de prouver que ce principe était, en réalité , un acide particulier auquel il donna le nom diacide calque, U rougît les couleurs bleues végétales ; mais sous d autres rap-

gorts , il ne semble pas mieux dénommé acide que tannin. ayssé trouva , outre cette substance dans le café , une certaine quantité d'albumine , de la résine et de Textractif ; il contient une grande proportion de matière insoluble dans VesLVL. Ses cendres donnent de l'hydrochlorate de potasse et dticarbonate de chaux. Payssé ne put parvenir à reconnaître la présence du tannin dans le café torréfié. A la distillation , le café fournit , suivant lui , une eau acidulé , une huile brune épaisse , et du carbonate d'ammoniaque. Il n obtint que très-peu de matière gazeuse '•

14. Coco. C'est le fruit du cocos nncifera, l'une des plus Coco. précieuses productions végétales de l'Inde. Le Goux de rlaix a publié uue dissertation détaillée sur la culture et les productions de cet arbre ' ; mais nous ignorons encore quelles

» Ann. de Chim. LIX, 196.

« PhU. Mag. XX, 3 16, et XXI, 77 et 110.

3oa PARTIES DES PLAIfTES.

sont les parties constituantes et les propriétés chimiques des noix qu'il produit. L'enveloppe extérieure est fibreuse ; les natarels du pays en font on excellenjt cordage. Il se trouve dans le noyau une proportion très-considérable d'huile fixe, dont les Indiens font usage pour leurs lampes '• Amande*. '5. Amandes. C'est Pamygdalas cammimis qui nous fournit ce fruit , dont on fait usage comme aliment et médi« cament. H y en a deux espèces , l'amande amère et l'amande douce. Cette dernière espèce est composée principalement d'huile fixe et d'amidon ou d'albumine ; ce qui n'a pas encore été bien déterminé par les chimistes. Outre ces deux substances, les amandes amères contiennent probablement aussi une portion de principe amer. L'acide hydrocyanique en est également iine partie constituante; mais jusqu'ici les amandes n'ont pas été analysées chimiquement d'une manière régulière et exacte.

NoiKrattictde. i6. La uoix muscadc est la semence du myristica mos-^ chata y arbre cultivé dans les iles asiatiques. L'enveloppe qui recouvre la noix , est connue sous le nom de macis. La noix muscade varie dans sa grosseur et dans sa forme ; elle est sillonée extérieurement , et à l'intérieur elle est d'un brua grisâtre. Les meilleures sont celles qui ne présentent pas de raies blanches. Les expériences de Neumann nous ont appris que cette substance contient deux espèces d'huile \ une uuile volatile , à laquelle elle doit son odeur particulière et sa saveur, et qui dans ses essais s'élevait aux o,3 1 de la noix ; et une huile fixe et solide ressemblant à la cire , et qui fornoQ à-peu-près les o,33 de la muscade. Il y découvrit aussi une certaine quantité de gomme ' ; et il est probable, d'après l'ap* parence au noyau , que la noix muscade contient également de lamidon. Par expression , l'huile solide se sépare , et se mêle avec l'huile volatile. On la vend dans cet état , sous le nom d^ huile de macis.

Poivre. 17- Poivre. C'est la semence du /;//76r nz^^ntm , arbuste

5[u'on cultive dans Tlnde , pour en avoir les baies qui nous oumissent le poivre. Son enveloppe extérieure est d'un brun foncé; lorsqu'elle en est dépouillée, la baie est conoue sous le nom de poivre blanc*

' TennanOs IndianBecreniîon , H, i8î.

■ Neumann'» Cheraislrr.

SSME5CES. 3o3

Lorscpi'oQ fait macérer le pmvre dans Teau froide , il ne

1)erd pas son apparence ridée. L'infusion acquiert une cou« eur brune , elle rougit les couleurs bleues végétales, et elle a la saveur et l'odeur du poivre. Si on répète la macération un certain nombre de fois . le liquide continue de prendre de la couleur , mais il cesse aavoir l'odeur et le goût du poivre* Le poivre blanc ne communique pas de couleur à l'eau. Il s'en* suit, qae la matière colorante existe dans l'enveloppe exté* rieure. Il a la plupart des propriétés de Fextractif. Lorsqu'on fait macérer le poivre aans l'alcool , le Kquide se colore légèrement en un vert jaunfttre. En le distillant, il laisse pour résidu une matière verte, en partie résineuse, et en partie huileuse. C'est cette huile qui donne au poivre son odeur et sa saveur. La saveur de cette huile est extrême* ment chaude, et son odeur, lorsqu'elle est dissoute dans l'ai* cool, et étendue d'eau, est très*agréable. Elle a à-peu-près les propriétés d'huile volatile. Lorsqu'on tient pendant quelque temps du poivre moulu en ebuUition dans l'eau , ce liquide acquiert la propriété de former, avec l'infusion de Bmx de galle, un précipité, qui se redissout en chauffant le liquide à 49^ centkrades. Il contient par conséquent une portion d'amidon. Ces trois substances, l'amidon, l'huile et J'extractff, sont les plus remarquables de celles qui entrent dans la composition du poivre ^

i8. Rocou. Ou obtient cette matière colorante des rqcoi. semences du biaca-oreliana , arbre cultivé dans la Guiane et dans d'autres parties des Indes Occidentales. On cueiHe les capsules , lorsqu'elles sont mares , et après en avoir ôté les semences , on les pile , on les fait macérer dans l'eau pendant plusieurs semaines, et même pendant pluaeurs mois; on les soumet alors a la presse, et on laisse déposer la matière colorante qu'on en obtient ainsi. On la réunit ensuite et on la fait sécher. Leblond a proposé , à cet égard , un procédé plus expéditif. On sépare des semences , par la macération et le lavage , la matière colorante qui ne réside qu'à leur sur&ce, et alors on la précipite de l'eau par un acide *. Le rocou est ordinairement en gâteaux durs, bruns à rextérieor, et rouges en dedans. Il se dissout beaucoup

« lïicholson's Journ. Il, 7.

» Ann. deChim. XLVH, ii3.

3o4 PARTIES DES PLAILTES.

plus facflement dans Falcool aue daus Teau. Les lessives alcalines faibles le dissolvent également avec facilité. La décoction du rocou avec Feau a une odeur particulière et une saveur désagréable. Sa couleur est le jaune rougeâtre ; les alcalis la font passer à Torangé , et les acides y produisent un précipite orangé '. On n'a pas déterminé la nature chimique de cette matière colorante, elle parait cependant tenir le milieu entre Textractif et la résine.

Baî«i ig. Baies Axx pkytolacca tlecandra (morelleà grappes^

I phyiouccâ. j.^jjJQ d'A.méri£iue). Ces baies donnent à l'eau une belle couleur pourpre, de nature très-fugace. Quelques gouttes d'eau de ciiaux. changent cette couleur en jaune , et cette Uqueur jaune est le réactif le plus sensible de ceux observés jusqu'à présent pour indiquer la présence des acides; la plus petite quantité, un atome d'acide, ajouté à ce liquide jaune, le fait repasser promptement au pourpre. Braconnot,a qui nous de* vons ces observations , a fait voir que la teinture jaune de phytolacca est au-moins quatre fois plus sensible que la teiuture de tournesol. Malheureusement quelques heures suffisent pour altérer la nature de cette liqueur jaune, et alors elle perd sa sensibilité comme réactif. Elle ne peut servi r qu au moment où elle a été préparée *. Lycopode. ^0* Les scmeuccs du lycopodium clavatum , ou mousse à massue, commune, sont remarquables par leur combnsti*' bilité. Elles sont extrêmement petites ; et lorsqu'on en souffle sur la flamme d'une bougie, elles s'allument avec une légère explosion. On s'en sert dans les salles de spectacles pour imiter l'apparence de flamme vive , les éclairs. Bucholz a dernièrement soumis les semences de lycopode à l'analyse chimiaue. Il en obtint, de looo parties, 60 parties, d'une huile nxe , soluBle dans l'alcool comme l'huile de castor ; 3o parties de sucre , et 1 5 parties d'un extrait mucilagîneux. Il restait une matière insoluble dans l'eau > dans l'alcool , dans l'éther , dans Thuile de térébenthine , et dans les lessives alcalines. Mais en faisantJ}ouilIir cette matière avec des lessives alcalines , il se dégageait de l'ammoniaque, et il se formait une espèce d'extrait. A la distillation , 1 29,5 f grammes de cette substance fournirent neuf décimètres cubes

' Bertholict, Eiémcns de TArt de la Teinlnrc , II , ^^68. • Ann. deChim. LXlI,8i.

FftiriTs* 3o5

i'ia gn^ qui ^ttft bb mél^ige d'hjdrogèoectrboDé et d'acide cailNMi^pe ; ^grammes d'une huile brunâtre ^ conteoant de raromoDiaque ; ai grammes d'un liquide aqueux, tenant en dissolutîdii de Tacétate d'ammodaque. Le résidu dans la cornue, s'élevait à environ ao grammes ; il ayait beaucoup de ressemblaDce dans son aspect avec Tanthracolite. En faisant bouillir dans Tacide nitrique la partie insoluble des semences, il se formait Clément une petite portiou d'huile soluble dans l'alcool \

ai. Nous sommes redevables à Braconnot d'une auaTyse Bsood«Moû: soignée de Tenveloppe extérieure charnue des noix ordinaires , ou brou , dont on fiiit en France un fréquent emploi ^ns la teinture , probablement en remplacement de la noix de galle. Braconnot obtint du brou de noix récent, les substances survantes * , savoir :

Oe l'amidon. De Facide citrique.

Une substance acre et amère. Du phosphate de chaux.

De l'acide malique. De l'oxalate de chaux.

Du tannin. De la potasse.

SECTION X

Des Fruits m

Il existe, dans les fruits des substances végétales, une aussi grande diversité que dans les semences; mais on en a soumis fort peu jusqu'à présent à Fanalyse chimique. Ils p^^^ contiennent presque tous un acide ; et cet acide est ordinaire- c(nutitu«ai«f. ment ou lacide tartarique, ou l'acide oialique, ou l'acide citrique, ou Tacide malique, ou enfin un mélange de^deuxou d'un f4us grand nombre de ces acides. Il s'en est très-rarement rencontré, jusqu'à présent, d'autres dans les fruits, si ce n'est peut-être 1 acide acétique. Les fruits contiennent nussi en général, une portion .de matière gommeuse. quelquefois de l'amidon ; et les fruits charnus ont également une matière fibreuse qui n'a pas cependant encore été examinée avec précision. La matière colorante des fruits, et

• Gehlen»» JouTD. VI, SoS.

» Ann. de Chim. LXXlV73o3.

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